X INTRODUCTION
sa mère et la reconnaissance qu'il sait avoir à Mazarin. Tous les deux, Brienne et le jeune monarque, se sont connus enfants, à l'heure où l'insouciance et les jeux mêlent et peuvent confondre les sympathies. Est-ce assez pour gagner ce nouveau maître, que nul jusqu'à maintenant ne saurait se vanter de bien connaître? Du passé, il ne veut garder le souvenir que de ce qui lui est favorable. Il ne se rappelle le reste qu'afm d'en tirer une leçon pour l'avenir.
Brienne le comprend mal tout d'abord et s'en aperçoit trop tard. Pourtant il était bien placé pour suivre la transformation. Aussitôt libre de ses actions, le Roi convoqua son conseil, et c'était précisément Brienne qui était chargé de tenir le registre de ces réunions. Là, il pouvait voir d'original ce que voulait Louis XIV : une grande assiduité de la part de ses ministres, une constance de travail à toute épreuve, de l'ordre, du dévouement, de la soumission. Il encourage ceux en qui il perçoit des tendances pareilles, écartant au contraire ceux qui semblent en manquer. Mais cette résolution, prise par le Roi au lendemain même de la mort de Mazarin, était combattue en lui par les passions, par des intrigues, que les deux Brienne père et fds eurent le tort de ne pas démêler assez bien. Tandis que le fils s'efforçait de remplir de son mieux, en apparence, les fonctions de sa charge, il ne parvenait pas à donner au Roi pleine confiance en sa discrétion ; et le père paraissait exagérer encore sa roideur coutumière, espérant sans doute lasser la patience du Roi et l'amener à renoncer vite à la prétention de diriger lui-même ses affaires.
Il y avait aussi des intrigues féminines, et sur ce point encore la perspicacité de Brienne resta en défaut. Au lendemain de la mort du cardinal, sa nièce Marie Mancini, que le Roi avait aimée et songé à épouser, essaya de reprendre par la puissance de ses charmes l'ascendant qu'elle avait eu sur