‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 106 sur 142 · Innocent XI (Benoît Odescalchi), pape de 1676 à · texte numérisé non relu

Innocent XI (Benoît Odescalchi), pape de 1676 à

2. Ange-MarieRanuzzi, nonce en France depuis 1683 : nommé cardinal en 1686, il resta en France jusqu'en juillet 1689 et mourut en septembre de la même année.

3. Guillaurae-Égon, prince de Fûrstenberg (1629-1704), évéque de Metz en 1663, puis de Strasbourg en 1682, enfin cardinal en 1680.

4. Toute cette affaire a été retracée en dernier lieu par A. Legrelle, dans son ouvrage : Louis XIV et Strasbourg [p. 169 et suiv.j, que nous avons déjà cité (t. II, p. 124). Voy. aussi Mémoires de Saint- H il aire, t. H, p. 9.

5. Ville forte du Montferrat. Une grande partie des pièces diplomatiques relatives à la négociation de la cession de cette place par le duc de Mantoue ont été publiées par le comte Horric de Beaucaire, dans le Recueil des instructions pour la Savoie, la Sardaigne et Mantoue, p. 247-290. Voy. encore Mémoires de Saint-Hilaire, t. II, p. 7-12 : « On fit cadrer le jour de la prise de possession de Casai avec celui auquel les troupes françoises dévoient entrer dans Strasbourg, afin que deux coups si importants, frappés le même jour, fussent de plus grand éclat et inspirassent plus de terreur. »

entrèrent sans coup férir le même jour, tant le marquis de Louvois avoit bien pris ses mesures.

Cependant comme le Roi savoit que les Impériaux se préparoient à lui déclarer la guerre, il les prévint et voulut que M. le Dauphin eut la gloire de reprendre Philipsbourg K 11 rompit donc le premier la trêve à laquelle on prétend qu'il avoit fait une grande brèche par la conquête de Luxembourg et par les fortifications de Strasbourg, qui ont coûté des sommes immenses, demêmequela construction de Huningue ~ à la vue et sous le canon de Bâle, dont cette place imprenable est maintenant comme la citadelle.

Je n'entre point dans le détail de ces nouvelles conquêtes depuis la rupture de la trêve. Les fortifications de Sarrelouis et de Montlouis, l'un sur la Sarre et l'autre sur la Moselle ^, ne laissèrent pas de s'achever ; et si cette nouvelle guerre n'avoit rejeté l'Europe dans le plus efiVoyable embrasement qui fut jamais et qui n'est pas encore prêt à s'éteindre, je louerois plus que je ne fais la prévoyance de Sa Majesté qui ne peut être blâmée d'avoir prévenu ses formidables ennemis.

1. Philipsbourg fut investi le 28 septembre 1688, et la tranchée ouverte le 10 octobre. La place se rendit le 30. [Mémoires de Saint- Hilaire, t. II, p. 95-96.)

2. Petite ville de l'Alsace (Haut-Rhin), sur le Rhin, à 1 kilomètre de Bâle. Vauban y construisit une forteresse (1679- 1682), qui fut démantelée à la paix de Ryswick (1697), et complètement rasée à la suite des traités de 1815.

3. Sarrelouis, ville forte du Pays Messin, construite de 1680 à 1685. — Brienne fait une confusion sur Mont-Louis, qui est une place du Roussillon, non de la Lorraine, bâtie et fortifiée par Vauban en 1681,

Une des plus grandes fautes qu'elle ait faites, c'est d'avoir laissé sortir de France les ministres et d'avoir accordé au maréchal de Schonberg la même liberté. Il a fait une fin très malheureuse en Irlande K Le ministre Claude ne l'a pas faite meilleure dans son lit et Jurieu souffre la peine et la confusion qui étoient dues à ses égarements, s'il est devenu fou, comme on me l'a dit de bonne part.

Je ne parlerai point ici de nos brouilleries avec Rome, dont je suis maintenant assez bien instruit. L'auteur du Testament politique s'est déclaré entièrement partial pour la cour de Rome et pour sa doctrine qui, sur l'indépendance du Pape et sa supériorité sur le concile général, n'est pas conforme à celle de l'église de France, que je crois meilleure que celle des ultramonlains.

Mais j'ai une petite glose à faire sur la disgrâce de M. de Pomponne. Voici comment mon auteur conte la chose.

TEXTE

« Votre Majesté, dit-il, page 309, avoit donné la charge de secrétaire d'État des Affaires étrangères à M. de Pomponne (et l'avoit fait ministre en même temps ^). Il en avoit l'obligation à M. Le ïellier qui

1. Il fut tué au combat de la Boyne, le 9 juillet 1690, alors qu'il traversait la rivière à gué, en défendant la cause du prince d'Orange — le tutur Guillaume III — contre Jacques II.

2. Simon Arnauld, marquis de Pomponne (1618-27 septembre 1609), occupa deux (ois le ministère : en septembre 1671, à la mort de Lionne, il fut fait secrétaire d'Etal pour les Affaires étrangères et garda cette charge jusqu'en novembre 1679, date

ayant peur que Votre Majesté n'en gratifiât ou le cardinal de Bonzi * ou le président de Mesmes ^, qui la briguoient tous deux et que leur mérite n'obscurcit celui de son fils, qui n'étoil pas encore dans son brillant, employa en sa faveur tout le crédit qu'il avoit sur Tespritde Votre Majesté. Depuis cela, le marquis de Louvois avoit eu en pensée de l'unir à sa charge, remontrant à Votre Majesté que les fonctions du département des étrangers dévoient lui être attribuées comme elles l'avoientété autrefois sous ]MM. d'Ilerbault -^el de Puysieulx ^ (qui avoient eu ensemble les départements de la guerre et des étrangers) et qu'ainsi le secret de la guerre et des

où les intrigues réunies de Colbert et de Louvois le renversèrent ; douze ans plus tard, en juillet 1691, il fut rappelé comme ministre d'Etat et fit partie du ministère jusqu'à sa mort. C'est du premier passage aux affaires (1671-1679 qu'il est question

1. Pierre Bonzi, né vers 1630, mort le 11 juillet 1703, fut successivement évêque de Béziers, archevêque de Toulouse et de Narbonne, grand-aumônier de la reine et cardinal. Il représenta la France à Venise, en Pologne et en Espagne.

2. Jean-Jacques de Mesmes, comte d Avaux, né à Paris en 1640, mort dans la même ville le 9 janvier 1688. Il fut successivement maître des requêtes, conseiller au Parlement, président à mortier, prévôt et maître des cérémonies des ordres du roi, membre de l'Académie française (7 décembre 1676).

3. Raimond Phelypeaux, seigneur d'Herbault et de la Vrillière, secrétaire d'Etat pour les AH'aires étrangères de 1626 à

4. Pierre Brulart, marquis de Sillerv, vicomte de Puysieulx (1583-22 a\Til 1640), occupa deux fois la charge de secrétaire d Etat au département de la guerre : premièrement du 4 mars 1006 au 8 août 1616; ensuite du 2 mai 1617 au 4 février 1624.

Affaires étrangères, qui avoient tant de liaison ensemble, ne devoit être qu'entre les mains d'une seule personne.

« ^'otre Majesté (page 310) eut la bonté de me communiquer ce qui se passoil ; sur quoi je pris la liberté de lui dire que le marquis de Louvois avoit mauvaise grâce de faire paroître tant d'ambition, que la demande qu'il lui faisoit marquoit une démangeaison de commander aux autres qui feroit peur à un autre monarque, qu'enfin il donnoit lieu de croire par sa conduite qu'il ne seroit jamais content que vous ne lui eussiez mis une couronne sur la tête ; mais que si j'étois à votre place, je luiferois une telle réponse qu'il rentreroit si bien en luimême qu'il ne me feroit jamais une telle demande.

« Voilà en quel état étoient les cboses quand mon frère ' m'envoya le double delà nouvelle du mariage de la princesse de Bavière, dont il avoit signé les articles à Munich - et qu'il venoit d'envoyer à Votre Majesté, mais que M. de Pomponne ne lui avoit pas encore apprise, parce qu'il s'en éloil allé chez, lui à la campagne où il faisoit bâtir.

1. Charles-Colbert, marquis de Croissy (1629-28 juillet 1696). C'est lui qui succéda à Pomponne comme ministre d'Etat.

2. Il s'agit du mariage (28 janvier 1680) du Grand Dauphin avec Marie-Anne-Cliristine-Vicloire de Jiavière, fille de l'électeur Ferdinand-Marie. La plupart des contemporains, Saint- Simon [Mémoires, éd. Boislisle, t. YI, p. 342-344), M'"* de Sévigné [Lettres, éd. Monmerqué, t. VI, p. 87, 136 et 140), Gourville (éd. Lecestre, t. II, p. 168), Bussy-Rabutin [Correspondance, éd. Lalanne, t. V, p. 17), Spanheira [Relation, éd. Bourgeois, p. 337) s'accordent pour attribuer la disgrâce de Pomponne à sa négligence à faire connaître au Roi la conclu-

« J'en fis compliment à Votre Majesté croyant ne lui apprendre rien de nouveau. Mais elle me dil que M. de Pomponne ne lui en avoit pas encore parlé et qu'elle s'en étonnoit. Quand M. de Pomponne fut revenu et qu'il voulut réparer la faute qu'il avoil faite, Votre ^Majesté lui dit qu'il pouvoit s'en retourner chez lui, puisqu'il y avoit tant à faire, et qu'elle en mettroit un autre à sa place qui auroit plus de soin de faire sa charge. Elle m'envoya quérir en même temps et me dit qu'elle la donnoit à mon frère. Je sais bien (page 311) qu'on a conté cette affaire d'une autre façon dans le monde et qu'on a dit que d'intelligence avec mon frère j'avois reçu un courrier avant M. de Pomponne, et que nous lui avions joué cette pièce pour avoir sa charge ; mais je n'en veux pour témoin que Votre Majesté : elle sait mieux que personne tout ce qui en est. »

GLOSE

Tout cet article qui concerne M. de Pomponne est faux d'un bout à l'autre.

Premièrement M. Le Tel lier n'a aucune part au

sion de ce mariage. Saint-Hilaire donne une autre explication de cet événement. « M. de Pomponne fut congédié, dit-il, parce qu'on prétendit qu'il avoit omis, dans les instructions des ambassadeurs, certaines choses concernant des villages du Tournaisis qu'il fallut rendre ; s'il en fit seul la faute, il y a bien de 1 apparence qu'elle lui eût été pardonnée, si M. Colbert n'avoit pas eu un frère à placer dans le ministère. » Mémoires, éd. Lecestre, t. II, p. 18.; On va voir que Brienne donne une explication plus vraisemblable encore.

choix que Sa Majesté fit de lui de son propre mouvement . Et ce qui suit, que le marquis de Louvois n'étoit pas encore dans son brillant est aussi faux. La première guerre de Flandre étoit finie et celle de Hollande venoit de commencer. Qu'on juge si ce ministre si puissant, et le premier mobile de ces guerres, après le Roi, n'étoit pas encore dans son brillant ! Tout cela est donc dit gratis et sans preuves.

Pour la disgrâce de M. de Pomponne, elle est très mal colorée. Quand M. Colbert de Croissy fut envoyé à Munich, elle étoit concertée et résolue entre lui et son frère. Encore ne sais-je si ce ne fut pas M. de Pomponne qui y alla avec le duc de Créquy K Ce fut lui, si j'ai bonne mémoire. Je m'en éclaircirai. Quoi qu'il en soit, si ce ne fut pas lui, toujours est-il certain que le courrier qui apporta la dépêche fatale à ce pauvre ministre, ne le trouvant pas à la cour, rendit le duplicata contre l'ordre à M. Colbert, qui reçut la lettre de son frère avant M. de Pomponne, à qui le courrier alla ensuite (après que ce coup d'intelligence traîtresse entre ces deux frères étoit fait) porter son paquet en sa maison de Pomponne, auprès de Lagny -. Or, il y a

1. Le duc de Créquy alla porter le présent de noces à la future Dauphine et partit le samedi 13 janvier 1680 ; mais Pomponne n'y alla pas .

2. Actuellement cant. et à 2 kil. de Lagny (Seine-et-Marne). La terre et seigneurie de Pomponne passa de la famille des Le Fèvre de la Boderie à celle des Arnauld et fut érigée en marquisat (avril 1682), en faveur de Simon Arnauld, fils de Catherine Le Fèvre de la Boderie. Le château fut, dit-on, reconstruit par Mansart, en 1643, et les jardins dessinés par

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du chemin de Versailles ou de Saint-Germain à Lagny, et de plus, de Pomponne il falloit revenir à Saint-Germain, où la cour étoit, je crois, alors.

De plus y a-t-il apparence que le coup ne fut pas prémédité ? et M. de Pomponne fut-il si malhabile homme que de ne pas rejeter toute la faute sur le Colbert qui étoit à Munich ? Il étoit en droit de le faire. Depuis quand envoie-t-on à d'autres le double des dépêches du secrétaire d'État en charge ? et encore depuis quand s'est-on avisé de rendre des paquets à personne à la cour avant le sien, qui est celui de Roi ? Si cela ne s'appelle pas un guet-àpens, j'avoue qu'il n'y en eut jamais.

Enfin, pour conclure cette glose, beaucoup plus véritable que le texte, je dirai que M. de Pomponne eut tort de s'absenter pendant une conjoncture où le Roi, son maître et son bienfaiteur, étoit dans une telle impatience de savoir des nouvelles du mariage qui se traitoit à la cour de Bavière, que l'auteur du Testament politique a dit à la page 309 « que Sa Majesté ordonna à M. Colbert de lui dépécher des courriers de moment à autre ». C'étoit bien là le temps de s'amuser à faire bâtir sa maison de Pomponne, qu'il a fort accrue et embellie ; mais il lui en coûte bon, puisqu'il a perdu sa charge.

J'ajoute à cela que ce ministre est la lenteur même ', et de plus que feu M. l'Archevêque de

Le Nôtre. Ils ont été gravés au xvii^ siècle. Voy. L. Delavaud, Le marquis de Pomponne, p. 127, et l'abbé Richard, Histoire de Pomponne (Lagny, 1889, in-8°).

1. Ceci est confirmé par l'abbé de Choisy, qui dit de Pomponne et des lettres qu'il envoyait à sa mère : « Elle avoit un an

Paris ^ et le P. de La Chaise avoient inspiré à Sa Majesté le désir de mettre un fort saint Pape à la raison. Ils craig noient de trouver M. de Pomponne en leur chemin, et on l'accuse même de n'avoir pas gardé le secret exactement sur cet article, ayant cru devoir informer M. Arnauld le docteur, son oncle, de ce qui se passoit contre Rome, afin qu'il s'en fit un mérite auprès du Pape. Je sais que cela lui a été reproché ^. Or, sur le chapitre du secret, le Roi est fort délicat, et l'avis que le cardinal d'Estrées^ donna à Sa Majesté que M. Arnauld seroit

durant montré au Roi Je belles lettres qu'il lui écrivoit de Suède, et cela n'avoit pas peu contribué à le faire ministre. Il est vrai que ces belles lettres il étoit trois mois à les faire, et, quand il fut en place, on s'aperçut bientôt que c'étoit un homme d'un génie assez court. » [Mémoires, t. II, p. 113.)

1. C'était alors François de Harlay de Champvallon (janvier 1671-6 août 1695).

2. Brienne ne fut pas le seul à tenir ce langage. Une note anonyme sur la disgrâce de Pomponne s'exprime ainsi : « On dit que M. l'Archevêque de Paris, Harlay, se joignit à M. Colbert pour causer le renversement. L'un inspira au Roi qu'il [Pomponne] pourroit informer Rome de ce qui se passoit dans le Conseil touchant les afl'aires que l'on avoit à démêler avec le pape Innocent XI, en le faisant connoitre à son oncle, M. Arnauld; l'autre, voulant avoir sa charge pour son frère M. de Croissy, se servit de moyens propres à inspirer au Roi ses affaires. » (L. Delavaud, /.e marquis de Pomponne, p. 79.) Il est certain qu'on soupçonnait Pomponne de manquer d énergie dans ses négociations avec Rome. Voy. Charles Gérin, La disgrâce de M. de Pomponne, dans la Revue des Questions historiques, l" ianvier 1878.

3. César d'Estrécs (1628-1714), évêque de Laon en 1653, cardinal en 1671, chargé de missions à Rome et ambassadeur en Espagne, après l'avènement de Philippe V.

infailliblement cardinal, s'il vouloit l'être et si elle ne l'empêchoit pas, fut la principale cause de la disgrâce de son neveu. On a fait mille contes sur sa fortune qui a duré si peu ; mais j'étois persuadé, pour moi, que le jansénisme, et la peur qu'eurent les jésuites que M. Arnauld ne fut cardinal, a contribué plus que toute chose à la perte de M. de Pomponne, qui, dans le fond, n'étoit guère propre à exercer une charge de secrétaire d'Etat des étrangers. La maison du Roi eût été assez pour lui. Il falloit le laisser dans les ambassades, et, pour finir par où j'ai commencé, je dis que si M. Le Tellier avoit cru devoir proposer quelqu'un au Roi, il n'auroit jeté les yeux que sur M. Le Pelletier, maintenant ministre d'Etat^ et jamais sur M. de Pomponne qu'il ne connoissoit pas seulement. Je le connois mieux que l'auteur du Testament politique de M. Colbert. Il étoit trop lié avec les jésuites pour s'aviser de proposer au Roi le neveu de M. Arnauld, leur fléau.

Il ne me reste plus que l'article de M. Foucquet à expédier.

TEXTE

« Ce fut en cette année (je ne sais laquelle, 1683 ou 1684*) que mourut à Pignerol M. Foucquet (dit mon auteur, pages 317 et 318) que Votre Majesté

1. Claude Le Peletier (1631-1711) était cousin issu degermain de Le Tellier, par les Chauvelin.

2. Nicolas Foucquet mourut d'apoplexie, le 23 mars 1680, dans le château de Pignerol.

DE M. LE COMTE DE BRIENNE. 24l

avoit condamné à une prison perpétuelle (il devoit ajouter : par mon avis) en échange du bannissement qu'il devoit souffrir par son arrêt. Il supporta sa disgrâce avec une constance qu'on n'eût jamais attendue d'un homme amolli par le luxe et par les plaisirs, et qui, parmi les affaires importantes dont il étoit chargé, méloit tous les divertissements, ou pour mieux dire, toutes les débauches de la jeunesse. »

GLOSE

Cela n'est pas tout à fait vrai. M. Foucquet n'étoit débauché ni pour le vin ni pour les femmes ; mais il se seroit épuisé pour avoir la satisfaction de coucher une nuit avec la duchesse d'Angoulême \ qui refusa les cent mille écus, dit-on, que Pellisson lui porta, et il se rabattit sur Menneville, fille d'honneur de la Reine-Mère, à qui il donna cent cinquante mille livres par l'intrigue de sa bonne amie et confidente M™* Du Plessis Bellière, que la pauvre fille toucha, mais qu'elle a perdues pour les avoir confiées à son amant qui lui promit de les lui faire valoir 2.

1. Françoise de Nargonne, femme de Charles de Valois, duc d'Angoulèrae (1573-1650), fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet. Le mariage de Françoise de Nargonne eut lieu le 25 février 1644 et elle ne mourut qu'en 1713, à l'âge de 92 ans, ayant survécu 63 ans à son mari.

2. Il a déjà été question des aventures de Foucquet, de M"* de Menneville et de M""* Du Plessis-Bellière. Voy. ci-dessus, p. 46.

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