‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 108 sur 142 · CINQUIEME MÉMOIRE ET DERNIER · texte numérisé non relu

CINQUIEME MÉMOIRE ET DERNIER

Des grands hommes de mon siècle dans V épée et dans la robe.

ARTICLE PREMIER

Commej'écriscesmémoires plutôt par réminiscence qu'autrement et que c'est le souvenir qui me restedes choses passées, que j'ai vues ou entendu dire, qui me sert de guide dans tout ce que je dis, il me semble que je ne ferois pas mal d'ajouter quelques éloges à ceux que j'ai déjà composés dans un autre ouvrage qui doit entrer dans celui-ci et qui laisse un grand vide dans mes nouveaux essais de morale*. J'avois achevé

1. 11 résulte des explications fournies ici par Brienne, que, dans l'intei'valle des deux rédactions de ses Mémoires, la première à Saint-Lazare en 1084 et la seconde à Château-Landon en 1696, il avait composé des Essais de morale, et peut-être de Nojn'catix essais de. morale, contenant des portraits et des réflexions historiques. On ignore quel sort ultérieur cette œuvre a pu avoir, mais son existence ne paraît pas pouvoir faire de doute, (^'est nllf^ manifc^toniont (jue le P. Batterel a en

ces éloges avant que de me déterminer à écrire des minuties pour servir à l'histoire de ma vie, si toutefois je l'achève jamais ; car je ne suis pas un ministre de si grande, importance qu'autre que moi doive prendre la peine d'écrire mon histoire.

Mais pour donner quelque ordre à ce dernier mémoire il faut savoir quels éloges j'ai placés dans mes essais de morale . Après quoi je verrai ceux que je dois y ajouter.

Je trouve d'abord le portrait du cardinal Mazarin et je ne vois pas qu'il y ait rien à changera

Là'je parle en passant de M. Servien, de M. de Lionne et de feu mon père ^.

T L'éloge ou portrait fort naturel de M. Le Tel lier vient ensuite ; j'en dis peu, mais bon -^

vue, quand il met au nombre des ouvi^ages de Brienne « une fort grosse morale toute en prose, à son fils, qui n'en est pas pour cela plus galant homme ». (Le P. Louis Balterel, iVfemc/>ei,domestiques pour servir à V histoire de V Oratoire, publiés par A. -M. -P. Ingold et E. Bonnardet, t. III, p. 275.)

1. Tout un livre des Mémoires, le troisième (t. II, p, 271, et t. III, p. 1), lui a été consacré, sans parler des passages divers qui parlent de lui, et en particulier dans ce présent volume.

2. Pour Servien, voy. notamment t. I, p. 43-44, etc., et pour Lionne, t. I, p. 310-313. Ce que Brienne a dit de son père est plus dispersé. On peut voir les portraits de Servien et de Lionne, dans Mémoires de l'abbé de Choisy (éd. Lescure, t. I, p. 65 et 89), et celui de Brienne un peu plus loin (p. 102j.

3. Il a été suffisamment question de Le Tellier dans ce volume (en particulier p. 204) pour qu'il soit inuiile d'y revenir. On trouvera un portrait de Le Tellier dans les Mémoires de Gourville (t. II, p. 158-162), dans Saint-Simon [Additions au Journal de Dangeau, t. I, p. 242), dans les Mémoires de Saint- Hilaire[t. I, p. 14), dans la Relation de Span/ieim (p. 326), dans les Archives curieuses de l'histoire de France (2*' série, t. VIII, p. 413), etc.

3" Puis j'ai placé celui du marquis de Louvois \ son fils.

4° Ensuite MM. de Lionne et de Pomponne ~ ensemble.

5" Mon portrait où j'ai fourré beaucoup de mes vers. Cela mérite d'être revu et corrigé.

6° M. de La Vrillière, d'où je passe à M. Colbert et au marquis de Seignelay, son fils ^.

7" Le duc de Beauviilier ^ qui finit le portrait fort en raccourci du Conseil secret de Sa Majesté, qui est bien peu de chose maintenant.

8° Enfin le P. de La Chaise, confesseur du Roi,

Je crois avoir parlé assez au long de Monsieur le PrinceetdeM.deTurenne,desmaréchauxdeBoufïlers

1. Brienne n'a parlé de Louvois que dans le présent volume et ce qu'il en a dit est personnel. Pour Louvois comme pour son père, il faut voir Gourville (t. II, p. 172), Saint-Simon [Additions au Journal de Dangeaii, t. III, p. 371), Spanheim (p. 318), l'abbé de Ghoisy [passim), et une lettre de M""^ de Maintenon (recueil de La Beaumelle t. VI, p. 269-276), etc.

2. Il n'a été question de Pomponne qu'on passant, sauf dans ce volume-ci (p. 165.)

3. Dans ce qui nous reste de lui, Brienne a marqué de quelques traits directs et précis les débuts, comme le caractère de Colbert ; mais il n'a pas esquissé un portrait d'ensemble du ministre, non plus que de La Vrillière ou de Seignelay. Il faut aller en chercher ailleurs d'autres éléments, dans Charles Perrault [Mémoires, éd. P. Bonnefon, p. 34-42, 47-54, 57-74, etc.), dans Gourville (iV/emo«>es, t. II, p. 164-165), dans Saint- Simon [Parallèle des trois rois bourbons, p. 218), dans Saint- Hilaire [Mémoires, t. I, p. 9), dans Spanheim [Relation, éd. Bourgeois, p. 317), etc.

4. Il n'a été que deux autres fois, sous la plume de Brienne, question de Paul, duc de Beauviilier.

et de Catinat ^ Il me reste à dire un mot du jeune (pas trop jeune) maréchal due deVilleroy, général en chef des armées du Roi. C'est qu'ils sont deux maréchaux de ce nom ^ : feu M. le maréchal de Villeroy, son père, qui a eu l'avantage d'être gouverneur du plus grand roi qu'ait jamais eu la France et qu'elle aura peut-être (et sans peut-être) jamais.

Ce jeune maréchal n'est pas trop jeune, car il n'a que cinq à six ans moins que moi, et je cours ma soixante-et-unième année ^. Nous avons été élevés ensemble auprès du Roi. Je crois le connaître ; ne flattons point son portrait.

ARTICLE SECOND

Portrait du maréchal duc de Villeroy, fils du maréchal de même nom qui a été gouverneur de Sa Majesté.

On l'a fort longtemps appelé à la cour le petit marquis. Il a été assez de temps à croître et à se déniaiser. Enfin il a grandi, excepté en cette partie qui, selon Pétrone, fait le caractère des héros, quand il fait dire à un débauché : « Je ne suis plus Achille

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