‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 116 sur 142 · ARTICLE SIXIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE SIXIÈME

De MM. Pussort, Daguesseau et d'Avaux.

M. Pussort est trop vieux pour qu'on doive le compter désormais au nombre des vivants. Il mourra

formée par son grand-père Antoine de Loménie et que celui-ci voulait léguer à son fils. Richelieu souhaita l'acquérir et l'acheta 36.000 livres, en laissant à Henri-Auguste de Loménie la faculté d'en faire prendre une copie. Tandis que l'original passait, après diverses péripéties, dans la Bibliothèque du Roi, voici quelques renseignements que Brienne lui-même nous a laissés sur la copie, dans une note que le Bulletin du bibliophile a publiée (1851, p. 111). « La copie qui m'en reste, dit-il, est entre les mains de M. Boucherat, conseiller d'Etat ordinaire, que je lui ai prêtée après en avoir tiré de lui son récépissé. Lorsque j'ai besoin de quelques volumes, il ne fait pas difficulté de me le communiquer, même dans ma prison. » On perd la trace de ce qu elle est devenue après la mort de Boucherat, qui a confirmé lui-même les renseignements fournis ici par Brienne. « M. de Boucherat m'a dit, lit-on dans une note sur les papiers de Brienne écrite par la bibliothécaire Nicolas Clément, le 13 janvier 1681, qu'il n'avait aucun papier de la charge de secrétaire d'Etat, mais seulement des copies de quelquesuns des recueils que l'on appelle les manuscrits de Brienne, dont les originaux sont à la Bibliothèque du Roi. » [Bibliot/ièque de V Ecole des Chartes, 1874, p. 369.)

ce qu'il est. C'est un fort homme de bien. Il a fait la fortune de Hersant, un de mes commis ^

Pour M. Daguesseau -, il est encore jeune et se j3orte bien. Il n'est pas si âgé que moi ; il peut aller fort loin. Sa probité est généralemenlreconnue. On le croit un peu janséniste et on le peut croire, puisque le P. Bourdaloue ^ lui-même n'est pas exempt de ce reproche honorable.

Enfin M. d'Avaux ^ est un beau génie et fort facile ; il a de grandes vues, beaucoup de pénétration et un grand usage des affaires. Il sait parfaitement les intérêts des princes de l'Europe, écrit et

1. Antoine Hersant, qu'on a déjà vu figurer au nombre des compagnons de Brienne, au début de son voyage. (T. II, p. 103 et 111.)

2. Henri-François Daguesseau (27 novembre 1668-9 février 1751) était, depuis 1690, avocat général au Parlement de Paris et débuta dans ce poste de la manière la plus brillante. Il devint procureur général en septembre 1700 et chancelier le 2 février 1717.

3. Sainte-Beuve l'appelle le plus janséniste desjésuiles. Bourdaloue a été inculpé de jansénisme par un auteur anonyme dont le manuscrit est conservé à Clermont-Ferrand. (Voy. Eug. Griselle, ^OM/'c^a/oMC, histoire critique de sa prédication, 1901, in- 8°, p. 386 et 410.)

4. Jean-Antoine de Mesmes, comte d'Avaux (1640-11 février 1709), successivement ambassadeur à Venise (1671-1674), puis en Hollande (1678), en Suède (1692), et de nouveau en Hollande.

parle bien. Il seroit très digne d'être secrétaire d'État.

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