‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 117 sur 142 · ARTICLE SEPTIEME · texte numérisé non relu

ARTICLE SEPTIEME

De M. de Ponchar train et de M. Vahhé Bignon, son neueu.

M. de Pontchartrain ^ est vif et agissant ; il aune très bonne tête, ne paraît nullement embarrassé des affaires, rit toujours, infatigable dans le travail, l'esprit fort prompt et de plus très bomme de bien.

Il porte lui seul tout le poids des affaires de l'État dans un temps très difficile. Dieu nous le conserve et donne à M. son fils ~ plus de bonbeur qu'à moi! Il exerce déjà la cbarge de secrétaire d'État sous M. son père. On dit qu'il est foible de corps. A tout hasard je voudrois bien qu'il voulût épouser ma petite-fille de Cayeux ^.

1. Brienne a déjà parlé (ci-dessus, p. 163), et avec autant d'éloges, de Louis Phélvpeaux, comte de Pontchartrain, qui était alors contrôleur général des finances et secrétaire d'Etat avec le département de la Marine et de la maison du Roi et qui lui avait ouvert les portes de Saint-Lazare.

2. Jérôme Phélypeaux, comte de Phélypeaux, puis de Maurepas, enfin de Pontchartrain (mars 1674-8 février 1747), conseiller au Parlement de Paris, puis secrétaire d'Etat en survivance de son père (1696), entra en fonction quand celui-ci fut nommé chancelier, et fut contraint de se démettre de sa charge en novembre 1715.

3. Brienne eut deux petites-filles de ce nom : Anne-Marie- Geneviève Rouault, qui épousa Antoine-Philibert de Torcy, et Louise-Antoinette Rouault, à qui le P. Anselme ne prèle aucune union. [Hist. gén . et chron.. t. VIT, p. 101.)

Pour M. l'abbé Bignon K, c'est un génie du premier ordre, très grand orateur, appliqué, solidement vertueux, qui n'ignore rien. Il est capable d'être premier ministre. A quoi ne pense-t-il point ? Tout l'univers est rangé dans sa tête ; il étudie et compose continuellement. C'est de lui bien plus justement que de l'écureuil de M. Foucquet qu'il faut dire : Quo non ascendam ? Devise qui convient encore mieux et plus justement à la vigne de ses armes qu'à l'écureuil. Elle serpente et monte le long de la croix etsansdoute peut aller plus haut. Je lui souhaite toute sorte de bonheur ; il n'en aura jamais tant qu'il en mérite. Ah ! que je fais de plaisir à l'abbé Brigault, son ami intime et le mien ! Il est capable de son côté, s'il étoit en place, de le seconder, et notre ami l'abbé de Tilladet aussi -. Je les appelle le triumvirat des beaux esprits.

1. Brienne a déjà fait, et presque dans les luèmes termes (p. 163), l'éloge de l'abbé Jérôme Bignon, dont il exagère le mérite. « L'abbé, qui a beaucoup d'esprit, dit Mathieu Marais de Jérôme Bignon, n'a pas avancé du côté des prélatures, parce qu'on lui a trouvé des mœurs un peu trop gaies, et il aime mieux être conseiller d'Etat qu'évêque. » [Journal, t. Il, p. 342.)

2. Jean-Marie de La Marque de ïilladet, né vers 1650, au château de ïilladet, en Armagnac, mort le 15 juillet 1715. Après avoir commandé une compagnie de cavalerie, il entra dans l'Oratoire, à Paris, et devint membre de l'Académie des inscriptions (1705). Il devint aussi censeur des livres. Voy. sur lui: De Boze, Histoire de V Académie i oy aie des Inscriptions, t. m, p. 44 ; le P. Batterel, Mémoires domestiques pour servir à Vliislnirr de r Oratoire, t. IV. p. 317.

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