Jacques II
2. Paul de Barrillon d'Amoncourt, ambassadeur en Angleterre depuis 1677 jusqu'au 2 janvier 1689.
3. Alger fut borabarbé une première fois du 22 août au 12 septembre 1682, et une seconde fois du 26 juin au 18 août 1683. Celte fois, la ville « fut si biencanonnée et bombardée, qu'elle en fut presque entièrement détruite ». (Saint-Hilaire, Mémoires, t. II, p. 12.) C'est seulement en 1688 que le prince d'Orange commença ses hostilités, et la Hollande reprocha alors à l'Angletei're de donner asile dans ses ports à des corsaires d'Alger destinés à pirater contre la marine des Provinces- Unies.
4. Après l'entrée du prince d'Orange à Londres, Jacques II avait fui l'Angleterre et se réfugia en France, où il arrivait le 4 janvier 1689 et où Louis XIV le reçut royalement. Puis il revint en Irlande et, ayant perdu tout espoir à la bataille de La Boyne, il revint au château de Saint-Germain, où sa retraite était fixée et où il mourut le 16 septembre 1701.
moyens pour se sauver et le laisser ainsi paisible possesseur de son trône et de ses trois couronnes. Il change, il bouleverse toute l'économie et les usages de l'État à son gré. Il fait des lois nouvelles, convoque un Parlement sans autorité, qu'il casse, change, fait et défait comme il lui plaît. Il invente mille nouveaux impôts ; tout lui réussit. Il se fait sacrer et couronner roi, et devient, lui qui ne croit point en Dieu, défenseur de l'Église anglicane, qu'il abhorre dans son cœur, et protecteur de la Foi.
Les morts, les prisons, les exils ne l'embarrassent pas. Maître de la flotte, de la tour de Londres et des ports d'Angleterre, il se croit maître de la mer. La conquête de l'Irlande, qui tenoit encore le parti du roi légitime, ne lui coûta que Schonberg ^ qui avoit été son gouverneur. Il chasse une seconde fois son beau-père de ce pauvre royaume, sa dernière ressource, et nous en voilà chargés de nouveau. Ce que nous lui donnons, il croit nous l'ôter : à ce prix, il n'avoit garde de le perdre.
La Hollande se soumet au joug du vainqueur, devenu roi en effet de trois puissants royaumes. L'Espagne, si catholique à son dire, est la première à le reconnoitre. L'Empereur et les princes de l'Allemagne en font autant. Le Pape même, qui le croira ! se laisse duper par le prince d'Orange, qui le leurre de rétablir la catholicité dans l'Angleterre,
1. Le manuscrit porte fautivement Chambort. Il s'agit de Frédéric-Armand, maréchal de Schonberg, qui était sorti de France, pour cause de religion, après la révocation de l'édit de Nantes, et était passé au service du prince d'Orange. On a déjà vu comment il flnii ;i la l)ataille de la Boyne (p. 233)
et qui, pour le mieux tromper, a eu l'impiété de profaner le plus auguste de nos sacrements, si la lettre d'un jésuite missionnaire à La Haye, que j'ai vue, est véritable et digne de foi. Ce jésuite mandoit au P. Le Tellier ^ : « De la même main que je vous écris j'ai communié le prince d'Orange, que je connois très bien, dans ma chapelle de I^a Haye. » Cela s'appelle se jouer visiblement de Dieu et des hommes. Le sacrilège ne lui coûte rien pour venir à ses fins. Le pauvre roi détrôné venoit effectivement de rétablir la religion catholique, apostolique et romaine dans sa capitale. Les jésuites avoient ouvert leur collège visionnaire et à cause de tout le mal que nous voyons dans un des faubourgs de Londres nommé La, . . ^ on les en chasse plus promptement qu'ils n'y sont entrés. On emprisonne les missionnaires de Saint-Lazare, chapelains de la chapelle du roi, très bon catholique. Enfin on les laisse repasser en France, à la prière du nonce du Pape, qu'on traite fort civilement et qui, trompé comme son maître, s'efforce de détruire la catholicité, en s'imaginant que le prince d'Orange, plus fourbe qu'Ulysse, est celui dont Dieu veut se servir pour la rétablir ^.
1. Le P. Le Tellier (16^io-l 719), jésuite, qui devait succéder, en 1709, au P. de La Chaise comme confesseur du Roi.
2. Le mot est en blanc dans le manuscrit. Manifestement ce passage a été mal compris par le copiste, qui l'a transcrit incomplètement.
3. Brienne parle ici de Guillaume III comme en parlaient tous les Français de son temps. Il suffit de citer le tilredu livre d'Antoine Arnauld : Le véritable Portrait de GuiUaume de
Cependant le nouveau tyran ne perd point son objet de vue ; il laisse prendre Mons et Namur, qu'il pouvoil secourir très facilement. Il perd des batailles, voit bombarder et brûler Bruxelles. La faute qu'on fit est de n'avoir pas pris Louvain ; il auroit bien fallu, malgré lui, lever le siège de Namur. Enfin il s'opiniâtre à ce siège, où il s'étoit retranché jusqu'aux dents. Il reprend, assisté des Liégeois, cette importante ville qui leur donne tant d'ombrage. Il s'en retourne triomphant en Angleterre. Ce ne sont qu'arcs de triomphe, feux de joie, fêtes et festins. Enfin nous voici arrivés à l'année de la guerre dont il est seul le premier mobile et le soutien. Nous verrons ce qu'il fera de cette campagne. Si on peut détacher de la ligue le duc de Savoie ^ je tiens le prince d'Orange fort mal dans ses affaires. Notre (lotte a passé le détroit; elle est dans l'Océan et nous ne craignons rien sur la Méditerranée. Si le Roi prenoit en été Gand et Bruges, comme il le peut sans doute, et ensuite Audenarde et Louvain, adieu la ligue ! Dieu le veuille ^.
Nassaïf, nouvel Absalon, nouveau Cromwel, nouveau Néron (Bruxelles, 1689, in-18), qui eut tant de retentissement; et le portrait vigoureux qu'en a tracé La Bruyère, dans ses Carac" tères, à la finduchapitre des Jugements (Paragraphes 113-119. Œuvres, éd. des Grands écrivains, t. II, p. 123-134.)
1. Viclor-Amédée II, duc de Savoie. Il traitait secrètement de la paix avec la France et la conclut par le mariage du duc de Bourgogne avec la princesse de Savoie (15 septembre 1696).
2. Des prévisions que Briennc expose ici sur la campagne de Flandre, en 1696, on peut induire qu'il les écrivait avant la fin de cette campagne. Elle se passa tout entière en mouvements de troupes et s'acheva sans résultat décisif. C'est seulement
Je n'ai plus rien à dire, je finis avec mon papier. J'espère beaucoup de cette campagne. Que le Roi marche seulement, je lui réponds de la prise d'Ostende. Pour Namur, s'il veut le reprendre, il le peut plus facilement que la première fois. Les vents et les pluies peut-être ne seront plus contre nous, et je lui réponds, s'il paroît à la tète de ses troupes si accoutumées à vaincre, que le prince d'Orange et l'électeur de Bavière ne tiendront pas devant lui.
l'année suivante, le 20 septembre 1697, que la paix fut signée à Ryswick, fort précaire d'ailleurs, puisque la question de la succession d'Espagne allait, dès 1701, rallumer les hostilités.