‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 18 sur 142 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

LA CHUTE. A l'oRATOIRE ET A SCHWERIN.

Brienne a conté sa mésaventure dans une partie aujourd'hui perdue de ses Mémoires. On en peut donc parler avec moins d'assurance que le faisait la victime. L'événement dut se produire vers le milieu de l'année 1662. Le Roi, mécontent, signifia l'ordre d'éloignement de la cour. Peut-être même alla-t-il plus loin, car on voit, à cette époque, dans les papiers de la Bastille, la mention assez peu explicite de l'incarcération d'un Loménie. qui pourrait être le nôtre. Toujours est-il que celui-ci dut quitter la cour. Il alla en Picardie, espérant que son exil ne durerait pas. Le Roi songea, dit-on, à le faire cesser; mais cette bonne disposition ne dura pas, contrariée par les machinations des ennemis de Brienne et aussi parce que sa manie latinisante ne s'exerra jamais avec une insistance plus tenace qu'au temps de ce loisir forcé. Prose, vers, tout lui était bon indistinctement. Il se mit même à faire des vers français, mauvaise entreprise pour lui, car la facilité fluante de sa veine se montre mieux dans notre langue que sous la contrainte du latin.

Le Roi parla d'une démission du ministère : Brienne s'y refusait, quoiqu'il ne fût que le survivancier et son père le titulaire; mais l'exemple du caixlinal de Retz, si longtemps hostile à pareil désir du Roi, excitait ce cerveau échauffé. En décembre 1662, on permit à Brienne de s'approcher de Paris, sans doute pour mieux l'avoir sous la main, et tantôt à Saint- Denis, dans une dépendance du couvent des Carmélites, tantôt à Vanves, chez le président de Thou, il put réfléchir sur son cas et recevoir des amis qui lui en montrèrent la difficulté.

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