‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 21 sur 142 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

A l'Oratoire, Brienne se montra bien vite ce qu'il avait toujours été, imprudent et inconséquent. Pourtant, au début, sa conduite fut plus réservée. D'ailleurs, les deuils ne lui étaient pas plus épargnés que les embarras domestiques, qui continuaient à l'assaillir. Le 2 septembre 1665, il perdait sa mère, Louise de Béon, et le chagrin de sa propre disgrâce n'avait pas été étranger à cette fin, comme il contribua encore, quinze mois plus tard, à celle de son père, survenue le 6 novembre 1666, et qu'on inhuma chez les Carmélites de Saint-Denis. Lui-même donna alors des marques suffisantes de sa résolution pour qu'on ne pût pas en douter. Peut-être craignait-on encore les tentations que pouvait avoir sur un esprit aussi mobile que le sien le séjour de Paris, car on l'envoie, le 30 janvier 1665, résidera Vendôme et s'y préparer au sous-diaconat, qu'il reçut le 27 juillet suivant, des mains d'Henri Arnauld, évêque d'Angers. C'était le sceau définitif placé sur cette vocation. Pour le mieux marquer encore, Brienne fait, par actes du 27 juin et 13 décembre 1666, donation de ses biens à ses enfants, en particulier à son fils, Henri-Louis, alors âgé de huit ans seulement. Ainsi se détachent et se rompent successivement tous les liens avec le monde, si bien qu'on pourrait croire que Brienne, désormais tout à sa dévotion, va finir par trouver en elle le repos qu'il en espère. Mais, avec lui, les sautes d'humeur ne sont pas longues à venir.

Dans l'Oratoire, Brienne fut ce qu'il avait été auparavant, versatile et inconsidéré. Là, sa passion de l'intrigue s'exerça principalement sur les matières religieuses. Déjà, quand il participait à la politique, ces questions tenaient une large place dans son esprit. Il rêvait alors d'être l'intermédiaire entre les jansénistes et les jésuites et se jugeait assez habile pour rapprocher des incompatibilités que de plus sensés que lui n'avaient pas réussi à atténuer. On se plaignait assez communément de

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