INTRODUCTIO>'. XXVII
soupçons ne furent plus fréquents ni mieux justifiés qu'alors, quoique fort différents d'intention et d'effet. Si le P. Amelotte put se servir, dans sa traduction du Nouveau Testament, de celle que les jansénistes préparaient et devaient publiera Mons, c'est à un procédé indiscret de Brienne qu'il le dut. C'est lui aussi qui fournit au P. Poisson la copie sur laquelle il put faire (1668; son édition du Traité de la mécanique de Descartes. Ce manque de retenue s'accentue chaque jour et s'exerce à l'égard de tous, indistinctement, de l'oratorien Richard Simon, dont il divulgue les intentions vis-à-vis de Nicole, comme du janséniste abbé de Pontchàteau, dont il trahit le pseudonyme. Le mal, en s'accentuant, prend des allures plus qu'inquiétantes, et tout le monde s'en alarme. L'abbé Le Camus, le futur évêque de Grenoble, parle ainsi à l'abbé de Pontchàteau du pitoyable état de l'esprit de Brienne : « Il m'a dit qu'il avoit vos cachets, et qu'il y a quelques jours « qu'étant chez Richard, maître de la poste de Flandre ou de « Hollande, il avoit ouvert et tiré un extrait d'unede vos lettres, « parce qu'il connoît votre écriture. Il en pourra bien faire « autant de tous vos amis. Donnez-y ordre, et pour vous, et « pour eux, car, puisqu'il m'a dit cela assez légèrement, il en « peut bien faire d'autres. Il est même homme à se faire jésuite « et à découvrir tout ce qu'on lui a confié de vos amis. Comme « cela vous regarde, j'ai cru ne pouvoir vous le taire. Il n'y a « pas de remède, mais il est bon d'en être averti. »
Ceci dénoie un véritable trouble mental : le cas n'est pas niable, si le motif en est incertain. Brienne tomba-t-il alors amoureux de M"* Des Houlières, et cette passion, qui fut très vive, comme on le tient de lui-môme, troubla-t-elle suffisamment son cerveau pour l'amener à ce point d'égarement ? M"* Des Houlières était voisine du séminairede Saint-Magloire, où Brienne habitait alors. Lui-même a plusieurs fois parlé dans