‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 32 sur 142 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

« Jacques, vis-à-vis Saiut-Magloire ; et comme il devoit « environ huit cents livres à ses créanciers, il fut exécuté par « un en ses meubles : ce qui le fâcha extrêmement et l'obligea « de se retirer chez Balancé, chirurgien, et de se servir de ce « temps-là pour se faire guérir d'un ulcère qu'il avoit à la « gorge. Et après qu'il eût été guéri il se retira dans le mona- « stère des Augustins du faubourg Saint- Germain, et ayant « appris lorsqu'il y étoit, quil y avoit plusieurs archers qui « vouloient l'arrêter, il prit la résolution de sortir hors du « royaume. »

C'est là un récit accommodé aux besoins de la cause ; mais il est bien improbable qu'il ne contienne que des inexactitudes. Quoi qu'il en soit, les parents, qui savaient ce qu'il en fallait penser, s'empressèrent de faire toutes les démarches nécessaires pour se délivrer d'un personnage gênant, aussi incapable de gérer sa fortune que de veiller à l'éducation de ses enfants. Dès le 23 décembre 1670, le lieutenant de police prenait une ordonnance pour faire enquêter sur l'interdiction de Brienne, solUcitée par son frère, l'évêque de Coutances. Le 17 février 1671, les parents comparaissaient à cet effet et quatre jours après, le 21 février, était émis un avis favorable à cette interdiction, désignant Nicolas Dauvert, bourgeois de Paris, comme curateur à l'interdit. Les pièces invoquées pour justifier cette mesure étaient « cinq billets en forme de lettres missives des « 17 et 20 octobre dernier, les autres sans date, tous écrits « de la main dudit sieur de Brienne et qui font connoître sa « mauvaise conduite, inconstance et foiblesse de son esprit ». Ils parurent suffisants pour provoquer, le 6 mai, une ordonnance d'informer sur les griefs allégués par la famille et, le 12 mai, la Châtelet confirmait la sentence d'interdiction de Brienne et la désignation de son curateur.

Avant tous ces incidents, Brienne avait pris soin de passer

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