XXXIV INTRODUCTION
son prédécesseur et il le mande à Bidal dès le 9 janvier 1671. « Le Roi est fâché, lui dit-il. de Téquipée qu'a fait M. le comte « de Brienne, plus pour la considération du préjudice qu'elle « peut faire à lui-même et à ses enfants que pour aucune « autre raison. Contribuez pour ce que vous trouverez aux « occasions à ramener son esprit et à lui conseiller son retour « eu France, lui assurant, comme il est vrai, que jamais ses « parents nonteu le dessein de l'enfermer et quïls ne le pren- « dront point quand il sera ici. » Ou a vu ce qu'il faut penser de cette assurance. Brienne lui ne s'y fie pas et n'y veut pas souscrire. D'ailleurs, son état d'esprit se précise pendant la durée de son séjour en Mecklerabourg. Dès le 19 janvier 1671, Bidal voit clair dans son cas et en parle plus nettement. « M. « de Brienne, dit-il, en deux matinées, a dépensé trois cents « écus, dont je lui avois prêté partie. » Une fois de plus, Brienne est atteint de sa fureur de collectionneur. « Il avoit « mis à part, ajoute Bidal, pour une somme considérable de « livres- Tout lui était propre et il seroit venu à bout en peu de « mois de la banque d'Hambourg, s'il en eût eu la disposition.» Le mal est invétéré et Bidal le juge incurable, à moins d'un miracle. « D'autant que je ne crois pas, déclare-t-il, par ce « que j'ai reconnu en l'entretenant, que tous les bons avertisse sements, tant pour la conservation de son honneur que pour « celui de messieurs ses enfants, fassent aucun effet sur lui, et « que lui-même fasse aucune réflexion, puisque dès le moment *< il fait tout le contraire de ce que les personnes d'honneur lui i( ont conseillé. «
A ce cas pathologique, conviennent seulement la retraite et le repos. Qu'on fasse revenir en France ce dément, si on le veut, sinon qu'on le laisse dans le pays où il est « vu que c'est ic un pays éloigné des passages et où il y a peu de gens raison- « nables, et éloigné des occasions de dépenses «. 11 semble bien