INTRODUCTION. XXXVII
lettre du 12 août 1672, que celui-ci est fort édifié par Tautre et qu'il ne le quitte presque point. Excellente société que celle de deux esprits aussi extravagants, et, des deux, c'est encore Brienne qui scandalise son interlocuteur. « M. de Brienne, « écrit M""" de Mecklembourg, le 27 octobre 1672, a souvent « ici sa conversation (du prisonnier), dont il a un peu profité ; « mais comme il a quelquefois des saillies comme il a eu des « mouvements en France, qui n'ont pas été trop modérés, ce « bon homme en a été un peu fâché. » Il est vrai que Brienne est dans un temps de crise. « A l'égard du pauvre M. de Brienne, « ajoute la princesse dans la même letlre, il est dans des actes « terribles depuis quelques jours. Cela lui est déjà arrivé plu- « sieurs fois. Je donnerois beaucoup pour qu'il fût en France, « car il me tourmente à tout moment et fait de grands désordres « qui mettent ma patience à bout. »
Cette existence divaguante ne pouvait plus durer en effet. Il est probable que Louis XIV s'en émut enfin. Il n'était pas satisfait de l'inconsistance du duc de Mecklembourg, qui maintenait, contre son gré, la duchesse à Schwerin, tandis que lui-même paradait à Paris. Louvois, Pomponne, Condé, Luxembourg, se mirent à travailler pour faire revenir en France M'"*" de ^Mecklembourg ; mais, pour faciliter la chose, on pensa sans doute, que le retour préalable de Brienne s'imposait. Celui-ci s'y résolut assez facilement et il était rentré à Paris dès février 1673. Le 9 mars suivant M""® de Mecklembourg se félicitait qu'il en fût ainsi: '< Je trouve M. de Brienne « bien heureux d'avoir suivi mon conseil », écrivait-elle à Dom Luc d'Achery. Mais on ne peut se fier à Brienne. Dès la fin du mois, M"^ de Mecklembourg est informée de ses menées contre elle. « J'ai peur, écrit-elle le 9 avril, à moins que « M. de Brienne ne soit plus changé qu'il ne me paroit dans « sa lettre, qu'il ne dise à M. mon mari des choses inutiles. »