XLIV INTRODUCTION
égard des renseignements que d'autres n'ont pas dits. Son témoignage est bon à connaître, au besoin pour le discuter, surtout quand il apporte des précisions sur quelques grands noms venus à la traverse.
En tout cas. ce sont des fragments d'autobiographie, et, ainsi lancé, Brienne, dans son loisir, ne pouvait manquer décrire le récit de sa propre existence, ne fût-ce que pour revivre les années heureuses. C'est ce qu'il fit, non pas comme on l'eût souhaité, mais suffisamment pour éclairer sur sa personne et sur son temps. Quand il écrit, Brienne n'est guère capable de tenir sa pensée en bride et de la suivre docilement : sa fantaisie, qui reste grande, le guide souvent, sinon dans l'expression de ses idées, tout au moins dans leur exposition. Il va, vient, erre au milieu de ses souvenirs, coupe son récit de longues et fréquentes parenthèses dont il s'excuse pour y retomber aussitôt, mais trouve, pour conter ce qu'il dit. une précision de termes qui n'est pas dans son plan. Il débuta dans ce qui fut ses Mémoires par la seconde partie, c'est-à-dire par la traduction amplifiée du petit livre latin qu'il avait consacré à ses voyages, plus de vingt ans auparavant. Cette traduction se fit en 1683, et mis par elle en goût de se raconter, Brienne ne posa pas la plume, mais continua à disserter sur sa propre existence, en y mêlant ce qu'il savait sur ceux qui furent, peu ou prou, ses contemporains. C'est ce qui forma la première partie de ses Mémoires, achevée le 20 février 1684, à Saint-Lazare, et qui comprend quatre livres, de dimension inégale, sur Louis XIII et Richelieu, sur Anne d'Autriche et Mazarin. Les anecdotes y abondent, piquanteset inattendues, sur tousces personnagesde premier plan : Richelieu faisant le baladin devant la reine pour la séduire ; Mazarin mourant ; les débuts du jeune roi, et bien d'autres anecdotes qui depuis ont fait leur chemin dans le monde, encore qu'on aftectàt d'en suspecter l'origine. Bien à