‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 46 sur 142 · UI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

UI INTRODUCTION

levée d'interdiction. Le 16 mai, il y eut réunion de ses parents et de ses amis, pour donner leur avis sur cette décision. Les parents ne comparurent que par procureur ; mais les amis vinrent en personne attester le bon sens de Brienne. Et c'étaient entre autres, l'abbé Henri-Emmanuel de Maujon de Chefdeville, son cousin, et ses anciens commis Jacques Dautiège, Pierre Ariste, Jean Parayre. Antoine Hersant. La cause était trop bien entendue et le bon sens trop bien prouvé par trois interrogatoires successifs, pour qu'il ne fût pas fait droit à la requête de Brienne. Dès le lendemain, 17 mai, sentence était prise par le prévôt de Paris, Charles-Denis de BuUion, marquis de Gallardon, ordonnant la mainlevée de l'interdiction, que le nom sera désormais rayé du nombre des interdits et que Brienne pourra dorénavant administrer directement ses biens sans le secours de personne.

C'était la victoire, mais sur un seul point, le principal, il est vrai. Brienne en remercia Pontchartrain dès le 19 et, tout en faisant parler sa gratitude, remarquait que la mesure prise à son égard était incomplète : « L'autre partie, disait-il, des ordres « du Roi en ma faveur reste à exécuter : M. Joly, supérieur « général de la Mission, ^diffère à me tirer de la maison des « correctiounaires et des insensés, pour me mettre dans le « bâtiment des ordinaires... Du reste, Monseigneur, j'observe- « rai très régulièrement la volonté du Roi qui m'est connue : « je ne demande d'autre liberté dans la maison que celle qui « m'a été accordée. » Pour l'obtenir, il fallut cependant que le prévôt de Paris intervint encore par une ordonnance nouvelle et accordât officiellement à Brienne, le 14 juin lb92, la permission « de se promener dans l enclos, aller et venir dans la « maison, comme les autres prêtres, sans avoir de frère à sa « suite », et le supérieurdevait lui donner un appartement hors du quartier des correctiounaires et des insensés.

Page 1