‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 47 sur 142 · INTRODUCTION. LUI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LUI

MM. de Saint-Lazare avaient mis vraiment trop de lenteur à obéir aux ordres précédents. Cette fois-ci encore, ils soulevèrent des objections, estimèrent que l'ordonnance du lieutenant civil ne pouvait les décharger de lobligation de garder leur prisonnier étroitement, que leur imposait la lettre de cachet du 27 janvier 1674, et le supérieur de la maison, Joly, en écrivit le 22 juin à Pontchartrain. On y mettait toujours aussi peu de bonne volonté. Le 1" juillet suivant. Brienne n'avait pas reçu satisfaction, comme en fait foi une lettre qu'il envoya alors à Desgrauges, le commis de Pontchartrain.il y énumère toutes ses réclamations et la liste s'en allonge. Mais les choses s'arrangèrent, bien qu'on ne saurait dire comment. Peu de temps après, le reclus fut autorisé à s'installer au séminaire des Missions étrangères, comme sa sœur M™^ de Gamaches le demandait, et comme nous l'apprennent ses anciens amis les Jansénistes, qui ne l'avaient pas perdu de vue au temps de sa captivité et qui eurent la charité de se réjouir de ce qu'elle prit fin.

Arnauld et Quesnel en particulier sïntéressaient au sort de Brienne et le mentionnaient parfois dans leur énorme correspondance. C'est ainsi qu'on peut saisir au passage quelques détails. Le 19 septembre 1692, Quesnel mandait à Du Vaucel à Rome : « M. de Brienne a eu permission de quitter Saint- « Lazare pour aller au séminaire des Missions étrangères, où « il a la liberté de voir tous ses amis. On dit qu'il est dans son « bon sens autant qu'il y fût jamais. » Et six jours après, le 25, le même Quesnel écrivait à Vuillard, qui lui avait parlé d'une entrevue avec Brienne : « C'a été pour nous un vrai « régal que le récit de la conversation que vous avez eue avec « le prisonnier délivré ; comme sa délivrance, que nous savions « déjà, nous a été un grand sujet de joie... J'ai peur que le « travail de la composition d'une grammaire ne soit trop appli- « quant... et le fruit en est si borné et si mince, que je ne puis

Page 1