‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 50 sur 142 · LVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVI INTRODUCTION

« d'aussi nus et de moins chastes. Mais en France les nudités « ne sont plus souffertes. »

On comprend que Brienne ait parfois causé quelque émotion aux Missions étrangères. Mais il y recevait beaucoup de monde et nul ne se plaignait qu'il déraisonnât, bien quil fût toujours chaleureux dans ses propos et dans ses animadversions, aussi promptes que vives. C'est alors que l'abbé de Choisy le vit et l'interrogea sur les événements d'autrefois : « J'entretiens, dit- « il, M. de Brieune, qui a été cinq ou six ans secrétaire d'Etat « et qui, malgré dix-huit ans de Saint-Lazare, a encore beau- « coup d'esprit et de mémoire. » Dautres que l'abbé de Choisy fréquentèrent assurément notre reclus, pour avoir part à sa conversation, qui n'ont pas laissé de traces de leurs entretiens. Mais Brienne ne se hasaixlait guère dans le monde. Il éprouvait quelque regret de n'y plus retrouver la place occupée jadis, et s'en tenait volontiers éloigné. «Il ne fréquentoit, dit de lui le P. « Batterel, que les communautés de Paris, et eu particulier « celle de Sainte-Geneviève, chez qui il alloit fort souvent « manger. »-

On prétend que c'est cette considération qui poussa Brienne à se retirer, en 1696, dans la riante petite ville de Château- Landon, en Gàtinais. qui possédait une antique abbaye de chanoines réguliers de Saint- Victor, que dirigeait alors Henri de La Grange-Trianon, ami de Brienne et abbé depuis sept ans. Persuadé qu'il pourrait finir là ses jours dans le calme, Brienne vint s'y confiner, en 1696. Il y était certainement le 15 septembre, car, ce jour, il donna décharge, par acte notarié, au fermier avecqui il était en instance judiciaire. Mais on peut assurer que sa présence datait déjà de quelques mois.

Brienne devait y vivre encore plus d'une année et demie, partagé entre ses devoirs de piété et les occupations littéraires qu'il n'avait jamais abandonnées. Cestlà, en ce même temps,

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