‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 56 sur 142 · Jules, cardinal Sachetti (1626), mort le 28 juin · texte numérisé non relu

Jules, cardinal Sachetti (1626), mort le 28 juin

6. Antonio Barberini, neveu d'Urbain VIII, qui dut gagner la France à la mort de son oncle. Sur ce que Brienne dit ailleurs des commencements de Mazarin, on peut voir ci-dessus, t. I, p. 314.

VU grand aumônier de France avant le cardinal de Bouillon *. Sachetti avoit le cœur tout françois, et le cardinal Antoine, pendant la persécution que la maison d'Autriche fit aux Barberins, se mit sous la protection de la France et s'en trouva bien. Il eût été à souhaiter que le cardinal François Barberin ^, qui étoit un homme d'un très grand mérite, eût pris ce parti plutôt que son frère qui n'étoit bon à rien ; mais le grand nom de neveu du pape lui tenoit lieu de mérite. Le seigneur Giulio ayant rendu ce service important à la France par le ministère de M. de Chavigny prit de si grandes liaisons avec lui et des mesures si justes pour l'agrandissement de sa fortune naissante que le favori du premier ministre le fit connoître au Cardinal son patron^, et le Cardinal au roi Louis XIII, qui n'aimoit pas beaucoup M. de Cbavigny, parce qu'il le regardoit comme la créature du Cardinal plutôt que la sienne, et de plus encore parce que ce ministre lui rompoit souvent en visière quand il s'agissoit des intérêts du Cardinal son protecteur, ce que Sa Majesté avoit peine à digérer ; aussi maltraita-t-elle souvent de paroles mon beau-père, qui fier jusqu'à l'excès et connoissant la foiblesse du Roi le menaçoit à son tour du Cardinal, que Sa Majesté craignoit comme un écolier craint

1. Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne (24 août lG44-mars 1715), cardinal de Bouillon, grand aumônier de France en 1671.

2. Francesco Barberini, frère d'Antonio, avait été le principal ministre de leur oncle Urbain VIII. Lui aussi, à la mort de celui-ci, dut se réfugier en France.

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