lean d'Audibert, comte de Lussan
4. Louis-Charles-Gaston de Nogaret, duc de La Valette et de Candale (14 avril 1627-29 janvier 1658). On peut consulter sur lui les Mémoires de Bussy et son Histoire amoureuse des Gaules .
Vous en voilà bien plus savant. » Il est vrai que ces quatre galants, mes rivaux, si mes rivaux y a, étoient fort assidus auprès d'elle ; mais, dans le vrai, je m'en mettois fort peu en peine. Je m'endormis et elle aussi, comme si de rien n'eut été. Elle étoit fort aimable alors, et avoit tout l'esprit qu'une femme puisse avoir. C'est d'elle, qui faisoit des vers mieux que moi, que Scarron a dit : « De votre langueur naturelle l'homme du monde le plus charmé ^ »
Je ne croyois pas tant dire des aventures de mon mariage ; mais le profit que je désire que mes lecteurs tirent de tout ceci, c'est que, s'ils me croient, ils se donneront bien garde de se marier, s'ils sont jaloux. C'est trop à la fois d'être marié et d'être jaloux. Je leur conseille de rester toute leur vie amants, s'ils ont du penchant à la jalousie.
1. Il y a, dans les oeuvres de Scarron, une lettre A Madame la comtesse de Brienne, du 7 août 1657, qui se termine ainsi (M™* de Brienne était venue voir le cul-de-jatte qui lui écrivit aussitôt) : « Vous avez eu la curiosité de me voir, comme la reine de Suède: vous devriez, comme elle, me permettre dêtre amoureux de vous, et vous faire honneur dune chose qui déjà peut-être ne dépend plus de votre consentement. » Après avoir plaisanté sur ce thème, Scarron achève de la sorte : « En attendant que vous déclariez sur mon bon ou mauvais destin, je suis et même serai, de quelque façon que vous me traitiez, de votre langueur naturelle l'homme du monde le plus charmé. — ScvRRox. » [Œuvres de Scarron, nouvelle édition. Paris, J.-F. Bastien, 1786, in-8°, t. 1, p. 195.) M™^ de Brienne dut répondre sans retard à cette déclaration, car Scarron lui écrivit dès le lendemain une nouvelle lettre où il déclare : « Je n en tâcherai pas moins de mériter, par l'impétuosité de ma passion, ce que votre langueur naturelle me permet d'espérer. » ilbid., p. 197.)