C'est-à-dire du 2 mai l(l(i(S jusipTau 10 août
3. Jean de Witt, grand |K'nsioi)iiairo depuis 1652 jusqu'à son assassinat fl(>72].
les mains, et en cela rendit un très mauvais service à sa famille et à la France ^ Il vaudroit mieux sans doute n'avoir jamais fait la guerre à la Hollande que d'avoir mis le prince d'Orange en état de déposséder son beau-père et de porter le feu dans toute la chrétienté.
Le Roi, comme on le sait, prit quarante villes en moins de deux mois. L'auteur, ce qui me fâche, n'en fait point le dénombrement. Wesel ^, je crois, fut la première prise et Orsoy ^, par Monsieur; en même temps Nimègue ^ fut la conquête de M. de Turenne : Rheinberg ^ et le fort de Schenk ^, Naar-
1. Guillaume X de Nassau, pi'ince d'Orange (1650-1702), fut stathouder de Hollande après le meurtre de Jean de Wiu, et devint roi d'Angleterre en 1688, après avoir détrôné son beau-père Jacques II.
2. Wesel, ville du I^imbourg, sur la Meuse, entre Maëstricht et Ruremonde. Investie le 1^'' juin 1672, elle se rendit le 4.
3. Sur le Rhin, à trente kilomètres au nord du Dûsseîdorf. « On ouvrit la tranchée le l*"" juin, et, le lendemain, sur le midi, le gouverneur rendit la place », dit Saint-Hilaire [Mémoires, t. I, p. 87), qui fait honneur au roi de cette prise.
4. Investie le 3 juillet, elle capitula le 10 et c'est ïurenne qui la prit. Elle « se défendit mieux que toutes les autres ensemble et coûta plus de monde, car elle tint sept jours de tranchée, et il fallut y attacher le mineur. » {Mémoires de Saint-Hilaire, t. I, p. 163.)
5. Rheinberg, sur le Kendel, rivière de la rive gauche du Rhin, à huit kilomètres au raidi de Cologne, entre Orsoy et Burik.
6. Brienne l'avait vu, lors de son voyage en Hollande (t. II, p. 174). Attaqué le 18 juin, ce fort se rendit le 19. « M. de Turenne s'emparoit du fort de Schenk, qui céda sans résistance, quoiqu'il passât pour imprenable. » [Mémoires de Saint- Hilaire, t. I, p. 93.)
deii ', Werlheim % Grave "^, Coworden ^, place très importante, Utrecht même \ et la fameuse ville de Maëstrieht ^, tomba sous k joug la campagne suivante. Il est assez inutile de faire la narration de tant de places prises. Le nombre de quarante suffît pour faire voir que c'étoit peu de chose pour la plupart. On manqua de prendre Bois-le-Duc 'et on ne crut pas devoir s'attacher à Bréda ^ ; mais Maëstrieht, le fort imprenable de Maëstrieht, que Fariaux ^ crut défendre, fut emporté en quatorze jours de tranchée ouverte.
Mais voici un endroit considérable du texte sur lequel il est bon de s'arrêter et de faire ensuite quelques réflexions.
1. Naarden, sur le Zuiderzéè dans la Hollande méridionale, à trois lieues d'Amsterdam.
2. Wertheim, sur le Mein, dans le pays de Bade, entre Wiirtzbourg et Aschafienbourg.
3. Sur la Meuse, au sud de Nimègue, Grave fut prise par Turenne après Nimègue .
4. Sans doute, Woerden, place forte sur le Adieux Rhin, qui fut prise et pillée par les troupes du maréchal de Luxerabourg.
5. Utrecht, abandonnée par le prince d'Orange, fut occupée par le maréchal de Luxembourg.
6. Maastricht, assiégée par Louis XIV et investie depuis le 8 août, se rendit le 30.
7. Brienne la visita lors de son voyage en Hollande (t. II, p. 175).
8. Bréda, place forte de la province actuelle de Nord- Brabant, sur la Mark.
0. Jacques de Fariaux (1627-1695), officier au service de l'Espagne, venait d'être fait général de bataille ; il eut la Toison d'or en récompense de sa belle défense de Maëstrieht, et le gouvernement d'Ath en 1690. {Mémoires de Saint'Hilaire, i. IIi,p. 118.J
TEXTE
« Les conquêtes que vous fîtes, dit mon auteur au Roi, chapitre V, page 214, et qui furent encore d'une autre rapidité que celles dont j'ai parlé cidevant, puisque en moins d'un mois vous réduisîtes sous votre obéissance quarante villes fortifiées dont une seule avoit arrêté autrefois presque une année entière une armée considérable, vos conquêtes, disje, vous ayant suscité de nouveaux ennemis, l'Empereur envoya une armée contre vous (cela n'est pas tout à fait comme cela), à laquelle se joignit le marquis de Brandebourg ', avec ses troupes (ce fut lui qui leva le masque ouvertement, l'Empereur ne fil que l'assister sous main). Leur intention étoit de faire repentir les princes de l'Empire (l'électeur de Cologne - et l'évêque de Munster ^) qui s'étoient déclaré pour vous en prenant des quartiers d'hiver dans leur pays. Mais tous leurs efi^orts ne servirent qu à augmenter la gloire de Votre Majesté, puisqu'au lieu de réussir dans leurs desseins, le vicomte de Turenne les repoussa jusque dans le pays de la Mark ^, où il prit lui-même des quartiers d'hiver.