Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg
2. Maximilien-Henri de Bavière, coadjuteur de Cologne, en 1643, puis archevêque-électeur le 26 novenabre 1650, mort en 1688).
3. Christophe-Bernard de Galen, d'abord colonel au service de l'électeur de Cologne, puis chanoine et prévôt de Munster, enfin évèque de cette ville en 1650. Il mourut en septembre
4. La Mark, petite rivière affluent d'une des bouches de la Meuse.
« Cette grande action avoit été précédée du célèbre, et jamais assez loué, passage du Rhin, que vos troupes avoient traversé à la nage (comme si le Rhin eut été aussi facile à passer que la petite rivière des Gobelins ' et du Fuzin, qui baigne les prairies du Chàteau-Landon ~). Ce passage si mémorable et si incroyable avoit jeté la consternation et l'épouvante parmi vos ennemis (qui fuyoient devant vous comme des moutons) et cette consternation fut si grande que peu s'en fallut que vous ne vous rendissiez maître d'Amsterdam (il n'y avoit qu'à marcher droit à lui, il vous ouvroit ses portes). Mais un bourgmestre de celte ville ayant fait consentir de lâcher les écluses (sans considérer le péril visible où il exposoit la ville d'être inondée elle-même), vous manquâtes une si belle occasion. Cependant, comme ils étoient réduits à l'extrémité, ils vous proposèrent la paix (ou plutôt vous la demandèrent à jointes mains et, pour ainsi dire, la corde au col, car l'eau les gagnoitetils n'avoientni bière ni pain). Le prince de Condé, qui venoit d être blessé (non au passage du Rhi n , comme dit mon auteur, mais auprès de Tolhuys^ ,
1. La Bièvre, qu'on désignait ordinairement ainsi, parce qu'elle arrosait la teinturerie en laines fondée par Camille Gobelin, au faubourg Saint-Marceau, à Paris.
2. Brienne était retiré k l'abbaye Saint-Séverin de Chàteau- Landon, en Gàtinais, entre Nemours et Montargis, quand il écrivait, en 1696, cette dernière rédaction de ses Mémoires. C'est là qu'il mourut, deux ans plus tard, auprès de l'abbé de Saint-Séverin, Henri de La Grange-Trianon.
3. La remarque de Brienne a moins d'importance qu'il le suppose. Tolhuys est sur le bras du Rhin qu'on nomme le
dans l'ile où est bâti le fort de Schenek tout à la pointe du Wahal et du Leck ■), ce prince, dis-je, vous conseilla d'accepter cette paix qu'on vous offrit, et par laquelle vous aviez tiré toute la gloire et tout l'avantage de la guerre. Tous vos généraux furent du même avis, et ils se fondoient sur ce que l'Empereur et l'Électeur de Brandebourg se déclaroient déjà contre vous et que l'Empire tout entier, qui ne devoit pas être moins jaloux de vos rapides conquêtes, nemanqueroit pas desuivre leur exemple (surtout les princes du bas Rhin et de Franconie, comme le landgrave de Hesse -, l'abbé de Fulde ^, les rlieingraves et quantité d'autres, sans compter les princes de la puissante maison de Brunswick, qui étoient déjà fort ébranlés). Mais le marquis de Louvois, qui se flattoit d'en savoir lui seul plus que tant de grands hommes ensemble vous fit entendre que cette république étoit tellement abattue qu'elle ne pouvoit jamais s'en relever, qu'ainsi il ne falloit
Wahal, à la hauteur du fort de Schenek. C'est là que quelques escadrons traversèrent le fleuve pour combattre les troupes du comte de Montbas, « Français de nation et commissaire général de cavalerie des Pays-Bas ». C'est là que le duc d'Enghien fut blessé et le duc de Longueville tué de la décharge d'un bataillon ennemi. « Monsieur le Prince, qui avoit vu de loin la démarche de son fils et de son neveu, accourant pour les retenir, fut blessé à la main du reste de cette décharge. » (Saint- Hilaire, Me/no/res, t. I, p. 88-91. Voy. aussi ci-dessus, p. 127).