‹ MémoiresChapitre 21 sur 65 · Ferdinand-Charles, archiduc d'Autriche · texte numérisé non relu

Ferdinand-Charles, archiduc d'Autriche

rendit méprisable à toute l'assemblée et devint le jouet des docteurs allemands, pensionnaires d'Espagne pour la plupart, seulement parce que la France tant et tant de fois victorieuse venoit tl'être abandonnée un moment par la fortune, dans la perte qu'elle venoit de faire du seul Rocroi, place trop peu considérable pour en faire un si grand bruit. Cependant le marquis de Castel Rodrigue triomphoit à son aise de la Diète de l'Empire, qui suivoit aveuglément ses volontés, et l'obligea par son crédit à déorader la ville de Besancon de ses anciens privilèges, c'est-à-dire de l'avantage qu'elle avoit eu jusqu'alors de passer pour ville libre, et de la rendre tributaire de l'Espagne. Son palais fourmilloit d'un peuple d'officiers, de gardes et de valets de toute sorte. Il y avoit vingt-cinq pages qui marclioient devant son carrosse dans d autres carrosses et cinquante valets de pied ou estaliers, le manteau sur l'épaule et la longue épée espagnole au côté, trente lieiduques', aussi vêtus de ses livrées, la carabine pendue en bandoulière et le sabre sur la cuisse, chacun un marteau d'armes ou une hache à la hongroise à la main. Cette populace de valets, cette foule de domestiques avoit deux livrées différentes, l'une plus belle que l'autre. La première étoit rouge, les habits des pages de velours et ceux des estafiers d'écarlate seulement, tous chamarrés de galons d'or ; et la seconde de velours vert et de drap de la même couleur pour les mêmes pages et laquais, toute couverte de galons d'argent. Les vestes des hei-

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