‹ MémoiresChapitre 33 sur 65 · TOMBEAU DU ROI DE SUEDE · texte numérisé non relu

TOMBEAU DU ROI DE SUEDE

Sonnet.

Plus vite que l'éclair, plus craint que le tonnerre, Portant avecque moi la terreur et la mort, Je passai comme un Mars des rivages du Nord Partout où mappeloient la justice et la guerre.

L'Allemagne m'a vu briser comme du verre Tout ce qui s'opposoit à mon puissant effort, Et mon secours fatal lui servit de support Lorsqu'il ne sembloit plus qu'elle en eût sur la terre.

Le plus sage au Conseil, le premier aux hasards, Mes vertus ont terni le lustre des Césars Et rendu l'Univers étonné de ma gloire.

Quel siècle vit jamais un si grand conquérant ? Vivant j'ai triomphé, je triomphe en mourant Et choisis pour tombeau le champ de ma victoire. Ar.nauld dW.ndilly.

Ce sonnet qui a tant fait de bruit me fait ressouvenir d'un autre qu'on appeloit communément à l'hôtel de Rambouillet le fils de celui-là, parce que M. de Pomponne, que nous avons vu depuis ministre et secrétaire d'État, l'avoit fait et qu'il étoit fils de

1. Ce sonnet a déjà été inséré par Brienne lui-même dans le Recueil de poésies diverses, publié sous le nom de La Fontaine ^1671, in-12, t. II, p. 108).

M. d'Andilly. Le voici, pour n'en pas faire à deux fois ; aussi oien l'occasion d'en parler ne se représenteroit peut-être pas. Il est beaucoup plus châtié que l'autre *.

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