TOMBEAU DU DUC DE WEYMAR
Sotinet.
L'éclat de mes vertus et celui de ma race Ont fait revivre en moi le lustre des Césars, Et le Nord étonné m'a vu dans les hasards Suivre de mes ayeux la généreuse audace.
Ce Roi, ce grand héros, cet autre Dieu de Thrace, Dont le nom glorieux vole de toutes parts, Par moi triompha mort ; et dans le ciel de Mars Couvert de mes lauriers alla prendre sa place.
J'ai porté sur le Rhin la terreur et la mort ;
Et Brisach asservi fut le dernier effort
Qui par tout l'Univers fit craindre mon tonnerre.
Quel conquérant jamais eut un sort aussi beau ? Mon bras se fit un trône au milieu de la guerre, Et ce trône naissant me servit de tombeau.
Arnauld de Pomponne.
Le jour commençant à décliner quand j'eus achevé de copier l'épitaphe de Gustave le Grand, je m'en retournai à l'hôtel de M. l'Ambassadeur de France où je logeois, et remis au lendemain à aller voir le tombeau de l'illustre René Descartes, dont il n'y a point de ville dans le monde qui ne reçut de