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en faveur de la modification de l'acte constitutionnel de l'an 8, surtout de la manière que le peuple fut appelé à donner son vote ?
Était-ce chez des notaires, était-ce chez des maires , dans l'intérieur d'administrations subordonnées aux agents du premier consul, dans les bureaux livrés à leur influence , que des citoyens devaient être invités à donner isolément et sans témoins leurs suffrages? C'est dans des assemblées pid)liques, et régidièrement constituées, que le peuple aurait dû librement voter sur de nouvelles attributions au premier consul, ou proroger celles que lui accordait la constitution, et ne leur fixer d'autre terme que sa vie.
Le dépouillement de ces votes obUgés étant fait le 1 5 messidor an i o, un sénatus-consulte annonce aux Français que trois millions cinq cent soixante-huit mille huit cent qualre^vingtr'ciMi ei^ toyens ont voté pour la prorogation demandée; ilproclame en conséquence Napoléon Bonaparte premier consul à vie ^ et décrète qu'une statue de la Pais, tenant d'une main le laurier de la victoire et de l'autre le décret du sénat , attestera à la postérité la reconnaissance de la nation.
Le sénat en corps présenta ce sénatus-consulte, et ce fut un des anciens chefs du gouvernement républicain , le sénateur François Bar-
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thélemy, qui fut son organe auprès du premier consul.
A l'adulation la plus emphatique, Bonaparte répondit pai* ses protestations ordinaires, qui lui coûtaient si peu , ne l'engageaient a rien, et dont le peuple voulait bien se contenter.
« Sénateurs , leur dit-il, la vie d'un citoyen est » à sa patrie. Le peuple français veut que la mienne
• tout entière lui soit consacrée: j'obéis à sa vo- •lonté,
» En me donnant un nouveau gage , un gage
• permanent de sa confiance, il m'impose le de- » voir délayer le ^système de ses lois sur des institulotions prévoyantes. Par mes efiforts, par votre «concours, citoyens sénateurs, par le concours •»de toutes les autorités, par la confiance et la
• volonté de cet immense peuple, la liberté, l'é- » galité, la prospérité de la France, seront a l'abri
• des caprices du sort et de l'incertitude del'ave- »nir. Le meilleur des peuples sera lé plus heu- » reux, comme il est le plus digne de l'être , et sa «félicité contribuera à celle de Europe entière.
* Content abrs d'avoir été appelé par l'ordre de ^ celui de qui tout émane kTdpoa&nçr sur la terre la
• justice, l'ordre et l'égalité, j'entendrai sonner la
• dernière heure sans regret et sans inquiétude
• sur l'opinion des générations futures... »
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SÉNATUS-CONSULTE ORGAIflQUE DU l6 THERMIDOR