‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 23 sur 81 · DEUXIÈME CHEF · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CHEF

Ils 071 1 méconnu la souveraineté des peuples^

En modifiant par leur seule volonté la constilution que le peuple cisalpin et batave avait acceptée et jurée au premier moment de sa liberté; en faisant exécuter par la force, et au nom do la république française, les changements apportes par eux seuls

1. Ce qui n'est qu'hidiqué ici relativement à l'invasion do la Suisse a été exposé avec détail dans les pages 199 à 237 du tome !I. (0. L. L.

dans la constitution d'un peuple déclaré libre, reconnu indépendant et notre allié.

(Il est assez singulier qu'au reproche d'avoir renversé l'aristocratie helvétique, succède immédiatement celui d'avoir méconnu la souveraineté des peuples, ou plutôt, comme je le démontrerai bientôt, de les avoir voulu soustraire aux fureurs de l'anarchie, aux vexations de tout genre. Que penser d'une dénonciation qui, dès la première page, offre» d'une manière aussi claire, la double influence de Wickam et de Babeuf? Mais répondons.

Quoique la Hollande ne vienne qu'en seconde ligne dans ce chef d'accusation, je commencerai par elle, et reviendrai ensuite à la république cisalpine, qui est l'objet principal du grief qu'on nous impute.

C'est une erreur de fait de prétendre que le Directoire exécutif a modifié la constitution batave. Il est certain que, depuis sa dernière révolution, ce pays n'a point eu d'autre pacte social, accepté par le peuple, que celui qui le régit actuellement, et si nous avons employé auprès de ceux qui étaient à la tête des affaires, non pas la force, mais notre influence, c'est uniquement pour leur faire sentir la nécessité de se donner promptement un gouvernement définitif, qui tirât leur pays de la dissolution dans laquelle il était prêt à tomber. Ce ne fut donc point de notre part un ordre, mais un conseil , et voici les moyens de persuasion dont nous fîmes usage. On verra qu'ils avaient pour but et l'intérêt de la république batave et celui de la république fran-^ çaise.

La Hollande, par sa position géographique et par ses moyens d'existence, a plus à craindre qu'aucun autre pays des secousses politiques trop prolongées. Elle a surtout un besoin plus pressant d'une administration régulière et bien coordonnée; or, la désorganisation devenait complète. Le mélange confus des anciennes autorités et des autorités provisoires, et le choc des partis, dont chacun espérait faire tourner la chance à son profit, avaient déjà épuisé les finances de cette intéressante contrée, qu'ils allaient ré-

duire à une nullité absolue pour elle-même et pour la France, son alliée. C'était là ce que voulaient les coalisés et surtout l'Angleterre. Ce dernier gouvernement avait un grand intérêt à plonger la Hollande dans les excès de l'anarchie, qui devait finir ou par l'entière disparition de cette contrée, dont l'existence physique purement artificielle a besoin, pour sa conservation, d*une surveillance et d'un entretien qui ne peuvent être le fruit que du calme et du bon ordre, ou par le rétablissement du pouvoir absolu et de l'aristocratie, qui furent et seront toujours le résultat des mouvements désordonnés. Dans ce dernier cas, la Hollande redevenait ce qu'elle était jadis par le fait, une province anglaise. Dans le premier cas, loin d'augmenter nos forces par son alliance, elle n'apportait à notre république que des sujets d'inquiétude, de troubles et de continjuels embarras.

il ne faut pas être un politique bien profond pour être frappé de ces raisonnements, et si l'on n'est pas Anglais au fond du cœur, on ne peut nous blâmer d'avoir désiré le contraire de ce que voulait notre ennemi.

Ainsi, loin de méconnaître la souveraineté du peuple batave, nous n'avons exercé sur lui que l'influence d'un allié, également dirigé par le désir de la conservation et de la prospérité des deux États.

Mais quand il serait vrai que notre influence aurait eu des effets plus directs, je soutiens que nous n'aurions fait qu'exercer un droit légitime. En effet, raisonnons en thèse générale, et posons des principes qui s'appliqueront également à ce que nous aurions pu faire en Hollande, et à notre conduite dans la Cisalpine.

Les Français renversent une puissance despotique. Ils entrent en vainqueurs chez un peuple qui, sentant le bienfait d'une telle délivrance, demande à jouir des avantages de la liberté, et convient avec le vainqueur qu'il restera sous sa protection jusqu'à ce qu'il se soit régulièrement organisé, et qu'il ait pris une assiette solide. Quelle sera la conduite du gouvernement du peuple vainqueur? N'at-il pas le droit positif de contenir et de réprimer tous les

partis qui s'opposeraient à une organisation sociale? n'a-t-il pas également celui d'user de sa force pour ce qui est nécessaire à sa propre conservation? Et si, indépendamment des intérêts du peuple chez lequel il est, il s'aperçoit que les lenteurs, les hésitations et des troubles toujours renaissants compromettent sa propre sûreté, sera-ce dans son pays qu'on osera l'accuser d'y avoir pourvu, en obligeant le vaincu à recevoir une organisation conservatrice? Non, il n'y aurait là ni amour de la liberté ni esprit de justice, il n'y aurait que de la déraison et de l'absurdité.

Maintenant qu'il doit être prouvé que nous avons été loin d'outre-passer les droits de la France en Hollande, voyons ce que nous avons fait dans la république cisalpine.

Si l'on observait à cet égard que la république française avait consommé le droit résultant des principes que je viens d'exposer, par l'organisation provisoire que le général Bonaparte laissa aux Milanais avant de quitter l'Italie, j'écarterais cette assertion comme contraire à la vérité, à la raison, aux intérêts de la France et à ceux de la nouvelle république.

Déjà la même attaque, dirigée contre nous, il y a environ un an, a été victorieusement repoussée dans le conseil des Cinq-Cents. On fit voir alors que l'ordonnance militaire du général Bonaparte ne pouvait être regardée comme une constitution, puisque le peuple ne l'avait point acceptée, et qu'il n'y avait pas même eu d'assemblées primaires convoquées pour cette acceptation. Si l'on ajoute que les lois administratives, judiciaires, financières, militaires, etc., indispensables pour le nouvel ordre de choses qu'on venait d'établir, restaient à faire; que la Cisalpine n'offrait encore que l'assemblage incohérent de divers territoires et de divers peuples, tous régis par des lois et des coutumes diverses ; que, pour satisfaire un plus grand nombre de villes, le général en chef avait cru politique, dans le premier moment, de multiplier les départements, ce qui ne servait qu'à embarrasser l'administration, en même temps que les frais en étaient beaucoup trop considérables; que le temps et une

foule d'occupations de toute nature ne lui avaient pas permis de perfectionner son organisation et d'en réduire les diverses parties à de justes bornes; que, par les mêmes raisons, il lui avait été impossible de ne pas commettre beaucoup d'erreurs dans le choix des hommes ; qu'il en résultait que les membres des autorités ne pouvaient s'entendre sur les moyens à employer pour établir les véritables bases de l'ordre et de la prospérité publique; qu'il régnait en conséquence une telle confusion dans toutes les parties de l'administration , que cette république au berceau était menacée d'un bouleversement prochain; si l'on considère que les différents .pouvoirs étaient, ainsi que les autorités secondaires, sans force, sans activité, sans considération; que tous les partis se disputaient la puissance; que mille mtrigues se croisaient et s'agitaient de toutes parts; que l'oppression et les vexations de tout genre s'exerçaient contre les citoyens, uniquement au profit de quelques factieux et de quelques brigands; que les dépenses s'élevaient d'une manière effrayante au-dessus des ressources créées et à créer; que les besoins allant toujours en croissant à mesure que les ressources diminuaient, on avait été obligé d'avoir recours à tous ces moyens extrêmes qui ruinent les particuliers, gaspillent la masse des richesses d'une nation, et ne favorisent que le brigandage; que les réquisitions, les taxes arbitraires, les corvées, etc., avaient porté l'inquiétude et le mécontentement à leur comble; que les amis de la liberté, instruits au vrai de la situation des choses, doutaient que cette république pût subsister pFus longtemps, si l'on ne substituait à un état aussi précaire des institutions politiques définitives et stables, et si l'on ne parvenait à remettre l'équilibre entre les recettes et les dépenses; si, jetant enfin un regard sur l'armée française, on voit sa subsistance sur le, point de manquer, faute de moyens réguliers de lui en procurer, et sa sûreté compromise par le mécontentement qui résultait des moyens extraordinaires pris à l'effet de pourvoir à ses besoins, soit par le gouvernement cisalpin lui-même,, soit par les Français, dans le nombre desquels il n'est que trop vrai qu'il

s'en trouva d'assez déraisonnables pour abuser des circonstances difficiles où se trouvait ce malheureux pays; qui pourra nier qu'on ne pouvait sortir de ce profond abîme que par une force capable de surmonter tous les obstacles? Qui pourra nier que cette force d'action et de volonté ne fût que dans la république française, et qui contestera que l'état des choses lui donnât d'autant plus toute la latitude du droit du vainqueur, que des agitations déjà trop longues rendaient plus imminents et le renversement de la Cisalpine et la perte de notre armée, soit par la famine, soit dans les insurrections que la lassitude n'aurait pas manqué de susciter parmi les Cisalpins?

Droit et raison, tout est donc en notre faveur dans ce prétendu grief.

C'est en vain que la perfidie ou l'erreur ont essayé d'atténuer par de vaines déclamations ce tableau trop véritable de l'état de la république cisalpine à l'époque dont je parle ; les nombreux ^monuments écrits qui se trouvent dans les archives du Directoire exécutif et la notoriété publique témoignent en sa faveur, et attesteront que je n'ai point outré la vérité.

Mais ces mesures dont on se plaint tant et qui pourtant étaient si nécessaires, le Directoire exécutif ne les employa qu'à la dernière extrémité. Longtemps il n'usa que de la persuasion et d'une influence amicale. Il essaya de faire sentir aux Cisalpins que leur pays ne jouirait des douceurs de la liberté qu'à l'abri d'une constitution définitive, légalement acceptée par le peuple, qui donnerait une véritable force, une véritable dignité aux pouvoirs centraux, ainsi qu'une consistance réelle à toutes les autres autorités. Les nouveaux gouvernements s'usent trop souvent par les efforts qu'ils sont forcés de faire pour compléter toutes les parties de l'organisation sociale. Trop souvent ils périssent en se débattant dans cette pénible entreprise, ou du moins ils restent longtemps dans un état d'atonie qui dégoûte les citoyens, les aliène même d'une institution qui, ne parvenant qu'avec lenteur à une marche régulière et assurée, fait quelquefois regretter le passé par l'incertitude de

Ta venir. Pour obvier à des inconvénients si graves, le Directoire donna aux Cisalpins le conseil salutaire d'accompagner leur constitution des lois qui pouvaient être nécessaires pour régulariser toutes les parties de l'administration, tant judiciaire que civile et militaire, et mettre toutes les recettes au niveau des dépenses, de manière que ce nouveau corps politique parût, dès en naissant, dans toute la vigueur de l'âge.

Tel était le vœu du Directoire exécutif, tel fut l'objet précis des, instructions données à ses agents civils et militaires. J'ajouterai que ce fut aussi le vœu des meilleurs esprits de la Cisalpine, et que l'exécution de ce dessein, aussi grand qu'utile, n'aurait éprouvé ni difficulté ni retard, si tous ceux qui devaient y concourir y eussent apporté une égale bonne volonté. Mais les brouillons et les ambitieux n'aiment pas un État solidement organisé, dans lequel les chefs de parti trouvent un obstacle à leur domination, et les fripons ne veulent point d'un ordre de choses qui soustrait les finances à leur rapacité; toute perception régulière leur est fnsupportable, parce qu'il est bien- plus commode de prendre sans mesure et sans compte dans les canaux multipliés par lesquels on fait couler à son gré la fortune publique et particulière. Cette résistance criminelle allait perdre à jamais la république cisalpine, elle faisait courir les plus grands dangers à l'armée française, et compromettait la liberté de toute l'Italie : le Directoire fit son devoir dans ce péril extrême : il manifesta au nom de la grande nation la volonté de réparer tant de désordres, et de tirer du précipice et le pays qu'elle avait rendu libre et les guerriers chargés par elle de conserver sa liberté.

Je m'arrête ici, quoique cet article fût susceptible de beaucoup d'autres développements. Mon intention n'est que de justifier les actes auxquels j'ai pris part dans le Directoire exécutif, et j'en ai dit assez, quant à présent, pour t)rouver :

1° Que le peuple cisalpin n'avait pas réellement de constitution; 2° que son salut exigeait qu'il en eût une le plus promptement possible; 3° que la France était intéres-

sée à ce qu'il en prît une avec des lois organiques, capables d'assurer à l'instant sa marche et sa stabilité. Si nous nous étions trompés daas nos moyens, toujours seraitil vrai de dire que l'œil sévère de la justice ne peut apercevoir dans notre projet que l'intention la plus pure et les vues les plus philosophiques.)

En soumettant la volonté générale du peuple romain qui avait été déclaré libre et indépendant, et dont Tambassadeur était près de nous, à la i'olonté d'un général en chef ou à celle d'un commissaire, et en forçant ce peuple d'accepter une constitution dont l'article 369 consacre cette servitude.

(Les principes que j'ai posés et les raisonnements que j'ai faits, relativement à la Hollande et à la république cisalpine, s'appliquent plus directement encore à la république romaine. Nous faire un crime de notre conduite dans ce pays, c'est, en d'autres termes, nous accuser d'avoir détruit le trône papal, pris les seules mesures qui pouvaient l'empêcher de se relever, et soustrait l'armée française aux dangers qui la menaçaient sur le territoire des préjugés, de l'ignorance et de la superstition. Un gouvernement purement sacerdotal, où les moindres fonctions civiles étaient interdites à quiconque n'était pas prêtre ou n'en prenait pas le costume ; par conséquent, peu de citoyens habitués aux affaires; le sentiment naturel de la liberté gravé dans le cœur d'un grand nombre d'habitants, mais trop d'inexpérience pour imaginer les moyens de l'établir et de la conserver; un pays couvert d'établissements religieux; c'est-à-dire, une partie de la population, la plus influente, ennemie, par état, de tout système de liberté; et, par- dessus tout cela, le voisinage de Naples et de la Toscane, toujours prêtes à profiter des dissensions que cet état de faiblesse ne manquerait pas de faire naître ; telle est la position dans laquelle les Français trouvèrent Rome. Et l'on porterait l'extravagance jusqu'au point d'avancer qu'un pareil peuple, livré à lui-même, sans guide, sans appui, pouvait maintenir son indépendance et s'organiser en république! Et Ton nous ferait un crime de n'avoir pas

abandonné Tarmée aux hasards de ce qui pourrait arriver dans un pays ainsi désorganisé, devenu tout à coup la proie de toutes les factions, et le centre de toutes les intrigues aristocratiques et sacerdotales? Certes! après que la République française, poussée à bout par les injures et les trahisons du pape, a été contrainte à le renverser, ce que le Directoire avait de plus sage à faire pour l'empêcher de reprendre bientôt son sceptre et sa tiare, c'était d'assurer au pays romain une république stable, 1° en lui procurant une organisation sociale régulière et définitive ; 2° en l'engageant à se laisser diriger par le général français, pendant un temps donné, jusqu'à ce qu'il eût pris l'habitude du régime de la liberté et la connaissance des affaires.

Dira-t-on que le Directoire exécutif n'avait pas la faculté d'influer seul sur les institutions politiques des alliés de la république? Il serait étrange qu'une pareille objection fût faite si longtemps après des événements qui ont eu assez d'éclat dans toute l'Europe pour qu'aucun Français ne pût les ignorer. Législateurs ! celui qui croit la constitution de son pays violée par ses premiers magistrats n'attend pas» pour s'en plaindre, qu'ils soient accablés par les revers : cela sent trop la faiblesse et la lâcheté. Il élève courageusement la voix au sein même de la prospérité publique, et dès. le moment de l'infraction. Alors sa réclamation porte un caractère généreux et civique, qui lui donne une véritable importance : mais quand elle n'est faite qu'un an après, et surtout lorsque, rentrés, par des événements extraordinaires, dans la classe des simples citoyens, les magistrats qu'on proscrit sont déjà entourés d'une injuste défaveur, il faut l'avouer, l'attaque annonce bien peu de grandeur et de vrai patriotisme. Cependant, je n'écarte point ce grief : mais avant d'y répondre, il faut qu'on le motive, et qu'on me cite un article positif de la constitution ou d'une loi interprétative qui restreignit notre pouvoir à cet égard; jusque-là, personne n'aura le droit de trouver mauvais que l'organe constitutionnel, chargé seul de communiquer à l'extérieur, ait usé de cette faculté, dans un cas où il était si indispensable et si pressant d'agir.

Comme les idées changent avec les temps! Autrefois, on élevait des autels au législateur qui organisait une république; aujourd'hui, on croit devoir lui dresser un échafaud!

Non, non, il n'en sera pas ainsi. Que les clameurs du royalisme et du brigandage, de l'esprit de vengeance et de la folie s'efforcent de convertir en crime notre empressement à consolider la liberté chez les peuples conquis, avant que les divisions, les haines, les crimes et la misère, fruits presque inévitables d'une révolution prolongée, les eussent dégoûtés de la république; ces cris de fureur seront toujours ceux du petit nombre, et il est consolant pour nous de penser que la masse des républicains mettra au rang des actions dont un homme public et un bon citoyen doit le plus s'honorer les actes qui nous furent dictés par un zèle aussi pur ej, des intentions aussi philanthropiques. Le temps n'est plus où de grands mots éblouissant la multitude, des saltimbanques politiques surprenaient dans le cœur des hommes honnêtes la gratitude qui n'est due qu'au sincère ami de la vertu. Aujourd'hui l'expérience a séparé dans tous les esprits doués de raison, et les patrio'tes francs qui travaillèrent à la prospérité de leur pays et à l'affermissement de la liberté en cherchant à fixer par des moyens pratiques et efficaces la république et le bonheur dans les pays occupés par les armées françaises, etlesimposteursqui, làcomme ici, se jouant du repos et du bien public dont ils parlaient sans cesse, ont appelé de fait le désordre, afin d'y puiser pour eux et leurs subordonnés l'or nécessaire à leur luxe et à leurs débauches. Non, le dogme de la souveraineté du peuple n'en impose plus dans la bouche des Lahoz et de leurs semblables; c'est à l'activité de leur zèle et surtout à leur désintéressement qu'on reconnaît les véritables amis de la liberté K

Au surplus, quel que soit le sort que la persécution nous

1 . Voir sur Lahoz et ses pareils la page 297 du tome II, et pour les affaires d'Italie en général, les faits exposés dans les sommaires 38, 39 et 40 du même volume (0. L. L.)

destine au sujet de cette prétendue violation de la souveraineté des peuples, au moins n'aurait-on pas à nous reprocher d'avoir souffert que d'odieuses proscriptions ensanglantassent le sol où la fraternité et la sainte égalité étaient appelées à régner. Dans tous les lieux où le Directoire a pu exercer quelque influence, les factions n'ont point, comme elles le font le plus souvent, immolé de bons citoyens à la vengeance particulière, décorée du titre mensonger de vindicte publique. Cette idée consolante m'accompagnera jusqu'au tombeau.)

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