Alors ambassadeur à Rome
l'aiment! D'un autre côté, quel service aurait rendu à cette cour le conseiller qui lui aurait fait envisager la sagesse et r utilité, pour elle, de ce changement de système !
Trouvé.
Naples, 27 nivôse an vi de la république française.
Le citoyen Berthier, général en chef de l'armée d'Italie, m'ayant expédié un courrier pour avoir des éclaircissements sur les mouvements des troupes napolitaines, j'ai écrit à cette occasion à M. de Gallo qui vient d'être nommé secrétaire d'État au département des affaires étrangères, à la place du prince de Castel-Cicala. M. de Gallo m'a prié de m'aboucher avec lui et m'a indiqué un rendez-vous. J'y suis allé, et nous avons eu ensemble une conversation de près de deux heures, que je rapporte dans le plus grand détail au ministre des relations extérieures. Le secrétaire d'État m'a demandé et m'a promis de la franchise. Je lui en ai donné, quant à moi, des preuves non équivoques et je ne lui ai point dissimulé le mécontentement profond que tous les Français doivent avoir contre la cour de Naples. Quoiqu'il m*ait assuré que tout cela changerait, comme je ne suis pas dupe des protestations, je ne m'y fie point. Il se pourrait cependant que M. de Gallo, ayant eu occasion de traiter longtemps avec les Français, ayant éprouvé leur loyauté et étant comblé de l'honnêteté de leurs manières, donnât à son gouvernement ou tentât de lui donner une autre impression sur la république et sur ses agents. Reste à savoir s'il aura la tête assez forte pour y réussir; et si, ne se sentant pas la force nécessaire pour l'emporter et diriger les résolutions, il n'aura pas la politique de se laisser conduire lui-même ; car sa situation ne laisse pas que de devenir assez délicate. D'un côté, de la honte pour lui, s'il est, comme son prédécesseur, le valet d'Acton ; de l'autre, un extrême danger à lutter contre lui, môme en réussissant à se faire pro-
léger par la reine; car Acton est bien puissant, d'autant plus qu'on dirait qu'il cherche moins à le paraître. Mais si M. de Gallo possédait vraiment le talent conciliatoire dont on lui fait la réputation, s'il avait assez d'esprit et d'adresse pour amener les idées au point qu'exige le plus grand intérêt de ce gouvernement, s'il parvenait à rattacher à la France un État qui a un si puissant besoin de sa protection et tant à craindre s'il veut s'en passer ou la braver; si son ambition pouvait attacher la gloire de son ministère à faire ce qui n'a pu être fait sous l'ancien régime, c'est-à-dire déterminer le roi de Naples à s'allier avec le gouvernement français, M. de Gallo prouverait à l'Europe qu'il a su profiter des leçons de Bonaparte, qu'il voit bien, et qu'il marche encore mieux. Le fera-t-il? J'en doute. Avec le roi seul, même dirigé par Acton, cela ne serait pas impossible. Avec la reine, entraînée par ses préventions, par son emportement, par sa haine, par l'influence de l'Autriche et de l'Angleterre, Acton aura toujours la plus grande peine à s'y résoudre, et Gallo n'aura jamais le courage de le tenter. Au surplus, tant pis pour eux. La grande nation n'a pas besoin des Deux-Siciles, au lieu que les Deux-Siciles sont presque cernées par la grande nation. Gomme j'ai vu se vérifier plusieurs de mes conjectures, et me réussir malgré quelques murmures le plan de conduite que je "me suis tracé, je vous prie, bon et respectable père, de vouloir bien, si le ministre n'en donnait pas lecture entière au Directoire, demander au premier mes n^^ 1^, 15 et 16, surtout le 16 parce qu'il contient assez méthodiquement, peut-être trop minutieusement, ma conversation avec M. de Gallo. Vous pourrez d'ailleurs juger de ma position ici et voir si j'ai compromis la dignité républicaine, ou si ma conduite mérite d'être encouragée. Vous savez combien la moindre marque d'approbation de votre part m'est précieuse, me touche et me donne d'émulation ; car vous parlez toujours au nom du bien public.
Trouvé.
P. S. Il faut que je vous parle d'une visite que j'ai
reçue aujourd'hui, depuis que ma lettre est écrite ; c'est celle du prince de Belmonte Pignatelli. Le marquis de Galio m'avait annoncé, avant hier, que le roi lui avait donné ordre de me voir avant de partir pour Rome, et de m' offrir tous ses bons offices pour les P^rançais qui pourraient s*y trouver. Cette visite est encore une chose assez singulière; car, depuis que je suis à Naples, je n'avais pas encore parlé à M. de Belmonte, quoique nous nous fussions rencontrés quelquefois ensemble; j'attendais toujours ses avances, puisque je n'avais rien à lui dire. Sa conversation avec moi, ce matin, a été plus que polie. Ils voient que j'ai pris un parti ferme, auquel je tiens ; qu'ils n'ont pu m'accoutumer à supporter patiemment la déconsidération; ils vont peutêtre chercher à m'endormir par des caresses. J'espère qu'ils me trouveront sur mes gardes. Le prince Belmonte m'a protesté que les internions du roi étaient bien franchement, bien loyalement de se conserver en paix avec la France. Je le crois sans peine; on ne tâtera pas deux fois impunément de la guerre avec la première puissance de l'Europe. Il m'a aussi prié de le rappeler à votre souvenir, disant qu'il avait été comblé de toutes vos honnêtetés, ainsi que de celles de tous les membres du gouvernement et de toute la société. Je lui ai répondu que les Français, en devenant le peuple le plus redoutable de l'univers, n'avaient pas cessé d'en être aussi le plus aimable. Ce qui paraîtrait faire croire que l'on est assez disposé à suivre un autre système avec les Français, c'est que sur l'article des préventions, après beaucoup d'observations, il m'a ajouté : « Vous savez qu'un représentant d'une puissance, allant chez une autre, est observé quelque temps avant qu'on s'y livre avec confiance. Eh bien , si un ministre de Russie est un mois à Naples dans cette attitude, vous conviendrez avec moi qu'un agent de la république française, dans le§ circonstances, y sera bien trois ou quatre mois. » Nouvelle raison de m'applaudir d'avoir dit à M. de Gallo que nous avions été jusqu'à présent en quarantaine à Naples, et que je ne me montrerais en public que lorsqu'on cesserait de nous regarder comme des pestiférés.
Naples, ce 23 pluviôse an vi de la république française.
Quelque pressé que je sois par les affaires que me donne la confiance dont m'honore le Directoire exécutif, je ne puis cependant négliger l'occasion de vous écrire. J'espère que le ministre des relations extérieures vous communique mes dépêches; ainsi je vous épargnerai des détails politiques qui vous deviendraient fastidieux et qui me prendraient beaucoup de moments. Mais vous ne sauriez croire combien j*ai tous les jours à m'indigner contre le spectacle de l'injustice et de la mauvaise foi. J'ai écrit non-seulement au ministre, le citoyen Talleyrand, mais encore au secrétaire d'État, M. de Gallo, que dans toutes les contestations qui s'élèvent, ou plutôt qui sont perpétuées entre Français créanciers et débiteurs napolitains , je n'avais pas encore eu l'exemple d'un seul débiteur honnête homme. J'ai déjà fait, sur une seule affaire, qui dure depuis quatorze ans, six notes toutes plus énergiques les unes que les autres. A chacune, j'obtiens une satisfaction apparente, et dans le fait, c'est un piège de la chicane. Ce sont les ministres eux-mêmes qui sont les premiers pillards, les premiers brigands. Aussi que peut-on espérer d'un roi qui va pendant trois jours de suite à la chasss, dont chaque partie lui coûte des cinquante mille ducats; puis revient en poste à Naples, convoque les conseils de bonne heure, afin d'être plus tôt libre pour recommencer de nouvelles courses ? Ses chasses sont des boucheries. On y tue jusqu'à cent cinquante sangliers ; on leur arrache les défenses qu'on fait monter en argent, et ces dépouilles opimes sont rangées dans une salle préparée pour cela. Quels trophées de roi! On pèse même les bêtes massacrées, afin de savoir et de constater combien de livres de viande le souverain a couchées sur le champ de bataille. Vous saurez, au reste, que j'ai eu ma part des dépouilles des vaincus, et que Sa Majesté m'a envoyé un sanglier tout entier. Nous avons célébré cette
victoire importante en mangeant un ou deux pâtés qu'elle nous a produits. Le reste, nous l'avons généreusement distribué.
S'il n'y avait pas tant de scandale dans l'injustice, si les bastilles n'étaient pas encombrées de malheureux, on pourrait trouver cela risible : mais je vous avoue que je suis navré jusqu'au fond du cœur en voyant le peu de compte que les têtes couronnées font des hommes en particulier et des peuples en général.
J'aime mieux mo reposer sur des tableaux tout contraires, et m'occuper de votre aimable et respectable famille. HélasI il n'y a rien ici qui lui ressemble!...
Trouvé.
Naples, ce 5 ventôse an vr.
Le citoyen Lofficial m'écrit de Rome que le général Masséaa lui a donné comme nouvelle certaine que le Directoire exécutif m'avait honoré de sa confiance près la république cisalpine. Je ne puis me flatter que le Directoire ait poussé jusque-là l'indulgence-, cependant, comme ce n'en serait pas la première preuve, permettez-moi, dans le cas où cette nouvelle serait vraie, de vous adresser une autre demande.
Une réclamation contre la cour de Naples a conduit en cette ville un jeune homme que le rapport de goûts, de sentiments et d'humeur a rendu mon ami : c'est le citoyen Latourette. Depuis que je suis chargé d'affaires, il m'a aidé constamment, journellement dans la multiplicité de mes occupations. Il ne me quitte pas du matin au soir; son patriotisme est égal à sa prudence; il a exercé près de deux ans les fonctions consulaires à Livourne. Il désire entrer dans la carrière diplomatique, mais il désire autant que moi que nous ne soyons point séparés, si je dois servir mon
pays hors de mon pays. Son père lui a mandé que le ministre des relations extérieures s'intéressait vivement à lui. Vous avez vu, bon père, par mes anciennes lettres, combien il est désagréable de vivre avec une personne avec laquelle on ne sympathise pas. Le service public en souffre, au lieu que deux hommes unis par l'amitié et par les principes peuvent être bien plus utiles quand ils sont tous deux républicains. Je vous prie donc de me donner une nouvelle preuve de vos sentiments paternels en faisant attacher le citoyen Latourette à la même légation que moi. J'ai profité à la hâte d'un courrier extraordinaire que la cour de ISaples expédie cette nuit pour vous faire cette prière.
Trouvé.
Naples, 17 ventôse an vi de la république.
Je ne puis trouver de termes pour vous exprimer toute la reconnaissance que m'inspirent votre amitié et l'indulgence du Directoire exécutif. J'ai reçu votre lettre quelques jours avant son arrêté; tous deux étaient de la même date, et je ne sais ce qui m'a fait éprouver plus d'étonnement ou plus de sensibilité. Vos suffrages» sa confiance, tout me pénètre, me confond et m'attendrit. Vos conseils sont pour moi la voix de la sagesse. Veuillez être avec moi, le plus souvent que les affaires et la fatigue vous le permettront , veuillez être cet ami plus âgé, pour me guider, pour me diriger, pour m'apprendre à devenir digne de la confiance dont on m'honore, et que la présomption avantageuse du gouvernement, les rapports du ministre et votre recommandation m'ont fait accorder.
Le citoyen David, l'un des employés aux relations extérieures, et mon ami, en m'envoyant l'arrêté du Directoire exécutif, m'a annoncé que le ministre lui donnait l'espoir
d'être nommé secrétaire à Milan ^ Quelque plaisir que celte nomination me donnât, je ne me verrais pas sans peine séparé du citoyen Latourette. Celui-ci n'a d'autre désir que de pouvoir servir son pays. Il demande dore à être nommé second secrétaire. Quelque modique que fat le traitement de cette place, peu lui importe, il peut s'en passer. 11 souhaite travailler avec moi, avec David, s'il est nommé.
Trouvé.
N° 23 bis
Naples, 19 ventôse an vi.
Je vous adresse une lettre que j'écris au Directoire exécutif; je ne la cachette point parce que je vous la soumets, et que si vous n'en êtes pas content, je vous prie de la garder sans la présenter.
Le citoyen David est nommé secrétaire avec moi : c'est encore une nouvelle reconnaissance que je dois au gouvernement pour m* avoir adjoint un intime ami. Je vous renouvelle ma prière en faveur du citoyen Latourette pour être second secrétaire, aux appointements les plus modiques, tout ce qu'il désire le plus étant de servir son pays, et de le servir dans la même légation que moi. Je vous assure que je crois procurer à la république une excellente acquisition.
Trouvé.
1. Vers la fin d'une longue et honorable carrière consulaire et diplomatique, dont on voit ici l'origine, cet homme distingué était consul généial à Smyrne, à l'époque des massacres de Chio, en 1821. Il se signala dans ces cruelles circonstances par une conduite qui ne fit pas moins d'honneur à son pays qu'à lui-même, il devint plus tard encore doyen d'âge de la chambre des députés et mourut à Paris en 1846. lO. L. L.)
Naples, le 18 germinal an vi de la république française.
Je crois devoir vous donner connaissance d'une conversation que j'ai eue avec M. de Gallo. Le citoyen Scipion BreislackS Romain très-versé dans l'histoire naturelle, et professeur de minéralogie à Naples, était allé demander au ministre de la guerre un congé pour se rendre à Rome. Ce ministre, M. Arriola, le reçut avec tant de hauteur, et refusa si grossièrement de l'entendre, que Breislack indigné envoya sur-le-champ sa démission. Dès qu'elle fat acceptée, je fis pour lui la demande d'un passe-port. M. de Gallo le refusa et m'écrivit à minuit qu'il m'en dirait de vive voix les raisons. Le lendemain matin, je vais à la chancellerie, et au lieu des raisons que j'attendais, il me dit simplement que la police l'a chargé de refuser le passe-port au citoyen Breislack. Ainsi, lui répondis-je, vous acceptez sa démission, et vous le retenez prisonnier à Naples ; il n'avait de vous que vingt ducats par mois, il ne les a plus ; vous lui ôtez les moyens d'aller recouvrer quelques intérêts qui lui appartiennent à Rome. Gomment voulez-vous qu'il subsiste? je serai donc obligé, moi... — Je ne vois pas, m'a-t-il dit, que ce soit une affaire qui regarde la France. — Pardonnez-moi, monsieur le marquis, cela regarde la France ; car la France seule a reconnu et protégé la république romaine, et mes instructions comme mon devoir sont de prêter secours et protection à ses citoyens. -— Mais enfin s'il y a des raisons de police? — Il faut les énoncer ; car il ne peut être permis de forcer un homme à mourir de faim. Et c'est un savant, un savant distingué contre qui vous prenez de pareilles mesures ! Voulez-vous que je vous la dise, moi, la véritable raison? C'est que Breislack est mon ami, c'est qu'on l'a vu venir chez moi, c'est qu'on sait qu'il m'a ac-
1. Né à Rome en 1748 et mort à Milan en 1826, Breislack parcourut une longue et brillante carrière scientifique, dans laquelle il rendit des services signalés à la géologie des volcans. (0. L. L.)
compagne à Pestum : voilà pourquoi on le persécute. — Comment pouvez- vous avoir une pareille idée? elle est à cent mille lieues de la vérité. — Elle est absolument la vérité; tous les procédés envers les Français me la confirment. Notre quarantaine, loin d'avoir cessé, a redoublé de rigueur. Voilà comme on cherche à exciter le ressentiment de la république française. Oui, c'est M. de Gastel-Cicala, notre plus mortel ennemi, M. de Castel-Cicala auquel, du reste, je rends la réciprocité, c'est lui qui fait tous ces actes d'oppression et de tyrannie. — Mais voyez-vous qu'il soit arrivé quelque chose à vos amis? — Ce trait me suffit, et puis, quels amis m'a-t-on permis de faire à Naples? Avez-vous vu des Napolitains venir chez moi? ceux qui étaient tentés de se rapprocher n'osent seulement pas nous saluer. Quoi qu'il en soit, comme je vois le but où tend tout cela, comme on pourrait ajouter à l'iniquité de mauvais traitements envers Breislack, je vous demande son passe-port, et je vous déclare d'un autre côté que si M. de Gastel-Cicala, ou tout autre, a l'audace de porter la main sur sa personne, je pars sans congé, sur-le-champ. — Quoi ! pour cela une déclaration de guerre I — Guerre ou non, je ne souffrirai pas l'injustice, et s'il faut porter ma tête au pied du Directoire exécutif ^ je la porterai, M. de Gallo, et je saurai lui dire la vérité.
Nous nous quittâmes: il me promit de s'informer des raisons de ce refus. La cour étant à Gaserte, il se passa plusieurs jours sans que je reçusse de nouvelles. J'écrivis à M. de Gallo une lettre courte, mais énergique ; le lendemain le citoyen Breislack se présente devant lui, et sans autre discussion, le secrétaire d'État lui fait délivrer le passe-port.
Voilà comme il faut tout arracher à cette cour opiniâtrement ennemie des Français.
Trouvé.
Naples, i" floréal an vi.
Je VOUS envoie une lettre^ que j'avais depuis longtemps préparée pour vous prouver à quel point la cour de Naples poursuit son système d'animosité contre les amis des Français. J'ose espérer que vous ne désapprouverez point ma conduite envers le secrétaire d'Ktat, puisque, pour obtenir satisfaction et justice, il faut toujours parler sur ce ton.
Vous serez sans doute bien étonné de recevoir une lettre de moi, datée de Naples, à cette époque. Enfin j'apprends que le citoyen Garât ^ est à Rome et qu'il sera bientôt ici. Vous concevez sans doute quel empressement je vais mettre à me rendre au poste où m'appelle l'honorable confiance du gouvernement, et à rejoindre ma pauvre femme et ma chère fille, dont je suis séparé depuis deux décades. Jugez du vide que me laisse une absence si longue, une si triste privation!
J'aurais voulu vous envoyer copie dun° 36, que j'adresse au ministre des relations extérieures. xMais il est trop volumineux et le temps me presse pour l'occasion sûre qui se présente. Je vous prie de lui en demander communication, ainsi que de ma réponse aux commissaires à Rome. Il vous aura peut-être montré la lettre que je leur ai écrite le 25 germinal. Toutes ces pièces prouveront sans doute la nécessité, pour la république, de se prononcer fortement vis-à-vis cette cour aveugle autant que perfide. Oh ! que je voudrais un moment voir sur les lieux quelqu'un des membres du gouvernement, pour le convaincre de toute l'étendue de nos griefs et de toute l'insolence napolitaine. Je crains que mes tableaux ne paraissent exagérés, et cependant je vous proteste quMls sont au-dessous de la réalité.
Trouvé.
i. La précédente.
2, Son successeur à Naples.
Milan, 1*' prairial an vi de la république française.
Le ministre des relations extérieures m'ayant fort pressé de ne pas perdre un seul instant pour me rendre à ma nouvelle destination, dès que le citoyen Garât m'aurait relevé de ma position de sentinelle, je ne suis resté à Naples que deux jours après son arrivée. Je l'ai présenté à M. de Gallo qui voulait que je prisse congé du roi ; j'ai fait observer à M. de Gallo que ne lui ayant point été présenté comme chargé d'affaires, je ne devais pas avoir besoin de faire une pareille visite avant de m'en aller, d'autant plus qu'elle retarderait de plusieurs jours mon départ qui était indispensable. J'étais bien aise d'ailleurs de leur témoigner jusqu'au bout combien j'étais ulcéré de leur conduite envers les Français. Je suis donc parti le H floréal au commencement de la nuit. J'ai passé trois jours à Rome, où j'ai vu, pendant tout ce temps, les respectables citoyens Monge, Daunou et Faypoult. J'ai fait connaissance avec le citoyen Bassal, secrétaire général du consulat, qui me paraît animé des meilleures intentions. A Rome, des consuls sans énergie, sans application, allant le matin à la messe et au théâtre le soir; peu d'esprit public, et j'ai peur que les brigandages qui se sont commis et l'insolence qui se continue ne contribuent à l'étouffer pendant longtemps ^ C'est surtout la misère qui est à craindre, et cette misère ne peut qu'aller croissant, si le moment de la délivrance n'arrive pas bientôt pour la grande Grèce ; car tant que Rome n'aura pas de population suffisante pour l'agriculture et d'agriculture pour augmenter la population, il faut qu'elle vive d'importations qu'elle aura beaucoup de peine à payer. Le roi de Naples a élevé une barrière d'airain entre ses États et la république romaine. Le citoyen Bassal m'a parlé d'un projet qui pourrait devenir extrêmement utile; ce serait de