Par le grand-duc de Toscane
Paris. Dans les entretiens que nous avons eus avec lui, il nous a semblé que vous n'aviez qu'à parler pour être obéis, quelle que soit votre volonté sur la destinée du pape. En Toscane , il est trop près de la république romaine ; à Naples, de même en Espagne, il acquerrait trop d'influence; il n'y a rien qui lui convienne comme Gagliari.
3° M. Manfredini nous a dit que le grand-duc s'empresserait de reconnaître la république romaine dès qu'elle aurait été reconnue par une grande puissance. M. Costellini nous en a dit autant de la part du roi de Naples. Nous avons fait observer à l'un et à l'autre que la république française, par qui la république romaine est déjà reconnue, pouvait, ce me semble, passer aussi pour une assez grande puissance : ils ont alors désigné l'un et l'autre l'Espagne ou l'Autriche. Il faudrait donc, sans de plus longs retards, ou obtenir cette reconnaissance soit de l'empereur, soit de l'Espagne, ou l'exiger du grand-duc, des rois de Sardaigne et des Deux-Siciles , lesquels après tout ne peuvent décemment résister aux désirs justes et raisonnables que le Directoire exécutif de la république française leur exprime. Vous devez sentir que ces reconnaissances feraient ici beaucoup de bien.
/i" Nous vous écrivons pour vous inviter à examiner s'il ne conviendrait pas d'avoir une armée de Rome, distincte et indépendante de l'armée d'Italie. Nous rendons pleinement hommage aux intentions du général Brune, à son patriotisme, à ses lumières ; mais il est certain que de Milan il ne voit pas ce qui se passe dans ce pays-ci, et, soit dit entre nous, tout ce qu'il nous écrit vient d'un autre monde, et ressemble à ce que nous écririons, nous autres, sur les affaires intérieures de la république helvétique. Il nous désespère surtout par ses idées d'existence précaire, de tout faire fder vers la Cisalpine, de traiter les finances de Rome comme finances françaises, etc. Il nous ôte des généraux estimables pour nous envoyer les Dufraisse, les Gardanne et d'autres qu'il ne se soucie point d'avoir près de lui. En un mot, la vérité est qu'il ne voit dans cette malheureuse république romaine qu'une province tributaire de son armée. Tout autre général
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en chef de l'armée d'Italie, vivant à Milan, en dira, écrira et fera de même, ou pis encore, parce qu'il aura moins de mérite et de bonnes qualités que Brune. Ayez donc, du moins en temps de paix S une armée de Rome qui ne dépende immédiatement que de vous.
5° Nous attendons aussi vos ordres sur le maintien ou sur le remplacement de la commission. C'est surtout quand elle n'existera plus que l'unité de l'armée d'Italie sera bien funeste aux pauvres Romains, et rendra en effet leur constitution fort précaire. Le tribunat et le sénat ont fixé, en faisant un peu la grimace, l'époque de leurs quatre mois de vacances; ils ont jris les quatre mois des plus grandes chaleurs, thermidor, fructidor, vendémiaire, et les vingtcinq premiers jours de brumaire; car ils ont voulu tenir compte des cinq jours complémentaires. Durant ces quatre mois, vous devez, d'une manière ou d'une autre, laisser auprès du consulat un appui ou une direction quelconque. Choisissez-donc entre d'autres moyens et le maintien de la commission. Je crois de plus en plus que ce dernier parti serait préférable. Fuipoult, que depuis votre arrêté du 18 ventôse nous avons chargé plus spécialement des travaux relatifs aux finances, continuerait d'y apporter tout ce qu'on peut désirer de probité, de zèle et d'intelligence; il empêcherait les dilapidations, assurerait tous les services et ne vexerait le pays qu'autant qu'il est indispensable. Faipoult et Florens, ou seuls, ou avec le collègue que vous leur donneriez, éclaireraient les autorités constituées, réprimeraient les abus d'administration dès leur naissance, imprimeraient de bonnes habitudes, et tiendraient en respect les intrigants et les agitateurs de toute espèce.
Le moment actuel est, à tous égards, extrêmement tranquille. 11 en faut profiter pour prévenir les orages futurs, Avec des soins et de la patience on peut tout mener à bien, et fonder de nouveau dans ce pays un domaine solide à la liberté. On ne peut guère reprocher aux fonctionnaires publics que leur inactivité et leur inexpérience, résultats