‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 60 sur 81 · Sans doute TalUen et Merlin de Thlonville · texte numérisé non relu

Sans doute TalUen et Merlin de Thlonville

39â MÉMOIRES DE LAREVELLIÈRE-LÉPEAUX

fort gênés et qui tâcheront de faire croire qu'elle n'existe plus. Remplacez-la donc, ou, ce qui serait encore mieux, relevez-la par l'addition d'un ou deux membres.

On nous parle de L. S. M., de T., d'Ys., de M. de Th. Soit dit entre toi et moi, je ne puis croire à ces nouvelles que tout le monde répète cependant. Tout va ici d'une manière passable; mais vous devez sentir que trois ou quatre mois de mauvais gouvernement suffiraient pour tout bouleverser. Quoi qu'il en soit, le citoyen Florens est tout à fait digne de votre confiance, et de quelque manière que vous l'employiez, comme commissaire ou ministre diplomatique, il vous servira bien ici. Mettez à côté de lui de braves gens.

Votre flotte nous donné des inquiétudes; mais je me persuade que les Anglais qui la poursuivent vont être ou sont déjà poursuivis par les Espagnols. Quant au gouvernement napolitain, sa conduite devient de jour en jour plus intolérable. Tout ce qu'on a fait pour dissiper ses alarmes aurait dû le rendre plus modéré, plus loyal et plus sage; mais il court à sa perte.

il serait beau sans doute que la république romaine renonçât solennellement aux droits de suzeraineté que les papes exerçaient sur Naples. Nous avons engagé les consuls à cette démarche, ainsi que tu le proposais dans une de tes lettres; mais il eût fallu : 1° que le roi de Naples eût reconnu préala!)lement la république romaine; 2° que l'échange d^i Bénévent pour un territoire plus étendu eût été consommé; 3*^ enfin que le gouvernement eût tenu une meilleure conduite envers les Romains et les Français.

Le pape, le jour de Saint-Pierre, faisait une proclamation solennelle de ses droits sur le royaume de Naples. Les consuls ont l'idée de faire, non le jour de Saint-i'ierre, mais le décadi suivant, une proclamation pareille. Nous les ferons renoncer à cette idée, à laquelle ils tiennent d'ailleurs beaucoup. Nous ne laisserons faire autour de nous rien de ce qui ressemblerait à une agression ; mais plus nous exhortons à la paix tous ceux qui nous environnent, plus nous devons vous informer des dispositions véritablement hostiles de la cour napolitaine, du peu de succès de

tous les égards, de toutes les condescendances que l'on a eus pour elle, et du danger qu'il y aurait à ne pas lui montrer enfin un peu plus de fermeté.

Ce qui se passe entre la république ligurienne et la cour de Turin excite ici une dangereuse émulation. 11 est plus que temps que vous fissiez reconnaître la république romaine par les princes d'Italie. C'est une mesure de paix générale.

Les lettres que nous recevons de Reinhard * et de Kercy annoncent que le pape reste en Toscane. Nous ne concevons rien à cela, d'après la communication qui nous a été donnée d'une note remise par Jacob, et d'après vos ordres, ar grand-duc. Quelle apparence que vous laissiez l'ex-pape tout à côté des États qu'il a perdus? Nous avons cru convenable de profiter de l'occasion des troubles du Trasimène pour le faire envoyer à Cagliari. Si ce lieu ne paraît pas bien choisi, à tout le moins quil aille en Espagne ou en Portugal. Souffririez-vous Louis XVIII à vingt ou trente lieues d'un de vos déparlements? Et parce que la république romaine est plus neuve et plus faible que la France, pourquoi faudrait-il pour elle moins de précautions? Le grandduc est allé voir Pie VI à la chartreuse; je ne dis pas que ce soit là un crime, mais il est sensible que de telles démarches produisent ici de fort mauvais effets.

J'observe que nous n'avons reçu du Directoire aucune réponse à nos lettres :

Sur le projet de traité d'alliance et de commerce;

Sur l'échange de Bénévent;

Sur l'éloignement de Pie YI.

Salut et amitié.

Daunou.

1. Ministre de France à la cour de Tiorence. Le second nom ne se lit pas avec certitude.

Sans date.

Mon cher ancien collègue,

Voici la copie d'une lettre que Faipoult nous écrit de Milan. Je t'invite à la lire, et à jeter aussi les yeux sur une lettre très-courte que nous écrivons au Directoire exécutif.

Par la convention du 5 germinal, le gouvernement romain s'est engagé, et à payer trois millions de piastres, et à nourrir et à entretenir l'armée. Ce sont deux engagements distincts, indépendants ; ce n'est pas, comme le ministre de la guerre le suppose, trois millions de piastres pour la nourriture et l'entretien de nos troupes; c'est cette nourriture et entretien, plus les trois millions. Nous désirons que le Directoire exécutif veuille bien saisir cette explication trèssimple, et c'est le seul objet de la lettrç que nous lui adressons. L'erreur du ministre va donner lieu à de très-grands embarras.

Il paraît qu'on dit beaucoup de choses contre une compagnie Hardi* qui a traité avec le consulat. On nous en dit au moins autant contre une compagnie Bodin qui a traité à Paris. Il y a toujours cette différence que la première ne volerait que la république romaine, au lieu que la seconde volerait et la république française et la république romaine aussi. C'est une vilaine chose que la finance. Je crois que le meilleur parti pour celles d'Italie est d'avoir confiance en un homme tel que Faipoult. Je tiens sa probité pour non suspecte; il est laborieux et actif, et quant à la capacité, Haller seul en Italie en aurait autant ou davantage.

Il paraît aussi qu'on vous a parlé contre le citoyen Périllier, qu'Haller a laissé ici comme agent de finances, et qui a jusqu'ici travaillé sous l'inspection de la commission, Ce qui est bien star, c'est que Périllier n'a fait aucune opération, ni grande. ni petite, que Faipoult n'ait examinée véri-

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