AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE CISALPINE
Milan, 24 fructidor an vi.
Le bureau central au commandant de la place.
Il s'est présenté à notre bureau un sergent français pour demander que Ton mît en liberté l'officier autrichien Valletti. Cependant il n'était muni d'aucun écrit ni de vous ni d'aucune autorité. C'est pourquoi nous avons cru devoir nous refuser à une invitation verbale.
Nous vous prévenons en attendant que notre opération à cet égard est dépendante d'ordres supérieurs, et que nous en avons donné connaissance au général en chef.
Signé : Pellegrini, etc.
N" 6 (traduction).
AU NOM DE Là RÉPUBLIQUE CISALPINE.
Le 25 fructidor an vi.
L'inspecteur du 8^ quartier au bureau central.
Hier, après l'arrestation du nommé Valletti, sa femme se répandit en menaces par la fenêtre contre les citoyens qui passaient et principalement contre les militaires cisalpins casernes dans le faubourg Saint-Cal locero. Outre qu'elle proféra mille injures contre la république cisalpine, elle dit : (( J'irai moi-même me jeter aux pieds de Sa Majesté impériale pour lui signifier que les Milanais sont tous des scélérats et des voleurs. » Un semblable procédé produisit un effet qui pouvait être funeste à la tranquillité publique de ce faubourg, parce que les Cisalpins ci-dessus dénommés essayaient d'entrer dans la maison pour se faire rendre raison des insultes qui leur étaient faites. Mais le hasard a voulu qu'il se trouvât présent un officier de la garde nationale, qui employa tous les moyens de persuasion pour empêcher que la tranquillité publique ne fût troublée. Je vous en donne avis, afin que vous fassiez ce que vous croirez convenable.
Salut et fraternité.
Rho, adjoint.
Milan, le 25 fructidor an vi de la république.
Le citoyen Suchet, général de brigade, chef de Vètat-major général, aux membres composant le bureau central de la municipalité.
Le général en chef me charge devons annoncer, citoyens, qu'il vient d'apprendre avec surprise qu'au mépris des III. 27
ordres militaires vous avez donné à un officier autrichien l'ordre de quitter Milan. Il vous invite à respecter davantage l'autorité militaire, sur laquelle vous ne pouvez empiéter, et qu'il est disposé à maintenir avec vigueur. L'officier autrichien est porteur d'un ordie que vous voudrez bien ne pas contrarier, puisqu'il est du commandant de la place HuUin.
Salut républicain.