NM
Liberté. Égalité.
ARMÉE d'iTALIE.
Du quartier général de Milan, le 26 fructidor de l'an vi de la république française, une et indivisible.
Brune, général en chef, aux directeurs cisalpins.
Je ne sais, citoyens directeurs, quel est Tesprit de vertige qui s*empare des autorités; votre bureau central des logements à Milan prend plaisir à refuser les billets demandés de ma part : je vous prie de réprimander fortement cette autorité, et lui faire rétracter les actes contraires à mes invitations.
Je saisis cette occasion pour vous témoigner mon mécontentement de l'indécence qui se manifeste à mal loger
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les troupes françaises qui passent à Milan ; on m'a assuré qu'il se trouvait beaucoup d'amis des Français dans le gouvernement cisalpin ; cela me fait penser que les abus existant avec tant de persévérance auront aujourd'hui leur terme. Soyez persuadés, citoyens directeurs, que je mets un grand soin à cacher les effets du pouvoir qui m'est confie, et que je serais fâché d'être obligé de m'en servir, quoique j^en connaisse toute rètendae.
Salut républicain.
Brune.
Pour copie conforme :
Le secrétaire général, Arauco.
Liberté. Égalité.
Traduction du rapport veroal fait par le ministre de la police générale au Directoire exécutif cisalpin dans la séance du 2 complémentaire an vi républicain.
Citoyens directeurs,
Les nouvelles qui parviennent à ce ministère de police générale des divers départements de la république ne fournissent que des récits heureux sur la tranquillité qui y règne et sur l'adhésion publique au nouvel ordre de choses qui vient de s'établir.
On ne saurait pourtant dissimuler qu'on eût d'abord répandu des bruits qui montraient des sentiments opposés aux opérations préparatoires à la nouvelle marche du gouvernement, et qui indiquaient des opinions particulières opposées aux plans établis. Mais ce ministère songeant toujours à remplir les objets principaux de son institution, c'est-à-dire ceux du maintien de l'ordre public et de la
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sûreté des individus, n'a pas manqué dans ces circonstances de prévenir toute occasion de trouble par les moyens qui sont en son pouvoir, et avec l'exactitude que le moment exigeait.
En effet, l'exécution de la inesure de fermer les cercles constitutionnels dans les communes les plus peuplées de la république, et notamment à Milan, Bologne et Brescia, où, vu l'afïluence des habitants, il pouvait y avoir un choc plus grand d'opinions contraires qui aurait pu amener quelque trouble, moyennant les soins de la police, fut pratiquée avec la plus grande tranquillité, ainsi que dans les différentes communes. Par l'effet des mêmes soins, les visites domiciliaires ont été exécutées tranquillement; et ce furent les premiers fondements pour continuer avec sûreté la suite des opérations que devait amener le nouveau système, et pour préparer les esprits à l'adopter unanimement.
Je n'ai pas laissé de continuer ma surveillance, et j'ai tâché d'alimenter ces favorables dispositions dans les esprits de tous les citoyens. En effet, des rapports officiels qui m'ont été adressés, il résulte qu'on manifeste partout la même obéissance aux opérations du gouvernement, et le même respect à ses autorités constituées.
Je viens aussi d'être assuré par des rapports particuliers que j'ai reçus de différents citoyens dignes de foi que ce changement a été accueilli avec une joie presque universelle; que tous les bons citoyens, en apercevant dans la nouvelle constitution de nouveaux moyens accordés au gouvernement, les pouvoirs mieux divisés, les administrations simplifiées, ainsi que les diverses branches de la finance, ont donné un libre essor à l'espc'rance de voir enfin la justice présider aux jugements, la loyauté aux administrations, la vigilance, la foi, le bon ordre rétablis dans les différents magistrats de la nation, et, par conséquent, la sûreté personnelle et l'honneur des citoyens mieux garantis, et la tranquillité publique rendue plus ferme et inébranlable.
J'ai reconnu même, parmi ceux qui avaient les pre-
miers manifesté leur animosité contre la réforme, quelques-uns qui, s'étant réunis à Topinion des probes et honnêtes citoyens, montrent des sentiments respectueux pour la constitution, et de la docilité aux ordres du gouvernement.
Ce consentement unanime et réel dans tous les départements, et non contrarié par aucun parti d'opposition, est sans contredit l'effet de la docilité du peuple cisalpin et de là sagesse de ses magistrats.
Quant à moi, organe établi par la constitution pour maintenir l'ordre public et pour assurer l'obéissance aux lois, je me fais un devoir de vous communiquer ces nouvelles, qui, agréables aux bons citoyens aussi bien qu'honorables pour vous, qui l'avez préparée, démontrent évidemment la prévoyance et la fermeté avec laquelle marche la première magistrature de la république.
Salut et respect.
Signé : Brunetti.
• Pour traduction conforme :
Le secrétaire général du Directoire exécutif,
Arauco.
Liberté. Égalité.
ARMÉE d' ITALIE.
Au quartier général de Milan, le 4 vendémiaire an vu de la république française, une et indivisible.