‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 73 sur 81 · L. G. SUCHET · texte numérisé non relu

L. G. SUCHET

NM2 (traduction).

DISCOURS PRONONCÉ PAR LE CITOYEN AVOC\T SACCO, LE 30 VENDÉ- MIAIRE AU SOIR, l'an VII DE LA RÉPUBLIQUE, LORS DE LA RÉOU- VERTURE DU CERCLE CONSTITUTIONNEL DE MILAN, EN EN PRO- CLAMANT LA DEVISE :

Vive la république française! vive la république cisalpine.

Réjouissez- VOUS, patriotes! Peuple cisalpin, respire I Tu dois dater de ce jour l'affermissement de ta liberté et ta durée ét-ernelle. Ce grand nombre de patriotes auxquels je m'adresse, et qui constituent la partie la plus précieuse, la base fondamentale de la république, doivent porter un

regard attentif sur l'ensemble de faits qui s'offre aujourd'hui à leurs méditations, pour se mettre à même d'assurer leur existence, en déjouant les projets liberticides. Ma voix, étouffée par un pouvoir arbitraire, s'élève enfin de nouveau ce soir, et, inspirée par le génie de la liberté, elle vous annonce, ô patriotes, que vous avez vaincu !

Oui, vous avez vaincu! Le général Lebrun*, l'ambassadeur français Fouché, vous le confirment. Ces dignes organes, ces suprêmes dépositaires des volontés de la grande nation, ont prononcé sur la liberté de votre patrie, sur la félicité du peuple cisalpin.

Mais cette victoire, patriotes, que vous avez obtenue de la loyauté de la grande nation, pourrait entraîner votre perte, si, négligeant vos devoirs les plus impérieux et ne profitant pas du moment, vous ne réunissiez pas tout votre zèle, toute votre activité, toute votre énergie, pour vous soutenir réciproquement, vous défendre et déjouer les attentats des infâmes prosélytes du despotisme et de la chouannerie.

En effet, quoique les royalistes, les chouans, les égoïstes ennemis du peuple soient étourdis du coup qui les frappe, et que, dans leur terreur, ils aient disparu sans laisser d'eux aucune trace, ils conservent cependant dans leur cœur l'espoir de relever un jour leur tête parricide, et, comptant pour plus tard sur un coup de vent de l'occident, ils se préparent aux plus atroces vengeances.

Si donc, ô dignes fils de la liberté, le sort vous sourit, si une nation généreuse vient à votre secours et vous protège, si les héros de la république mère, les Pouget, les Fouché, les Lebrun (noms chers et précieux aux âmes républicaines!), veulent, grâce à leur patriotisme et à leur courage, la liberté de la Cisalpine, fille de la France, vous, patriotes, représentants, directeurs, je vous le répète, profitez du moment, agissez, conservez la liberté de la république.

Vous, représentants, procurez au peuple, par vos lois,

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