Adressée à madame Larevellière
INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR
nouveaux venus qu'il y rencontre, il volerait bien vite à votre thébaïde pour y voir et y entendre chanter la romance de Béllsaire par mademoiselle Clémentine. J'aurais eu grand plaisir à dîner hier chez lui. Il avait Garât et mesdames les sœurs de Bellegarde. Mais je dînais avec ma femme, qui a été élevée à la campagne, et qui est proprement ce qu'on appelle une femme de ménage. Elle est bien sensible à la preuve d'eslime et d'affection que vous lui donnez en l'invitant à jouir d'un bonheur que j'ai encore dans le cœur, au milieu de l'infernal bruit de la capitale. — J'embrasse mon cher hôte et mon cher voisin, comme si je logeais encore dans ma petite chambre, resplendissante de blancheurS si voisine de la sienne. J'embrasse à mon ordinaire, et comme on fait en Sologne, mademoiselle Clémenline et notre petit Ossian.
Paris, le 6 décembre 1805. — Je voulais vous écrire au premier jour pour savoir do vos nouvelles et vous envoyer monépître à Gérard, qui est actuellement dans Pétat où je suis forcé de la laisser, car j'ai fait tout ce que mes forces me permettaient de faire. La moitié en appartient aux déserts immenses do la Sologne et l'autre moitié leur appartient encore, car elle a été faite sous leur douce inspiration. Elle est entre les mains de Gérard dans ce nouvel état, écrite de ma main. Son sort n'a pas été de paraître en public. Fille du désert, elle en aime le silence et l'obscurité. La modestie de Gérard, si naturelle aux grands talents, no lui a pas permis l'éclat d'une lecture à une assemblée publique do l'Institut. Cela me convenait aussi. Vous ne tarderez pas, mon cher pt respectable ami, de recevoir ce petit ouvrage qui a quatre cent vingt vers, dont j'ai tracé le plan et composé la moitié sous vos yeux et presque dans votre clinmbre. Je vous ferai aussi parvenir une romance écossaise bien mélancolique en vingt-six couplets, avec la musique que notre confrère Grélry n composée et m'a envoyée hier. Vous aurez le plaisir h vos soirées avec madame Larevellière de l'entendre chanter par mademoiselle Clémentine, votre chère Anligone. J'ai pensé que ce serait une jouissance pour vous, et