‹ MémoiresChapitre 3 sur 6 · ai · texte numérisé non relu

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Le roi exigeait renregistrement; le parlement persistait dans son refus. Tout à coup, le ^5 juillet, il fut investi de troupes. Les frères de sa majesté s'y rendirent et signifièrent aux magistrats la volonté expresse du monarque.

Le parlement décréta de nouvelles remontrances qui furent rédigées par M. Ferrand, depuis pair de France, et imprimées. Ces remontrances produisirent sur le public une profonde impression. On y représentait, sous de fortes couleurs, la consternation où la nation était plongée, l'accroissement graduel et intolérable des charges publiques, qui s'étaient aug. mentées de cent trente millions depuis la conclusion de la paix.

« On ferme, disaient-elles, toute issue à la » vérité pour l'empêcher de parvenir jusqu'au » roi. Les choix de ses ministres avaient été » désavoués par l'opinion universelle. Le roi » était supplié de s'armer contre sa propre » bonté. Si, ajoutait -on, les courtisans ne lui » avaient point déguisé la situation de l'État , » il n'aurait pas permis tant d'acquisitions , de » dons et d'échanges ruineux. Le nouvel impôt, » contraire à la bonne foi, était menaçant pour » la tranquillité publique. Enfin le monarque

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» était coDJuré de retirer sa déclaration^ et M d'assembler les états-généraux. »

Louis XVI , irrité, ordonna d'enregistrer sans délai; sur le refus du parlement, sa majesté l'exila à Troyes. Alors la cour des aides déclara que tout enregistrement forcé était nul; elle rappela en même temps ces paroles d'Henri IV: (c Les voies irrégulières prises par un gouver- » nement sont des violences qui ne prouvent » que la force et non le droit. »

Le public^ dans Paris, prenait hautement le parti des magistrats exilés. Le lieutenant de police fit fermer le club nommé chib du salon; ordre arbitraire et itiutile : ce club, alors, était composé de personnes distinguées de la noblesse ou de la haute bourgeoisie , ainsi que des artistes et des hommes de lettres les plus considérés.

Cette réunion offrait, pour la première fois, l'image d'une égalité qui devint bientôt, plus que la liberté même , le vœu le plus ardent de la plus grande partie de la nation. Aussi le mécontentement produit par la clôture de ce club fut si vif, que l'autorité se crut obligée de le rouvrir.

Tandis que le gouvernement manifestait celte

crainte des réunions particulières , les assem-^ blées provinciales inspiraient encore plus d'ombrage aux grands corps de la magistrature. Le parlement de Bordeaux défendit à ces assemblées de tenir leurs séances ; celui de Bretagne demanda le rappel du parlement de Parts>.- Le parlement de Besançon ^ plus yiolent que les autres , pria le roi de ne plus lui envoyer d'é-* dits relatifs à de nouveaux impôts ; il se déclarait incompétent pour les sanctionner^ et réclamait la convocation d^ état»-géhéraux*

Ce fut à cette époque que le roinonuna prin-> ci pal ministre rarchevèque de Toulouse> Les maréchaux de Ségur et de Castries donnèrent leur démission ; mai$ le garde des sceaux ^ le baron de Breteuil ^ et M« de Montmorin , con-* servèrent leur$ porte«* feuilles. M. deBrienne fut nommé ministre de la guerre; M^ de La Luzerne , ministre de la marine.

L'exil du parlement de Bordeaux à Libourne donna un. nouvel aliment au mécontentement public ; toutes les cours souveraines se déclarer rent hautement en faveur des exilés ; d'une extréaiité de la France à l'autre, la clameur devint universelle.

Le principal ministre dut sebtir alors (;^u'il

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ëtaîi bien pïua facile de briller daas lué oppo-^ sition, que de se soutenir à la tète dSift gou- ▼emementi au milieu de tant d'orages. Je crois même que s'il eût été doué dû génie défit ii manquait, il se serait eneore diffieilement tiré d'Aimé pareitle criée»

En effet , tout semblait dësorganisé : le roi , bon, mais fûUe, tourmenté p2œ des conseils co/i* tradictoires, restait indëeis entr'eux; il n'était animé que d'un unique sentiment, celui de i'amourdu bien public | mais, pour l'opérer^ chaque intérêt privé le lui préseniait sous des faces différetites. Il ne possédait pas la force nécessaire pour persister dans une déterminai tion, pour sur?reun système ^ et pour soutenir un ministre.

La cour défendait à grands cm les abus. La noblesse, autrefois rivale du trône, n'avait plus d'autre désir que celui de conserver aca privilèges pécuniaires et honorifiques, de s'élever rapidement aux grad^ qui pouvaient faire espérer la gloire , et d'obtenir des pensions ou des sinécures nécessaires pour soutenir son rang et son Itixe.

Le dei^é, fondant le maintieii de sa pms* sance sur son accord avec l'^ulorité, te serait

montré prêt à la seconder^ si cette autorité n'eût pas été forcée d'exiger de Jui d'indispensables sacriBces d'argent. Enfin les parlemens, dont l'assistance avait fortifié le trône pour détruire la puissance seigneuriale , prétendaient succéder aux états -généraux et protéger les intérêts du peuple contre le pouvoir ministériel. Ainsi c'était pour maintenir leur indépendance , et pour devoir la seule digue opposée à l'autorité du monarque devenue absolue , qu'ils se opiontraient récalcitrans contre le surcroit des charges publiques.

Ce concours de circonstances réunissait en apparence et pour le moment , contré la cour, toutes ces volontés diverses, tous ces intérêts différens.

Le gouvenaem^iit ne pouvait payer ni ses dettes ni même ses dépenses annuelles : il demanda des sacrifices, la noblesse et le clergé les refusèrent; il proposa des emprunts, les prodigalités de M. de Calonne Rivaient anéanti le crédit fondé par M. N^cker ; on créait des assemblées proyinciales pour ramener la confiance , les grands corps * de magistrature regardaient cet établissemrât oomn^e funeste à leur autorite; enfin on établit des impots, les parlemens

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d y opposèrent pour acquérir une plus grande popularité. Quel homme d'État aurait pu triompher de tant d'obstacles ?

Nous avons vu précédemment qu'un seul moyen s'offrait alors au premier ministre pour réveiller l'honneur français , et pour donner une autre direction aux passions qui agitaient et égaraient les esprits : ce moyen était la guerre; une guerre juste ^ provoquée par des affronts récens; une guerre dans laquelle trois puissans alliés se montraient disposés à nous soutenir; une guerre indispensable pour le maintien de notre influence^ de notre considération^ de nos intérêts commerciaux et de notre repos intérieur.

Cependant ce moyen fut le seul que l'archevéque-ministre n'osa pas tenter. Il lui fut offert> même commandé : il effraya sa faibleftse. Timide contre nos ennemis naturels y audacieux contre la nation,, il n'osa risquer d'employer nos armes pour combattre des puissances rivales y et hasarda des coups d'État contre le peuple et contre les parlemens, qui, provoquant alors, par une sorte d'appel à la nation , la convocation des états-généraux, sonnèrent l'heure de la révolution.

AU reste^ cette révoluttoa, ainsi iq)peléepar tant de fautes, n'éclata que deux aixs après, et ne s'annonça, pendant le cours de Tannée 1787 et de la suivante , que par ces hostilité» qui précèdent tot\joui^ les actions générales.

A la fin de 1 787, le roi retira plusieurs de ses édits. Le paHeffîent de Paris, offrant quelques concessions^ obtint son rappel; cet a6te de soumissioa passagère aflKiiblil sa popularité sans satisAilre le pouToir. M. d'JSspréménil, conseiller dans cette cour, et alors fort ardent, dit a que M' le parlement était parti .ooqtvert de gloire, et » qu'il rentrait couvert de boue. »

La haine oontre M. de Galonné survivait à sa disgrâce : M. DuporC, devenu célèbre dans rassemblée constituante par la force de sa dialectique , après avoir, dans le parlement , attribué tous lèos mjLUx à ce qu'il appelait le visirat de nos knîoistres , déclara que M. de Galonné ^ait accusé par la voix publique et par le cri unaniitte de toute la France. Le parlen^ent ordonna d'informer contre cet ex «ministre, mais le roi s'y opposa.

Enfin ce priqee voulut faire lui-même enregistrer, en sa présence , deux édits , celui du rappel des protestans et celui d'un emprunt de

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quarante millions. Le paiiement protesta contre les formes de cette séance.

M. le duc d'Orléam se leva et déclara au roi t{ue la délibération était illégale; il fut exilé à Villers-Goterets. Deux conseillers qui pronon-* cèrent de violens discours contre cet enregis-» trement forcé, MM. Freteau et Sabbatier, furent arrêtés et conduits dans des prisons d'État.

A la même époque > les pairs de France ae plaignirent Tivement, <)ans un mémoire ^ de la défense qui leur avait été faite d'assister aux aéances du pariement.

Telle était la situation déploraUe du royaume, lorsque je retus, en Russie, des reproches mi-* nistériels pour avoir trop accéléré la formation d'une quadruple alliance, qui aurait pu rendre à notre gouvernement quelque force , quelque dignité au dehors, et le repos au dedans, en tournant vers la guerre les esprits d'une ardente jeunesse, qui ne combattait les abus du pouvoir et ce pouvoir lui-même, qu'à défaut d'autres occupations et d'autres adversaires.

Toute la France était travaillée par une secrète fermentation : il fallait nécessairement iiux esprits désireux d'honneur et de reitommëe, une lutte quiconque : des ministres habiles

auraient saisi l'occasion d'en changer l'objet.

Nos troubles y cependant^ n'avaient point encore aflPaibli en Europe ^ et surtout en Russie y le souvenir de nos succès et l'idée de nôtre puissance« Les souverains seuls commençaient à concevoir de légères alarmes ; mais les peuples apprenaient avec une joie d'espérance qu'il était un pays on l'on s'occupait d'atténuer les fardeaux qui pesaient sur eux.

La noblesse ^ se rappelant son ancienne exisr tence détruite par les gouvernemens, voyait avec quelque satisfaction le pouvoir arbitraire et ministériel attaqué; et, ne présageant point jusque-là de péril pour elle dans les innovations , elle leur était en secret plus favorable que contraire.

Le clergé seul redoutait cet esprit philosor phique, son ennemi naturel; mais il était 6er de la profondeur de ses racines, et ne pensait pas qu'aucune force pût le renverser.

Catherine II , jugeant des autres par elle* même, trouvait de l'élévation dans la. bonté du roi Louis XVI j elle espérait que ce prince, joignant quelque force à ses vertus , triompherait des obstacles qu'opposaient à son amoui? pour son peuple et à ses loyales intentions, d'une parties passions des courtisans, ennemis

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de la réforme des abus^ et de l'autre l'ambition des parlemens , ainsi que l'ardeur immodérée des innovateurs y qui, au lieu de tout réparer^ risquaient de tout renverser.

Enfin cette princesse^ bien qu'étonnée de la faiblesse politique de notre cabinet^ la regardait comme l'effet d'un embarras passager^ et ne pouvait croire qu'elle fut durable. C'était dans cette persuasion qu'elle pressait de tous ses vœux la conclusion d'une alliance avec nous, l'empereur et le roi d'Espagne.

Telles étaient ses dispositions^ auxquelles prér cédemment notre ministère n'osait pas espérer de la ramener ; et pourtant , lorsqu'on y^ avait réussi^ elles devenaient pour le principal mi*nistre qui , par malheur^ présidait à nos destinées, plutôt un sujet de contrariété que de con*tedtement.

La crainte des Anglais l'ayant d'abord porté à proposer cette quadruple alliance , il était inconvenant et presque ridicule de la décliner^ D'un autre côté, la même crainte des Anglais l'empêchait de conclure un traité qui serait probablement suivi de la guerre, comme le. présageaient les menaces que faisait artificieusement à cet égard le cabinet britannique; et M. de

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Brieiifle> ainsi que tous les hommes raibles> ne sachant ni terniiner ni rompre , p*enait le plus mauvais parti ^ celui d'éluder et de gagner du temps.

. M. de Montmorin, s'il en eût été le ipaitre, aurait marché avec plm de franchise; mais, obligé de suivre un système dilatoire qui n'était pas le sien , il m'écrivait qu'avant de se décider à conclure, il iallaît connaître les véritables desseins de Catherine relativement aux Turcs, et quelles limites sa prudence imjposerait à son ambition^

Il m'était non-seulement difficile, mais impossible de le satisfaire sur ce point. L'impératrice, à cet égard, n'avait pas encore de projets fixes« Comme les indemnités dépendent des succès ott des revers , ce n'est pis au commencement d'une guerre qu'on peut savoir à quelle! conditions on fera la paix.

D'ailleurs, ce qui semblera extraordinaire > quoique ce fût une Wité, c'est qu'il n'existait pas même encore de ^an de campagne déterminé. L'empereur avait pressé le prince Potemkin de lui communiquer le eien ; celui-ci en promettait toujours et n'en envoyait jamais.

On l'avait vu , pendant la paix , roulant dam

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^a tète les plus vastes desseins de conquêtes , et il semblait pris au dépourvu par la guerre. Au moment où cette guerre avait été déclarée^ il s était montré , pendant quinze jours , silent^ieuxy indécis y consterné, ne sachant où pren« dre des vivres , ni quels ordres donner aux dif-

lerens corps de son armée.

Lorsqu'il se fut enfin rassuré et que les préparatifs furent achevés , on ne put obtenir de lui des renseignemens exacts pour concerter un plan de campagne entre les deux cours impériales. On convint seulement que les Russes as^ siégeraient Oczakofif, et les Autrichiens , Bel'^ grade.

Ainsi les Turcs purent à loisir rassembler leurs forces et prendre l'offensive. La conquête de la Crimée était leur but principal; ils l'entreprirenty et commencèrent par débarquer huit mille hommes d'élite au nord-ouest de la prèsqu'ile, dans le dessein de s'emparer de Kilbourn •

Le général Souwaroff commandait les Russes. Le combat fut opiniâtre et sanglant : deux fois les musulmans firent plier et reculer leurs ennemis. Souwaroâ^y donnant l'ordre comme chef et l'exemple comme soldat , rallia ses troupes. Atteint d'une blessure, il continua à se battre,

décida la victoire , mit les Turcs en déroute , et fut une seconde Cois blessé en les poursuivant . Il leur tua quatre mille hommes , en perdit peu^ et (it un grand nombre de prisonniers. L'impératrice célébra ce succès par un Te Deum.

Cette princesse apprit avec peine qu'on voulait transférer à Paris la négociation de la quadruple alliance. Le comte de Cobentzel^ par ordre de l'emperetur^ ^n pressait toujours la marche.

Ma position devenait fausse : les ministres russes , étonnés d'une . réserve et d'un langage qui m'étaient dictés, m'attribuaient et me reprochaient les moyens dilatoires que j'étais contraint d'employer, insistant toujours sur la nécessité de savoir préalablement quelles étaient les indemnités que les cours impériales voudraient exiger comme conditions de la paix.

Je ne pus obtenir que cette réponse vague : (c Les événemens décideront ces indemnités; » nous ne pouvons les connaître d'avance. Vous » pouvez seulement assurer le roi que notre » dessein n'est point de détruire l'empire otto^ » man, mais d'obtenir, par une juste satisfac- » tion , une paix honorable et solide, n

Tandis que nos lenteurs inspiraient au cabi-

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net russe quelque méfiance y les Prussiens augmentaient édite défiance en répandant le bruit d'un prétendu rapprochement entre la France et la Prusse. De plus , les Anglais informaient rimpératrice des secours que donnaient aux Turcs plusieurs officiers français^ qui dirigeaient constamment les travaux de l'arsenal de Constantinople.

Le prince Potemkin m'écrivit, et me reprocha vivement cette assistance, peu conforme à nos démonstrations amicales.

L'Angleterre, enhardie par nos irrésolutions, adressa au ministère russe des plaiutes rédigées eu termes peu convenables, au sujet de l'alliance projetée entre la France et la Russie.

Catherâne répondit avec dignité , et se montra justement surprise de pareilles alarmes. Elle dit qu'elle était libre de former des alliances qui lui paraissaient nécessaires. « Je ne me » mêle point, ajouta-«t-eIle, des liens contractés >i par le cabinet de Londres avec la Prusse et la » Hollande. Au reste, je réglerai ma conduite » sur celle que les autres tiendront avec moi. »

En communiquant ces nouvelles à . M. de Montmorin^ j'insistais sur la nécessité de sortir de ces incertitudes, qui rendaient nos ennemis

plus audacieux et nos amis plus froids. Je de* mandais surtout des réponses satisfaisantes , re* lativement aux secours qu'on nous reprochait de donner aux musulmans.

Il fallait en effet profiter à temps des avances qu'on nous faisait. Jusqu'à ce moment l'impératrice paraissait modérée dans ses ?ues; mais^ si elle n'était point retenue par quelques liens utiles formés avec nous, un succès éclatant pourrait bientôt ranimer son ambition et éten-** dre ses projets jusqu'à la oonquète de Constant ttnople.

Dans de pareilles circonstances , je me félici-* tais de l'absence de M. Fitz-* Herbert; ses talens m'auraient bien plus embarrassé que la singu* lière candeur de M» Frazer, cbargé des affaires de sa cour.

Celui-ci, interrogé par les ministres russes sur les motifs qui portaient son cabinet à se montrer si hostile, et à souffler en Turquie, ainsi qu'en Suède , l'esprit de haine et de guerre contre la Russie, répondait ingénument : (c Que voulez-vous ? nous avons Tordre de faire , » en tout point, le contraire de ce que souhaite » la France : elle désirait la paix entre vous et » la Porte, nous excitons les Turcs à la guerre;

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>} si U France avait excité la guerre , nous au* » rions conseillé la paix. »

L'impératrice s'amusa beaucoup d'un langage si peu diplomatique y et cependant ce loyal Anglais n'avait d'autre tort que celui de dire tout crûment la vérité.

Malgré cette franchiseur Angleterre et laPrusse offrirent à la Russie leur médiation pour accé* lére^ la paix. Catherine accueillit assez mal une offre qu'dle ne croyait pas faite avec sincérité. ^ J'avais inutilement rempli un pénible devoir, en appuyant, partons les argumens que je pouvais trouver, la proposition faite par ma cour de transférer la négociation d'alliance à Paris ; mais , quoique le comte de Cobentzel m'eût secondé, Catherine envoya l'ordre à M. de Simolin de représenter à notre ministère tous les inconvéniens et toutes les lenteurs qu'en traîne^ rait cette translation.

Le départ du courrier russe fut retardé quelque temps par la désunion qui venait de s'établir dans le ministère : MM. de Marcoff et d'Ostermann s'étaient brouillés; et, à la suite de ce différend , il y eut^entr'eux des scènes assez vives. Au reste, la lenteur était un mal d'habi* tude dans le cabinet russe : le comte Cobentzel

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