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CHAPITRE VI

par tes croyances, entrer au service de la République. Les campagnes d'Italie et d'Egypte furent les arènes de ton grand courage. Une vie obscure, mais toute de probité, acbeva ta carrière. Ton dernier mot, lorsque je te serrai sur mon cœur, étouffé par les sanglots, fut pour la République. Ce souvenir de la noblesse de tes sentiments redoublera mes efforts pour devenir meilleur et arriver à la hauteur de tes vertus.

Que Ton me pardonne cette digression du cœur, mais je ne pouvais mieux allier la mémoire de mon père qu'à celle de cette journée.

Ma tristesse et ma perplexité du matin n'étaient pas sans causes : les bruits malveillants, répandus encore la veille, n'avaient point cessé. Ainsi, on assurait que certains agitateurs devaient profiter de cette journée pour amener du désordre dans les rangs des citoyens, et s'emparer, durant ce tempslà, de l'Hôtel de ville et de la Préfecture. D'autres se proposaient de crier : A bas Louis Blanc ! à bas Ledru-Rollin î qu'on accusait des choses les plus contradictoires, et surtout : A bas les socialistes ! comme au 16 avril.

Ces immenses réunions me tenaient toujours dans l'inquiétude de l'imprévu; aussi, avais-je

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pris toutes les mesures d'ordre, indiquées par la prudence. Un fort détachement, consigné à la Préfecture, correspondait avec moi par une ligne de surveillance, aboutissant à TArc de Triomphe.

Dès sept heures du matin, toutes les compagnies de la garde républicaine et des Montagnards s'étaient réunies à laTréfecture. Nous partîmes pour arriver à la tête de la colonne du défilé qui commençait près de l'Arc de Triomphe.

J'étais à cheval, ayant à ma droite le colonel Mercier ; quelques chefs de la garde républicaine nous entouraient. Malgré mes préoccupations, j'eus un instant de bonheur et de fierté , lorsque j'arrivai en présence des membres du Gouvernement provisoire, à la tête d'hommes dont l'attitude martiale faisait plaisir à voir. Je fus alors trop ému pour prononcer, comme j'en avais l'intention, quelques paroles de sympathie.

Le cri du cœur : Vive la République ! répété par toute la garde, et un salut de mon sabre, furent toute ma démonstration.

Je me plaçai à la droite de l'amphithéâtre , et fis établir une haie de garde républicaine à cheval et à pied pour maintenir la foule, qui , cette fois,

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