CHAPITRE XIV
« J*ai donné ma double démission de préfet de police et de représentant du peuple : le Gouvernement avise à mon remplacement, comme préfet; les électeurs jugeront leur mandataire.
« En attendant un successeur, je continue de veiller à tous les services qui dépendent de la Préfecture, comme je Tai fait depuis deux mois et demi ; et je vous réponds de la tranquillité de la capitale, que j'ai eu le bonheur de rétablir, grâce à votre concours.
« Qu'il me soit permis, en déposant un si rude fardeau supporté avec courage et dévouement, de vous rappeler quelle était la situation de la capitale au 25 février. Vous savez ce qu'elle est aujourd'hui; la population de Paris m'avait su gré de mes efforts et de leurs succès. Elle me l'a témoigné à plusieurs reprises, et notamment par les suffrages dont elle m'a honoré dans les élections. Je l'en remercie profondément, et je la prie de croire que je n'en ai pas déiiérité.
« Hier, dans le sein de l'Assemblée, je n'ai pu faire que des réponses incomplètes à de vagues insinuations. Je m'expliquerai ultérieurement, s'il en est besoin.
« Aujourd'hui, je ne veux pas me séparer de mes
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fonctions sans vous adresser mes vœux ardents pour l'affermissement de vos libertés, et de Tordre qui les protège, et sans vous rassurer, avant tout, sur le maintien sévère de la surveillance que mon administration continuera d'exercer, jusqu'à mon remplacement, sur tous vos intérêts.
(t Une bonne police est le ressort le plus efficace de la prospérité publique , car elle rend le mouvement à la consommation; elle rend la confiance aux capitaux, et par conséquent elle assure, plus puissamment que toute autre combinaison, du travail au peuple, à ce peuple parisien, dont le bienêtre était, je Tavoue, et sera toujours ma première préoccupation, pour lui-même, pour vous tous, et pour la République.
c< Paris, le 17 mai 1848.
« Le préfet de police, CAUSSIDIERE. »
Vers les deux heures de l'après-midi, arriva le ministre de l'intérieur, M. Recort, accompagné de M. Ïrouvé-Ghauvel, qu'il me présenta comme mon successeur. Je reçus poliment ces messieurs et
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leur offris tous les renseignements qu'ils pourraient désirer.
Après avoir recommandé divers employés au nouveau préfet de police, je le priai, vu la douleur que j'éprouvais, et les divers comptes qui me restaient à régler, de me permettre de coucher cette nuit à la Préfecture. Il y consentit, ajoutant que si je n'avais point d'appartement disposé, je pouvais garder celui que j'occupais.
Je ne comprends pas pourquoi, plus tard, il voulut nier ce fait de simple convenance. Peut-être, quelque honnête employé, pour se mettre bien en cour , m'aura-t-il calomnié auprès de lui. Mais ces faits sont secondaires ; et chacun sait que l'ingratitude et la trahison germent vite en Préfecture de police.
Néanmoins, je reçus plusieurs employés qui vinrent me témoigner leurs sympathies.
La liberté m'était rendue. J'étais heureux de me retrouver simple citoyen, après avoir rendu quelques services à la révolution.
Tï. Il