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d'or^ dfuffeiit pour 3a d^me.leroi se mdtt éàm «ne coBtrée lointabiQ et fut dem «Btées absett. Doniit <3ette absence , flubU ThooMis, au Uea de bâtir m palaie , distribua pwmi Iqb pawres et les malades les tréson qui lui avaient été oraflés. Quand le roi fut de retour , il se mit en col^e et ordonna que Thomas fut jeté en prison. Sur ces entrefaites le frère du roi mourat , et ee dernier résoiut de lui élever on tombeau magitf fique ; mais , le quatrième joffr,< le mort f^ssnsctta et dit à Gondoioce : « Litomme que tu voudrais envoyer au suppliée est un serviteur de Meu ; j'ai été en paradis et les anges m'ont montré un merveilleux palais d-or , d'argent et de pierres précieuses , en me 4i0aiit : oeci ert te palais qne f homsM Farchitecte a bâti pour loa frère. 9 Quand le roi eut entendu ces paroles , il courut à la prison et délivra Tapôtre. « Ne sais*tu pas , lui dit saint Thomas , queeeux qui veulent posséder les choses célestes ne doivent avoir aucun souci des dioses terrestres? Il y a dans le del d'fmombrables palais préparés depuis lêcommenoement du monde pour ceux qui en aebèterent la possession au prix de la foietde la cAÏarité. Tes richesses» 6 roi, peuvent te frayer le chemin vers un semblable palais , mais eHes ne pourront t'y suivre. »
Cette tradition pieuse , cette sorte de panèole » dont on ne contestera pas la beauté , expliquée la fois l'attribut de réquerre, et le patronage de saint ThonM^à l'égard des ardUtectes. On la trouve peinte sur un des vitraux de la cathédrale de Bourges. L'oovrage est un présent d'une an^nne confrérie de constructeurs établie dans cette ancienne cité.
Bn examinant l'origine des principaui attributs des saints de F Avent , j'ai montré ce que l'étude de leurs légendes fournit d'explications intéressantes à l'icono* graphe. L'utilité de celte étude n*est pas moindre pour l'artiste , pour l'amateur , qui recherchent les plus belles productions des arts. £n effet, les plus grands peintres ont Ulmtré la vie de nos saints* Dans la chapelle de saint André, qui fait partie de l'église San-Gregorio , à Rome , le Guide et le Dominiquin ont rivalisé en peignant sur les murs , l'un, saint André adorant la croix , l'autre, sa fla-p gellaUon. Ces ouvrages sont célèbres , mais ils ont été surpassés par la vigoureuse peinture de Murillo représentant le martyre du saint et appartenant à la collection de M. Miles , de Londres.
De Londres, transportons-nous à Vienne, dans la galerie du Belvédère. Là se déploient deux grandes toiles de Rubens, qu'il peignit pour les jésuites d'Anvers et que Marie- Thérèse fit acheter , après la suppression de l'Ordre , au prix de 100,000 francs. L'une de ces toiles représente saint François*Xavier prêchant l'Évangile aux Indiens* Dans le même musée , un tableau du même peintre s'offre encore à l'admiration du visiteur; il a pour sujet : saint Ambroise interdisant Ventrée du temple à Théodose après le massacre de Thessalonique. Le courageux évêque de Milan passe pour être une des plus belles figures que Ru* bens ait tracées.
De Vienne , nous allons visiter le musée de Dresde , le plus riche de toute l'Allemagne. Là éclate une œuvre incomparable , connue sous le nom de la madone de saint Sixte, où Raphaël a représenté ce pape et sainte Barbe
à genoux aux pieds de Marie , qui tient l'Enfant-Jésud dans ses bras « « Qudle symétrie et quelle Tariété dans cette composition , s'écrie M. Louis Yiardot (1) ! Quelles nobles attitudes , quelles poses merveilleuses de la vierge sur les nuages, de TEnfant-Dieu dans ses bras, de saint Sixte, et de sainte Barbe en adoration ! Quoi de plus noble, de plus gracieux , de plus tendre que la sainte martyre de Nicomédie , à qui ne manque aucun genre de beauté , pas même ce teint de froment , si célébré par les vieux pères de la primitive église ! »
Au retour de notre course en Allemagne, la galerie d'Anvers nous Invite encore à venir étudier un excellent \^ib\e^in ie Hubens , Y Incrédulité de saint Thomas. C'est ici qu'il faut admirer le souple et merveilleux génie du grand peintre flamand. Le même artiste qui a donné à saint François-Xavier, dans le tableau du Belvédère , une sublime expression de foi et d'enthousiasme, a représenté avec une saisissante vérité le doute et la crainte de saint Thomas, lorsque cet apôtre pose la main sur la plaie du côté de Jésus.
Si, quittant le domaine d^ l'art, nous abordions celui de l'histoire ou de la littérature, pensez-vous que des ma* tériaux sans intérêt fussent le seul résultat de nos recherches ? Que ne puis-je dérouler devant vous quelques pages de la carrière politique de saint Ambroise , « une de ces âmes généreuses , dit M. Yillemain (2) , qui , dans la lulle de la civilisation et de la barbarie , époque la plus fé-^
(1) Les musées d'Allemagne , p. 296.
(2) TahUau de l'Éloqae'oce chrétienne au iy.« siècle, p. 524.
CMde en grands crimes , partissent çà et là sur la terre peur jasUfier el oonsoler l'espèce hunniae I » Saint Fran* ç^ds-Xavier a eeBYerti nn milHoa d'iiomme» : Que n'aH^ le temps de snhre ce oonqoéra&t pacifique et de raeenter ses eharitabks comtMts !
Ces dettx saints ont laissé des monuments de leurs pensées. On pessède plnsieiirs ouvrages de saint Ambroise « dont le style sans doute n'est pas sans défanis, BMiis que vivifient mille traits d'éloquence inspirés par une âme grande et pure. Off possède aiBsi^ les lettres de saint François-Xavier , véritables Mémoires de ses missions , écrils avec une lûmplicité modeste et une remarquable précision. Nonnseulement ces lettres initient le lecteur aux prodigieux travaux de l'apôtre , mais elles renferment encore les notions les plus instrnelives sur l'Inde et le Japon au xvi* siècle.
Après les ouvrages principaux de nos saints de l'Avent, combien ponrrais-jo citer de prodnetjotts littéraires éeloses en leur honneur ! Le piq>e saint Damase , le vénérable Bède, saint Pierre Damien, Adam de Saint-Victor , ont» les premiers , dans des bymnes^ le dernier , dans une une prose » célébré les louanges de saint André. Prudence a composé sur sainte Eulalie, jeune martyre de l'église d'Espagne , un admirable poème. « Jamais, dit le père domGuéranger (l)» ce prince des poètes chrétiens n'a Jaôi'enlendre des accents plus suaves et plus mélodieux, x» Et sainte Lucie , la vierge brillante, j'ai déjà dit que Dante l'avait introduite dans son immortel ouvrage. Elle
(1) L'Mmi Itiurfifiie^ p. 411.
y mqilU n ràh «alogiie à oeln &hn» ààa^ VlVMt. hnm est la Éiessagère qoe Id Sainté-Yiêirge envoie auprès de Béatrice ^ et Bantè li'a en garde d'owblier ses beau yeat^ ocûhi beUi^ lucenti, lortqde dMs l» poftme du Pwrgatme , elle vient TeiileVer ki-mène et le déposer à rentrée de ce séjour d'éprevvei.
Notre vieille fittératnre a plafyé tribut âustfi k Ma saints de rÀvent. y hymne à saiMe EalaUe i oOnsiarvée dans la bibliothèque de Yateneietaes , est un dès monuments primififs dé la hàgue française. Parmi leb anoieisi9iyMarai,. nous en trouvons un qui met en acition la tradition relative à saint Thomas et au rd Gdndofore ; plusieurs autres éJcrils, toit eà français, soit en latin ritné, sont consacrés à divers faits tirés des légendes dé saint NiCblad^ Un mys^ tëre latinidu xiu'' siècle , provenbnt de l'abbaye de Saint- BenotlH9ur-Lo!i'ë , oél^re là touchatrte histoif e des trois jeunes filles i et se recoinman^ à la fois par le mérI4e du style et de la composition.
Disons matatenani quelques mots des usages populaires^ des coutumes superstitieuses qui accompagnent lea fêtes de nos saints. Gerti(ins usages dérivent de leur légetade même ; certaine autres ne présentent aucune re^ lation avec les faits légendaires , mais ils remontent au paganidnfê, et ils ont subsisté en se rattachant aui fêtes chrétleiineis célébrées dans la saison où ils se trouvaient autrefois en vigueur.
 cette seconde classe d'usages appartiennent évidemment ceux qui se manifestent encore aux fêtes de saint André et de saint Thomas. Les jeunes fiUes , dans quelques contrées de FÂll^bagne^ de kf Be^que et de la
Hollaûde, observent ud cérémonial, souvent assez complu que, pour connaître leur futur mari. Dans le Harz supérieur , par exemple , une jeune fille , à la tombée de la nuit, s'enferme déshabillée dans sa chambre à coucher, prend deux verres , verse dans Tun de l'eau sucrée , et dans l'autre du vin , puis les place tous les deux sur une table couverte d'un linge blanc ; alors elle dit : C'est aujourd'hui saint André , mon cher saint André, fais apparaître devant moilebien-aiméde mon cœur , etc. Après celte invocation , la figure du mari futur doit entrer dans la chambre et boire à l'un des verres : au verre de vin , s'il est riche , au verre d'eau, s'il est pauvre.
Dés usages analogues se pratiquent en Angleterre le jour de saint Thomas. Pour en trouver l'origine, on interrogerait vainement, les légendes austères des deux apôtres. L'ancienne mythologie du nord de l'Europe répond seule d'une manière satisfaisante à cette recherche. Après la chute du paganisme Scandinave et germanique, nos deux saints ont pris^la place de la divinité si connue sous le nom de Freyr ou de Fro. Freyr était à la fois dieu solaire et dieu de l'amour créateur et générateur ; il réunissait les amants et bénissait leur union par le don d'une nombreuse postérité. Les jeunes filles , pour obtenir un mari, l'invoquaient pendant les jours qui lui étaient consacrés , c'est-à-dire au temps de la fête d'Ioul, remplacée depuis par celle de Noël.
Les usages populaires qui distinguaient autrefois la fête de saint Nicolas , et ceux qui subsistent encore aujourd'hui , peuvent s'expliquer par sa seule légende. Chez nous , les enfants placent la veille de sa fête leurs souliers
dans la cheminée , et , le lendemain matin , ils y trouvent de l'argent , des sucreries ou d'autres objets qu'ils croient être des présents de saint Nicolas. « Chez les Flamands de France, dit M. de Baecicer (1), la veille de sa fête, les enfants vont chez leurs grands parents demander si le saint leur apportera des bonbons , et , dans Tespoir d'une réponse favorable , ils disposent sous le manteau de la cheminée un bas ou un panier plein de foin. Ce foin doit servir de nourriture au cheval blanc ou à Tàne du bienheureux patron qui voyage dans les nues et descend dans les maisons par la cheminée. Puis, ils chantent un cou« plet, qui peut se traduire ainsi en français : « Saint Nicolas y apporte-moi quelques dragées , des dragées d'Espagne, trois petites oranges, trois petites pommes de Gondé ; apporte-moi aussi quelque chose pour mes petits frères. » Cet usage des cadeaux de saint Nicolas, universellement répandu , est fort ancien. Hospinien en fait mention et n'hésite pas à en attribuer l'origine au récit légendaire suivant lequel le saint aurait jeté par l'ouverture d'une fenêtre les trois dots des jeunes fllles pauvres. Il nous apprend qu'en beaucoup d'endroits les parents envoyaient secrètement des cadeaux divers à leurs enfants des deux sexes. Ou faisait croire à ceux-ci qu'ils en en étaient redevables à la bonté de saiht Nicolas, qui parcourait les villes et les villages, entrait dans les maisons par les fenêtres et distribuait des présents.
Suivant la légende du saint, son élection à l'épiscopal fut toute miraculeuse. Par un avertissement de Dieu , il
(1) De la Religifm du nord de la Franùe, p. 120.
vint dans la ville de Hyre, qui avait perdu son évéque^ dans le moment même ou les évéques de la province étaient rassemblés pour élire un successeur. Pendant qu*ils délibéraient , ils eurent une révélation de choisir rhomme qui le lendemain entrerait le premier dans régtise et aurait nom Nicolas. Celui qu'ils trouvèrent à la porte de Féglise fut saint Nicolas lui-même, et, aux applaudissements de tous , ils le créèrent évêque de Myre. Or , si l'on rapproche de ce récit le patronage général exercé par le saint à Tégard de Fenfanceet de la jeunesse, patronage fondé spécialement sur le miracle de la résurrection des trois enfants ou des trois écoliers , on s'expliquera facilement une très-ancienne coutume, maintenant abolie , qui existait dans presque toute l'Europe et parti- <nilîèrement en Angleterre : Je veux parler de l'Èpiscopat des enfants.
Dans les écoles , le jour de saint Nicolas , les écoliers choisissaient un d'entre eux qu'ils revêtaient des habits épiscopaux. L'évêque-enfant était solennellement conduit à l'église , où il présidait aux offices divins. Cette coutume, attestée par Âubanus pour une partie de l'Allemagne , par plusieurs auteurs anglais pour presque toute l'Angleterre , était également connue en France. Elle avait lieu, par exemple, à Reims, où elle subsistait encore au xviii* siècle.
Dans les cathédrales, les enfants de chœur élisaient parmi eux Tévêque-enfant , et l'on peut s'étonner des privilèges exorbitants attachés en Angleterre à ses fonctions , qui duraient depuis le jour de saint Nicolas jusqu'à celui des Saînls-Innocenls , c'est-à-dire , du 6 au 28 dé-
«cembre. A Salisbury , non seulement le hoy-bi$hop accomplissait toutes les cérémonies du culte , à Texception de la messe , et présidait à tous les offices , mais il disposait encore des prébendes devenues vacantes durant son épiscopat. S'il mourait en exercice, on lui rendait les honneurs funèbres d*un évéque et on lui élevait un monument. L*épiscopat des enfants, interdit en Angleterre par Henri YIII, n'y fut définitivement aboli que sous le règne d'Elisabeth.
Je m'arrête, Messieurs, et cependant mon sujet n'est pas épuisé. Je pourrais vous entretenir de la liturgie des saints , de leurs pèlerinages, du patronage qu'ils exerçaient ou qu'ils exercent encore sur des corporations , sur des villes, sur des provinces , et même sur des empires et des royaumes entiers ; mais je dois renoncer aux trop longs délaits que nécessiteraient ces divers points.
Tout incomplet que soit mon travail , il suffit, je l'es, père, pour démontrer l'importance des études hagioto- * giques , pour les replacer à leur véritable hauteur , et les venger d'injustes mépris.