LUE A LA 8ÉA^CB PUBLIQUE DU 12 JUILLET
Par Ad. i»b «RATTIER,
Unies entre elles par les liens du voisinage et de Tintérét commun , la Picardie et la Normandie ont été , au quinzième siècle , le théâtre de grands événements. C'est dans ces deux provinces que Tinvasion anglaise a été la plus violente , la lutte la plus opiniâtre, le caractère de cette lutte le plus national. G*est là aussi que je veux choisir quelques-uns dos héros du quinzième siècle afin de leur consacrer une notice.
Charles des Marets est celui par lequel je commencerai la série de mes travaux.
La date et le lieu de sa naissance sont, jusqu'ici, restés incertains. La première fois qu'il apparaît dans l'histoire.
en 1415 , Charles des Marets avait un commandement en chef. II devait donc être né au moins à la fin du quatorzième siècle.
Dablon dit en parlant de lui à Toccasion de la prise de Dieppe : a Chevalier sorti d'Arqués (1) ; » ce qui , joint à ces circonstances que les Anglais occupaient alors et depuis longtemps le château et la ville d* Arques ; que des Marets , déjà célèbre par ses eiploits contre eux , n'aurait pu y venir se rétablir d'une blessure sans être fait leur prisonnier ; qu'il est certain que c'est de Bures qu'il partit pour se rendre à Dieppe; que la seigneurie de St.- Aubin , voisine d'Arqués , était encore dans sa famille en 1553 , 1563 et 1669 (2) ; que les armes et le nom de noire héros , les armes et le nom de ses descendants se trouvent dans l'église d'x\rques (3) ;. que le nom de sa famille figure dans les registres de la fabrique de cette église (4) , donnerait à penser que Charles des Marets a reçu le jour dans la ville d'Arqués.
Son nom que plusieurs historiens, notamment Ga* guin (5) y ont traduit en latin Carlotus Maresius , est écrit de diverses manières dans les anciens documents et même dans les ouvrages modernes. On lit , en effet , in-
(1) David Asseline , prêtre Dieppoîs , MS. de la bibliothèque de Dieppe , avec cette épigraphe : pro aris et focis,
(t) Histoire généalogique des Pairs de France , 1. 1, p. S63.
(3) Verrière et boiserie de la chapelle de la Vierge.
(4) Lettre de M. Féret du n avril 1844.
(5) Gaguin^ de Gestis Franeorum,
dislinclement Charles des Mares (1) , des Marks (2) y Charles des Marest (3) , Charles des Marestz (4) , Charles DES Marets (S), Charlesdes Marais (6), Charleis DES Marêts> Charlot du Marêts^ Charles de Maréts (7) » Ces différences » à une époque où Torlbographe des nom» propres n'était point fixée , ne jette d*ailleurs aucune in-
(1) Verrière et boiserie de la chapeUe de la Vierge de Téglise d'Arqués.— Cochet, Églises de V arrondissement de Die]^^ 1. 1, p. 224. — Vitet, Histoire de Dieppe , p. 419.
(2) Pierre tombale de Adam des Mares, chanoine, dans la cathédrale de Noy on.
(3) Histoire des grands officiers de la Couronne, 1. 1 , p. 5Î1. ~ De Barante , Histoire des dvtcs de Bourgogne , t. v, p. 345. — Decorde , Vigie de Dieppe , du 5 février 1856.
(4) Mémoires chronologiques pour servir à V histoire de Dieppe. — Nobiliaire général d'Artois, reg. 67 , art. Le Roux. — Histoire des grands officiers de la Couronne, 1. 1 , p. 109. — Nobiliaire manuscrit de Normandie, — Histoire généalogique des pairs de France, t. i , p. 563 ; t. VII , p. 873. — Moréri , Dictionnaire historique, art. Montmorency^ t. V , p. 1 , note 2. — François de Belleforest , Annales de France , p. 977-978. — Histoire de Dieppe, t. ii , p. 286. — De Vérité , Histoire du comté de Ponthieu , p. 266.
(5) Armoriai de Normandie, — Paillot. — Armoriai universel y t. ii, p. 286. — Cochet, Églises de V arrondissement de Dieppe, 1. 1, p. 224.
— Decorde, Essai historique et archéologique sur le canton de LonHnières, p. 75-76. — Le même , Un coin de la Normandie, p. 10-11.
— Féret, Notice sur Dieppe, Arques , etc., p. 22. — Louandre , Histoire d'Abbeville et du comté de Ponthieu , p. 354-355. — Goze, Familles illustres de Picardie, p. 13.
(6) David Asseline, MS. — Le comte de Waroquier , Tableau généalogique,
(7) Monstrelet, liv. n , ch. c, oui , clviu, clxxi. — Vitel, Histoire ie Dieppe, p. 36, 419. — Histoire des villes de France, t. v, p. 511.
cerlilude sur ridenlilé du personnage dont la famille existe encore et dont tous les historiens rapportent à peu près de même les faits et gestes.
Nous avons dit que Charles des Marets est signalé pour la première fois dans Thistoireen 1415. Henri Y roi d*An-^ gleterre venait de forcer la ville d'Harfleur à lui ouvrir ses portes le ii septembre , après un long siège , en présence d'une armée française composée de plus de quatorze mille lances et de nombreuses milices que des chefs inca^ pables réduisirent à Tinaction. Les habitants et trois cents chevaliers et écuyers, Télite de la noblesse normande, .qui sous les ordres du sire d^Estouteville , s'étaient jetés dans la place, avaient fait une défense héroïque prolongée même pendant deux jours , après la reddition de la ville, par la garnison qui refusait d'accepter la capitulation. Henri V prît alors la résolution hardie de renvoyer sa floUe en Angleterre avec ses blessés et ses malades, et de se rendre par terre à Calais. Il choisit deux mille lances , treize mille archers , l'élite de son armée , et se mit en marche. Le jeune Charles des Marets se chargea de venger l'honneur de la France. A la tète d'une poignée de braves , il s'attache au flanc de l'armée anglaise, la harcèle sans lui laisser de repos. La Scie coule dans une vallée profonde. Au passage de cette rivière, des Marets parvient à couper un corps ennemi ; quoiqu'inférieur en nombre , il n'hésite point à l'attaquer sous les murs du château de Mesnil-Haquet. La bataille fut rude et la victoire longtemps disputée. Mais , l'ennemi plie et prend enfin la fuite après avoir fait des pertes considérables.
A peine âgé de quinze ans , des Marets , comme le fit
plus tard le grand Gondé, avait débuté par un coup de fliattre. i/éclat de cette vfeteire fut si grand que le ôhftteau de Mesnil-*Haquet ehangea son nom et prit celui du vainqueur ; il 8*appela , depuis cette époque Gharles-Hesnil. •Les ruines du vieux manoir féodal, po^dées aujourd'hui par la fomille de Mortemart héritière des comtes de Manneville^ marquis de €harles-Hesnfl » s'élèvent encore k vingt pieds au-dessus du sol. La mîasse carrée de la forteresse , ses murs couronnés de broussailles , ses doaves profondes que les matériaux et les ronces n*ont point pu oomMer , semblent avoir été conservés pour rendre à la postérité t^oignage de ce glorieux fait d -armes.
Le passage de la rivière d'Eauhie devait être non mons funeste aux Anglais que ne l'avait été celui de )a Scie. Sur le côté gauche de TEauInc , le château d'InervIHe p/tacé en face de Bellengreville commmdait la vafllée. Les vaincus de Charies-Hesnil sont de nouveau atteints et défaits an pied de ce donjon aujourd'hui converti en ferme. La tradition locale , en tranismeClant ce fait , prodame de «M veau la gloire de Charles des Marets (1 ). Heureuse la France , si le même roi d'Angleterre et la même armée anglaise auxquels un jeuM général venait 4e faire subir en quelques jours , deux graves échecs, avaient rencontré le Si octobre s«fvairt, à la batâilte tl* Aziiïcourt , un chef aussi habile à la tète de la noblesse française.
Cependant , la maladie de Charles VI , Tincapacité ée ses gouvernears , la conduite de la reine , le meurtre du duc Jean de Bourgogne et le honteux trafté de IVoyes
(1) LettFfede M. Pabbétoehet d«i 18 fév. 1SS6.
avaient livre le royaume au roi d'Angtelerre. Celui-ci comptait sur une prise de possession facile. Il lui semblait que la couronne , une fois posée sur son front , devait s'y affermir et y demeurer. Il n'avait pas prévu les prodiges que le patriotisme allait enfanter. La résistance à main armée , les soulèvements et la guerre éclatèrent partout à la fois. L'épée de Timmortelle Jeanne d'Arc refoula l'ennemi dans la Normandie et la Picardie. Lorsque le sang de l'illustre martyre, en souillant ses bourreaux d'une tache que le panégyrique récemment prononcé par un prélat anglais n'a pu effacer , eut provoqué l'indignation pu-blique , des Marets comprit que le moment était venu de frapper au cœur la domination anglaise, d'opérer une levée en masse de la province de Normandie et de recouvrer celle dePicardie sur les Bourguignons. Mais, il jugea nécessaire de couper d'abord la ligne de communication de l'ennemi avec Calais. Les Anglais possédaient tout le littoral depuis Avranches jusqu'à Calais. La reddition du Crotoy, où Jacques de Harcourt les avait longtemps tenus en échec , venait de leur livrer la dernière place maritime de la Picardie. Les approvisionnements et les renforts leur arrivaient facilement sur tous les points et leurs garnisons pouvaient se prêter un mutuel appui. Des Marets voulut commencer par s'assurer en Picardie une place d'armes assez forte pour lui servir de base d'opérations et pas trop éloignée de la forteresse de Bures, qu'il occupait, pour qu'il pût s'y relier par des postes intermédiaires. Il jeta les yeux sur le ch&teau de Rambures.
La force et la situation de cette place au milieu du Yimeu remplissaient merveilleusement le but proposé. Sin-
^nlière destinée que celle des sires de Rambures dont je veux , un jour , écrire aussi l'histoire et dont plusieurs générations commandèrent en Picardie contre les Anglais, c(mibattirent avec gloire et payèrent, chacune à leur tour, de leur sang et de leurliberté, des succès suivis de revers I Andrieu de Rambures avait été fait prisonnier en 1430 à la prise d'Aumale dont il était capitaine et conduit en Angleterre (1). Profitant de sa captivité, les Anglais avaient enlevé le château de Rambures et ils en avaient confié la garde à Ferry de Mailly. Au commencement de Tannée
(1) Monstrelet , liv. ii, chap. lxxvi. — Il racheta sa liberté après cinq ou six années de dure prison , moyennant mille francs d'or , somme alors considérable. Les anglais n'avaient point encore inventé les pontons réservés aux glorieux débris des armées du premier empire français. Mais, nos illustres alliés d'aujourd'hui ne négligeaient point au xv« siècle les tortures morales et physiques et les supplices vis-à-vis des prisonniers français , suivant qu'un intérêt d'argent ou politique le leur commandait. C'est ainsi qu'Us obtenaient de fortes rançons ou que , sous pcétexte de félonie ou de sorceUerie, ils se défaisaient des ennemis qu'ils redoutaient encore dans les fers. {\oy,j^a8sim Monstrelet, et les autres historiens de ce temps. — Le procès et le supplice de l'immortelle Jeanne d'Arc , la sainte du xv« siècle ; le supplice d'Alain Blanchard, le héros de Bouen, sont des exemples qu'il ne faut pas omettre de citer.) Jamais gouvernement ancien ou moderne n'a fait un plus persévérant usage de la maxime vœvietis. Cette politique inaugurée pai* Guillaume-le-Conquérant s'est fidèlement transmise jusqu'à nos jours. Elle ne s'est pas même démentie dans le fastueux étalage fait, en faveur des nègres d'Afrique , d'une philantrhopie intéressée qui s'est formulée en Irlande par toutes les horreurs de la misère et de la famine , en Asie par la contrebande de l'opium exercée aux dépens de la vie dès Chinois et par les tortures infligées aux contribuables de rfnde.
1431 , Charles des Marels se présente devant Rambures . fait dreaser des échelles contre les remparts .qu'il escfilade et , par un hardi coup de main » s'empare de.œ oh^tefui dont le siège aurait entraîné une grande perte de temps «t d'hommes (1). fiambures devint le centre des opérationg des Dauphinois dan3 la Picardie et le point de dépact ,ie nombreuses expéditions qu'ils dirigèrent sur les marcher occupées par les Anglais. Plusieurs villes furent toar à tour prises et reprises. St.-Yalery venait de retomber au pouvoir des Anglais , lorsque , à l'entrée du mois de janvier 1434 , Charles des Marets part secrètement de Rambures avec Philippe de Ja Tour et quelques gens d'armes* Il arrive sous les murs de SL-Valery et a jsurpcend la )) ville et forteresse...., faute de guet (2). » Mais, bientôt , une armée commandée par le comte d'Étampes ayant sous ses ordres le seigneur d'Antoing , le vidame d'Amiens , measire Jean de Croy et plusieurs autres seigneurs tenant le parti bourguignon , vînt mettre le siège devant St.-Valery. La défense , dans une ville où sévissait une violente épidémie et qui manquait d'approvisionnement» de toute espèce , dura plus d'un mois contre une armée nombreuse , abondamment pourvue de vivres et d'engins de guerre. Charles des Marets se vit enfin forcé de capituler. Il fut convenu que chefs et soldats « s'en iraient sauvement avecque leurs biens. » Une somme d'argent
(1) Goze, Familles illustres ie Picardie y p. 13. — Monstrdet, liv. II, chap. CLxii.
(2) Monstrelet loc. citât, — De Vérité, Histoire du comté de Ponthieu, 1. 1, p. 266. — Loiiandre, Histoire â^AlihenUe et an comté de PonthieUy, t. I, p. B5i.
fat stipulée au profit de la garnison que son chef conduisit àRamburesfl).
« A l'entrée du mois » de mars 143S , nous relrouvons Ciiarles des Marets avec leanr de Bressay lieutenatft du maréchal de Rieux , Bertrand Martel, Gmlhnime Braque* mont, le seigneur de Longueval « et aucuns autres tenant te partî du roi Charles de France jusqu'au nombre de trois cents combattants , droites gens d'arnyes et YaiHanlsgens d'éltte. )» Ils allèrent passer « l'eau de Somme par nuit » à la Blanche-Tache. Cette petite troupe surprend, en côtoyant ta mer , la ville de Rne dans laquelle elle pénètre par escalade. Quelques Anglais de la garnison « se retrahirenten un bouleveft )> oà' ils furent contraints dé se rendre. La nouvelle garnison dé Rue fit bientôt une ce forte guerre »' dans le Ponthieu , le Marqiienterre , l'Artois et ie Boulonnais. Elle poussa ses courses jusque sous les murs de Boulogne Une escarmouche heureuse lui livra , à Sauteiér-au-Bois » plusieurs prisonniers et « foison, de chevaux et autre bestial. » A son retour Charles des Ma-^ rotb enleva aux Anglais Étaples (8). Il ne tarda pas à faire subir le même sort à €récy (3) , vengeant ainsi jusqu'auprès des champs de bataille de Crécy et d'Azincourt les bravesquî* avaient péri les armes à la main dans ces deux joufnées et les prisonniers que le roi d'Angleterre fil là-
(1) Monstrelet, liv. ii,chap. cxlv.
(2)'Monstiiéléft, liv. ii, chap. clxxi. — François de Betleforest, AnwOesâe la France, p. 977-978.
(4) Louandre, Histoire d'ÀlhevUk et du comté de Ponthieu, t. f. p. 35S.
chement massacrer dans la seconde. Une de ces sorties, devint fatale à des Marets. Blessé^ il dut cesser de « coorre sus aui Anglais. » Pour se rétablir il se rendit au chftteau de Bures après avoir pourvu à la sûreté de ses places et renforcé ses garnisons.
La diversion qu'il avait faite avait produit d'heureux fruits. La ligne maritime occupée par Fennemi une fois rompue , la haute Normandie avait pu respirer et préparer un soulèvement en masse que les Anglais ne tardèrent point eux-mêmes à provoquer. Doutant de l'affection que lui portaient les Normands , Henri Y ordonna , à la fin de 1434, d'enlever tous les enfonts mâles du pays de Caux et de Dieppe , et de les conduire à Rouen , puis en Angletenre pour les y élever en féaux anglais. C'étaient de précieux otages dont il tenait à s'emparer. Aussitôt , toutes les communes du pays de Caux courent aux armes. Elles se rassemblent sous des chefs intrépides dont l'histoire a conservé les noms. Ici , c'est Gronchy ; là , c'est Pévrel appelé le père des Cauchois. Vingt mille paysans se présentent à Le Camier , l'un d'entre eux , après avoir déchiré le drapeau anglais aux cris de <c France et Normandie ! 1» Ils lui disent en brandissant leurs épieux et leurs épées : « Mène-nous ; et nous t'obéirons. » Et il les mène à l'ennemi (1). Les Anglais ne purent exécuter les ordres de leur roi qui rendit à leurs parents le peu d'enfants que l'on avait conduits à Rouen.
Cependant , les villes occupées par les garnisons anglaises étaient devenues le théâtre de graves collisions.
(1) Deville> ^tftotr«iecAdleii« d'Affilés^ p. 194.
A Dieppe, les Anglais s'étaient emparés de quelques petits garçons. Des jeunes gens les attaquent et leur enlèvent leur proie. Mais , bientôt forcés de céder au nombre , ils ^retirent dans Téglise St.-Jacques, en ferment les portes et se préparent à soutenir un siège. Sans chef militaire , la résistance était , toutefois impossible contre une garnison aguerrie, maîtresse du château, des remparts, des portes de la ville et disposant d'une formidable artillerie. Les principaux habitants s*étaient réunis pour aviser au salut commun. La délibération fut courte. Quatre Dieppois les premiers parle rang , la fortune , l'énergie, reçoivent les pouvoirs les plus étendus. La ville est confiée à leur prudence et à leur patriotisme, et, afin d'assurer le secret des mesures qu'ils prendront , ils doivent être aveuglément obéis dans tout ce qu'ils ordonneront.
Avant l'occupation de Dieppe par l^s Anglais , Charles des Marets avait été le capitaine de la tille, fonctions qu'il avait dignement remplies et dans lesquelles il avait conquis l'estime publique. C'est en lui que les quatre placent toutes leurs espérances ; ils savent que, malgré sa bjessure, il n*hésitera pas à venir se mettre à la tète des Dieppois et à s'ensevelir avec eux sons les ruines de leur ville ou à eii chasser les Anglais. L'un des quatre est aussitôt député vers lui. 11 parvient, k l'aide d'un stratagème , à sortir de la ville. Dans un faubourg , il se procure un cheval et il part comme un trait pour Bures. Peu d'instants lui suffisent pour franchir la distance de cinq lieues qu'il a à parcourir. Il lui en faut encore moins pour exposer la situation des. Dieppoîs à leur ancien capitaine et ce qu'ils attendent de lui.
Charles des livrets promet de se troa?er laniiil , à la marée basse , près du Poilet , avec le plus de mondes qu'il pourra rassembler.
LeDieppois reyient aussitôt dans sa ville rendre compte des résultats de sa mission. Des liarels donne rendex-vons^ à trois cents de ses gens. d'armes, seule force dpnt il puisse disposer ; il leur, recommande d'arriver par petitsdétachements afin de n^ pas xlonnejr l'évdl à la garnison d'Arqués. En même temps , il avertit le maréchal de Bieu qui commandait pour le roi en Normandie» a&a q\i'il fassft une diversion du celé du chftteau de Dieppe , et les chefs des Cauchois , afin qu'ils arrivent en force si la fortune ne* seconde pas les Dieppois.
Ces dispositions prises , de&Narets sort det Bures à la nuit tombante , le 18 novembre 1435, d'après les manuscrit d'Asseline qui suit en cela l'opinion de Dablm. Les mémoires chronologiques pour servira l'histoirede Jik^pfB reportent, à la vérité, ce fait au 22 novembre liS.l; mais , comme il est certain qu'ils font erreur sur l'année , il est permis de croire qu'ils en font une autre sur le jour, et il Haut s'en tenir à la date donnée par le manuscrit d'Asseline. A mesure que ses détachements arrivent, des Marets. leur fait passer la rivière dans des barques que les Dieppois avaient préparées , et , à ia faveur de l'obaourite , il les dirige par le bord du lit de la rivière laissé à seo pendant le reflux. Campés sur les remparts , les Anglais ne conservaient la nuit aucun poste aundelà des portes de l'ancien mur du quai. Mais , sur le quai , une sentmeUe pouvait donner l'alarme ; les Dieppois l'égprgent. Les échelles sont descendues dans le port. Des Marets s'élanee
sur la j^reiBîàre ; sest sgldato* le suivent et occopent le quai dausJerj^ug proféndsileBiee. Au8iil6t*quela.lroupe^e8latt^ complet , Boacbef la coudait au rempart. Les Français M' jettent sur r^enaami att< ori de guerre: a Charles d^ Mar*rets^ j^ celui de leur gtoéral. Quoiqjiie surpria d'uuei attaq^ie aussi imprévue , les* Aurais vendent ehèrement learvieiP Des- Marets-r 6m{M)Pte sucoessivement teua les* postes-^, toutes les tours et refiMile^ la garnison jusqu'au pied du cbAteau., tandis que les Di^^^^îs '^ prennent en flaac^ IGne porte > celle dor la Barre sans doute , devait , à* raison de saforcef, opposer une vigoureuse résistance; elle est enlevée et ouverte à un détaeliemen t. envoyé par le maréchal de Rieux et commandé par le sire de Longueval et par Guillaume d&Brissac. Les Anglais se retirent en désordre dans le château ; des Marets les poursuit Tépée dans les reins elles obligea s'enfuirpar la portede secours après leur avoir tùé ou blessé la moitié de leur monde.
Le lendemain , six mille Cauchois entrent dans la ville. Quelques jourspjus tard» quatre mille chevaux s'y trouvent réunis sous les. ordres de Chabannes , de Blanchefort et d*autees généraux. Tant l'on attachait . dlmpoptanoe à conserver la conquête que l'on venait de faire I
Les vainqueurs ne restèrent point inactifs. Fécamp , Barfteur , Montivillîérs , Tancarvillô , Lillebonne sont successivement enlevés d'assaut. Les progrès dés Français sont si rapides que , en six semaines , toutes les forteresses du pays de Caux, Arques et Caudebec exceptées^ sont reprises sws les Anglais ( 1 ) .
(1) David Asseline, MS. — Mémoires ckronoktffiifws pour servir à
Des lettres-patentes de Charles YII ne tardèrent pas à confirmer Charles des Marets dans le titre et la charge de capitaine des ville et château de Dieppe que la reconnaissance publique lui avait immédiatement conférés (1).
Charles des Marets profita des sept années qui suivirent pour réparer les anciennes fortifications , achever ceHes qui étaient commencées , en élever de nouvelles. Il fit construire les trois grosses tours du château , qui regardent la mer (8). Ses armes, placées au-dessus des fondements de la première tour en entrant , s'y voyaient encore le 8 février 1708 (3). Il ne négligea pas non plus d'exercer les Dieppois au métier des armes.
l'histoire de Dieppe, — Gagain de Gestis Francorum. — Ancienne his- Unrê de Normandie, ch. l. — Alain Ghartter , p. 66 et suiv. — Polyodore Virgile , InioenUtire de Vhistoire de Normandie, ch. vi. — Le même, Historia Àngliœ, lib. xxviii. — Dupleix, Histoire de France. — Le même, Histoire de Normandie, — Féret, Notice sur Dieppe, Arques, etc., p. 22. — Vilet , Histoire de Dieppe, p. 36 et suiv. — Decorde , Essaihistorique et archéologique sur le canton de Londinières, p. 75 et suiv. — Le même. Un coin de la Normandie, p. 10. — Le même, Vigie de Dieppe, du 5 février 18^. — De Barante , Histoire des ducs de Bourgogne, i, y, p. 345. — DeviUe, Histoire du chAtea» d'Arqués, p. 125. — Histoire des vUles de France, t. v, p. 511.
(1) Le titre de gouverneur remplaça, le siècle suivant, celui de capitaine. M. de Sigognes fut le premier qui le porta en 1564. — Vitet et Histoire des villes France , loc, dt.
(2) Mémoires chronologiques pour servir à Vhistoire de Dieppe, — Ancienne histoire de Normandie. — David Asseline , MS. — Vitet , Féret, loc, dt, — Decorde , Essai historique et archéologique sur k canton de Londinières, p. 77.
(3) Histoire de Dieppe, MS.
Ces précautions ne furent point inutiles. Vers la Toussaint de Tannée 14i2, Talbol, surnommé rAcliillede TAngleterre, partit de Gaudebec traversant en vainqueur, dans une marche rapide, le pays de Gaux. Après avoir enlevé le château de Gharles-Mesnil , touché Arques , il vint se présenter devant le faubourg du Pollet alors ouvert et il s*en empara. Puis , il tenta de donner Tassaut à la ville de Dieppe. Mais, jugeant bientôt qu'il ne pourrait s*en rendre maitre de vive force , il entreprit d*en faire le siège et il construisit sur la falaise qui domine le Pollet , une forte bastille armée , suivant Asseline « de deux cents canons, grosses bombardes et autre artillerie. i> Il investit la ville ; une flotte anglaise devait Tattaquer par mer. Le siège fut long et terrible. L*artillerie anglaise foudroyait la ville ; mais, les Dieppois ripostaient courageusement. La tour aux crabes est la plus exposée au feu de la bastille; elle se comporte vaillamment et rend coup pour coup. Enfin , après cinq mois de siège , la brèche étant praticable , Talbot donna Tassant. Moment solennel! pendant lequel les femmes , les enfants quittent spontanément les églises où ils priaient , s'élancent aux remparts et se rangent à cAté de leurs époux , de leurs pères , de leurs frères! L'on se battait avec fureur sur la brèche. G'est là qu'est le fort de Taclion ; c'est là que assiégeants et assiégés concentrent tous leurs efforts ; c'est là que la lutte est la plus terrible , que la mort fait le plus grand nombre de victimes. A peine un homme, une femme ^ un enfant est-il tombé , qu'un autre honime , une autre femme , un autre enfant prend sa place pour tomber à son tour et être aussit6l remplacé. Au plus fort de la mêlée.
des Mdrels donnant froidement des ordres , animait les siens, au combat ; puis , de sa hache d*armes , frappait à coups redoublés sur les rangs anglais. Chaque fois que son bras s'abaisse , il y marque son passage par une profonde et sanglante trouée.
Après six heures de lutte acharnée , les Anglais sont enfin repoussés. Ils laissent sur la brèche et dans les fossés plusieurs milliers d*honimes. La- perte des Dieppois , quoique moins considérable , fut cependant sensible et les affaiblit. Mais, Danois jeta dans la TiUe un secours de mille hommes d'armes , qui permit de prolonger la défense jusqu'à ce qu'il ramenât une armée commandée par le Dauphin, depuis le roi Louis XI« Le dimanche 10 aoûi 1443, l'héritier du trône accompagné de Dunois, du jeune comte de St.-Pol , des seigneurs de Gaucourt , de Ghàtillon , de Laval , entre dans Dieppe à la tète de trois mille hommes d'armes et de nombreux archers. Alors , lés rôles changent. Les Anglais , quoiqu'ayant reçu des renforts , sont contraints d'abandonner leurs lignes. Us se retirent autour de leur bastille , position formidable qu'ils sont résolus à défendre jusqu'à la dernière extrémité. D'assiégeants , ils deviennent assiégés. Le Dauphin apprend que la flotte du duc de Sommerset est attendue d'un moment à l'autre ; il veut prévenir l'arrivée de ce secours et enlever la bastille d'assaut. Le jour même de son entrée , à cinq heures du soir , Louis de France traverse la rivière à marée basse et vient poster un détachement de son host en face de la bastille. Un Dieppois , constructeur de navires , propose et se charge d'établir six ponts roulants. Ces machines sont terminées le mer-
credi 13 ; on profite de la nuit pour les transporter en silence en face de la bastille. Le jeudi matin 1i août , veille de TAssomption , le Dauphin arme chevalier le comte de St.-Pol, cérémonie qui servait ordinairement de prélude à une bataille. Les six ponts roulés à la fois 8*abaissent sur le fossé et livrent passage à trois détachements de l'armée royale à la tête du premier desquels s'avance, malgré une grêle de projectiles, le Dauphin Tépée à la main , et à trois détachements Dieppois commandés par des Marels. Les échelles sont dressées ; mais , elles sont aussitôt renversées avec ceux qui y montent. A peine relevées, elles retombent encore dans les fossés. Une avalanche de pierres , de traits , de boulets couvre les assiégeants. Etonnée de cette résistance , l'armée royale recule. Le Dauphin ordonne alors la retraite aux Dieppois qui persistaient à combattro. II rallie sa troupe , lui déclare que si elle refuse de le suivre; il va recommencer l'assaut avec les seuls Dieppois qui auraient tout l'honneur de la victoire ; puis il saisit une échelle, s'avance sur un des ponts et monte à l'assaut. A celte vue , l'armée pousse un cri et s'élance tout entière. L'attaque a recommencé sur tous les points avec une fureur sans égale. Bientôt les assiégeants couronnent les parapets et se précipitent dans la bastille. Suivant les mémoires chronologiques , plus de trois mille anglais y perdirent la vie (1 ).
(1) Mémoires chronologiqaes pour servir à Vkistoire de Dieppe. — Gaguin de Gestis Francorum, — Villarel, Histoire de France, continualion de Velly, t. XV, p. 351. — Féret, Notice sur Dieppe, Arques, etc., p. 23 et suiv. — Vitet , Histoire de Dieppe, p. 38 et siiiv. — Cochet , Eglises de Varrondmenient de Dieppe, t. i, p, 86.
Pendant raclion , une procession composée de tout le clergé , des femmes , des enfants , sortait de St.-Jacques » invoquant la vierge Marie en faveur du Dauphin et des Dieppois. Le chant des fidèles , le son des cloches parvenaient aux oreilles des combattants et se mêlaient au bruit du canon. L'on rapporte que cette circonstance frappa d'épouvante les Anglais qui crurent qu'un puissant renfort arrivait au Dauphin (1 ).
Pour perpétuer la mémoire delà prise de la bastille, le Dauphin institua une procession annuelle le 14 août et une fêle religieuse qui durait plusieurs jours. EnGn, Charles des Marets fonda une confrérie de TAssomption de la Vierge dont il fut le premier grand-maltre (2).
Ce grave événement eut d'ailleurs un si grand retentissement, que, vingt années plus tard, à l'entrée de Louis XI à Paris après son sacre , une représentation de la prise de la bastille du Pollet fut donnée à la boucherie (3).
Charles des Marets continua la guerre contre les Anglais jusqu'à la paix générale. On le voit en 1448, à la tête de cinq compagnies dieppoises reprendre Fécamp dont l'ennemi s'était de nouveau emparé (4).
(1) Cochet, Vitet , Féret , loc. dt.
(2) Mémoires chronologiques pour sermr à Vhistoire de Dieppe. — David Asseline, MS. — Féret , Vitet, Cochet , loc. dt, — Decorde, Essai historique et archéologique sur le canton de Londimères ^ p. 53 et suiv.
(3) Histoire de Louys Unzièsme par un^greffier de Vhostel-de-ville de Paris, p. 31. — Féret, Vitet ,loc, dt.
(4) Mémoires chronologiques pour serdr à l'histoire de Dieppe. — Decorde , loc. dt., p. 76. — Histoire de Dieppe , t. ii, p. 86.
Il occupa sa vi^llesse à construire et à embellir un charmant manoir dans le bourg de Bures. Le vieux donjon , élevé sur les ruines d*un poste romain, ne devait pas être un séjour enchanteur. Pour Templaceinentde sa maison de plaisance » des Marets choisit un terrain que des fossés, situés à l'extrémité d'une motte d*origine romaine, mettaient en communication avec la forteresse. Il s'assurait ainsi , en cas de besoin, une retraite facile. M. Tabbé Decorde a donné la description de ce délicieux monument du XV' siècle (1).
Ce qui frappe tout d'abord l'étranger , lorsqu'il arrive a Bures , c'est le souvenir partout vivant de Charles des Marets. Les habitants parlent du général comme d'un contemporain. Il semble, pour ces braves gens^ qu'il soit mort d'hier. C'est avec fierté qu'ils prononcent son nom et ils sont peut-être encore plus empressés de montrer son manoir , que leur magnifique église du douzième siècle , au visiteur qu'un acte de piété oiî l'amour des études historiques et artistiques a conduit dans ce bon et beau village de Bures (2).
Charles des Marets est mort plus que centenaire en 151 5 , peu de temps après le roi Louis XII (3). Les histo-
(1) Essai historique et archéologique sur le canton de Londinières^ p. 77 et suiv. — Un coin de la Normandie , p. 11 et suiv.
(2) L'auteur de cette notice, appartenant par samèreà la famille de des Marets^ a visité Bures poiir la première fois en 1855 et en est revenu pénétré de l'accueil qu'il y a reçu.
(3) Mémoires chronologiques pour servir h Vhittmre de Dieppe, — David Asseline, MS.
riens'sont d*acGord sur oette date, les INeppoigcouvrIrent de laoriero la dépouille mortelle de slenr intrépide eapitaine(l). Son tombeau ne se trouvant pmnt dans ^ré^lse St.-Jaeques où ils Tauraient certainement cons^vé » l'on est porté à croiveque Charles des Marets a puêtre iffhmné àwê l'ancienne église !St.<-Remy placée au pied du château de Bieppe dans lequel des Marets avait sa demeure. Il reste encore, de cette église dont la démoHtira a été complétée en 1662 » la grosse tour qui se trouve comprise dans Tenceinte de la partie basse du château et qui a été convertie en caserne en 1&14 (2). Si des Marets a été inhumé dans rancienne église Sl.-Remy , son corps a pu être, lors de la démolition partielle ou totale de Téglise , transféré parVun de ses descendants dan$ TEglise d'Arqués
' ainsi que la verrière .peinte à ses armes qui orne la parlie^i^périeure d'une croisée de la chapelle de la Vierge.
' A considérer les couleurs , les contours du dessin , l'incUnaison de l'écu , le cri de guerre qui accompagne les armoiries et les caractères qui le reproduisent , cette verrière n'est certainement pas postérieure au commencement du xYi*" siècle. Disons de suite que les deux autres verrières placées au-dessous de celle-ci , peintes aux armes de la famille de des Marets , et la délicieuse verrière de la Circoncision de l'enfant Jésus que sur-
(1 ) Les Hiémes méoLoires. — Decorde , Essai historiqus et arMologique sur Ucantm de Lohdimères, p. 77. — Le même, Un coin de la Normandie, p. 11.
(2) David Asseline, MS. — Féret, Notice sur Dieppe, Arfues, «lc.,p. î3-2i.
montent ces deux dernières, doivent dater au plus de la fin du XVI* siècle et peut-être du dix-septième. Gomme le chœur de Téglise d'Arqués a été construit à la fin du XV* siècle, Thypothèse delà translation dont nous parlons est admissible. Mais toutes les circonstances que nous venonsde rapporter laissent également admissiblerbypolhèse de Tinhumation directe à Arques. Il en est de même de la boiserie placée sous la croisée et perlant la date de 1613 avec la signature « Raudin ton amy i> nom et devise de Tartiste chargé de la sculpter. Œuvre de piété filiale, celte boiserie ornée de quatre écussons ^ mutilés par la hache de 1793 , mais où Ton retrouve encore assez distinctement les armes de Charles des Marets et au-dessous desquels sont écrits les noms « Charles des Mab^s , Philippe des Mares (1) , » indique qu*un grand intérêt de famille se rattachait , pour celui qui Ta fait faire , au lieu où elle a été placée; et peut-être que, en la levant, on retrouverait par derrière la preuve que c'est là que repose Charles des Marets.
Charles des Marets eut pour femme Marie des Essars de Lignières. Ses descendants continuèrent pendant longtemps à habiter Arques , Dieppe et le Yimeu. Un mariage contracté le 7 juin 1715 avec Marie - Françoise Déaux (ou Déols) dame de Chambon , fixa en Limousin Jean- Louis des Marets , seigneur de la Renaudière , capitaine au régiment des gardes du duc de Lorraine et ses descen-
(1) Cochet, B^MU de Varronâioemenl dt IHeppe, t. i, p. Sîl. Féret , lettre du H avnl 1 844.
daDts (1). Les seigneuries du Grand QuesnopSt.^Remr et de St.-Aubinprësd'Ârques appartenaient à la branciie aînée de la famille des Harets et se trouvaient encore dans cette branche en 1669 (2). Une autre branche posséda la seigneurie du Plessis-St.-Nicaise près de la ville de Montdidier àlaquelle elle fournit un prévôt en 1 453 (3), et celles de laMotheetde Betiurains près de Noyon. Cette dernière seigneurie fut apportée en dot le IS février 1547 à Gui des Marets , guidon des hommes d*armes de la garde du roi , par Françoise d*Aussy (4).
Tous les des Marets portent de gueules à la croix d'argent. Sur Tune des cheminées du manoir de Bures, celle de la pièce principale du premier étage , se trouve un éco dont rémail a été effacé en 1793 ; mais , une croix torse, dont cet écu est croisé, a été respectée.
Pour se distinguer les unes des autres , les diverses branches de la famille ont ajouté , comme cela était Tusage, quelque pièce à leurs armes ou modifié la pièce principale.
Les des Marets du grand Quesnoy-St.-Remy et de St.- Âubin, portent de gueules, à la croix ancrée d'argent (5).
Charles des Marets , les des Marets d'Arqués , de la Renaudière etde Chambon en Limousin , portent degueules,
(1) Le comte de Waroquicr , TcMeau généalogique ,, U iv»
(2) Armoriai de Normandie.
(3) Daire, Histoire de Montdidier, p. 56.
(4) Titres de famille.
(5) Armoriai de Normandie, — Paillot.
à la coix ancrée d'argent , à la bande de sable chargée de coquilles d'argent brochant sur le toot (1). Les armes de la verrière d'Arqués ont l'écu en bannière incliné sur le côté droit ; supports » deux licornes ; casque à sénestre surmonté de deux plumes de gueules ; cimier, au lion naissant , contourné, compassé de gueules ; au-dessus du cimier, listel d'argent avec les mots de sable ; AV CRI € et sous l'écu , listel d'argent avec les mots de sable : CHARLCS-^eS-MaRGS. Les armes de la verrière de gauche sont aussi mi-parti. Le parti droit est de sable au vol d'or (2). Le parti gauche est de gueules à la croix d'argent et à la demi croix de même, 2 et 1 et appartient à une des Marets. Les armes de la verrière de droite sont mi-parti. Le parti droit est de gueules à la demi croix ancrée d'argent et appartient à un des Marets du grand Quesnoy-St.-Remy etde St.-Âubîn (3). Le parti gauche est de gueules à la molette d'argent et à la demi molette de même , 2 et 1, et appartient à une de Mataer de la Lande (4).
Les deux derniers écus n'ont ni cimier , ni supports , ni cri. Ils sont chacun renfermés dans un élégant médaillon de couleurs verte, or et blanche disposées en torsades. Ce médaillon estsuspendu à une double boucle retombant
(1) Armoriai uiimrsel , t. ii.
(%) Nous n'avons pas encore pu découvrir la famiUe à laquelle appartiennent ces armes.
(3) Armoriai de Normandie, — Paillot.
(4) Armoriai de NormanUt,
mir le eftté. -^ Les des Essars de Ugnières portmt de gueules à trois croissants d'or , 2 et 1 (1).
Les des Marets du Plessis-St.-Nicaise» de la Mothe et de Beaurafns portent de gueolesà la demi croix d'argent surmontant un chevron de même (2).
(1) Armoriai wmertd, t. n.
(2) Titres de ÊuniUe. — ^Les demiersrcgetonsmàlesdeoelte bramdie sont M. des Marets de Raurains, attaché à la Goar des comptes, et le colonel des Marets de Beaurains , officier de la Légion d'Honneur , commandant de la place de Lille.
NOTICE