‹ MémoiresChapitre 64 sur 113 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

onfrérie de Nètre-Dame da Puy , d* Amiens , nom'»

.ssi académie des Rhétoricfens, était une asBoclattoii

.s pieuse , litlerafre et artistique. Cette assodalioo;

jne époque déjà fort reculée, eut le mérite ide téfOH-

>ut ce que la ville pouvatt renfemier de persoiiMy

;ées , et d'eiciter , d'entretem'r cAez elles le goùl dea

3s et desbeaui*art8. Grâce à la géoérosKé detmatbréè

c^oy , AmieBa possédait au conmeneemeut du ivui*

le une collection de tableaux voique en son genre , al

plus intéressante qu'il soit possible d'imaginer pour

isloir^ da l$i Peinture en France. Si cette collection

âslait encore , elle nous ferait eotinattre d'une maotàro

ertaine > et année par année , l'état «t les progrès db la

)einture /depuis le milieu du xv* siècle, sous te règne dé

Charles YII, jusques après la seconde moitié du xyii%

c'est-à-dire jpendant plus de deux cents ans.

Qumqu'iL ne.reste malheurejua^uent des richiesses ras^ semblées par la Gonfràrie du Puy que de rares d^rir» j*ai pensé que Ténumération de ses tableaux et de sek sculptures , l'indication des sujets qui s'y trouvaient tral^ tés» les renseignements conservés sur leur histoire, et les circonstances de leur destruction, devaient offrir un ^if intérêt; J'ai donc entrepris de réunir dans cette in

troductùm , et clans le catalogue qui la suit , tout ce qu*il m'a été possible de savoir sur les œuvres d*art produites par la célèbre association amlénoise.

J*ai trouvé sur la, coUeetioii da > lableaux , dont la cathédrale fut longtemps dépositaire , des renseignements abondants et précieux dans une description de cet édifice écrite , au commencement du xviii* siècle , par un estimtUe bout^in d'AïUiens, mMvm iMiBiPagé» (t). Cttte ésMTifiiiaD » eettvre 4*un hooitte conscieocie&x ^ . mm milledienl connaisseur , laisse beaucoup à désirer^ L'w^ 4eMir, iqui ènumèra les lableaux en suivwl Tordre des pUmê et des chapelles ofe ils é^iiytt attachés f se préob*- ^Nipei plutôt du siqet et de la pensée rdlgieuso^ qm de Teisémtjoti artistjfve^ U eslimeipaFtîculJëveiilantQeuxdoiit ladorvte jette le fitua d'é6lal'48)' Kf^meréioAs .touftfoii le bon Kagésdf avoir fait Tinventaire* de cette coikotfoifi^

ii) iM manoflcrîfà de Fagéd ont été déposés à Ik KMk>lMiittiê Monranale d'Amieis an 1845. .

. (S> M. BigoUot se moalre im peu airèrf à FégmA d^ Pa§pâ9« Vvttmx 4» la Ihseri^ùm de lO'ÇathédràU poasédut des coniMisaanQM trè^-^ariées. Il avait particulièremeAt étudié rarehîtoqtqre , dont ^ emploie couramment les termes technitiues. En peînfure, Pages n^est pas un connaissettr , noùd le voulons bien, mais il aime cet ûi, û mi UÊÊë drdi te guide généMeifteiit dau9 im tfptêdàfSlùïuf. II è'fttUcbe livfiaDitveftIà déotire.Ass paHies'seoèidairaaâ'ttà Hd^ean, anlioa de^coucentrer Fatteatioa sur les priwpalea; nnps m voiti par les jugements portés sur des (Buvres encore existantes, qu'il ne Gonibnd pasTexcelIent et le bon avec le médiocre, et qu'il apprécie dans une peinture d'autres niërites que la vivacité des couleurs et l^éclat delà ë0t^. • r . . . •

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et, mrtanit de l'tvoir fatt dwg m te«4» <iù la» ri«ux tnUeau , de voAw» qviè (m é^wè gotbiques elles pli» )ieU0g piiBd«etioiis 4e rarchHMtaire du moyeihAg^^ ne f0Q6imlraiaDt,fu;iQdifféiwoe M dédain.

Il est reconnu que la Confrérie de Notre-Dame du Pujr était établie à Amiens, au moins des Tannée 1389. A partir de cette époque jusqu'en 1755 , on possède la liste des

maîtres ou présidents , et Ton connaU la devise , en rhonneur de la Vierge , que chacun d'eux avait adoptéç. Chaque année , cette devise , ou plqlAt ce refrain donné par le maître en exercice , . servait de sujet aux chants, royaux composés par les Rhétoriciens à la louange de la Reine du Ciel. L'auteur du chant royal, qui , au jugement de la compagnie , avait remporté le prix , recevait une' couronne d'argent , et les confrères le reconduisaient honorablement à son hAtel.

, Au DiiUeu du xv siècle i les anciens règlements fureof; veqouvelés» et, dans une assepiblée tenoe par les Q)em,brQf^ da la Cfivfféw le 1|5 f^ner UM . il fut décidé qup le«^ peintres seraient également cpuriéB à célébrer àJeur manière les louanges de la sainte Vierge. Pour atteindre ce but t la (ievise choisie par le maître , et formant le refrain obligé des ct^anls royaux du concours , dut » en même tempm » servir de ttièaie pour un tableau allégeirifue doiMI la Vierge était oonstamnent le prindpal personfiqge. On y ^voyait presque toujiHirs aussi le portrait du maf tre iw Fuy qui l'avait oflert, et assez ordinairement les portrait» des membres de sa fïimille et dés personnes dé qualité qu*îl vouUil W,o|-er. . .

« Item , ^It r^rl. 10 des statuts de liSl , fera faire le dict maistre présent , et conséqaammenl ses socoesseursà venir, tableau où sera figuré le mistère approprié pour la fesie et solemnité principale du dict Pujr , qui sera mis au lieu accoustqmé en Féglise Cathédrale d'Amiens , le dict jour de Noël , pour y demeurer Tannée ensiéyant, en prenant el emportant le label de Tannée précédente estant aa dict lieu, par demandant congié et licence là où il appartient ; et , après le portement et raportement d'yceùlx tableaux , le dict maistre sera tenu de faire mettre la table pour assembler les rhétoriciens et faire racorder les balades faictes sur le refrain bailUé par le dict maistre pour le révérence du jour (1) , et donner pris en la manière accoustumée. »

On voit t par cet article des statuts , que le tableau offert à la Vierge du Puy et placé en cérémonie le jour de No6l » dans la cathédrale , y restait exposé durant une année , au terme de laquelle il faisait place au tableau du maître nouveau. Mais , le 9 janvier 1493 , il fat décidé que les tableaux demeureraient attachés aux piliers de la cathédrale (2) , où la Confrérie avait fixé son siège en

(1] Voir sar les prix des ballades, et spécialement sur celui de U ballade de Noël , la Confrérie du Puy, par H. A. Breml, dans les JMmoîrei d^ Ift $(H;îlt^ (kl liUtgtM^ 498.

\i) a Item que le tableau présent el ceulx qui cy après seront mis en ladite église f dmnourront en iceUe é^se , à les mettre es lieux à la dévocion de ceulx qui les auront faict faire , et du congié de Messieurs du Chapitre , sans les foire plus grands que cestui qui y est à présent , et de Fhistoire plus boneste que sera possible ; lequel tableau sera rapporté et mis en ladite église , en dedens le Jour

tUm^Eik contéqiibiice de ceMe .^lécitioii ^ plwieim bleaus , ; pc éeédeittiBeat retirés par les mattres du Puy » fmm rapportés dans Végliae.

. G*eal un faitdigne dei remarque qu'à Ami^s, au mUieii duJ^v^8iècleuyUDeeeB£rérie« fermée en majeure partie de gens d'église et de bourgeois. » ail fait eiéculer chaque aunéeittu tableau en. rbontoeur de la Vierge. La dépense de cette eiécnliod devaitiètre asses lourde , el, peur que Ie3 mattres raceeplassent, iLfiallaitxiuele goût des beatfx^ arts » et en particulier celui de la peinture fussent alors notablement développés eh^ nos ancêtres ; il fallait ausd qjtt' Amiens renferm&t des artistes capables d'exécuter les tableaux: d'une manière satisfaisante» La réuqion de ces diverses conditions peut , à noire avis , a expliquer par Texisteoce d'écoles florissantes de peinture dans une pj^ ^ince limitrophe de la Picardie , dans la Flandre; alors gouvernée par des princes français , et qui n'était pas oa pays étranger , comme elle le devint plus Isuxl après ui^ longue séparation.

Les frères y an-Eyck avaient, pendant la pmmière:BH)ir tié du xv* siècle , doté de leurs chefs-d'œuvre les princJH paies villes flamandes. Ils ayaient crééun genre de peiatune fondé sur rimilation naïve et fidèle de la nature ^ Imitation que toutes les intelligences pouvaient apprécier , etii lar quelle ils avaient joint des procédés d'exécutton qui donnaient à leurs ouvrages un éclat admirable » une durée ia«^

de Pasques . après que le maistre anchien aura levé son tableau le jour de Noël, pour donner lieu au nouveau , comme est coustume. » -^Délibérations prises en 14^8 , art« t. •— (Extrait de D. Grenier, !•• paifset , n^ 1)

déiDie. Iisifoe làiQ n^avilk vo qae dv» MpréiBitaliéiii \9gi6kB et " iidéflfises , nos caractère foditîdeel t et ne reproduisant les traits d^aucitn personnage d 'one manièM leoeonalisabte* Les yeui s'ouvrirent alors « comme en présence d*un jMr inespéré ^ éclatant après nne longoe nuit , et ckacnn dit s'intéresser Tivemeât à nn art qni , abstraetira faite du cliarnie inliérentà ses compwitions, fit reparattfe le véritable portrait » celui où l'on serecon-* natt^ et où Ton retrouve Hmage d'une personne cbérie.

En liM , épo<ftte où là Confrérie idu Pny , en renouve- Itat ses statuts , y Msait entrer rexécutlon annuelle et régulière d'un tableam , cinq ou six ans av plus s'étaient écoulés depuis la mort de l'illustre Jean Yan-Eycit. Les nombfeQx élèves qu'il avait formés à Bruges durent se disperser , etquelquès-oms vinrent probablement se fixer k Amiens^ Les plus beaux tableaut qui nous restent» c'est- Mifeceux de U«» , 151S^1519, 15i0 ,1521 i 15SS, eè f en trouve un sentiment religieux si remarquable , des détails si nombreux et si délicats, un si frappant caractère de vérité dans les portraits, ces tableaux, disons^ious, ont en pour «Utenrs , soit des artistes flamands , soit des disciples'de ces attisles.

En 1617 , Françcm !** étant venu è Amiens avec la duchesse d* Angoulème , sa mère , cette princesse prit tant de plaisir à entendre réciter les chants royaux ^imés par les'riiétorioiens , et , sans doute aussi , à'^oir les tableaux exposés dans la cathédrale , qu'elle désira posséder un recueil des poésies et un souvenir des peintures. Les magi3trata municipaux d'Amiens firent ^ donc exéouter du mieux qu'ils purent le manuscrit souhaité; Il estaotue^

lement conservé à la Bibliothèque Impériale sous le numéro 681 1 , et porte pour titre : Miniatures anciennes en f honneur de la Vierge, ou mieui^, Chants royaux en Vhonneur de la sainte Vierge, prononcés au Pui (F Amiens. Ce manuscrit renferme 18 chants royaux et autant de grandes miniatures , d'abord peintes en grisaille , ou en blanc et noir , par un amiénois nommé Jacques Plastel , chargé de prendre copie des tableaux , puis mises en couleur par un enlumineur on historien de Paris, appelé Jean Pinchon (1). Guy leflameng , autre enlumineur, demeurant à Amiens , fut chargé de destiner et d'enluminer les grandes lettres des chants royaux. Ces grandes lettres , dont le dessin est trë»-yarié, commencent chaque strophe.

Le manuscrit devait reproduire les images de 47 tableaux appartenant à la confrérie du Puy, et existant dans la cathédrale en 1517 ; pour frontispice, on lui réservait le portrait de la duchesse d'Ângoulème , avec la cérémonie de la présentation du volume. Deux échevins en charge , Adrien de Monsures et Pierre de louvel , se rendirent effectivement au château d'Amboise, où se trouvait la mère de François P' , et lui offrirent solennellement le recueil qui leur avait été confié. Celte collection de miniatures , exécutée d'ailleurs avec un talent assez médiocre , nous semble due en grande parlie à l'imagination de Jacques Plastel. Cet artiste aura trouvé plus commode de composer, comme il l'entendait, les images destinées à accompagner les chants royaux , que de copier

(1) On trouvera dans l'appendice n^l, le détail des dépenses faites à l'occasion du manuscrit.

ayçp nxactilude les bU>iie9U}^ 4e I3 cathédrale^ Bappetim aussi qpe Pla^tel Ëti^att seulement de^s grisailles , et qpa la mise en couleur était confiée à un enlumioeur parisjiep» qui ne pouvait avoir spus les yeux les origin;^ux« jPar suite de ces diverses circonstances, les miniatures parais* sent avoir toutes un caractère uniforme et m reprodiiiseot pas la variété de composition et d'exécution que 4evaâ«iQt offrir les tableaux de la cathédrale , ouvrages d^artist^a nombreux , dont les dates diverses embrassaient un e^ pace de 47 ans. (1 ) L'inexactitude de ces miniatures^ d'ailleurs attestée d'une manière palpable. En e&t , le !tf usée de la Société des Antiquaires de Picardie possède un tableau peint en 1499 , et ayant pour devise :

Àrhre portant frwt fféterndle «te.

Ce tableau , dans lequel on remarque le portrait du roi Louis XII , et qui est l'un de ceux que le manuscrit a la prétention de reproduire , renferme des détails bien plus nombreux que ceux offerts par la miniature. Sous }e rapport de l'art , celte miniature incomplète ne donn^ du tableau qu'une idée fausse.

En résumé , le recueil de la Bibliothèque impériale ne peut que très-imparfaitement faire connaître l'état de la peinture à Amiens durant la seconde moitié du quinzième siècle et au commencement du seizième. Cependant il m'a fourni des indications précieuses sur le sujet des ta-

(1) Une uniformité do menue genre existe dans les cbants royaux : il semble qu'un même rimeur les ait composés. Ce qui est certain, c'est que 40 sols furent payés à un rhétoriciefk pQijir çQj(9PQ9er 1^ chants royaux qui manquaient à plusieurs tableaux.

bleaux offerts par les mattres da Puy , et il iii*a été irèsutile pour la confection du catalogue.

Les maîtres continuèrent d'offrir chaque année de nouveaux tableauiL, qui s*accrochaient successivement aui murs et aux piliers de la cathédrale , et qui étaient devenus assez nombreux vers la dernière moitié du dix-^septième siècle pour former dans cet édifice un véritable encombrement. Un grand nombre , particulièrement les plus anciens , étaient garnis de volets , souvent peints des deux côtés^ qui développaient le sujet du panneau centra^ et représentaient quelquefois les donateurs. €es volets^ servant à garantir de la poussière la composition principale , s'ouvraient les jours de fêle ; ils avaient besoitt d*espace pour se déployer , et augmentaient ainsi Tencombrement causé par la multiplicité des tableaux»

En 1670 ou 1671 , on eut la malheureuse pensée , sous prétexte qu'ils gênaient la vue , de détacher presque' tous tés volets (1) et de les placer contre les murailles de plusieurs chapelles et dans d'autres endroits de la cathédrale. Par Cette manière d'agir , on diminua , on annula même ribtérét historique qui s'attachait à ces peintures accès* soires, et, pour plusieurs, il devint difficile ou impossible de retrouver leur date et le nom du mattre donateur. (2)

(1) Au témoignage de Pages, quelques-uns de ces volets étaient très-beaux. Ceux du tableau de 1510 , qui représentent le sacre de David et le sacre de Louis xii , sont conservés au musée de Cluny, sous le no 7ÎS.

(ft) Gela fait conprendre comment Pages indique le sujet de quelques peintures , quMl nous a été impossible de rapporter à leurs do-

C'était là 1o prélude de la guerre faite plus tard à la précieuse colleclion des tableaux du Puy. Les intentions hostiles se manifestèrent en 1709 par le décrochement de quelques peintures, dont peut-être la place avait été mal choisie. Gel enlèvement partiel ne suffisait pas à certains chanoines ligués contre la Confrérie , et qui , depuis plu* sieurs années , voulaient faire disparaître de la cathédrale les tableaux, les sculptures et les œuvres d*art, auxquels cet édifice était redevable d'une partie de sa splendeur. Une occasion s'offrit de réaliser leur dessein : ils ne manquèrent pas de la saisir. En 1723 , le Père de la Ferté, jésuite , devait prêcher le Carême dans la cathédrale. Il souffrait de la goutte, et , en examinant Tescalier de la chaire , il s*aperçut que cet escalier était difficile à monter , parce que la corniche du bas d'un tableau dépassait un peu le .boudin du pilier contre lequel la chaire était posée. Il en fit Tobservalion à l'évéque et au chapitre. Les chanoines s'empressèrent de faire êler le tableau dénoncé comme gênant , puis deux autres tableaux attachés au même pilier. A la suite d'une délibération du chapitre, l'œuvre de destruction commença , et un grand nombre d'ouvriers, envahissant la cathédrale, la dépouillèrent violemment des peintures et des sculptures dont elle était décorée. Les confrères du Puy s'avisèrent un peu trop tard de s'opposer à l'enlèvement de ces précieux monuments de la piété de leurs prédécesseurs , car l'acte de vandalisme durait déjà depuis trois jours , lorsqu'ils dé-

nateurs. Le nombre des tableaux du Puy conservés de son temps dans la eathédrale peut ainsi avoir été plus considérable que calai qui résulte de notre catalogue chronologique.

putèrent à Beauvais , où Messieurs du Gha|)itre ataient leurs causes commises. (1) Le député de la Confrérie rapporta à Amiens une requête répondue par M. le lieutenantgénéral de Beauvais , par laquelle il était fait défense à Messieurs du Chapitre -d'aller plus loin » jusqu'à ce que les parties fussent réglées en justice. Elle leur fut sIgQifiée sur-le-champ , et ils répondirent que le fait de l'enlèvement des tableaux regardait M»' Tévéque , qui, seul, était maître de la nef de l'église cathédrale. Les confrères du Puy présentèrent une autre requête d'opposition à M. le lieutenant-général d'Amiens , qui ordonna que les parties viendraient par devant lui le lendemain pour être réglées. M^ l'évêque , à qui la seconde requête avait été signifiée, appela de l'ordonnance. Cet appel arrêta tout court les confrères. Alors, le Chapitre triomphant mit à la besogne, le reste du jour et la nuit suivante , un si grand nombre d'ouvriers , que le lendemain il ne restait plus un seul tableau à décrocher.

Tel était l'état des choses le 20 février 1723. Dans la nuit du 11 au 12 mars suivant, on fit disparaître toutes les épitaphes et tous les monuments funéraires sculptés, de moyenne grandeur, qui se trouvaient placés à l'extérieur des chapelles , contre leurs piliers ; et , comme ces sculptures étaient solidement attachées avec des crampons ou des barres de fer , on en brisa la majeure partie. Il

(1) Il y avait alors 27 ans que les causes du Chapitre étaient commises à Beauvais, par suite d'un conflit de juridiction qui avait eu lieu entre lui et le Présidial d'Amiens , le Chapitre ayant détenu dans la prison de la Barge un homme prétendu criminel , dont Pinnocence fut prouvée.

aurait fallu , pour les conserver entières , Iravailler pliH rieurs jours : on préféra les mutiler ou les détruire afin d'abréger l'ouvrage. De nombrew débris i^Hrent pifléa par )a populace l

Ces seèaes de dévastation excitèrent natureiftenent la verve dies rlmeurs amiénois. Citons quelques passages d*ttna composition fort médiocre > conservée dan» les manuscrits du temps :

Quel démon y rempli de malice,

Vient dépouiller dans un moment

Ce saint et superbe édifice

De tout son plus bel ornement l

Avec quelle indigne (urie

Se déborde ici rhérésie l

Cette église défigurée

Ne peut plus montrer en ce lieu

Qu'une misérable mosquée,

Et non le temple du vrai Dieu.

Trop UbéralQ Confrérie,

Vos dons , vos voeux et vos présents

A la glorieuse Marie

Vont bientôt s'envoler aux vents ;

On détruit , en pille , on ravage,

Qn n'épargne pas upe image,

Qn arracbe les écriteaux ,

On trouble , malgré la nature ,

Les morts dedans leur sépulture ,

En démolissant leurs tombeaux.

poursuis , Chapitre in&tigable , • Achève ton impiété , (rends ce q^ue laisse d'admirable La vénérable antiquité^ etc.

Un rineor composa at^sf vingt et une stances, de quatre ters chacune , terminées toirtes par un des mots' du Nvm dimiUis, auiquelles un avocat du Chapitre ré* pon<M 9ar les mêmes rimes. Yoici les trois premières rtances avec leur contre-partie. La Vierge est supposée s-adr«sser au Chapitre , dans TœuTre de Tavocat de la Gevfréritf :

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