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CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DU PUY

ANNiEl452.

Matlre Simon Pertrisel, marchand ou tavernier (1 ). — Devise :

Digne eschieîle de terre oU ciel Vadresse,

Le tableau de 1 452, un des plus anciens de ceux qui se trouvaient à la cathédrale avant 1711, année où il en fut retiré, était petit, accompagné de peu d'ornements, mais fort bien peint. II représentait la vision que Jacob eut en songe de l'échelle céleste ; on y voyait peintes les armes du donateur. Il portait d'azur, à trois perdrix d'or, deux en chef et une en pointe.

Simon Pertrisel fut échevinen 1181 et 1493.

Jacques Jouglet :

Dame des deux à ses servans propice. (2).

(1) Voir les Manuscrits de Pages, tome 1", l«' dialogue, p. 58. (î) Cette devise appartient réellement aux maîtres de la confrérie. Oa voit, par une délibération du 95 mars 1457 (voir la Confrérie du

« Item le viei tableau de :

Lvnejprenant d» vrai gdeil Iwmière,

Que soloienl avoir les maistres nouveaux durant leur année et leur maistrise a esté vendu par conseil et advis des maistres à maistre Pierre Dumas . . xl sols. »

Pierre Dumas était mattre de la confrérie en 1502; ne serait-ce pas le même tableau qu'il a offert cette année là, avec la devise :

Soleil renâ4Mt éternelle liimt^.

Robert Faverel, marchand :

Pierre an désert produiianit iaue me.

La 29* miniature du Ms. de Paris représente la sainte Vierge tenant son enfant debout sur une pierre cubique, comme sur une sorte de piédestal , au milieu d*une belle campagne boisée. Sur le devant du tableau, Moïse, tenant une verge à la main, parait toucher cette pierre. A droite et à gauche, sont divers personnages, à la tète desquels on distingue un empereur, un cardinal, un roi.

Jehan Marchant, prêtre, clerc de régttse paroissiale de Saint-Martin-aux-Waides.

Calice eslut au âimn saerifice.

La huitième miniature du Ms. représente la sainte Vierge devantun autel et posant Tenfant Jésusdans un calice où il est plongé jusqu'au ventre. Elle egt entourée de

div^s personnages ; un d*enlr*enx a un lion à ses pieds, un autre un bœuf (sans doute Saint-Marc et Saint-Luc) ; plusieurs s inclinent devant l*aulel» auprès duquel est agenouillé le donateur, velu d*une robe brune. Pages (1 ), en parlant du tableau de Marchant, se borne à dire qu'on nW ayaît pas épargné Tor, et que Ton y voyait dans le lointain la ville d'Amiens avec la cathédrale, telle appch remment qu'elle était du temps oit le tableau avait été peint. Il ajoute qu'on remarquait aussi dans le lointain Téglise de Saint-Âcheul, couverte de tuiles, avec un clocher différent de celui qui existait en 1709. Il s'occupe ensuite des sujets traités sur les volets du tableau. Sur l'un on voyait Saint- Domice, habillé d'une soutane de couleur rouge, avec un manteau vert brun, tirant sur le violet; le saint personnage portait une grande calotte rabattue sur les oreilles et tenait à la main un livre couvert en rouge ; il était auprès de son ermilage, construit dans l'épaisseur d'une forêt. Sur l'autre volel, le peintre avait représenté Sainte-Ulphe, en habit de religieuse, tel que le portaient les dames du Paradet d'Amiens. La sainte était auprès de sa cellule, placée dans un lieu marécageux, où l'on n'avait eu garde d'oublier les grenouilles dont Ulphe fil cesser le coassement.

Jehan Delattre, procureur: (2).

Du feu d'amowr colonne lumineuse,

(1) Ms, de Pages, lome 1", 2* dial. p. n et 39.

{^) « M" Jean Delalire, procureur, fust faict maistre en 1476, et par Tadvis des autres maistres, continua la feste et solemnitë quy se

La 28* miniature du Ms. a reproduit ou imité le taUeau. On voit dans le ciel la sainte Vierge et son enfant entourés de flammes ; au-dessous s'élend la mer, où se noient de nombreuses personnes, et où vont s*engloutir quelquescanous, montés sur leurs affûts. Sur le devant, on voll Holse, reconnaissable à la longue verge qu'il porte à la main; sa sœur Marie, tenant un tambour et frappant sur cet instrument ; d'autres personnages encore , qui célèbrent leur délivrance après le passage de la Mer-Rouge. Le donateur, agenouillé suivant l'usage, porte une robe grise.

Jehan Obry, sergent à masse de la Ville :

Pwy d'yaue vive aux hwnains ]^ourfUahle.

Dans la 13* miniature du Ms. de Paris^ la sainte Vierge, au milieu d'une campagne, pose son flis sur le rebord d'un puits ; à sa droite, des femmes ; à sa gauche, des hommes; et, sur le devant, les personnages en quelque sorte obligés de ces tableaux, un pape, un roi, un cardinaU etc. Le donateur, à genoux, porte une robe grise.

Martin Martin, marchand :

Terre donnant fruict de grâce et de gloire.

faisoitledict jour de la Chandeleur, au jour de la Nativité de Nostr»- Dame, huitième jour de septembre, et la présentation du tabel au jour de la Nostre-Dame, my-aoust. » Extraits des or d, et déUb. de la Confr, — Voir la Confr. du Puy, par M. A. Breuil. Mém, des Ant. à Pic, tome xw, page 616.

La 11^ minialore du Ms. représente la sainie Vierge tenant fH>n enfônt, au milieu d'une verdoyante campagne; à sa droite^ une troupe d'anges ; à sa gauche, un p^pe» un roi et d'autres personnages.

Le donateur, agenouitlé sur le devant du tableau, est habillé en laïque.

Martin était neveu d*Âlphonse le Mire, qui avait donné les grandes orgues de la cathédrale.

Pages (1) nous dit que dans le tableau, où la sainte Vierge était considérée comme une terre bénite qui a produit le fruit de grâce, le peintre avait profilé la ville d'Amiens, dont on apercevait les principaux édifices ; assez près de la ville se montrait un château bâti sur une émtnence. Ce ne peut-être, remarque naïvement Pages, le Château ou CastilUm, qui a été détruit en 1116 ou 1117.

Sire Fremin le Normand, écuyer, seigneur de Bourges etde Longpréi-tes-Amiens, maïeur en 1469 et 1473 :

MédieinaUe et fructueuse olm,

La 25* miniature du Ms. représente la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus debout au juilieu d'une belle campagne, où de nonibreuses personnes des deux sexes sont occupées à faire la récolte des olives.

On se demande pourquoi, sur cette miniature, le donateur a le costume d'un chanoine.

Jehan Bertin, grénetier d'Amiens, échevinen 148S<:

GRENIER rem/pli du $el de Sapience, (1) Ms. de Pages, tome !•', î« ^tol. .p.l«. . . :

On voit dans la 16* nûoialttre la sainte Vierge debout sous nne légère construction, et placée snr na amas de blé que mesurent et ensachent diverses personnes ecclésiastiques et laïques. Deux saintes sont aux côtés de la Vierge.

Le donateur, en robe brune, est agenooillé sur le devant.

Jehan Matissart, marchand (1) :

Mont OMfuA Ditu g'ofpanU tmx kwmains.

La 32* miniature représente, au milieu d'une campagne, la sainte Vierge portant son 6is ; un vieillard àbarbe grise, peut-être David , est à genoux auprès d*elle ; on aperçoit des tentes dans le fond, qui est occupé ainsi qoe le devant par des gens de guerre. Le donateur porte une robe noire fourrée.

Vincent lb Cat, marchand :

PlotMiU Hnter (t) ém rm ies detiix eduU.

(1) a M* Jean Matissart fast esleu maistre le jour de Notre-Dame, en septembre 148%, et la feste se continua jusques à la Chandeleur 1483 ; auquel jour fnst ordoMné par les maistres que la feste à Tadvenirs^entretiendroit aa dict jour de la Chandeleur. > BsBÊraHuàt Ord. et âiUbérations, par Ant. Mouret; voir la Coafr, d» Pwif, par M. A. Breuil, dans le tome xiii des Mém, des Ant. de Pie. p. 616. — Ainsi les maitres annulaient la délibération de 1476, prise sous lamaitrisa de Jean Delattre et citée plus haut ; la Chandeleur rédevenait la fête du Puy, et le tableau de Tannée devait, conformément aux statuts de 1 451, être apporté le jour de Moël.

(2) Esther et Judith, ayant procuré la délivrance d'Israël, sont regardées comme des types de Marie, et, à te titre, elles figurent souveut dans les peintures reKgîeiisas.

Dans la 17* miotaitiire» la saiote Vierge lient Tenfant Jésus, qui pose une couronne sur la léte de sa mère. Autour de Marie, le peintre a figuré diverses circonstances de rbistoire d*Eslher ; on la voit se présentant devant Assuérus, recevant la couronne, prenant place au banquet royal, etc.

Le donateur*porte une robe noire fourrée sur une cotte rouge.

Jeban du Gard, licencié ès4ois, élu ; écbevin en 1182, 1183.81,87,88,89.

hU de mer ^aménité remplie.

Dans la 1 1* miniature, la Vierge tient son enrant au milieu d*une tie, où des évèques paraissent donner la bénédiction. Un pape frappe la terre, devant un bélier, avec un instrument en forme de pic.

Dans une ville, en dehors de Ttle, un empereur est assis sur son trône, et divers personnages, un pape, un cardinal, un roi, un guerrier, discutent entre eux.

Le donateur, comme de coutume, est agenouillé sur le devant du tableau.

Une ancienne légende raconte, que TEmpereur Trajan avait envoyé dans une lie dépourvue d*eau deux mille chrétiens, qui devaient extraire les pierres des carrières. Le cbant royal auquel correspond la miniature en explique le ssyet par ces vers :

Swr vme iele de mer en peine austère, TraiantrammitdinxmiiUeiapistienSf À deeroeher de ^rans marbres matere , Pmr Us palais romaiins faire eoBeeUens.

AufÊtl laifnd Ai fui énlre fit mqfie , Lors prvU son fécq^ OMMt d'eam carence^ Lisle frappa, se eust eaue enaffluence, A eeste isle moralement Marie, Po&ns signer et U dire en présence, IsU de mer damenite remplie.

Jacques Lenglbs, procureur greffier de la ville d'Amiens :

Ve terre et eiel triumphamte prineeêse.

Pages (1) nous apprend que le tableau de Jacques Lengles se trouvait de son temps dans la cathédrale, mais il n*en donne aucune description. La 12* miniature supplée à son silence. La sainte Vierge, placée sur un trône, dans une construction gothique, a derrière et devant elle aoe multitude d*anges, dont plusieurs exécutent un concert avec divers instruments de musique.

Les personnes figurées sur le devant du tableau parais, sent appartenir h la famille du donateur. Celui-ci estag^ houille et revêtu d'une robe laïque ; une levrette est placée devant lui.

Jean de Saïsseval, écuyer, sîeur de Ws8y,-*échevineD 1491,1492,1493, 1496,îi98,1499,1500,15«l,15«î, 1603,1504,1505,1507,1508,1509,1511,1512,1513.

1514, 1515, 1510, 1517, 1518, 1519, 1820, 1681; maleur en 1510.

Laiùoîr reniaki pà¥fàkie pwHié.

(1) Ms, tome l**; 8<^diailogii6, p. 49.

Lelableauftéléimilé parla^l'mîDiatureduMs. de Paris. La saiDfe Yiei^e placée devant une éléganteoonslructioD» dans ie style de la Renaissance, est debout sur le bord du bassin supérieur d'une fontaine, auprès de laquelle on voit, adroite, un pape, et à gauche, faisant comme unpendant au pape, un personnage qui a sa toque derrière le dos et qui parait èlre un fou. Autour de la fontaine se trouvent des hommes et des femmes, portant la plupart un agneau blanc.

Le dmateur estrev^u d'une robe brune fourrée.

Voici )a première strophe du chant royal correspondant à la miniature.

Salomon fst ung lamir composer De fin airain gue, fowr heUe emUnee , Rond en lasrgewr par hauU fit di^^oier , Et estroit bas, produisant effluence Deaue en vaisseau par sy grande afflwnee, Que en eeste eaue pour ce temps lotion FaisoietU ceulx quy de immoladon Ou sacrifyce eurrent auctorité.

Signant la Vierge estre en perfection Lauoir rendant parfaietepwrité.

Jehan Rohault, marchand :

\ierge assenech^ (1) du vray saulveur efpeuse.

Dans la 3* miniature, la sainte Vierge, debout au miKeu d'une place, dans Teneeinte d'une ville, tient par ia .maîA Tenfant Jésus, revêtu d*uA costume nyval. A sadroiteetk

(l)Sage.

sa gauche, divers personnages et des dames; sorte devant, un coche ou chariot auquel on attelle deux chevaux. — Le donateur est en dehors de la ville , vêtu de gris et en costume laïque. Le peintre a figuré sur le devant un oiseau et un singe.

Robert Bigant, procureur à Amiens, échevin en 1465.

De Vangk (1) du grant eonseU eansistare.

iO^ miniature du Hs. de Paris. La sainte Vierge est debout devant les degrés d*nne construction gothique; de petits anges placés sur les marches, ou auprès des marches, raccompagnent ; elle est entourée de personnages des deux sexes. Sur le premier plan du tableau, un pape et un empereur sont agenouillés devant elle.

Le donateur, en robe noire, est placé devant un prie- Dieu.

Etienne le VAssEUft, marchand i

Le jardin elo$ oè enut le vray laurier.

26* miniature du Ms. La sainte Vierge, portant son enfont, est debout au milieu d*un jardin clos de murs et entouré d'un berceau couvert de pampres ; auprès d'elle est une fontaine. Deux anges, dépourvus d*atles, paraissent garder la porte à Textérleur du jardin ; un roi et un personnage vêtu en laïque, se trouvent en dehors du jardin, ainsi que le donateur , agenouillé devant un prie-IKeu.

(t) Ange.

Pierre le Coustbllier» marchand :

Ciel contenant lumière glorietue.

10* miniature. — La sainte Vierge, placée dans le ciel entre deux anges, tient le petit enfant Jésus, duquel émane une douce clarté. Au-dessous, on aperçoit une ville, et, sur le devant, un pape, un roi, et divers personnages. Le donateur, eu robe grise, est agenouillé devant un prie-Dieu.

Robert de GAtfBRiN, écolfltre et chanoine de régiise de Notre-Dame d*Âmiens :

Souhs Vétemél rectewr sage régente.

2* miniature. — Lasainte Vierge, placée sur une chaire ou sur un trône, dans une église, et tenant dans ses bras Fenfanl Jésus, a devant elle un pupitre et un livre ; elle semble présider et enseigner une assemblée, où se trouvent saint Jean-Baptiste, des apôtres, des saints et des saintes, un pape, un roi, unévèque, des moines, qui occupent des stalles et des bancs.

Le donateur, à genoux devant un prie-Dieu , porte la soutane rouge et le surplis.

Adrien dbHénbmgourt, seigneur de Hénencourt, docteur en décret, prévôt et chanoine de Téglise Notre-Dame d'Amiens, et chancelier de Noyon :

De vraye paix trésoriêre exedlente (1).

(1) Voyez le chant royal d'Adrien de Hénencourt dans la Çcnfrérie

Pages (1 ) Dous du que le tableau qui offrait celte devise et qui portait des marques d'aocieooeté^» fut wlevé de la cathédrale au mois de juillet 1709; il ajoute qu*ony avait représenté Thistoire de Jahel perçant la télé de Sisara.

La 9* miniature du manuscrit de Paris ne reproduit pas ce trait d'histoire biblique. La sainte Yîerge y tient son fils posé sur une colonne basse et enjolivée; elle est enfermée dans une enceinte Tortiflée, garnie de tours (un fort donjon de vertu admirable, dit le chant royal), et eHe est environnée d'auges et de saintes qui portent chacune une petite tour. A la porte de renceiute on voit une femme ayant les attributs de la justice, un glaive et une balance; en dehors, un pape, un roi et divsrs personnages.

Le donateur, agenouillé sur le devant du tableau, a des cheveux blancs et porte Thabit de chanoine.

Jehan Dardbe, conseiller en. la cour du roi et bailli de la cbâtellenie et baronnie de Plcquigny :

Aube du jour qui le monde illumine.

4* miniature du manuscrit. — La Vierge, debout, tenant son enfant, au milieu d*une campagne, est Tobjet de Tadoration de nombreuses personnes. Sur le devant, et dans les édifices d*une ville, se trouvent un roi, un pape, un cardinal, des bourgeois, etc. Au bas est représeaté le donateur, vêtu d'une robe noire.

du Puy, par M. A. Breuil, tome xui des M^. dfis ÀtUiq, de Pic., p. 644 et suiv.

(1) Jlfe., tomel•^l«dîal.,p. «8.

Simon de Conty» chanoine d* Amiens :

Biume donnant oudear aromatif[ue (1).

36* miniatare. -^ La sainte Vierge tient son enfant de* bout, <bM une tle et^ourée de flammes, où l'on voit trois arbres, une fontaine et deux personnages. Dans d'antréfc fies environnantes se trouvent des personnes de toiltes conditions, et, sur le devant de la rainibtnre, m^perqfA m pape, nnémpereor, un roi; tMS parnissent recevoir ou offrir un crfijet Uane, qvt, vraisemblablement, eslie baume oélëbré dans le ekanl royal. Un chanoine Toffref m donateur, x|«i porte une robe noire fourrée d'hermine.

Jehan de Flandre, notaire :

Ih tra^ DaM pmàe (t) Metorîtfme.

1 Subminiature. — ta sainte Vierge, portant soq enfant, est debout entre l'armée des Philistins et celle des ^é<bréux. Sur le devant» David vient d'atteindre avec sa fronde le géant Goliath, qui chancelle sous le coup.

T^ donateur porte une robe grise fourrée.

Fremin n^ditiÉ ou f iNènEREt, licencié en décret, pénî^

(1) Voir dans Ui Confiserie du Puy, par H. À. Breuil , fom. xiii ûesMém. dêê Aniiq. de Pk,, p. 641 et soiv., le chant r^yal de Simoh de Conty.

(î) Fronde.

teocièr et chaDoine scelleur en Téglise Notre-Dame d'Amiens :

A Vunicome agréable pncelle.

Pages ( t ) nous apprend que l'on conservait de son temps les volets du tableau» de moyenne grandeur, donné par F. Pingre.

La miniature 27* du manuscrit montre la sainte Vierge bnanl, son enfant et agenouillée ; une licorne blanche Tient 86 réfugier auprès d'edie. Sur un plan inférieur, d&vQitit la sainte Vierge, on remarcfueune espèce de puits ou fontaine. A gauche de la sainfte Vierge» une reine, à cheval» est accompagnée de dames et d'un piqueur ; de Tautre côté, des personnages , à pied et à cheval , paraissent en partie de chasse. Dans le fond on a représenté un sanglier atteint par un chasseur» et un cerf.

Le donateur portele costume de chanoine ; derrière lai sont un homme et une femme, faisant sans doute partie de sa famille. .

On sait que» suivant la merveilleuse tradition du moyenâge » la licorne né pouvait être domptée que par une vierge.

Une boisson bue dans un vaise fait avec la corne de cet animal devait guérir celui qui avait pris le poison le plas redofitfible ou qui avait été atteint de la fl^a }a pjUis daagerebsemenl empoisonnée.

Gçs idées se retrouvent d^ns la première strophe do chant royal correspondant à la miniature décrite :

(1) Ms. ie PagéSy tome 1", *!« dial., p. t%

Qw onneU icet par art ie ventur prendre.

Et par sa corne est venin banissant

Du Um ou touche et qai le pœuU eomprendre.

Powr ee à la finie liiiiteoni« a/ooir

Hors la forest lesoript faiet atsa/^

Qw on lut présente et face ostention

Dune pucelle en pure intention,

Ca/r sa tigeur lors fwue en iavAceur bette.

Que on présente pour sa détention

A IwMcome agréable pucelle,

Jehan 0B Saint-Dblis, seigneur cle Heueourt, Hayemas et Bernapré :

De mer eetoUe adresehant Vhomme à glore (t).

6* miniature. — La sainte Vierge est debout sur le bord de la ner* Jonâs sort du ventre de la baleine ; un vaisseau porteun pape, un empereur, un roi (peut-être saint Lpuis), un cardinal ; un aecoi|d vaisseau est monté par des^é)(^ques et des gens d'église ; un tr£|isième par des bourgeois.

Le donateur, agenouillé» porte une robe grise.

Pages (2) a seuleme^nt remarqué qu'on avait peint en

11) Gloire.

(t) Tome !•», l^'^dial., p. llî. — Pages dît qu'à ht place dtt tàblMM de lifli'plaÊëyrittûtivement contre tmd eolomie de la aàbMe -dtt chioar île Ijotre^4tame4!A«^ette, et été en HOS, 4)n mit la staioe de.P^I^l.lé9llS| en marbre blanc, te];ra88ant le dj^mp^i atous. la figure d'un serpent. Cette sculpture, ouvrage de Blasset, était un don de François de Vitri, seigneur des Auteux. Le piédestal et les deux êtes d^anges qui l'accompagnaient avaient été sculptés pht^Cfressent, sculpteur d'Amiens. — €eracffi«m^t' exista ènri^re à h oMiédrale.

grisaille ou en clair otMey F, derrière lesveletodulableaa, Jésus-Christ et la Samaritaine.

Robert DgFoNTAmBS, licenciées-lois, seigneur de Honstrelet, conseiller du roi et bailli du temporel de Tévèché d'Amiens.

Au 9«iilm (t) kwBMm eonsùkbU finUm.

23* miniature. — La sainte Vierge , placée devant une chaire gothique, pose son enfant sur une espèce de bénitier soutenu par une colonnette. Dans diverses constructions QDfiroBQantes se trouvent des personnages, doot plusieurs portent des bouteilles ou des vases pleins d*eau. Surledeyant, une dame» richement vêtue (elle porte une robe bleue, semée de fleurs d'or}, offre à un homme une carafe remplie d^eau.

Le donateur, en robe noire, est à genoux h côté de celte dame.

Pages (8) décrit Té tableau auquel correspondait la miniature, et^tl*en!nd!quele sens mystique.

La Vierge, dît-il, y est figurée sous le symbole d*une fontaine intarissable ; des hommes et des femmes, sortant de divers châteaux et de diverses maisons, viennent avec des Y^aes puiser l'ç^u d'une belle fontaine, sur laquelle est l^âoée la figure data Vierge. Ces eh&teau et œsoiaiflftnB MDt ornés de jolis donjons de formes variées. — On retonnatl sdsément, ajoute notre auteur, que rarti^quf a

- tt7 —

ftât cebeautableto, 681 letméaeà qui Ton doit celii de 15M. Lva et Tâiilre sool admirables par leur délieaUMe et la Tivacilé dtt coloris.

ÂDtoine deCoquerel» greffier des Elus» puis conseiller au bailliage d* Amiens, et bailli de Moreuil :

ÂrWe portani frmi i*éiifinMt vie.

19'' miniature. — La sainte Vierge est placée au milieu d'un jardin entouré de jolies fontaines et gardé par des anges ; elle soutient son fils et le pose, comme un fruit, sur le haut d*un arbre touffu, qui monte jusqu'à sa ceinture. Dans le bas du tableau, des anges exécutent un concert.

Le donateur, vêtu d'une robe fourrée, est à genoux ; derrière lui sont des personnes de sa famille.

Pages (1), à l'occasion du tableau de 1499, se borne à cette explication :

(1) Jlf<. (ie Pagés^ tomel**, S* dial., p. SI. — ?agés parle audsi d*ua foetnimeat servant d*ëpitaphe à Thibaut CkH(Utt*6l, chanoine de ta eathédrak. Il étût représ«ité à genoni, devalil un afttel sur le- <IQei £0 trouvait l'image de la saiate Vierge sous le nom de Motr^ Dame-de-Lisise. Cet ouvrage en pierre, délicatement sculpté et exécuté en 1520, était pratiqué dans la muraille, du côté gauche, en entrant dans la cathédrale par le portail faisant £ace au cloître Saint- Nicolas. — Tbihaut de Coquerel et Pierre Dumas , chanoine aussi , mort en tS17, firent construire à leurs dépens une muraille destinée A fortifier une portion du transepC droit

-^ Véox des Coquerel, d'azur à trois coqui^lets d'or, crottés, beoqués et membres de gueules, à la bordure componnée d'argent et de

« Le donateur compare ia sainte Vierge à un arbre por- Utttun fruit qui mus donne la vie éternelte, irien différent de cet autre fruit dont goûtèrent nos premiers parents, el qui causèrent leur mort et celle de tous leurs descendants. »

Le tableau d'Ânlolne de Coquerel existe encore. 11 appartient au musée de la Société des Ânliquaires de Picardie. Malheureusement il a été coupé et réduit ainsi aux deux tiers de sa hauteur primitive. La Vierge se trouvait sor uo rocher formant tle ; mais» par suite de la mutilation, Ton ne voit plus que le bas de sa robe et ses pieds. A sa droite est uq ange qui touche Torgue, à sa gauche un autre ange qui chante et tient un cahier de musique; devant elle se tient debout un archange. Dans le voisinage du rocher on distingue quatre petites lies remplies de personnages. Au bas du tableau se groupent et se mêlent les figures saillantes : un pape, presqu*entièrement effacé à cause de la dégradation que la peinture a subie , ua cardinal , un évéque, un empereur, un roi (peut-être Louis XII). Derrière le donateur, agenouillé, on ap^e^rçoil plusieurs dames debout, faisant sans doute partie de sa famille. Leurs tètes charmantes sont peintes avec une remarquable finesse. Tous les personnages du premier et du second plan s'offrent les uns aux autres un fruit rouge ayant l'apparence

gueules, figure dans la rose occidentale de la cathédrale, au-dessos du grand portail. Suivant l'opinion la plus générale, oette rose aurait été donnée par Firmin de Coquerel, mayeur d'Amiens en 1359 et 1361. — L'écu des Coquerel se trouve aussi sur la console qui porte la statue de saint Michel^ au-dessus de la porte du transept droit.

d'ttoe mûre. Legooqs qa\ figuraieni dans les armes des Coquerel ne sont pas oubliés dans le tableau. En résumé, cette posture, la plm ancienne de celles qui ont été conservées, est trèft-remarquabie pour l'époque de son exé* culion. Le sentiment religieux est empreint sur toutes les figures» qui sont pleines de nalyelé et d'expression.

Arnoul Jacquemine prêtre» chapelain, curé de Gis** terne (1) et notaire de la cour spirituelle :

Digne CISTBRNB à V^fte déririe,

pendant que Bethléem était au pouvoir des Philistins, David s'était réfugié dans la caverne d'Odollam. Tourmenté par la soif, il dit qu'il désirait boire de l'eau de la citerne de Bethléem. Trois Israélites, qui l'entendirent, traversèrent le camp des Philistins et rapportèrent de cette eau; mais David ne voulut pas la boire et l'offrit au Seigneur.

Tel était le sujet du tableau de 1500, sujet d'ailleurs suggéré au donateur par le nom de sy cure, qu'il avait fpit entrer dans le refrain palinodial. ^ , »

Ii9 24"" miniature du manuscrit de Paris représente la Vierge debout avec son enfant , au milieu d'une ville fortifiée. A ses pieds se trouve une petite enceinte circulaire, palissadée et garnie de verdure. En dehors de la place , on voit des guerriers à cheval. Sur le devant du tableau , et dans une autre enceinte fortifiée, David soutient sa tète

(1) Citerne est actueUement une commune du canton d'Hallencourt» arrondissement d'Abbeville.

en s^tte ée tristesse ; trois militaires lui préseotent des vases » sans dkMHe reinplid d'eau.

On a vil plus baut qu'un mênie pefntref avait èftéenté le tableau de ISM et oeluî de 1498 , et que Pages donnait à ees deux ouvrages les plus grands éloges.

tSOl.*

Jehan le Gabok , seigneur de Bouillancourt-sur-Miannay ( 1 } , receveur des aides :

Sacrée ampoule à Vtmetim royale.

Le tableau de Jean le Caron était un des plu» curieui de oeiil qui oriîaient la cathédrale. Le donateur y était reprilsenté avec les personnes de sa famille ^ et derr^re l'un des volets , on le voyait encore peint , presque de grandeur naturelle , avec Técu de ses arméâ : il partait d'argent an clievron de gueules , accompagné d'un trèfle de sinople posé en pointe.

Ce tableau se composait d'un panneau central et de deux volets. Ces volets, qui existent encore, ont pour sujet , l'un le sacre de David» l'àutr^'^étni de Louis III.

Pages (S) décrit ainsi Ift peintyi*é''du milieu. — « La sainte Yiérgil ttiâanl l'enfant Jésus, est assise sur un tréne an baé duquel sont représentés presque tous les souverains de l'Europe , vêtus de leurs habits royaux et tenant chacun l'écu de leurs armes, peint de ses métaux et couleurs.

(1) 'Bouinancourt^ur-Miannay est actoeUement une section de la eommune de Miannay , canton de MoyenneviUe , arrondissement d'Abbeville.

(2) Me. de Pages tomel*', !•' dial. p. Iftet sutv.

Ces sou veraiuâ» placés »ttraiie même Ugiie» feraeiit presque on demi-*Gerclê. Le premier esk le iiape* couvert de ses habitsppnlifieattx.eltccoinpa^éde quelques cardinaux; il porte la tiare à triple cMroBM » sarmoulée d'un globe et d'une croii. L'empereur eâl placé de l'autre oôté de la ligne , ayaut un éou d*or a?ec un aigle de sable : sa eoiH ronne esl ouYerte et rehaussée en forme de mitre. Après le pape, vient le roi de France » avec le sceptre en main , la couronne garnie de fleurs de lis et le manteau d'azur , semé de fleurs de lis sans nombre. Ensuite viennent le roi de Naples et de Sicile , le roi de CasUUe et de Léon, le roi d'Aragon » les rws de Portugal » d'Angleterre , d'Ecosse • de Suède » de Danemarck , de Nwi^ège » de Pologne , de Hongrie , de Moscovie. i»

La 22^ miniature du manusurit de Paris représente la sainte Vierge » placée dans une petite niche , qui paratt suspendue dans le ciel ; elle tient une fiole (la sainte ampoule) à la main > et l'enfant Jésus » placé devant elle , esL couronné par deux anges. D'autfes anges entourent la Vierge ; quelquesmns sont en costume de chevalier, ayant la tète couverte d'un heaume » qui cache entièrement le visage. A droite , iMieurs dans le ciel , on voit on emperMtf et des évéques ; à gauche et au-dessous de la Vierge, différents personnages , qui portent des écus et peuvent figurer les pairs laïques. Les personnes des deux sexes qui se trouvent dans le bas de la miniature , sur la terre, appartieùnent sans doute à la Ihmille du donateur \ qui est agenouillé et porte une robe noire.

Cette description montre que la minialure est loin de reproduire fidèlement le tableau.

Pages parle aiigri des deux volets qoi aecompagiiaieot ce tableau » et que le Chapitre avait fiUt détacher au mais de mars 1718, puis replacer un mais après. Acquis par M. du Soinmerard , ces volets fout actuellement partie du musée de Glnny , où ils sont placés sous le n"" 725. Le livret de ce musée décrit ainsi les peintures , dont il fait ressortir rintérèt*. « Dans le voletde droite, le roi Louis XII est à genoux , couvert de la robe fleurdelisée ; auprès de loi se tient Tarchevèque Guillaume Briconnet , entouré des pairs ecclésiastiques et laïques , et des grands digan taires qui lui confèrent les attributs de la royauté. la chapelle est pavée de mosaïques ; Tautel est couvert d'uo riche retable» et au-dessus de la figure du roi est appendo le dais avec rinscripUon : « tmg Dieu , ung Bai, ufie foi. » Dans les galeries sont groupés des écuyers sonnant des trompettes, dont les bannières sont à Teraprise du roi, le porc*épic et les L couronnés. Dans le volet de gauche , le roi David est à genoux , portant le.sceptre et prêt à recevoir la couronne. Samuel est agenouillé derrière lui et tient dans les plis d'un voile la corne remplie de Thuile sacrée. La chapelle , dont le fond est garni d'un immense dais en drap d*or , est remplie d- hommes d'armes en costume du XV* siècle , portant sur la pdtrine les attributs du saint roi , la harpe couronnée ; les mêmes attributs sont brodés sur les bannières des trompettes.

Le livret, ajoute que ces volets ont été sauvés d'une des* truction imminente par M. Tbieulloy, d'Ârras (1 ).

(1) Ces volets sont lithographies sur la planche 35 de la 4« série de FAlbum de la RcMmaiu» ée$ Ans.

ISftS.

Pierre Dumas, prêtre, chapelaiD , secrétaire de Mgr. Philippe de Glèves, évéque d'Amiens, —ciianoine de saint Firmiii-]e-€onfésseur, Ucencié en déeret :

SckH renima HemdU hmière.

Pag^ (1) se borne à dire que le tableau offert par Pierre Dumas était de très-bon goût.

La 5* miniature du Ms. de Paris montre la sainte Vierge tenant son enfant et placée dans le ciel du paysage, d'où elle domine et illumine la mer et la (erre. Au-dessous, on voit en divers lieux, tribunes ou chambres, un roi, un magistrat, qui semblent tenir leur cour ou rendre la justice, et que la Vierge éclaire de sa divine lumière.

Le donateur, en costunie de chanoine, est à genoux sur le devant.

Pierre Vilain, avocat, bailli du chapitre, depuis conseiller du roi, juge et garde de la prévôté de BeauvoisiB.

Cowr souveraine aàmimtrcmt justice,

39* miniature. — la sainte Vierge est assise dans un prétoire, ayant à ses côtés la Science et la Justice. Elle tient son fils et elle ouvre un livre ; une femme Timplore, en se jetant à ses pieds. Dans le préau se trouvent des personnages de toute sorte , parmi lesquels des infirmes et des pauvres demandent Taumône aux passants. Sur le devant, des hommes et des femmes, un papier à la main,

(1) Ms. de Pages, tome !•% 2« dial. p. 22.

paraissent se rendre au tribunal de la Vierge , ou en revenir.

Le donateur 6st vétn d^sne robe grise.

Pierre Vilain portait : d*argent à trois fasces dé sèbte et à trois merletles de môme , en chef.

Notre collègue , M. Demarsy , possède une médaille de plomb qui offre précisément ces armoiries. — Au revers, le champ est occupé par une Vierge couronnée , tenant Tenfanl Jésus. A côté on distingue encore un puits, bien que le haut soit tout à fait fruste (!].

Cette médaille était probablement un méfeau de distrir bution^ frappé durant la maftrise de Pierre Vilain. (Voir rappendicen°5).

Jehan le Prévost» procureur et conseiller en la cour du roi, à Amiens.

Au $otmrain Moyse humhle fiscelle {t).

Le sujet du tableau donné parle Prévost était complexe ; il représentait Moïse sauvé des eaux et Jésus-Christ dé-

(1) Ces détails ont été communiqués par M. Demarsy, dans une lettre en date du 6 février 18S8.

{t) Fisc^e, du latin fteeUa, petit panier de jonc ou d'osier. D agnifiait aussi un clayon à foire Cutter les fromages, et la langue romane employait les mots fisselle et fesseUe avec cette significatioQ. Dans le patois du départ. dePOrne on trouve encore foicelle que MM. Duméril interprètent ainsi dans leur Dictionnaire du patois nonnani : vase percé de trous pour faire égoutter le fromage ; panier de joDC qui sert au même usage.

robe à la foreur d*Hérode. Suivant le témoignage de Paigés (1), les figures en étaient fort bien peintes.

Dans la 35* miniature, la Vierge est debout avec son enfant au milieu d*une ville ; devant elle, un enfant emmailloté repose dans une corbeille flottant sur Teau, et la fille de Pharaon le fait remarquer aux femmes de sa suite. Dans le fond. Pharaon est assis sur son trône ; ses satellites, dispersés dans les rues et dans les maisons , égorg;ent ou jettent dans le Nil les enfants des Israélites ; les mères se hâtent de fuir avec les enfants que le fer n'a pas encore atteints. — Dans un appartement, un ange réveille une femme endormie: c'est Tavertissemeut donné à la mère de Jésus de fuir en Egypte.

Sur le devant du tableau, le donateur, à genoux, est représenté avec l'écu de ses armes. H portait d'azur à la bande d'or, accompagnée d'une étoile de même, posée à la gauche du dief , et à la coquille d'argent placée à la droite de la pointe de l'éou.

Robert Fouachk, écuyer, seigneur de Glisy (9f :

De ions dioins libérale Inmrsière, »

Pages (3) nous apprend que les figures du tableau étaient biiBn variées et qu'un or éclatant en rehaussait les draperies.

(1) Mi. iê Pages f tomel*', 1*' dial. p. 60. (t) GUey, annexe actoeljlement de Blangy-TronvUle, cantQi^ de Sains, arrondissement d^ Amiens.

(3) Ms. de Pogis, tome 1«', t« dial. p. 4.

Dans la 33* miniature, la sainte Vierge paratt debout (levant un léger édifice gothique ; une bourse rouge est suspendue à sa main droite» avec laquelle elle soutient aussi son enfant. A droite^ des femmes; à gaucbe, des dignitaires ecclésiastiques Tentourent; des laïques, sV dressant à elle comme dispensatrice des grâces que Dieu veut bien accorder aux fidèles, semblent lui demander d'ouvrir sa bourse en leur faveur.

Le donateur est représenté avec une robe noire. Il portait d*azur au lion d*or armé et lampassé d'argent. Son écu était surmonté d'un casque, timbré, à cinq grilles, et un peu tourné.

Pierre Pâredieu (ou Pierre-Dieu) prêtre, grand-mattre des écoles d'Amiens.

La37*minisiture, qui a été lithographiée sur la planche XXX de la 9* série de Tatlas dés Arts au moffen-âge, de H. du Sommerard, nous montre ta Vie^^ assise sur uo trône au milieu d'une salle, et tenant un livre dans lequel elle fait lire l'enfant Jésus. A sa droite et à sa gauche, des femmes, richement parées, portentdifférents attributs, des livres, des instrume&tÀ de musique , un omur. Sa le devant, un mattre, assis devant un bureau, semble enseigner, et des personnes de toute condition, des gens d'église, des docteurs, des enfants^ lisent 6u écoulent.

Pages (1) s^est complu à décrire le tableau donné par

(1) Mt. de Pagéêy tome !•', î« dial. p. 8 et suiv.

Pèrediea. II ^n trouve la composition fort cwieuse, le des* sin parllciilier,et sadescriplioD, confronlée arec la mloiatnre, prouve que cellen^l n*offre qu'une imparftilte esquisse de rœuvre compliquée du peintre.

L'artiste» voulant y présenter l'image de toutes les sciences, a peint sous différentes figures symboliques les arts libéraux et mécaniques. Les jeunes filles qui les reprèsent portent chacune les attributs qui leur conviennent. Une d'elles tient d'une main une sorte de tablette sur Ish quelle sont tracés les caractères de l'alphabet, et de l'autre une clef, pour marquer que la Grtmmâiré ouvre la porte qui donne accès aux autres sciences. La Rhétorique et la Philosophie ont pour interprètes des professeurs en robe et en bonnet, qui instruisent des jeunes gens assis sur des bancs. D'antres écoliers apprennent l'arithmétique et s'exercent à compter soit avec des jetons, soit avec une plume. La Science des nombres est repr^entée par une jeoneAUe , dont la robe est parsemée de chiffres arabes; une autre, tenant m papier notéel une harpe, persontifie l^ Musique, qui est enseignée à des enfants de ctuBor par leur maître. La Géométrie tient un quart de nouante , et , auprès d'elle, des jeunes g^slracdnt.avec le centpa&des cercles et d'autres figures. VAstronomie^ dont la robe est parsemée de figures emblématiques et de signes propres à cette science, tient à la main un astrolabé^et considère les mouvements dés astres ; auprès d'elle est une sphère.

V Agriculture a sa place dans le tableau, de même que la Namgation, qui ïieal un astrolabe et d'autres instruments, et dans le voisinage de laquelle on remarque un tonneau. Le Négoce lui-même trouve sa personnification

dans uoe jeu«e fUle, qui tient une aune, La Médecm D-a pas le privilège de ceUe graef euae représmtatioii : elle est figttrée mascttlinement par différents médecins en robe, qui ordonnent des remèdes aui ntaladea.

Uoe même figure de femme représente la Guerre et la Cham. Celte femme, aroiée d'un arc» qu'elle tient à b main, porte un sabre à sa ceinture, et fouie aui pieds m homme terrassé. Un cbien estauprès d'elle. Pages constate une I particularité assaz surprenante, c'est que cette figure porte à la bouche une pipe, dont il sort de la fumée (.1).

Les Arts mée4mique$ sont rappelés par (tes ouvriers frappant sur i'^clume, ou travaillant à dive^'S ouvrages.

Le donateur enfin est peint au bas du taUeaii avec Técs de ses armed : d'azur, au pélican d'or nourrissant ses^pelits, aussi d'or.

Pages ajoute que lesfifurea, peintes m grand nombre dans ce beau tableau, ont de» attitudes oon^nables, que la coloris, les carnatma, y S0nt naturels» les draperiea biei j^éea, et que l'on n'a paint épargné: l'ior dans les ornementa.

Nicolas BoutmciSE, marchand.

Forge ordcmnée au êoweerom ehief-d^œaiore.

(1) Vxm^fi du taNMsn'éMkM ysseneore <h>AWsik Frai^ea ISM; il est certlôn que la pipe ^ura été i^oatée ploB tanjL^Pagés, à propos de cette pipe, cite les vers suivants :

Le tabac amuse à Paf mée Les malbeureux, lésiortunés ; Soldats la prênoini: ^n foméé, Et lei offieiers par It ivez*

38* miniature du Ms. La saiûte Vierge est debout devaot un édifice dans le slyle de la Renaissance. Le Saint- Esprit plane au-dessus de sa Iftte, el elle pose son enfant sur une enclume. Autour d*elle, cinq ou six femmes frappent sur celte enclume avec des marteaux. A gauche» plusieurs hommes, dont un porte une mandoline; au bas, quatre jeunes filles assises, el qui chantent ensemble, les yeux fixés sur un cahier de musique, que Tune d'elles tient sur ses genoux.

Le donateur, accompagné de personnes de sa famille, porte une robe brune,

Robert de Goquerel, prêtre et chanoine de la cathédrale.

Du leur (1) tkemm in/atUtUe Monnaye.

30* miniature. — La sainte Vierge, tenant son fils entre ses bras, est assise au milieu d'un riche paysage; des voyageurs de diverses conditions, des pèlerins, parmi lesquels est un cardinal à cheval, se dirigent de plusieurs côtés vers la Vierge. Le Père Eternel, que Ton voit ordinairement au haut de ces peintures, appparatt ici dans le ciel, au milieu d'une enceinte de murailles : c'est la Jérusalem céleste.

On appelait Montjoie des amas de pierre formés par les pèlerins sur le lieu où le but de leur pieux voyage se découvrait à leurs regards. Dans une acception plus large, on appelait aussi Montjoie les monceaux de pierre placés

(1) Sûr.

sur les chemins pour indiquer, pour jalonner la roule des pèlerins» et Montjoie a évidemment ce sens dans la devise de Robert de Coquerel. Une élévation de terre, située entre leviliagO'deSaint-Fuscien et Amiens, sur laquelle se voyait une croix de pierre, est désignée, dans les ancien» titres, sous le nom de Montjoie. (1}

Arrivant au tableau de R. de Coquerel, nous dirons que le sujet parut si particulier à Moreri, qu*il en fit une mention expresse dans son Dictionnaire historique, au mot Montjoie,

Suivant Pages (2), le coloris de ce tableau était beau, la perspective agréable. On y remarquait un homme avec un hoqueton ou cotte d'arme de couleur rouge, ayant une grande croix blanche sur la poitrine. Cette croix, ajoute notre historien, était la marque de ceux qui s'enrôlaient pour la croisade contre les Albigeois. (3)

Sur les volets, qui ne manquaient pas de mérite, on avait représenté en six petits sujets différents les six grâces demandées |^r les chanoines de la cathédrale à la Vierge i\m^ la prière chantée tous les jours après compiles :

(1) Les anciens titres de la terre de Gagny donnent le nom de Montjoie à cette éminence au milieu de laquelle s'élève une croix sur son piédestal. De là on découvre la cathédrale, lieu de dévotion, où de nombreux pèlerins viennent vénérer les saintes reliques, et particulièren^pt le chef de saint Jean-Baptiste ; de cette hauteur Ton découvre aussi réglise de Sains, que plusieurs personnes vont visiter par dévotion, comme étant Pendroit où, l'an 603, furent découverts les tombeaux des saints Fuscien, Victoricet Gentien, martyrisés pour la foi, l'an 803. — Ms. de Pages, tome 1«% 2« dial. p. 24.

(2) M$. de Pages, tome 1«S 2« dial. p. 28. (8) Ibid. tome 1", !•' supplément, p. 7.

Sancta Maria, SuGcurre miseris, Juva pusillanimes^ Refove flebiles (vel débites), ' Ora pro populo, Intenreni pro clero, Intercède pro devoto fœmineo sexu.

« Toutes les figures faisant particdes scènes motiyées par ces diverses sapplications, sont pelotes, dit le bon Pages, avec des attitudes naturelles et convenables. L*eipr6ssion douloureuse de quelques-unes est si touchante, qu'elle eicite la pitié, et les postures humiliées des antres sont si dévotes, qu'elles peuvent servir de modèles à ceux qulim. plorent les mêmes grâces. »

Sur ces volets on voyait aussi le roi de France, Louis XII, priant à genoux avec la reine, Anne de Bretagne. Auprès d'eux étaient leurs armoiries.

Robert de Coquerel, à l'occasion du don de son tableau, fit faire une médaille de plomb. La ssûnte Vierge^ tenant son enfant, était placée sur un monceau de pierres entre des arbustes et des fleurs. An revers , se trouvait l'écu de la famille de Coquerel, 4éorit plus haut. (1)

Nicole DE LA CouTUBE, cordcller, docteur en théologie, évèqued'Hébroi), suffragant de François d'Hallewin, évèque d'Amiens. (2)

Mer spacieuse aux viateurs propice,

(1) Cette médaille était probablement un méreau.

(2 Mgr. de Hallewin ayant été nommé, à Page de vingtans^évèque

D*après Pages (1), le tableau représeolait nne merlraoquille, chargée de plusieurs beaux vaisseaux, de forme antique, etblasonnés des armes du roi de France et de celles d^autres princes souverains. — Il était à volets, comme le précédent, et sur l'un de ces volets on voyait Moïse marchant dans le désert à la tète du peuple juif, et guidé par une nuée lumineuse.

La 15* miniature du manuscrit nous montre sealemeDl a sainte Vierge placée sur une barque avec des persoones qni, tenant un bassin et un panier rempli de pièces d*or, les offrent à d'autres personnes placées sur le rivage. Sur l'arrière de la barque Ggure le donateur, agenouillé, en habits d'évèque. Plusieurs autres barques sillonneol la mer.

Le tableau décrit par Pages montrait aussi le donateur revêtu de ses habits pontificaux. Auprès de lui on dislioguait son écu : d'azur à trois épis de blé d'or mis en pal, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d'or mises enfasce.

Gilles Davourettes, marchand , receveur de Rubempré :

Sewr (t) houleoert contre tousennemifs.

d'Amiens, eut d'abord pour suffragantet grand vicaire révéqued'HébroD, Nicole de la Couture ; après la mort de ce dernier, Nicolas de Lagrenëe, originaire d'Amiens, abbé de saint Jean-les-Amieos, et aussi ëvéque titulaire d'Hëbron, remplit auprès de l'évèque d'Amiens les mêmes fonctions.

(1) Mt. de Pages, tome t", t" dial. p. 61.

(t) Sûr.

— io3 —

Pages (t) loue la beaiilé delà peîolure. La façade de la cathédrale d*Amiens, diNU y est représentée avec une délicatesse admirable; on y remarque aussi d'anciennes forlifications et les tours à FaïUiqueàe la ville d*Arniens.

Dans la 43* miniature du manuscrit, la sainte Yiergeest placée sur la plus haute tour d*une ville fortifiée, dont la porte se distingue par son élégance ; dans les airs et autour de la Vierge volent des anges armés d*arcs, de glaives» et qui paraissent combattre. Des hommes et des femmes de toute condition, placés sur le devant du tableau» hors de la ville, semblent jouir du repos sous la protection de la sainte Vierge.

Dans l'ouvrage intitulé jMonnmef incannuet dei é9ique$ des Innocents, ete.t on trouve le dessin d*une pièce de plomb, probablement «m méreau (2), que Gilles Damoureltes avait fait frapper pendant sa maîtrise. Cephmb vil a été plus respecté que le beau tableau qu'il avait faM peindre , et dont la coupable conduite des chanoines de I9 caUiédrale a causé la perle.

Antoine de Rogourt, prêtre, licencie és-Iois et en décret, chanoipe d*Amiens, seigneur de Bouleillerie-Iës-Amtens :

Au sottoeratn StigiMur de Umt U monde.

(1) Mi. de Pagéi, tome 1«% 2« dial., p. 17.

(î) ( Voir Tappendice n» 5 ). — Cette médaille, dessinée sons le Q" 78 dans l'ouvrage àesMonnaiei, etc., fait partie de la collection de médailles léguée par M. Rigollot à la Société des Antiquaires de Picardie. A. Bi.

Daos ce tableau, dil Pages (1) Ja sainte Vierge, tenant son fils dans ses bras, est placée au centre d'un globe terraqué ; les cieux circulent autour de la terre immobile, snivant le système de Ptolémée.

Le donateur est représenté à genoux , vêtu d*une soutane écariate, que Ton dislingue à travers le surplis fait d'une fine toile. Auprès de lui sont ses armes. Il porte d'azar,è la croix pleine d'argent, cantonnée de quatre roues de trois quarts.

Sur la 40* miniature du manuscrit, la Vierge, entourée d*un nombreux chœur d*anges, est placée debout deva&t les degrés d*Dne construction légère. Ses pieds posent sar une surface renfermant un double cercle et figurant le monde terrestre et céleste. Sur le devant du tableau se trouvent des personnes de diverses conditioiié, parmi le^ quelles on distingue un pape et un^cardinal.

Pages nous apprend que sur les volets du tableaa de M. de Recourt (volets dMachés en 1799^, on avait peint avec une exquise délicatesse les six âges du diotide, etspé* cialement la création de la femtne, que le Père étiernel formait avec une G6te d*Adam; Il ajoute que, derrière ces vo- Iet9i^ Farti^te avait représenté le Jugement universel avec la rémunération des bons et la punition des méchants.

Jacques le Goustbllier, marchand :

Mont âê Liban à Vhomme con$olable.

La 34* miniature du manuscrit montre la sainte Vierge

(t) Ms. de Pagéi, tome 1«% 2« dial., p. 44.

debout avec son enfant, au milieu d'une petite tle. Sur Je rivage» 'Séparé de Ttie par un petit espace, se trouvent des personnages de toute condition , roi , pape » cardinaux , etc.rqwi implorent la Vierge.

Le donateur est revêtu d*une robe grise.

1513.* Pierre Cousin, procureur en la cour spirituelle :

CUmgère 4« royoliM ^éUste (1).

Ce tableau, dit Pages (2), est d'un beau coloris; la perspective en est bien ménagée, et les figures ont des attitudes naturelles; mais les connaisseurs trouvent que la tête de la Vierge est un peu trop grosse , en proportion des autres parties du corps. Sur les piédestaux de deux colonnes peintes dans le tableau , on lisait ces mots : Par grand labeur. L'explication s'en trouve dans une tradition intéressante, suivant laquelle le tableau aurait été l'œuvre d'un jeune garçon qui, sans avoir jamais appris la peinture, Taurait achevé après trpis années consécuUves de travail.

M. Dusevel possède un fragmepl d>e ce curieux tableau. Od y voit le donateur agenonitlé , et quelques autres personnages. On y trouve aussi queltfuë§ détails d'architeclure dans le goût de la tlenaissance. La pemture n'est pas sans mérite , et il est difficile de croire qu'elle isoit ToBuvre d'un homme totalement étranger à la pratique de Tart. L'écu de Cousin, appendu aune colonne, est parfaitement conservé dans ce débris de tableau. Le maître du

(1) Clam Dmid, quœ cœlum aperis.

{l) Ms. de Pagéi^ \omt\^ryl* Aiai.y p. 25.

Puy porte: d'or au chevroo de gueules, chargé d*UD6 étoile à cinq rais et deux trèfles d*or, et accompagné de trois cœurs de gueules , deux en chef et un en pointe.

Dans la 11* miniature, la sainte Vierge, placée sous un léger édifice de style gothique» fait tenir une clef à Tenfant Jésus. Deux anges exécutent un concert ; Tun d'eux pince la harpe et l'autre touche l'orgue. Derrière Marie se tiennent debout trois femmes nimbées. La première tient un glaive, la seconde une sorte de puits, d'où sort à demi un dauphin; la troisième, vêtue en religieuse, lient un livre. Nous présumons que ces trois personnages représentent la Force, la Bonté et la Sagesse, qui sont désignées dans la strophe suivante du chant royal :

Trois partes iont in déiié a fahU, Que Marie œuiore avx humains framchemêni. La premiire est Puissjttice insupérahle, Que a vice faiet résister vaillamment.

Sapience est seconde^ et curieuse Aux ignorons donner science heureuse, Et la (teree est la iHmente Bonté Du Sain^Btperity lequel fo/r sa.pké A nous pécheurs sounent se m^nifeste^ , , . . Prouvant la Vierge à la réalité Ckmgère du royolme e&este.

Des hommes et des femmes occupent à droite et à gauche le devant de la miniature.

Le donateur porte une robe noire.

1514. , Michel Laloter, marchand drapier-chaussetier :

Aux desHtus gracieuse DRAPIÈRE.

Dans la iP miniature du maniigcril, reproduite sur la planche xixii de la 9* série de l'Album des Arts au rnoyendge, la sainte Vierge, debout devant un comptoir, sur lequel elle a posé Tenfant Jésus, tient dans la main droite une aune ; elle s'apprête à mesurer une pièce de riche étoffe^ qu'une Temme place sur ce comptoir.

Trois femmes à droite et autant à gauche, occupant des comptoirs latéraux, manient des étoffes de diverses couleurs.

Sur le devant, des personnes de moyenne condition se rendent au magasin de draperie.

Le donateur, agenouillé, porte une robe brune.

Antoine Loovel, marchand :

Mère de grâce et de misérieorde,

La 44* miniature du manuscrit représente la Vierge assise sur une chaire d'or, entourée d'anges ; elle semble, ainsi que l'enfant Jésus, donner à deux jeunes dames des lettres de grâce, que celles-ci remettent à leur tour à des personnages placés derrière elles. Aux pieds de la Vierge, quatre anges exécutent un concert de musique. Sur le devant du tableau, des hommes el des femmes paraissent appartenir à la famille du donateur ; une petite fille, placée en face de lui , est accompagnée d'un oiseau , sans doute un héron.

Le donateur est vêtu de noir. .

Dans le tableau de la cathédrale , outre le portrait du donateur, dont les armes étaient d'or, à trois tètes de louve

4e 8able, deux el une, oo voyait, au témoignage de. Pages (1), plusieurs dames de la famille d* Antoine Louvel. Elles portaient des ceintures dorées, et elles étaienLbabilrr ïiesmagnifi^meHtetfnajeitumsefnenL . i ..(

Avec la description relative au tableau de 1515 , nous avons épuisé la <série des miniatures renfermées dans k manuscrit de la bibliothèque impériale. •

,' AnV^l^e DardrBi procureur, conseiller au bailliage :

Arc eélesU di$ kumainsVasswrance.

Dans le tableau, la sainte Vierge était comparée àFarcen-ciel, que Dieu avait donné comme gage d*alliance avec Noé. Les carnations des figures sont vives et naturelles, dit Pages (i). On remarquait, parmi les personnages, le bedeau de la Confrérie, portant suspendue à sa manche rîtoage d'argent de la Vierge (3)*.' * Xë tableau était accompagné de deux volets peints en 6îaSi^obscur ou en grisaille, sur lesquels le peintre avait Représenté divers traits de la vie de saint Antoine, patron du donateur. ' .' . • ':

. AploiQ^.pE$AiNT-DEus, lieuteoanl-gjQnér^l çlu bailliage

(1) Ms. de Pages f tome 1«', t« dial, p. 52.

(8) Pages, tome 1«', 2« dial., ^. 8, et tome t«, 5(» dial., p. 159.

(3) 'Vbir la Cmfrérk du Pu/yi par M. A. Breoiî, tome xiii des Mém. d68 Aiilî^ ée>PManUe^ note de la paget515.

d'Amiens, conseiller dn roi. seigneur d'Heucourt (1) et d'Havernas (2) :

Bwnhle a/ncdU (3) du haut Seignewr ^éme.

Pages (4) se borne à indiquer l'existence dn tableau dans la cathédrale.

Antoine Pigquet, conseiller, procureur du roi :

Au juste poids véritable balance.

Le tableau d'Antoine Picquét passait pour être un des plus remarquables. La sainte Yiefge, portant entre ses bras Jésus-Christ , en occupe le milieu; le Père éternel, placé dans une nuée , tient devant elle one balance, et Tenfanf Jésus tient les cordons de l'nn des bassins. Les Vertusi; représentées par de jétines- filles, retirent de ces bad^ »ins plnsieurs couronnes , qu'elles distribuent à ceux qui les ont méritées. Sur un des côtés du tableau > on ¥oit 4è roi François I*', avec Madame d'AngouIéme, son fou Triboulet, des seigneurs, lepapp, des.ç^rdinaux,«^e9 évèques. Au bas on remarque le donateur entouré des «personnes (jie sa famille et avec Técu de ses armes. Il porte d'azur à la bande de gueules, éhargée de trois vas^ d'or, accompa-

^(^, Hey(M)ttrt>, aujourd'hui commune du canton^ d'Oisempnt, arrondissement d'Amiens. */

(2) Havernas, commune du canton de Domart, arrondissement dé Doullens.

(3) AndUay servante.

(4) Ms, de PagéSy tome I", 2« dial., p. 55. »

gnée de huit trèfles de même. Les figures, dit Pages (1), sont peintes très-délicatemeDt ; la perspective aérienne, et la dégradation des couleurs sont parfaitement observées; le lointain du paysage est si bien représenté, que l'cBil y fait plus de ch^nin en un moment qu'on ne pourrait en parcourir dansTespace de plusieurs heures.

Le tableau d* Antoine Piequet est au nombre de ceux qui sont conservés à Tévèché d'Amiens. Il a été lithographie sur la planche 3S de la 6* série des Arts au moyerirâge, de M. du Sommerard.

Celte peinture et celles de 1519 et de 1520 sont dues au même artiste ; il a placé son portrait dans la. première et la dernière.

Le cadre , conservé au musée de la Société des Antiquaires de Picardie, est l'un des trois cadres que M** la duchesse de Berry a bien voulu remettre à cette Société. Nous en offrons le dessin ainsi que celui du tableau dans la planche iv.

And rien Després, prêtre , licencié en décret , avocat en la Cour de l'Evêché d'Amiens.

PBÉ mtntslraiu pdtwre êolntaire.

Ce tableau, conservé à l'évèché d'Amiens et lithographie sur la planche xxxni delà 6* série des Arts au mùymir âge, était, du temps de Pages (2), regardé comme un des

(1) Pagéiy tome !•', t« dial., p. 59.

(2) Pages, tome 1»% t« dial., p. 1

plus beaux de la collectiou. La Vierge, dlt-H, y esl représentée assise, donnant le sein à l'enfant Jésus. Un charmant paysage occupe le lointain ; les eaux tranquilles d'une rivière, serpentant dans de vastes prairies, rafratchissent les lieux qu'elles arrosent; elles servent de promenoir à des cygnes qui se baignent et se mirent dans leur cristal ; des personnes, placées dans de petites barques, goûtent le plaisir que donne cette nature enchanteresse ; deschâteaux, des maisons, des jardins, des bocages, concourent à l'effet agréable du tableau. Le coloris tendre, naturel, n'est pas un de ses moindres mérites.

A. Després porte d*azur au. chevron d'or, accompagné d'un soleil et d'une lune posés en chef, et d'une étoile posée en pointe, le tout d'or.

Pages ne s'est occupé que du joli paysage qui occupe le plan supérieur de la peinture ; mais que de choses restent à dire pour louer les autres parties de ce délicieux tableau ! Au sommet, le Père éternel parait dans les nuages ; le Christ est assis à son c6lé ; le Saint-Esprit, sous forme de colombe, plane au-dessous d'eux; il est environné de rayons qui s'épandent sur les eaux et sur les prairies ; l'herbe verdoie, les fleurs éclosent, les visages sourient ; tout s'anime^ tout prend un air de fête autour de la Vierge, assise au centre du tableau, et qui donne le sein à l'enfant Jésus. Gomme la charmante figure de Marie respire la candeur et la chasteté ! Quelle dignité modeste dans son attitude I Que de grâces aussi dans les quatre femmes qui entourent la Vierge et qui tiennent, Tune un oiseau sur la main, les autres des fleurs !

Les personnages du premier plan, groupés autour du

donateur et portant chacun leur bouquet, aonl tous d*UDe exécution Irès-remarquable. Délicatesse de dessin, noblesse d'attitudes, sentimenlreligieux empreint sur toutes les physionomies, couleurs harmonieuses, parfaitem^t fondues dans la masse, tels sont les mérites qu*on ne 8( lasse pas d admirer.

Le cadre de ce beau tableau est resté en la possessit de M"* la duchesse de Berry.

Nicolas LE CiRON, prêtre, conseiller :

Palme eshtte d» Sauveur powr tictoire,

<x G*est, ditPagés (1), undesplus remarquables tableau: de la cathédrale par la quantité des figures et Thabilel avec taquello elles sont peintes. On y 'voit une partie de II ville d'Amiens. Le profil de la façade et d*un des côtés di la cathédrale est peint arec tant de délicatesse, que ce su\ perbe édifice n'occupe pas plus de quatre pouces sur h toile, quoique les parties les plus petites y soient exacl< ment représentées. Une grande rivière est toute chargé de vaisseaux : les uns voguent tranquillement sur 1( eaux; les antres, plus rapprochés de la ville, mettent terre plusieurs sioldats armés de toutes pièces. Ces guei riers se battent contre d'autres qui veulent les empéehei d*entrer dans la place, dont les fortiBcations sont neti Bent dessinées. D*un côté du tableau s'offre un châteai bâti sur une hauteur couverte d*un^ bols , et parmi les'

arlN*es on découvre là maison dujp^teuré dé Saint-Remi-

(1) M», de Pages, tome 1", i' dial., p. 58.

Le vrai ntppori 4k lo«il« eriatii/rt.

(1) M», de Pages, tome 1", 2« dial., p. 58.

au-Bois, communémenl appelé Nolre-Dame-dc-Gràce on le prieuré de THermitage-Ringuel, ainsi qu'il est désigné dans le procès- verbal de la Réformation et rédaction des Coutumes tant générales que particulières du bailliage d'Amiens.

De Tautre cftlé du tableau on voit une large campagne^ embellie de bocages, une église et quelques autres bâiiments.

Dans le bas, sur le premier plan, de nombreuses figures sont peintes avec des altitudes si habilement diversifiées, qu'il est plus facile de les admirer que de les décrire. Quelques-unes ont tant de relief, qu'elles paraissent sortir (lu tableau'; d'autres semblent se perdre dans le lointain.

La figure de la Vierge, plus grande que les autres, est placée dans le milieu, sous un palmier, dont le tronc et les branchés s'élèvent à une hauteur remarquable.

Le donateur est peint avec sa famille. »

Disons à notre tour que te talent du peintre des tableaux de 1518 et 1519 n'a pas faibli dans le tableau de; 1520, conservé à l'évèehë. La délicatesse du pinceau se fait re* marquer dans les carnations. Les nombreuses iigures du premier plan sont des miniatures charmantes, pleines d'expression et de sentiment religieux.

Le cadre magnifique du tableau a été remis par M"' la duchesse de Berry à la Société des Antiquaires de Picardie. Il est dessiné, ainsi que le tableau, sur la planche v.

Laurent Le Boulengier (dit Georges) , bourgeois et marchand :

Le vrai support de toute créature.

Pages (1 ) trouve le lable^u Irës-beau ; il en admire surtout l'agréable paysage , auquel il fait l'application d'une strophe empruntée à Pode de Lamolbe sur la Peinture.

Mais d*<m vient qu'id me surpreimeiu Ces prés , ces lois et ces vallons?

Mes regards au loin se promènent A traoers de vastes sillons; Je vois les fontaines riantes , Coulant des roches blanchissantes.

Abreuver des champs altérés ; Par guel art un si court espace.

Que ma main touche et qu'elle embrasse Lasse-^ mes yeux égarés ?

Ce grand tableau , qui fait partie de la collection de Téyèché , pourrait bien aussi avoir eu pour auteur le peintre des trois tableaux précédents ; il est malheusement presque perdu par suite des dégradations qu'il a subies. Toute la peinture du milieu est tombée en s'écaillant. La tète du donateur et celle de sa femme sont encore intactes. Cette dernière est fort jolie. — Le cadre, moins beau que celui de 1 820 , a été remis à la Société des Antiquaires de Picardie par Madame la duchesse de Berry ; il est dessiné sur la planche vi, qui reproduit également le tableau d'après un croquis , heureusement pris par MM. Duthoit,

il y a vingt ans.

Jacques Blougquel» curé de Sentelie (2), trésorier de la cathédrale.

Digne BOUCLIER de vakur et défense.

(1) Ms. de Pages, tome 1", %• dial., p. 11.

(2) Sentelie, aujourd'hui commune du canton de Conty , arrondissement d'Amiens.

ÎH

(1) Mt. de Pagét , tome 1", 2' diai. p. 44. (î) Ml. de Pages , tomel", î< dial. p. S9.

La saifite Vierge peut nous garantir des affreax malheurs de la guerre. Cette puissance spéciale était glorifiée dans le tableau de 1522 , où l*artiste avait peint dans le fond une ville lout^n feu , et, sur le devant , une bataille avec ses sanglantes horreurs.

Robert du Gard , avocat » conseiller du Roi , bailli du temporel de Tévêché , «t de la baronîé et châtellenfe die^ Picquigny.

Loi de clémence au pécheur convetiable.

Suivant Pages (1 ) Je cadre du grand tableau de R. du Gard se distinguait par sa sculpture dans le genre gothique ; mais la peinture de ce tableau était à demi effacée.

Hugues 0c LA Rue, avocat au siège du bailliage, ^uyer, seigneur de la Molle en JBeauvai^.

Rets sans fracture au fUs de Dieu propice.

Sinqi^le mention. 4luitabteau. dans, Ps^iés: [i). H- ûp la Rue portait écartelé au 1"*' et att.^i^.de gu6uie9 à .trois fasces d'argent ; au 2'' et au 3* d*azur chargé de six boules

d'or,3,2'et'l:""" " -^ "'•'■" -'"•' •' '■ •' • '

1525.* Philippe DE GoMi , licencié ès-lois , seigneur du Fories-,

(1) Ms. de Pages , tome 1", î« dial. p. 44.

(2) Ms. de Pages , tomel", 2« dial. p. 159.

jj-

tel, duQaesBoy et Damery (t), capitaine des arbalétriers d'Amiens, mayeur en 1588.

P(mr notre hy mUitanU COMTESSE.

Le tableau de Philippe de Gonti existe encore à l'évèché ; il a été lithographie sur la planche ix de 1* Atlas desArU aumoyenrâge, chap. vi.

Cette peinture représente un tournoi. Des pages et (tes valets , ans extrémités de la carrière , portent les écus de leurs mattres, ornés de leurs émaux et couleurs. Les tam'* bours battent, les trompettes sonnent , lés fifres jouent. Sous une espèce de tente , sont placés les juges du camp. La sainte Vierge et son fils , au milieu du tableau « distribuent les prix aux vainqueurs.

Pages (2) rappelle que « le 3 mars U$9 , le comte de Gharolais fit publier un tournoi dans la ville d'Amiens , où se trouvèrent plusieurs seigneurs de haute distinction; il pense que le tableau qui nous occupe pourrait avoir été inspiré par le souvenir de cette solennité locale. U nous semble difiioile d'ad^mettre une telle supposition , car soixante-six ans s'étaient écoulés entre 1459 et 1585, époque du tableau. Le souvenir du loimoi devait être affaibli dans Amiens.

(1) Le Forestel , autrefois maison seigneoriale et forêt dany )e SaÀterre, près de Courtemanche (canton et arrondissement de Montdidier).

— I^ Qnd^noj-en-Santerre^ annexe de Parvi)lers , canlp» de Rosières, arrondissement de Montdidier.

— Damery , aujourd'hui commune du canton de Roye , arrondissement de Montdidier.

(2) Ms. de Pages , tome 1«% ^ dial. p. 49.

On lit dans le tome 5 , p. 1^, des Arts au moyen-âge, que le tableau de Philippe de Gonli représente \&^ fêtes et tournois donnés à Amiens lors du passage de François I", à sa sortie des prisons de Madrid. Cette assertiou est démentie par l'histoire. En effet, François P' se trouvait encore prisonnier à Madrid , en 1585 ; il fut rendu à la liberté le 1S mars 1526 et vint à Amiens en 1587.

Du reste , M. 4u Somiaerard , en faisaal reproduire le tableau dans son ouvrage a reconnu le haut mérite qui le distingue. La composition est très-riche et Irès-variée ; les attitudes des personnages du premier plan sont belles et nobles ; le second plan se f^t remarquer par un mouvement plein de vérité. Les couleurs so^t beaucoup moins fon.dues que dans les tableaux de 1518, 1519 et 1520; m^is elles devaient être très-vives , et Ton regrette que le temps et le soleil en aient terni l'éclat.

Dans le refrain :

Powr notre hg mHkante COMTESSE,

fSiffippe de Couti avait (aii lun îau /de mots sur son afom de famille. Cette noble famille est fort ancienne. Guil-^ iaume de Coidi Ait fiiluMeiUrs ifois mayeur d'Amiens. Jean de Conli et Pierre de Conti remplirent les mêmes fonctions ; enfin , le donateur du tableau , Philippe , occupa celte :m;agis.U;aîure ^^n 1 522 .

Il est représenté au bas de son tableau avec Técu île ses armes. Il porte d'or , au liou de gueules rampant.

PUlippe MbkTWAïur, n^rohand de vins, à renseigne des Yerds cercles, sur le grand-Marché :

CERCLE au wùsseau iu vm de Sapienoe.

Pages (1) se borne à indiquer l'existence do tableau. On sait d'ailleurs que Tenfanl Jésus y était représenté assis sur un tonneau.

Christophe de Lameth, chanoine d'Amiens et de Noyon :

Ail rot des rois eowrmne glorieuse.

Dans son tableau , au goût duquel Pages (2) rend justice , Esther , vêtue de ses plus riches habits , le diadème sur la tète » se jetait aux pieds d'Assuérus , pour obtenir de lui la révocation de l'édit contre les Juifs.

Les armes de Hénencourt figuraient dans le tableau. Hénencourt porte : écartelé aux 1 et 4 d'argent à trois maillets de sable; aux 2 et 3 de Beauvoir , qui est d'argent à deux bandes de gueules , le tout d'or à trois maillets de gueules (3).

Pierre Favre ou Faure, écuyer, receveur-général de Picardie :

Du très-haut FAVRE aàmrable artifice.

Son tableau peint délicatement, et dont le lointain était

(1) Ms. de Pages, lome !•% î« dial. p. 51, et aussi tome î», 5«dial. p. 161.

(2) Pages , 1. 1« , 1" diaL p. 82.

(3) Les armes de Ch. de Lameth, décrites par Pages lui-môme, dans le détail quMl donne des 28 écus figurant sur le piédestal de la Vierge d'argent , sont : de gueules à la bande d'argent , accompagnée de six croix recroisettées de même.

fort bien touehé (1) » ofirait un beau temple de figure polygooe , eobsacré à la Vierge. On en remarquait les Ipm dômes , placés l'un sur Tautre. Marie » représentée en pied , et tenant son fils entre ses bras , était placée dans le vestibule de ce temple.

François Bidare , licencié-es«lois, avocat :

Ùu vrai amant la toute belle amie,

La sainte Vierge était considérée dans le tableau comme Tobjet du plus grand amour de son cher fils. Un charmant paysage embellissait le fond de cette peinture , et le lointain en était fort agréable (2}.

Charles Leglerg , diacre , bachelier en décret et chapelain de Notre-Dame :

Myrrhe donnant odeur incomparable (3).

Ce tableaUySelon Pagés(4) , élaitun des plus remarquables de la cathédrale. Des palais superbes, des châteaux d'une architecture magnifique, bâtis dans le .voisinage de belles rivières, y formaient un lointain agréable. Le donateur était représenté à genoux, revêtu d'un surplis. On le voyait entouré de ses parents , dont les portraits se re*

(1) Mi. de Pages , tome !•% %« dial. p. 55. (%) Pages f tome l«s 2« dial. p. 4.

(3) Sicut nUrra eleeta, dedi suaoitatem odoris. Ecdes. cap. 24^ vers. 20.

(4) Mi. de Pages , tome l«s î« dial. p. 25.

eoffîmaiiiéaieDt par la earsation aattrelle, le coloris himâr^r 6t donnaieat au lalbleav son principal mérite.

Sur le prie-Dieu du jeune ecclésiastique, Tartiste avtit peintres armes. Il portait d'azur à latafflde d*or accompagnée d'une aigle de même, posée au côté gauche duehef, et à la rose d'or posée au c6té droit de la pointe.

Hugues GoRDiEB, bourgeois et marchand cordier :

Conêre mmmiê fwU et lerrtMe armé» (t).

La Yferge est considérée avec la sainte église sous l'image d'une armée rangée en bataille. Elle est représentée tenant son fils entre ses bras. D'un c6(é , l'on voit plusieurs escadrons et bataillons rangés en bataille , dans les intervalles desquels sont disposées des pièces do campagne ; de l'autre c6té » un petit escadron ^ dont les cava^ liers et gendarmes sont montés sur diverses espèces d'animaux symbolisant les péchés mortels. Ainsi la luxure est ({«gurée par un bouc » la gourfiiaddise par on porc , la f»âresse par un âne , etc.

Gè tdbleid^tt , dit Pâgég (2) , i^st un dôsf ptus beani de la ettlMératlé i on y admire le^ ûotnbre des^ figtires , leur co- )èv^i kMrs attitudes nalfiyrelles ; Farchitecture délicate d'an* pàliais que Tartiste y a pkacé ; enfin une ner tran-

(1) TerrMis ut castrùrum aem ordiiftKa. CftHt cftp. ^ vers. SI — Le tableau de Cordier et sa devise renferittaient mealhisimi historkfuev Voir la Confrérie du Pisuy y par M« A. Breuih Mém. (fes Antiq. de Picardie ; tome xiii^ p. 544 et 545.

(2) Ms. de Pages, tome 1", î« dial. p. 4«.

quille , daos le loinlahi de laquelle la vue seoible le perdra.

Frémin PmGUËRfeL , bourgBoia et marchand :

Heureuse nef dont Dieu e$t le pilote.

Ce tableau montre un grand navire armé et équipé. La Vierge , tenant son fils entre ses bras , est représentée en pied sur le pont ; les anges font la manœuvre. Les voiles sont amenées et pliée» , parce que la mer eêl tranquille. On aperçoit sur ses bords une grande ville avec un beau port , orné de son m6le et défendu par Aéà tours et dés bastions (f ).

Pierre Dupsutkl , dit Blonddet , marchand pâtissier , ou cuisinier. (Mort en 1567.)

Du suihu eoMÎM of/réable maUreeee.

Par le mystère de rincarnation du fils de Dieu dans les chastes entrailles de la Vierge , elle nous a donné cette nourriture céleste que nous goûtons dans le festin spirituel de rEucharistie , et k l'occasion de laquelle TEglise diante si souvent ces beties paroles : 6 ^crum éôni)imin in quo Christus sumUur! Pages (>itpliquep8(rces ré&etfoâs la devise et le sujet du tableau de Dupeutel (2). Nous croyons que cette devise renfermait aussi une allusion à sa profession et k un magnifique repas , poiur la préparation du-

(1) Mi. de Pagéê, tome !•% ^»dial. p. 7.

0) Fa§é9 , tome V\ %« dial. p. 8 , et tome 1 , 9* dial. p. 163.

quel i|. avait rempli le», fonetioas c|e mattre-Queax (1). Dopeutei avait pour armoiries ide gueules à la mealaUe d'or accompagnée de deux iardoirs de même » mis en pal , la pointe en bas ; elles figoraieot dans son tableau.

Nicolas LE BouLENGiBR » bourgools et marchand :

Tràne exeelient pomr le Roi padfqm (^).

Dans 1^ tableau de ce maître , la Vierge , tenant son fils entre ses bras, est représentée assise, sur un tr6oe d'ivoire très-élevé et revêtu d'or pur , semblable à celui que se fit construire le roi Salomon ; sur les marches, on voit six lionceaux d'or de chaque c6lé , avec deux autres plus petits , à droite et à gauche* M* le Boulengier portait : d'or au chevron de sable , accompagné de trois n^arteaux de même, deux et un (3).

Louis DuPRESNE , marchand drapier.

Dame de poèr où toute j<ne abonde,"

Son tableau représentait la Nativité de N. Seigneur.

Jean Langlès , notaire en la Cour spirituelle d'Amiens , secrétaire du chapitre de la Cathédrale.

Trône général de pUniére indaigeneu»

(1) Voir la Confrérie dm Pwf > par M. A. Breuil ; Mém. des de Picardie , tome xiii , p. 547.

(%) Dans le petit office de rimmaculée Conception , la Vierge est appelée Tràne de Saiomàn. — Note de M. A. Janvier.

(3) Pagég , tome t«% 1« dial. p. 5.

Le cadre da tableau était orné de plusieurs petites statues en deo^i - bosse , dont le bois était déUcatemenl sculpté, et qui représentaient les sept sacrements; on y avait joint VAumdne.

Jean Langlès portait : d*azur à la fasce d'or , accmnpagnée de trois singes ou enfants d'argent à demi-assis , ou les genoux plies (1).

Robert Bellejambe , hôtelier , à l'enseigne du Pot dEtain.

POT pur partant poffom prérittui.

Tableau mentionné par Pages (2), sans détails. La devise renfermait une allusion à l'enseigne du célèbre hôtel tenu par Bellejambe (3).

Pierre Faverin, avocat et sous-official de la Cour spirituelle , ofiScial de l'abbaye de St.-Jean-les-Âmiens.

PIERRE d'autel portant la saitUe hostie.

Melchisédech vient offrir à Abraham le pain et le vin. Sur une table de marbre blanc , dont les quatre pieds ou piliers ont pour supports les quatre évangélistes , l'enfant Jésus est debout » soutenu par sa mère et présentant une hostie (4).

(1) Èb. ie Pagé$ , tome !•',%« dial. p. 51.

(%) Ufid. , tome 1«', 2« dial., p. 58 , et aussi tome 2, 5« dial., p. 16Î.

(3) Voir la Confrérie du Puy , par M. A. Breuili Mém. des Antiq. de Picardie, tome xiii, p. 519.

(4) Ms. de Pages , tome l«r, !•' dial. p. 95:

tUi.

Jem BoLLEirAULT , procureur en la Ckmr spirituelle;

HAULT BOIS dùnnant fruU en (enff eonumalbiA.

H^ ( 1 ) mentkHin» seatement lé taMew,

îSi5.

Jean de Maght, procureur et notaire en la Cour spirituelle.

Du lattU Cimsed $cÀ%taire concUe,

Le concile de treate ayaniétèceavô^ et commencé en 1545 ^ M. de Machy fit peindre la Vierge tenant son fils dans ses bras , et assise sur un trône placé au milieu des Pères du Concile.

Ce mattre du Puy portait : d'azur à Fancre d'argent , le bâton d*or accompagné de deux roses ou étoiles d'or mîsesenchef (î).

Jean PoNte ; bouîgeDoSâf (f Amfedâf.

Reine régnante en \ie$9e étemdU.

Son tableau, dit Pages ^], a^vait pour sujet la translation de Farche d'alliance et la mort foudroyante d'Qza » qui n'avait pas craint de porter la main suf cette arche. Par un singulier anachronisme , le peintre avait placé des canons en batterie srur les forlfficartfony de Jérusalem.

(1) M9. 4r Pages, tmne 1«% ffi diaL p. 17.

(2) Ihid., tome 1^ , t* dial. p. 55.

(3) Ihii., UMbe !•% W 4i«l^. i^. 75 et '26.

Ces détails fournis parr Vagbs ne donnent qu^une idée fort incomplète du tableau , qjii a élé conservé , elqu» se trouve à Paris , enla possession de M. Ledien» notre compatriote. — Au dernier plan , la sainte Vierge , assise sur les nuages , tient Tenfant Jésus dans ses bras. Des anges Tenvironnent et exécutent un côùcert. Au second plan , s'élètet b ville de JérussAew , vue à vol é*oisean. Aii^des- 90119 de cette ville y le peintre a placé dent mjeis ou dew scènes accessoires. La première, k gaucbei, eilk celle dont parle Pages. L*arahe d'alliance brille sor un chadot émré tratnépar des bëfeufSt et devant lequel matche David» suivi dtf petfpte d'Israël. Pr^ de^ rarelne um bomme estétenda par te^ife : c'est Osai , i^apf^é de^ttert. «^ La seèoe , phwéd k étaitef ért fÊioin^ facile à tatétpréter. Un rcj est assis sm son ttèûë , etdevaiK lut s'ageMuitle une femme .* M&mr' pagnée dei fommeis et d*hoiMié0 qui se tiennent debout.

Au pf^ffiùfier plad du tableau , le donateoi? et sa femnid sMt à genoux , chacutt' devant ni prie^Dieo. Ponée esl véttf d'une Mhe noiref fottrrée » il a^ une culotte sur la tète. Toys dent soiil accompagnés de pers^nnai de leur f^ mille.

Le maffi perle d^azur , au cbevroti d'or accompagné en chef de deux oiseaux de même , et en pointe d'un tnèfle aussi d'or. La femme porte d'or à trois aigles de sable, deux et un . (Blasons communiqués par M . Goze) .

La partie supérieure de ce beau et grand tableau a beaucoup souffert ; tsmls Ié$ têtes du pfeiflfer^ plan , si remarquables par leur exécution fine , leur expression naïve et le sentiment religieux qui s'y trouve eiiipveîBl> sMt encore bien conservées.

Jean Torbain ou Turbin , prêtre et avocat en la Coar spirituelle, curé deBovelIes et de Fouilloyeo Normandie, depuis officiai de Tévèciié.

De Jéna-^hrist élwide sacraire (1).

Pages (8) se borne à mentionner ce tableau qui existe encore et qui orne le maître-autel de Téglise d'Ovillers (canton d* Albert). D'après les renseignements qu*a bien vonla nous fournir notre collègue , M. de Yalicourt » ce tableau ne paraît pas avoir beaucoup de mérite. Au dernier plan, la Vierge , environnée d'anges » tient Tenfant Jésus. Mal-heureusement , la tète de la mère de Dieu est presque disparue , par suite de Técaillement de la peinture. David , saint Mathieu , saint Luc , ces deux derniers avec leur attribut , se remarquent parmi les personnages qui occupent les autres plans. La présence de saint Luc pourrait bien n'avoir d'autre cause que la syllabe Luc renfermée dans le troisième mot de la devise. — Le tableau » nous dit M. de Yalicourt , a conservé son cadre, dont la sculpture, assez peu fînie , est empâtée sous des couches épaisses de badigeon et de peinture. L'ensemble de ce cadre représente une sorte de frontispice.

Augustin Cousin , prêtre et chapelain.

Triomphe exçuû au eheoaUer fideU.

(1) iMÙéma âoermivm , briUant sanctuaire.

(2) Ms. de Pages, tome W, 2« dial. p. 11.

Le lointain du tableau de ce matlre est embelli d'un agréable paysage. On voit la sainte Vierge portée dans uq chariot d*or, enlevé au ciel par des chevaux également d*or, et » au-dessous, sur la terre , un grand serpent pu dragon à plusieurs tètes , qui semble vouloir s*élancer contre ce char.

L'architecture dn cadre de ce tableau, faite de bois doré en sculpture, est soutenue par deux pilastres ou colonnes hermétiques, formées par deux statues de femme en demibosse» sortant de leurs gaines (1).

Antoine Lehaibe, prêtre et chapelain de Notre-Dame :

Moyen vers Dim powr U$ péchés du monde.

Dans le tableau de ce mattre on voyait le roi Henri lien habit de guerre (2).

Antoine Piugeé^ bourgeois et marchand :

PIN GUÉrissmu par son bon fruit nature.

Simple mention sans détails (3). .,

Grégoire Le Sellier, bourgeois el majrcbjmd brasseur :

BRAS SEUR (sûr) et fort pour défense et victoire,

(1) Ms. de Pages, tome 1«% ^ dial., p. 59. (t) Ibid., tome 1", «• dial., p. Î5.

(8) Ibid,, tome 1«% !• dial., p. SI.

On sait «euletnent que dans sm tablean la sainte Vierge tenait renraot Jésus entre ses iras (1).

Pierre Piège , boargeoi3 .» marcl^aad et apothicaire :

De JésuS'-Christ ffierge et mère féconde.

Il fil représenter dans son tableau Marie comme vierge et comme mère de Dieu (8).

Nicaise Marchant, taver^ier , bourgeois et marchand :

Mers de JJim, 4iimb hwBnams doux omifii^.

Simple mentJOiD (3).

Michel Laloter, le jeune, bourgeois el macohaQd :

Vierge konor.é$ eu mt^'esté royaU.

Tableau représentant TAdoration des Vages. — La Vierge, assise., .lei]ii9mit^n.^ni^nt,$urAes^g?aQux, esl placée au pied de deux grandes arcades richement ornées el accompagnées de festons (4).

Jean-DaptMe Le Mai^e , prêtre , dbanofne de fToUre-

(1) Me. de Pages, tome 1«', 2« dial., p. 61 et 62. (1) Ihid,, tome !•% «Pdial.^ p. XI. .

(3) /M.^ même dial., même j!iige.

(4) /Wrf., tome 1", 1" dial., p.

Dame » de Saiot-Pirmin et de Saint-Nicolas , et chantre de Notre^Daœe.

BAPTISTE emjbM m» Mlm de Jferie.

Tableau ayant pour sujet la Vîaitaiiofl de la Vierge (1)» Qn voit au ba^ les portraits des trois papes Urbain YI, 80- Qifaçç IX et SiitelV, représentés à genoux , velus de leurs habits pontificaux et la tiare en tète (2).

1556. ^ Pierre Rogeau, Elu :

LaU vtr^ttol noèrrisiant Die» et homme.

La sainte Vierge allaitant Tenfant Jésus. — Très-beau coloris ; carnations vives et naturelles (3) .

Antoine Lb Bsl, bourgeois :

Pmtr mem 9amer BEL H htmrtm fMSM^.

La Salutation angéliqueest le sujet du tableau. Ou y voit aussi représentés Adam et Eve, pour foire comprendre (pie rincarnation du Verbe doit nous délivrer de la mort éternelle » châtiment ihi crime ds aûs i^reniers iiannis. — Beau coloris, figures bien dessinées (4).

^1) Jfs. ée Pugéê, «orne V^, 1*' dial., f. M, et I»' suj^L, p. tt.

(f) Ces pape» ont fondé ia IHe de la YifiiUUion. ^Hol^âeW. A. Janvier.

(3) M$. de Pagéi, toqia 1«% %• dis|., p. SI.

(4) im., tome !•% 1«' dial., p. SS.

Jean Ponée, prêtre , vicaire de la collégiale de Saint- Firmin-le-Gonfesaeur :

Verffe fiorieh Joseph épomêée.

Le mariage de la sainte Vierge. — Saint Joseph tient à la main une verge fleurie. L*air des figures est grand et majestueux ; le coloris et les carnations sont naturels. Le peintre a représenté IJntérieor d*un temple dont Tarchitecture est fort belle (1 ] .

Jessé ÂNDRiEu» bourgeois et marchand apothicaire :

Germ$ à Dmi, de JJSSSÉ la racine.

Tableau représentant un arbre de Jessé, dans les branches duquel Tartiste a peint des capitaines, ^es jugejs et des rois. — Les côtés du cadre sont ornés de doux pilastres ou colonnes hermétiques» qui sortent de leurs gafnes de bois doré et soutiennent Tarchitrave. La.jsculpture de ces colonnes est remarquable (S).

Jean Lalotir, bourgeois et marchand : . .

Powr son LOYER Vierge es deux couronnée,

liQ sujoldu tableau estie couromemeiit de h Vierge par les larcHS personnes de la Sainte-Trinité. Le peintre les a

(l) Ms. de Poffés, tome l«, !•» dial.,' iJ. «4. (t) /Wd., tome 1", 1" dial., p. M.

représentées par trois figures humaines de même grandeur, de même âge , avec les mêmes traits et les mêmes habits (1).

Le cadre du tableau était accompagné, sur les côtés, de deux pilastres, au-devant desquels on voyait deux grandes statues soutenant chacune d'une main une corbeille de fleurs et de fruits posée sur leur tête, et tenant de l'autre main, l'une l'écude France, l'autre le chiffre du donateur (S).

Mathieu Ostrbn, marchand :

De mère ^ fis nèyUes ont prédiU,

La sainte Vierge en pied, tenant l'enfant Jésus, et ayant à ses côtés six sibvUes dans une belle altitude. — Le coloris de toutes les figures est vif, les carnations bien naturelles. En résumé, le tableau est très-beau (3).

Pages remarque que l'on voit des sibylles peintes sur les volets de plusieurs tableaux ; ordinairement une sibylle est placée à côté de la représentation d'un mystère ou d^une actioli de la vie de Jésus-Christ.

Gui PiNGREL, bourgeois et marchand :

PIN portanu fnnU amx hnmaiMS salutaire,

(1) Cette forme donnée à la Sainte-Trinité est remarquable. On la trouvait également dans un tableau qui décorait la grande salle du serment des arbalétriers amiénois. — Note de M. A. Janvier.

(î) Ms, de Paqés, tome 1", î« dial., p. 67.

(3) /Wd., lome !•% 1^'dial., p. 94.

Apparition du Seigneur à Abraham, deyanl la porte de sa tente, sous le cliêne de Mambré. Dans le lointain , le peintre a représenté la vallée de Mambré. « Il me semble, dit Pages (1), que, dans Tautre côté du même tïbleau, on voit le prophète Elle, couché sur Therbe, à qui un ange présente un pain. Cet aliment doit lui donner assez de force pour arriver, par divers détours, à la montagne d'Horeb , après avoir erré dans la solitude pendant quarante jours et quarante nuits de marche. »

Le cadre du tableau, en bois doré, est orné d'une façon particulière. Deux colonnes accouplées et cannelées , d'ordre ionique, portent chacune sur leur chapiteau deux enfants nus, qui soutiennent eux-mêmes avec leur tête un autre chapiteau, d'ordre ionique.

Jean DE GôLLEMONT , bourgeois et marchand , ma y eur d'Amiens en 1571, 1578, 1580, 1587, 1688 :

Dei deux rosée m toiion ie$eendite.

Le miracle de la toison, alternativement sèche ethii«mide, que Dieu opéra à la demande de Gédéon» était le sujet de ce beau tableau. Le cadre était orné de deux statues de femmes en pied, sculptées en bols doré ; elles supportaient l'entablethétit d'un fronton sphérique, et tenaient d'une main un pan de leur robe, remplie de fleurs et de fruits (2).

(1) Mi. de Pages, tome l«s !•* dial., p. 55. (*) /W., tome 1", 1" dial., p. 68.

Mathieu Ledoux , bourgeois :

LE DOUX istu du fort powr nourritwre.

Adam el Eve ; Adam cueille le fruit défendu. — Le tableau représeatait aussi Samsou trouvant uu rayon de miel dans la gueule du lion qu'il avait tué (1 ) .

15<5 ou 1666 (nouveau style).

Jean Brunel , marchand.

BRUNE je tm , Umufcns éouu et beUe.

Nigra mm sed formosa : ce passatge du Cantique des Cantiques a inspiré le tableau. Marie tient amoureusement son fils entre ses bras. Dans le lointain on aperçoit une agréable campagne , un troupeau de moutons renfermé dans un parc et des châteaux bâtis sur les sommets de quelques montagnes escarpées. — Ce tableau est un des plus estimés (8).

Nicolas &OGHB, fiotaire royal el procureur au bailliage «I siège présidial d'Amiens (3).

ROCHE (Toà $ort la /bufattie 4'eati me.

Le tableau représentait Moïse faisant sortir Teau du rocher. Le camp du peuple d'Israël y était peint d'une

(1) Ms, de Pages, tome l«s 1«' dial., p. 52, et t* dial., p. 61. (î) /Wd., t. l",î«dial.,p. 61.

(8) Voir la Confr, du Puy, par M. A. Breuil; Mém. de la Soc, de$ Autiq, de Pic,, t. xui, p. 520.

manière fort délicate , avec des pavillons et des tentes de toutes couleurs. On voyait aussi la sainte Vierge , tenant son fils entre ses bras , et assise sur un rocher d*où coulaient de différents endroits des eaux abondantes. Un pape, un évèque , le roi de France , François II , et d*aulres personnages, venaient recueillir dans des coupes l'eau jaillissante.

Le cadre était orné de deux colonnes hermétiques ; les détails de sculpture , en harmonie avec le sujet , étaient rehaussés par une dorure éclatante (1).

Un tableau portant pour devise :

Roche à'ok zwi la fontaine d'eau vive

est conservé au musée de la Société des Antiquaires de Picardie ; mais les détails ne sont pas conformes à la description faite par Pages. On y cherche inutilement le camp du peuple dlsraël, le roi de France, François II, etc.

Au dernier plan Ton voit la mer couverte de vaisseaux et sur le rivage une ville dominée par des montagnes. Le paysage ne manque pas de perspective.

Au-dessous la sainte Vierge est assise sur un rocher formant une sorte de banc semi-circulaire, d'où l'eau coule de toutes parts, et qui est superposé à un édicule élégant. Sous cet édicule se tient debout le Sauveur , que couvre seulement le manteau de pourpre de sa passion. De sa main gauche jaillissent à la fois du sang et de l'eau , recueillis dans des coupes et versés ensuite sur la tète des assistants.

(1) Me. àe Pages, I. 1", 1" dial. p. 62, et aussi t. 2, 5« dial., p. 163.

Le saog et Teau jailUssenl aussi du cAlé droit du Christ et tombent dans un baptistère , où un enfant est bapjllsé par un évèque.

Au second plan du tableau , au-dessus du baptistère , Moïse est représenté frappant le rocher de sa baguette. La peinture est , du reste , assez médiocre.

Robert de Saght, sieur d'Haudvillers , bourgeois, marchand drapier, échevin.

CHASSIS wluitU SOLEIL de ju$Hee.

La sainte Vierge , en devenant mère , n*a rien perdu de sa virginité : Neque Mus radio , neque virgo filio fit corrupta. Jésus-Christ est sorti du chaste sein de Marie, comme le rayon de soleil passe k travers le verre sans Vallérer. C^est cette idée qui avait inspiré le tableau de R. de Sachy. Il y était peint vêtu de la robe d'échevin ; on remarquait sa physionomie heureuse, son air grave, qu*ûne longue barbe noire rendait encore plus imposant.

Le cadre du tableau était orné de deux statues isolées, en bois doré , représentant deux dryades ou nymphes des bois , au pied fourchu posé sur une tortue (1). La devise du maître renferme une allusion à son nom et aux an-

(1) Ms. de Pages, 1. 1«', î« dial., p. 11 ; voir aussi le %« suppK, p. 31. — On peut, selon Pages , donner de ces figures de nymphes différentes explications. Peut-être leurs pieds de biche sont-ils Pembléme de la légèreté du sexe ; peut-être aussi les tortues indiquentelles que les femmes vertueuses doivent être retirées dans leur maison, comme ces animaux le sont dans leur écaille. La tortue est

ciennes armes de sa famille : d*azur à trois châssis de fenêtre d'or , posés deux et un , accompagnés en chef d'un soleil de même.

Les de Sachy, dit Pages (1), portent présentement: écbiqneté d'argent et de sable è l'orle d'aznr.

Jean Boistkl , prêtre et chapelain de la cathédrale.

BOÏSTEL sacré , rempli de toute grâce.

Simple mention.

Ce maître portait : d'azur an boistel ou boisseau d'or (2).

Pierre Boistkl , bourgeois et marchand.

Du peuple serfVenlière délikrance.

Esther» prosternée aux pieds d'Assuérus , implore en faveur du peuple juif la miséricorde de ce prince.

Pierre Boistel porte d'azur , à une patte de griffon d'or posée en chef» et à une croix recroisettée , aussi d'or, posée en pointe , à la fasce d'argent chargée de trois merlettesdesable(3).

le symbole qne Ton a donné à la Vénus pudique , placée dans le parc de YersaiUes.

Enfin les deux fignres pourraient r^résenter la ViU^sse foulant aux pieds la Lenteur , ou symlx^ser une alliance , une combinaison de la Vitesse avec la Lenteur, équivalente pour le sens à la maxime : ftsiina lente, hâte-toi lentement.

(1) Mi. de Pages, t. !•', «• dial., p. 11.

(î) /Wd.,t. l«',î«diaL,p. 49.

{?) Ibid.yi. l",3»diaL,p. 81.

— an —

Raoul GoÉBAfN ou GuÉBoiN , marchand drapier.

VigM plantée au mont de iomegarûe.

Simple mention (1).

Charles Lefebyre ou Lbfeuvrb (2).

Pages (3) se contente de remarquer que les personnes de la ramille de M. Xefeuvre sont coiffées de chapeaux de feutre » dont la forme , très-haute * est en façon de pain de sucre, ce qui paraît une mode nouvelle de Tan 1573. Dans les autres tableaux de la même époque, les hommes sont représentés la tète nue , ou avec des toques , des bonnets à larges bords , que Ton faisait en drap ou en étoffe de soie , quelquefois de différentes couleurs.

Antoine Pingre , bourgeois et marchtad , et povr la seconde fois mattre du Poy.

Ftctotre en matn îPune forte pueelU.

Sisara , général des Cananéens , est tué par Jael ^ qui , pendant son sommeil , lui enfonce un clou dans la tête* — Le tableau représente aus^i Jeanne d'Arc qui , secondée

(1) Ms. de Pages y 1. 1", 2« dial., p. 11.

(2) Voir la Confrérie du Puy, par M. A Breuil , Hfém. d€ la Soe. 4e$ Antiq» de Picardk, t. xiii, p. M%

(3) M$. de Pages, 1. 1«% 2« dial., p. 17.

par des troupes françaises , défend vigoureusement contre les Anglais une tour placée à la tète d*un pont d*Orléans. Le cadre est orné de deui statues en bois doré, dont Tune représente le jeune David tenant d'une main sa fronde garnie d*une pierre , et de l'autre le sabre de Goliath. L'autre statuexeprésente JudiUi (1).

Vincent Chardon , bourgeois et marchand.

Tige d^ok vml le CHARDON eha$u^pe$tê.

La sainte Vierge est comparée à la tige d'une plante qoi passait pour avoir la vertu de chasser les maladies (S).

Nicolas Ghoquit, bourgeois et marchand.

PmeeuUe Umr ou VÉUrnel t^arréte.

Sanglante défaite de l'armée de Sennachérib. Pages (3) fait remarquer que la défaite de l'armée Assyrienne est représentée comme ayant lieu pendant le jour, tandis que, suivant l'Écriture , elle eut lieu pendant la nuit. L'ange du Seigneur est peint tenant son épée d'une main et son bouclier de l'autre. Il vole au-dessus des troupes de Sennachérib , qui s'entretuent comme feraient des troupes ennemies.

Dans le même tableau on voit le meurtre d'Holopherne, et Judith tenant à la main l'épée et la tète de ce général.

(1) Ms. ie Pages, t. 1", 1" dial,, p. (3) /Wd., t. l«sl"dial.,p. 78.

Aleiandre Roche , procureur et notaire.

FerfM ROCBEr, prodiiisani eau de grâce,

La Vierge est assise sur un rocher, d*où Teau coule en abondance. Les petites colonnes qui ornent les côtés du cadre sont torses d'une manière toute particulière et semblent s^embrasser Tune Tautre par leur contour , ce qui fait que le milieu de leur fût porte à faux : disposition^ dit Pages (1 ] • opposée aux règles de la bonne architecture.

Roche porte : d*azur^ au chevron d*or, accompagné de trois roches, ou poissons d'argent, deux et une.

Nicolas DE Blangis , bourgeois et marchand.

Vierge au BLANC GIST, des humains VasseuroMe.

Simple mention (8).

Louis Petit , bourgeois et marchand.

Du plus PETIT et plus grand , fUle et mère.

Pages (3). se borne à dire que lé tableau était de grande dimension.

Jean Dufresnb , bourgeois et marchand.

FRESNB ékw par dessus Km(e plante.

(1) Ms. de Pages, 1. 1<»% !• dial., p. 5S.

(î) Ibid.y 1. 1", «• dial., p. 48.

(3) IM., 1. 1", î» dial., p. 6Î.

L'Assomption de la Vierge. — Les apôtres , réunis autour du tombeau do Marie , y cherchent son corps , qui s*élèye vers le ciel. A côté de cette assomption le peintre a placé la résurrection du Christ. Le donateur est représenté avec sa famille. Suivant la remarque de Pages (1), (es hommes , ai) lieu de porter des chapeaux en pointe comme dans le tableau de Lefeuvre , portent des chapeaax k petits bords et à forme basse.

Jacques Fournier , chirurgien.

Au languissant onction gracieuse.

Jésus rendant la santé au paralytique , près de la piscine.— Le peintre a joint à ce sujet ta parabole du Samaritain ; mais, au lieu du Samaritain, c*est Tenfant Jésus luimême qui verse Thui le et le vin sur les plaies du voyageur.

Le donateur est peint avec sa famille (8).

nu.

Charles de Saght , sieur d'Haudvillers , bourgeois et marchand.

Miroir parfait ou le peuple se mire.

La sainte Vierge , miroir de perfection. — Tableau de moyenne grandeur ; coloris tendre et délicat (3).

Jean Pégoul , bourgeois et marchand.

Sti^et certain de la foi toujours vive.

(1) Ms. de Pages , t. i.«s î.« diolog. p. t7 et S5.

(%) /6til.,t.i.«sl«dial.p.58.

(3) /W., t. !.•',«.• dial. p. 3Î.

SuhaDt Pages (1), le tableau était lrè»-beau. Le cadre était orné d'une sculpture délipate en bois doré, qui représentait diverses sortes de tourments infligés par les tyrans aux martyrs.

Toussaint Rolland , bourgeois et marchand.

FleuiT de TOUSSAINT ROULLANT du flot de grâce.

Ce mattre donna la clôture de la chapelle de St.-Jean- Baptiste, (ancienne cjiLapelIe de St.-Pierre) derrière le chœur. Cette clôture était en bois peint et doré. Quatre cariatides y remplaçaient les colonnes (2).

Jean-Baptiste Gaillard , chanoine de St.-Firmin.

Mystère ouvrant la céleste barrière,

A côté d*une figure de la Vierge , représentée en pied , et tenant d'une main l'enfant Jésus , qui lui-même tient une croix dans la main restée libre » on voit le baptême administré par le diacre Philippe à l'Ethiopien , favori de la reine Candace. Cet eunuque n'a pas le teint noir, quoique plusieurs personnes de sa suite soient peintes avec une peau de cette couleur. Sur les flots de la mer , on aperçoit deux hommes » dont l'un pince les cordes (Tun Rith , et l'autre celles d'une harpe. Le premier est porté sur le dos d'un dauphin , et représente sans doute Aridn.

(1) Ms. de Pages y t. i.«r, 2.e diah p. U.

(2) /6MÎ.,t. !.•', î.'dial.p. 40.

Le (lonaleur est peint en surplis , accompagné de plusieurs personnes de sa famille (1).

Jean-Baptiste Rochb» bourgeois et marchand.

ROC (muré contre UnU orage,

La sainte Vierge est assise sur le haut d'un rocher batla de tous côtés par les vents et les orages. Elle demeure ferme et inébranlable , pendant que la tempête renTcrse de grandes pyramides , dont les pointes semblent youloir s*élever jusque dans les nues. Coloris vif et naturel (8).

Jean Quignon , bourgeois.

Fleuron conçu sans vice entre les vices.

Limmaculée conception. — La Vierge est représentée semblable au lys entre les épines : sicut lilium mler Sfrinas (3).

Quignon porte: bandé d'argent et de gueules, de huit pièces (blason communiqué par M. Goze).

Jean Pièce, prêtre, chapelain et chantre de Notre- Dame.

NÈCE sans prix, au PRETRE-arand offeru.

La Présentation de la sainte Vierge au temple. — Le

(1) Ms. de Pages, 1. 1.«', t.« dial. p. 105. (î) /Wd., t. !.",«.• dial. p. 41.

(3) /Wrf.,t.i.",ledial. p. 1

donateur est peint à genoux , vêtu de ses habits de chœur • il est accompagné d'un grand nombre d'ecclésiastiques vêtus de même. Au milieu de cette réunion , se trouve un évêque en costume pontifical : ses habits et ses ornements sont délicatement peints et dorés. C'est sans doute le portrait de Nicolas de Pellevé > cardinal , évêque d'Amiens , mort à Sens en 1594 (1).

François Gocvreghef , prêlre , chapelain et maître des enfants de chœur.

VOIX accordant le eiel awc la terre.

H. Gouvrechef avait donné en 1591 la clôture de la chapelle de l'Annonciation , vulgairement appelée du Jardinet. Dans son tableau, placé au haut de cette clôture, il était peint en surplis , et agenouillé devant la Vierge , qui tenait son fils entre ses bras. La devise de M. Gouvrechef faisait allusion à sa qualité de maître de musique et à la voix de la très-sainte Vierge , dont la parole , par son consentement au mystère de l'Incarna tion , a accordé le ciel avec la terre, c'est-à-dire, a réconcilié l'homme avec Dieu.

La clôture donnée par le maître du Puy était en pierres dorées , délicatement travaillées et percées à jour ; elle était embellie de plusieurs petites colonnes, d'ordre corinthien, cannelées et bandées de feuillages et d'autres ornements. On y voyait en bas-relief plusieurs petites figures

(1) Me. â/ePagéSy 1. 1.«', l.«' dial. p. 83» et aussi t. m, p. 47 du supplément.

louant de divers instruments ; sur les piédestaux , les i]ualre pères de Téglise tattne étaient aussi sculptés en basrelief. Dans un autre endroit, ajoute Pages (I) » H. Couvrecbef , sculpté en demi-bosse, enseignait des enfants de chœur (S).

Sire Jean de Colleuont, plusieurs fois mayeur d'Amiens, et , pour la seconde fois maitre du Puy.

Le MONT prévu du sage ùMmi Umt d§e.

Pages n*indique pas le sujet du tableau , il se borne à dire que Jean de Colleraont s'y était fait peindre en robe de mayeur, avec l'écu de ses armes au bas. Ce mattre por« tait : d'azur , à Irois coquilles d'or , à la fasce d'argeol , chargée de trois tourteaux de sable ; pour support deux licornes d'argent , et au cimier du casque une demilicorne (3).

Pirniin DunssNB , bourgeois et marcband.

FRBSNE eniimt de Ut wrptiUe race (4).

(1) Ms, de Pages t. !.«% %.« dial. p. 14.

(t) La chapelle de P Annonciation est une des premières qui ont été construites dans la nef de la cathédrale. Uautel fut béni le 7 avril 1378. A la pretnière cM^ture, donnée en 1S91 par M. François Gonvreohef , a «uecédé la grille -aduelle , exécutée , ainsi que la décoration intérieure de la chapelle, en 1765 , aux frais de M. HoranI, chanoine de la cathédrale. — Gilbert , Description de la Cathédrale d'Amiens , p. 15b.

(3) Ms, de Pages, t. !.•', 1." dial. page 64.

(4) Pagis, 1. 1.«», î.* dial. p. 33 et 31. — Au stqet de la devise, il fait la citation suivante empruntée à Tabbé de Valmout : « Les ser-

Le tableau, de ce maître était plaeé dans le odwon-^ oèifient de la chapelle St.-AugustiD , dont il avait donné la cl6lure. Le duc de Mayenue y était représenté avec uûe taille grande et majestueuse , la couronne de duc sur la tête. En 1S98 , un certain nombre de bourgeois d'Amieas se trouvaient engagés dans le parti de la ligue et reoon* naissaient le duc de Mayenne comme lieutenant-général du royaume; Thommageque lui rendait Firmin Dufresne, en le plaçant dans son tableau , s'explique donc aisément.

La clôture de la chapelle St.-Àugustin , dit Pages , est une des plus hautes de la cathédrale , Tarchiteclure en est très-belle. Huit moyennes colonnes et vingt-huit autres petites , d'ordre corinthien , en pierres dorées , bandées , cannelées et ornées de feuillages, sont sculptées et accompagnées d'ornements percés à jour, d'une délicatesse admirable. Le piédestal continu qui sert de clôture basse à cette chapelle, est aussi en pierres ; il est orné des figures des quatre évang^istes et de deux autres saints , sculptés BU bas-relief sur les six dés des six piédestaux.

JeanBoNNARD , docteur en la faculté de médecine.

BON NARD iotmaiu à l'honme aiiwr dwm.

Le tableau de ce maître , peint sur un globe de bois sculpté, était un des plus curieux. La sainte Vierge tenant son fils entre ses bras, portait à la main quelques branches

pents ont tant d'antipathie pour le frêne, que, si Ton met ces animaux entre un feu et des branches de firéne, ils choisiront plutôt de se }eter dans le feu que de passer par dessus les branches de cet arbre. »

de Dard , plaote odoriférante et jouissant de propriétés médicinales. Il y avait ainsi dans la devise une triple allusion , la première au nom du donateur . la seconde à sa profession » la troisième enfin à ces paroles chantées par réglise en Thonneur de la sainte Vierge : dumessetrex in aceubUu 9uo, nardus mea dédit odorem suamtatis. — Gantig.

M. Bonnard s^étail fait peindre avec sa famille dans le haut du tableau. Pour témoigner son amour et son respect à Henri IV, qui avait fait sa première entrée à Amiens le 18 août 1594, il fit représenter ce prince, vêtu de ses habits royaux , avec la couronne et le sceptre. En voyant le tableau , quelque temps après , dans la cathédrale , Henri IV dit en riant qu'il considérait M. Bonnard comme son père , puisqu'il l'avait mis au monde. En effet , le tableau, en forme de globe, représentait le monde, suivant le système de Plolémée. Au centre , le monde terrestre était figuré dans un planisphère, de cinq à six pieds de diamètre. On y voyait les quatre éléments, la terre immobile partagée en différents pays et climats , couverte de figures d'hommes, d'animaux et de plantes ; la mer remplie de poissons et chargée de vaisseaux ; l'air plein d'oiseaux et de figures de divers météores ; enfin , le feu , dont la sphère était représentée par de petites flammes bordant les contours du planisphère.

L*attention se portait ensuite sur de grands cercles placés les uns dans les autres et représentant chacun uo ciel particulier. La lune occupait le premier cercle , Mercure le second , Vénus le troisième, le soleil le quatrième, Mars le cinquième , Jupiter le sixième , Saturne le sep-

titai», ie firmament, ou le ei«l des étoiles fixes , le^hoitième. A ces bûU premier^ cercles , Tartiste en avail ajouté deux , dont Tun » suivant sa pensée , derait figurer un efd mobile , et Taulre était occupé par l'Empyrée. — Le d^ des étoiles fixes montrait les douze signes du zodiaque sculptés et dorés en deroi-bosse. Les Gémeaux étaient remplacés par un homme casqué, tenant son épée à la main , peut*étre parce que le mofe où le signe des gémeaux ^mipe est celui où les ariiiàes entrent en campagne.

Le cercle du ciel empyrée , le plus grand et le plus large de tous I était occupé par des statues de saints et de sainte aussi dorées, et séparées les unes des autres p^r de petite nuées. Chaque saint ou sainte avait des attributs diffërtfnts ou les instruments de son martyre* Le Père éternel et les deux apures personnes de la Trinité se trouvaient placés à Fendroit le plus élevé du ciel empyrée.

Deux colonnes isolées » d'ordre composite , accompagnaient les côtés de ce grand ouvrage, enfermé à demi par une grille de fer, faite en échiquier, qui en défendait rapproche jusqu'au tiers environ de sa hauteur. Deux anges en bois doré, étaient placés au bas du globe. Ils semblaient porter sur leur dos et soutenir avec la main cette

grande mdchîne (1).

Sire Augustin de Louvengourt , bourgeois , mayeur en

Toujours la Vierge on LOUE EN COUÉ céleste. .

(1) Mi. d» Pa^és, t f.*% %.• dial. p. 26 —Le taUeaa de Bônnard éUit placé contre la troisième clôture de la chapelle N.-D. TAfiglelte.

La S** Vierge paraît au milieu d'une gloire , dans un ciel ouvert et lumineux , sur un fond d'or. Elle est environnée de divers personnages , un pape, un empereur, un roi, qui prient à genoux et chantent ses louanges. Augustin de Louvencourt et son épouse , Barbe Gamin, sont représentés dans le tableau avec les personnes de leur famille ; au milieu se trouve Henri IV.

Le mattre du Puy et sa femme avaient donné la clôture de la chapelle S^-Honoré (1 ) , et leur tableau était placé sur le couronnement de cette clôture.

L'architecture formant la clôture de la chapelle St.- Honoré , dit Pages (2) , est d'une belle ordonnance. Huit colonnes accouplées , d'ordre corinthien , dont le fût est lisse , soutiennent un beau cintre de chaque côté ; la porte de bois doré , délicatement sculptée , ainsi que tout le reste de l'ouvrage , porte dans son couronnement.le beau tableau d'Augustin de Louvencourt.

Henri IV honorait de son estime et de sa familiarité ce sage et zélé mayeur (3).

Louvencourt porte d'or, à trois tètes de louve de sable, deux ot une.

(1) Les embellissements actuels de la chapelle St.-fioxu>ré ont été exécutés en 1781 aux dépens de M. Cornet de Goupel , chanoine de la cathédrale. — Gilbert, Description de la ealhédràU iPAmtens, p. 171 .

(t) Ms. de Pages , t. i.", %.« dial. p. 57.

(3) Il fonda le %5 février 1615 le salât que Ton chantait dans la cathédrale la veille de la Purification , et le chapitre ordonna qu'après les vêpres du jour de la fête, les grosses cloches fussent sonnées on huefuées pour appeler les fidèles au salut.

Jean Vuatebled , bourgeois et marchaDd.

Digne rempart de VégUn fiéHe,

Le tableau était placé au milieu du couronneineQt de la chapelle St.-Quentin. On y voit, dit Pages (1), le portrait de M. Pierre Fameehon , procureur du roi , seigneur d'Etouvy eu partie , vêtu de sa robe de mayeur. Il porte à saceioture une bourse d'étoffe rouge, appelée /é»M> dont les mayeurs se servaient pour garder les lettres renfiNrmant les ordres de la Cour.

Jean Vuatebled avait donné la clôture de la chapelle St.-Quentin. Dans celte clôture faite de pierres blanches, dorées et délicatement travaillées à jour^ ornée de colonnes d'ordre ionique et corinthien , on remarquait quatre statues en pierre , isolées , peintes et dorées , représentant les quatre docteur» de Téglise latine , saint Jérôme, saint Augustin , saint Ambroise , saint Grégoire-le^Grand.

Le tableau était accompagné de deux statues de pierre, en demi-bosse, Tune d'homme, l'autre de femme, sortant de leur gatne , servant^ de pilastres ou colonnes hermétiques , et portant Tentablement et le couronnement de la clôture (2).

(1) Mi. de Pages , t. i.«', l.«' dial. p. 80.

(1) M$. de Fagis, 1. 1.«% l.«' dial. p. 80. — La chapelle de St.- Quentin n'est plus une chapelle, c'est un passage decommunication entre Tég^ise et llniérieur de Tévéché. La décoration; intérieure, ezéeutée par Carpen^r en 1783, a été enlevée , et l'on a restauré la décoration primitive en pierre, que cariaient des lambris en menuiserie.

Nicolas Lefbang , marchand.

LE FRANC au9 FRANCS dommt Umte FRANChise.

Descente de Jésus-Cbrist aux enfers ; délÎTrance des âmes dans les limbes.-^ Maus, enoor^ enfant , tient d'ane main la sainte Vierge et de Tautre we croix avec laquelle il frappe aux portes de Fenfer. Le roi Henri IV eat peint dws le^ tableau » vêtu de ses babita royaux (1).

Antoine Ghoqcet , religieux de Tabbayè de St^-Harirnaux4umeaux, et curé de St.-Leu.

Du eieux hautaku , PAIX en terre apportée.

Jésu^v-Chriat el ki sainte Vieiige foulent au pieds na monceau d*arme6 brisées. C'est uns allusion à la paix de Vervins , conclue le 8 mai 1598 , et publ^ à Amiena le 7 juin6ulYant(2).

Dans le taUaau on voit le portrait de motns^gneur de la Martbonie » éréqm d'Aoïieiia. Ce prélat porte une calotte rouge sur la tète, il eat encore peiat , dit Pagéa (3), avec la même coiffure dans d'autres tableanx , et ootam*

(1) Pages, t. !.•% !.•' dîal. p. ISO.

(i) Ms. de Pages, i- 1.^, !• dial. p. 4%. ^ • Dans l'aysèsHOiidi du? jnîn, flMDsaignear de Kéries, doctoral ou tiiéologal ds ]»câtliédral6y fitiiiwtPto4MUeprédicaUonyàla8aitedelai|iieUekpMi Idl poMiée ; nos oonciteyeoB répandirent miUe larnes de joie ; il y aot en ee moment plnsîeore décharges d'arliUene ^ et le smr figeât allâmes de très-^beanx feux de joie. »

(3) Pages, t. i.", supplément au 2.* dial. p. 7.

ment dans celui placé aa haut de la clôture de la chapelle Ste.-Brigllte , donnée par M. de ProuTîHe. VigéÊ, à Cette oced&loÀ , réfuté rassertioii de Thfers , qui prétend qdé le cardinal de Aiehelieu a le premier porté une caldtte.

Nicolas Choquet , marchand à Amiens , et petit-^neveu d'Antoine, fit nettoyer et redorer , en 1707 , le tableau de 1S98.

Nicolas Lebbl , apothicaire.

Ton nom sur naas eit une huile de gratè (1)

Simple mention (S).

LouU DB Viu.Bas , bourgeois et marchand ^ sieur de Ilou8S6Yille:

Ih JnMé beUe VILLE AIR réêonne.

La sainte Vierge est assise devant une des portes de la Jérusalem céleste {Apocalypse, ch. 21 ).— Ce tableau, qui servait autrefois de couronnement à la clôture de la chapelle St.-Étienne^ donnée par Louis de Villers et sa femme, Marie Gonnet (3) , a été conservé. Il est' actuellement en la possession de notre compatriote , M. Abet Terrai ., peintre d'histoire» à Paris. Outre le donateur et sa femme, on y remarque Henri IV et plusieurs personnages, qui figurent aussi dans les tableaux de 16Ô1 et 1603. Toutes

(1) Oleum effusum , Maria, nomen tuum. — Cantie. cap. 1. v. 8.

(2) Pagéi , 1 1.", %.« di«l. p. 41.

(3) M$. de Pages , 1. 1.«', t> dial. p. 14,

les télés oat du caractère et de Texpression. Celle do donatear est yraimmi belle.

11 porte d'or à trois roses de gueules , tigées et feuillées de sinople ; sa femme porte d'argent à trois fasces ondées de gueules.

Jean de Saghy » sieur d'Haudyillers, marchand, quatre fois premier échevin d'Amiens.

Terre (f ov prit la Vérilé nmseanee.

Le tableau de ce maitre servait de couronnement à la clôture de la chapelle de St.*Louis , par lui donnée en 1601 (1 ). Il appartient aujourd'hui au Musée de la Société des Antiquaires de Picardie.

Au dernier plan , la sainte Vierge tient son fils entre ses bras : un ange lui présente des clefs. A la droite de Marie sont deux femmes représentant la Miséricorde et la Vérité ; à sa gauche, deux autres femmes, la Justice et la Paix , s'embrassent ; Jmtitia et pax osculatœ sunt. — Au dessus de ces figures , dans un nuage , on voit encore la Justice avec sa balance et son épée. — Au premier plan, le donateur et sa femme sont à genoux , chacun devant un prJie-Dieu. Au milieu d'eux se trouvent Henri IV et Marie de Médicis , et à leurs pieds , Louis ^Xlll enfant , couché dans son berceau. Derrière le groupe royal, se tiennent de nombreux personnages , parmi lesquels oo croit reconnaître M^'de laMarthonie, évoque d'Amiens, et le duc de Caumont la Force.

(1) m. iê Pages, t. i.«', 1« dial. p. 57. — La chapelle de Saint- Louis s'appelle actuellement Notre-Dame de la paix.

— SftS -

Par un heureux hazard, le chant royal de Jean de Sachy a été conservé (1) comme son tableau, el son monument Ainèbre existe encore dans la cathédrale. Pages décrit avec beaucoup de détails ce dernier ouvrage , attribué au sculpteur amiénois Blassét. a Ce monument » dit-il (2) , qui sert d'épitaphe à Jean de Sachy, ancien premier échevin et à demoiselle Marie de Révelois , son épouse , est d'un si beau travail , qu'on peut le considérer dans la cathédrale » comme on ferait d*un bijou dans un cabinet rempli d*autres raretés. Son architecture forme une atcade ornée de moulures portant sur les impostes , avec une belle mensole au milieu. Le fond de la njche est d*un marbre de Rance , en Hainaut , d*un rouge sale mêlé de veines et de tâches blanches ou bleuâtres. Quatre colonnes d'ordre corinthien , dont le fût lisse est de même marbre, portent rentablemenl, orné d'une belle corniche , d'une frise délicatement travaillée en bas-relief, et d'une architecture embellie de moulures délicatement sculptées. On voit dans la frise , sur les chapiteaux des colonnes, deux tètes de mort ailées, qui conviennent au sujet, ^entablement est surmonté d'un fronton sphérique, avec un vase soutenu par un acrotère pla^ au milieu de la cimaise. L'écu des armes de H. de Sachy , parti de celles de s(m épouse , est placé au milieu du tympan ,

(1) Voir V Histoire Uu. du P, Daire^ p. 103 ; voir aussi la Confrérie de N.'D. du Puy, par M. A. Breuil , Mém. de la Soc. des Antiq. de Pic,,U>m. XIII, p. 559 et suivantes. — M. Breuil , trompé par le P. Daire, a appelé Tauteur du chant royal : Pierre de Sacy ; c'est Jean de Saohy qui en est réellement l'auteur.

(î) Ms, de Pages, 1. 1«% î« dial., p. 56.

eMè&tal un peu la cimaise. La statue de M. de Sachy , yéto d*iNM robe de magistrat , avec la toque d'éckevin à la main , et celle de son épouse , toute» deux faites d6 marbre blanc , sont placées à genoux à Tendrc^t , et de* ▼ant les piédestaux des colonnes. La draperie en est bien jetée , et les plis bien disposés. Leurs attitudes sont natu-* relies et conformes à celles de personnes ijpii prient devant la mère de Dieu. La Vierge tient son fils d'une main , et de l'autre un petit puits qui désigne la Confrérie du Puy, dont H. de Sachy était mattre ; sa statue , d'un port majestueux , est en pied et porte sur la léte une petite cou-* ronne radiale. Saint Jean-Baptiste (1), représenté sous la figure d'un enfant accompagné d-un agneau , est placé à cMé de la divine Marie , dans le bas de l'ouvrage. La fi* gure de la Mort , que représente un cadavre à demi^décharné, tenant d'une main une faulx» est couchée dans un drap à demi-courbé , d'où sort d'un côté le bras de celte figure. Une colonne d'ordre toscan, de marbrepuge veiné de blanc et de bleu , est posée sur un piédei^l de marbre blanc , avec un chapiteau de méme.^--* M. Jean de Sachy» mort le 9 février 1644 , et M'^"* de-Révelois . son épouse * morte le 25 février 166S , furent enterrés devant ce mausolée i pri^lége rarement accordé dans la cathédrale » ainsi que nous l'apprend une longue inscripti<m gravée en lettres d'or sur une table de marbre noir (S). »

(1) Patron de M. de Sachy.

(î) Celle épitaphe est donnée par Gilbert , Description de la Ca^. é^ Amiens, p. 175. — Le mausolée se trouve dans le bas-côté gauche de la nef, contre le pilier qui sépare la chapelle N.-D. de la Faix dt la chapelle St.-Firmin.

Frère Antoine Postel , prieur des Jacobins d* Amiens, docteur en Théologie.

Yrah iocCrtn^ avkx humaim anwm^,

Postel aTftitdonné ii la oatMdrale ane ciiatre » dans kn quelle il prêcha le premier. Sur lecouroanenent de cette chaire était placé son tableaii , au centre duquel on voyait Henri IV et le dauphin Louis Xlll.

Jean Boullkt, bo^rgeois et marchand » ancien échevin,

La saiiji^ Vierge , comme une illustre princesse , est placée sous un arc de triomphe. — Pages n*en dit pas davantage sur le tableau, qui est conservé dans la collection de révèché. — On y trouve Henri IV, tenant par la main la petite princesse Elisabeth de France , née en 1 602. Derrière le roi se groupent divers personnages , dont plusieurs ont déjà paru dans les table^x de 1 600 et 1 601 .

Les trois tableanx^ , dus san^ doute au mèoie artiste , ne sont p^s^ remafqiiabks sous le rapport (le l'eiécutioft v cftpéfodant l€» physionomies dès (^ersooo^es ont du c«h> ractère et une expression oaTve. Dans le tableau qnt tioUâ occupe, les draperies de la Vierge sont bien agencées.

Jean BauUel et Aune de Sachy , son épouse , avaient donné la clôture de la chapelle Si^^Marguerite , eu même temps que le tableau. Cette clôture , dit Pages (1) , est

(1) Ms, de Pages, t. !«', %• dial.,p. 15. •

cl*uiie belle architecture. On y ?oit quatre statues d'apôtres en bois doré, dans quatre niches carrées» formées chacune par quatre colonnes d*ordre ionique. Ces colonnes sont séparées Tune de Tautre par des arcades qui soutiennent l'entablement et les ornements supérieurs. Parmi les orneaients sont placées les statues des huit autres apôtres et de plusieurs saints (1).

Antoine de Montaubert, grénetier, secrétaire de M. François de Tlle , chevalier, seigneur de Treignel , gouverneur des ville et citadelle d'Amiens.

PUY Mlntaire ou ^étaneke la soif.

Au milieu d'un paysage délicatement peint, Jésus, assis sur le bord d'un puits , converse avec la Samaritaine. Le donateur s'est fait peindre avec Catherine Desnœux , son épouse , et leurs enfants (8).

(1) Pages (t. !«', î« dial.y p. 15 et siiiv.) parle aussi du retable d'autel qui décorait alors la chapelle S^^Marguerite : « Au milien de ce retable, dit-il, est un grand tableau représentant S^-Marguerite , de grandeur naturelle , qui terisaase et foule aux pieds un dragon ; c'est l'ouvrage de M. Hergosse , peintre flamand , demearant à Amiens. Il est placé au milieu du retable, peint par M. Muset, en marbre feint. Ce retable a été donné par M. Benoise, abbé de St-Sauve de Montreuil et par M. Bourré , tous deux chanoines de la cathédrale. On y voit les écus de leurs armes peints et sculptés. »

— La grille de fer qui ferme actuellement la chapelle S^Marguerite a été donnée en 17S8 par M. Pingre, éeolâtre de la cathédrale* — Gilbert. Dmiipt. de la Cath^y p. 161.

(2) Po9^j, l. l",l«Tdial,p. 111.

MoDlaiibert ayaol donné une partie de la clôture de la chapelle Notre-Dame TAnglelle » son tableau se trouvait placé dans celte partie.

Pages la décrit ainsi : « elle est ornée de huit grandes colonnes d'ordre corinthien, dont les abaques ou tailloirs sont bien creusés et recoupés en dedans. Elles portent un fort bel entablement. Dans les entrecolonnements, deux niches renferment deux grandes statues, en bois doré» du roi David et de son fils Salomop, fort bien sculptées. Les quatre colonnes du milieu sont posées sur un piédestal continu, orné de sculptures en bas relief, et les quatre autres colonnes des côtés sont séparées de celles du milien par des retraites. »

Jacques Destrébs, marchand tanneur :

TempU iUustré de lumière itemelle,

La Vierge, tenant renfanl Jésus dans ses bras, est assise devant la façade de la cathédrale d'Amiens. Ce monument est peint avec une exactitude telle, que Ton en dis* tingue les moindres parties. Une espèce de soleil, tout brillant d'or, répand sur le tableau une vive et merveilleuse lumière (1 ) . Au-dessous du portail, l'artiste a peint le

(1) M$, ie Pagéêy 1. 1**, 2« dial. p. 23. — a Le peintre, dit Pages, peut aveir imité la manière de Bernard Van Orlay de Bruxelles, qui, lorsqu'il voulait donner à de certains endroits de ses tableaux beaucoup d'Mat, principalement dans une lumière céleste , couchait des Veuilles d^or sur son inq^ression, et peignait dessus. €e peintre flamand vivait du temps de Charles-Quint, et* était au service de Marguerite, gouvernante des Pays-Bas. »

— »08 — fêi Henri IV^ vêtu d'un manteau noir doublé d'ker-

Désirées et Jacqueline Palliart» sob épouse, avaient domé Tune des deus clôtures de ta obapelle êkM Pëul, et leur tableau éfait placé dans celte clôture (1).

M, de Chértevîères a bien voain nflnfonner, le tO jan^ vier 1850, que la coliection du général TEpiliois, alors en yenle, contenait un tableau provenant de la Confrérie du Puy d'Amiens, et ayant pour devise :

Temple illustré de lumière étemelle.

C'était bien le tableau donné par Desfrées, et le catalogue de la vente TEpinois, qui en donnail d*a}liei}rs une Irès-rausse explication, rattribuail au peintre Porbus, et disait que parmi les personnages on eroyait reconnaître Henri IV et ses enfants, les deux Bouillon, Achille de Harlay, le Maréchal de Joyeuse, du Bouchage, Urbain Lavai de Boiâ Dauphin, et M. de Nérestan. ^ Ce tableau, suivfltit ce qdè me marejftfdU une seconde lettre de M. de cynevières , en date dti 13 janvier, était découpé d'une façon très-bi2arre.

(1) L'antre clôture de la chapelle était ornée de quatre côloiriiés d'ordre composite, accompagnées de deux statues de Saint Jean- Baptitte et de Saint Jean rEvangétiste relie fut offerte en m% par M. JeanCîoUenée, coré de Saint-FirnHn en Castilion. Pa§4$y t. !•% ÎP dial. f . S9L — La cbifielle de saint Pierre et saint Panl^ aalrsAiit connue soas le nom deelMipeUede V Aurore ou dnFaiinêdu jou/r^ reoat en 179# de nouveaiix embellttsements , qn fiireni exécntés aux dé* pem de M. Gemet de Goupel, alors obapekÛR de la cathédrale. ^ Gilbert, Deeeript. de la cath. d'Amiens, p. 125.

A la vente » M. de Cbéoef ières Ta poiiMé /peur la So^ dite des Antiquairea de Picardie, jusqu^à StSS francs; Bdia il a été adjugé moyeuast 374^ fcancs, et ae InHive aûloeHeoient en Anglfta-re.

Guillaume Révelois , marchand :

Orat^ saint pÀRÉVÈLBLOIX samtu.

Simple mention du tableau. — Il était placé au couronnement du devant de la clôture de la chapelle de saint Pierre, et avait été offert en 1606 par Guillaume Bérek^; et Marie Devillers, son épouse ( 1 ] .

Révelois porte de gueule, bandé d'argent de trois piè* ces, chargées chaaune de trois fleurs de lys naUireUes, renversées.

Rolland de Villers, bourgeois et marchand :

IThumUU le siyiuil^ modèle.

Simple mention (2). — Dans Y Extrait fait par Antoine Mourei des ordonnances et délibérations de la Confrérie (3), on voit que le 9 sepiteaibre 1607, « il a été arresté que les maistres du Puy feront faire à leurs despem vn tableau du prix de 200 livres, pour ne s'estre en ladite année présenté aucun bourgeois ou autre pour faire la charge de

(1) Iff . de Pagii, 1. 1», f* dial. p. 44. (ft>/àttl.,t.^^t•dial.p.i4.

(3) V. la Cimfrérie d» Puiy, piir M. A. BreuU ; Mém. de ta Soc, des AiU. de Pif., t. xui, p. 620.

fMditre. » Il résulterait de cette citaUoo que Rolland de Villers n'auraU pas accepté la maîtrise, et que les maîtres réunis auraient ^nné le laMeau. Cependant en sali qu'en 1684, ce tableau fut redoré au moyen d*un legs spéeiai fait à la Confrérie par le chanoine Pierre de Villers , qui avait voulu entretenir le don fait par son parent. — Il n'est pas rare de trouver de semblables contradictions dans les documents qui concernent la Confrérie.

Du reste, la destinée du tableau a été fort triste. Plusieurs de nos compatriotes en ont vu les débris appropriés aux plus humbles usages , dans une maison de la rue des Lirots.

André Bouesb « bourgems et marchand.

Vierge de paix du ciel et de la terre.

On sait que Bourse , son épouse , Jacqueline Benoist , et les membres de leurs deux familles, étaient peints dftos le tableau ; au milieu de celte réunion amiénoise, l'artisle avait représenté le roi Henri IV. Pages loue la bonne exécution des portraits et leur coloris naturel ( I ).

Louis Artcs , marchand teinturier.

Portrait qui rend celui qui le voit ekasu.

Son tableau était une copie du portrait de la sainte Vierge , qui , suivant la tradition , aurait été peint par saint Luc. Il se trouvait placé dans la partie de la ciftture

(1) Me. de Pages, tome !«', ^ dial., p. 42.

de la chapelle N. D. TAnglette , doimée par Ârtus » en la même aonée 16M.

Quatre grandes colonnes , de bois doré , d'ordre compose y et deux grandes statues de sakil Louis et de sainte Mai^erite , ptocées dans leurs niches entre les colonnes, formaient l'ornement de cette partie de cl6ture (1).

François Fauqubl , bourgeois et marchand.

Simple mention (3).

— «Ce fut en 1610, dit Pages (i), que vintà Amiens le peintre Quentin Yarin ouYuarin. Il avait appris à peindre sous la direction de maître François Gaget » chanoine de Beauvais. Quelques peintures de ce chanoine existent dans la cathédrale ; mais elles n*approchent pas de celles de son élève. Yarin , après avoir fait à Beauvais un grand nombre d'ouvrages qui ne lui procuraient que d'insuffisantes ressources , vint à Amiens dans Tespoir d'y trouver une meilleure rémunération de son talent. Il peignit des familles entières dans plusieurs tableaux de la cathédrale. Son succès toutefois ne répondit pas à l'idée qu'il s'était faite de son mérite. Il partit pour Paris et se logea dans un grenier de la rue de la Verrerie, chez un marguillier de l'église de saint Jacques de la Boucherie,

(1) Ms, de Pages , tome !•% %« dial. p. %5.

(2) Ego fbs campi. CaniX. cap. t, vers. 1.

(3) Paqiê , tome 1«', %• dial. p. 33.

(I) Ihii,y tome %, soppl. p. 7.

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