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(59) Médecine.
M. le docteur Louis Valeutin a communique des observations sur deux maladies guéries par des moyens qui doivent fixer Tattentioo des praticiens. L'une a pour objet Texpecloration purulente d'un abcès qui parait avoir occupé le médiastin antérieur^ guérie par Tadustion du sternum ^ avec cette inscription : judicium difficile. Le sujet de cette observation est une jeune personne dç dix-huit ans, qui, à la suite du typhus et d'un coup reçu entre les mamelles , fut attaquée à la fois d'expectoration sanguine et purulente. Cette évacuation était facile, la respiration libre; il n'y avait ni diarrhée ni sueurs nocturnes , mais il existait peu d'appétit , et la maigreur augmentait de jour en jour. Le symptôme qui fixait p}us particulièrement l'attention, était une douleur brûlante, qui correspondait à la partie moyenne du sternum et qui ne diminuait qu'après une abon* dante expectoration. Les moyens généraux , régime lacté, bouillon d'escargots, application réitérée de sangsues , n'ayant apporté que très - peii d'amélioration , l'expectoration se soutenant et Iç soulagement qu'elle apportait semblant annoncer une vomique , la malade répétant d'ailleurs que la douleur lui semblait voisine des os ; M. Valertiit ne trouva de ressource que daus l'application dtl feu , qui eut lieu au moyen d'un double moxa im-« prégné de nitre , consumé sur le sternum*
Ce puissant remède améliora Tëtat de la malade ; les symptÔD^es diminuèrent progressivement^ et pendant qu^on entretenait Fulcère artificiel qui comprenait toute Tépaisseur de la peau , quelques accidens survenus par des causes morales et des abus dans le régime ayant été calmés , la jeune personne récupéra enfin une sauté parfaite. Après cet exposé de la maladie , qui avait duré dix-huit mois , où M. Yàlentin a donné une preuve nou. velle de la puissance du feu dans les affections réputées incurabiesp^r les moyens ordinaires, il discute la question relativeàla situation de Fabcès. Il établit les circonstances dans lesquelles des collections purulentes peuvent se former sous le sternum , recherche les causes qui peuvent y donner Eeu, et rapporte, d'après quelques auteurs, les observations propres à confirmer les principes qu'il établit , et à éclairer le diagnostique de ces maladies également obscures et difficiles à conduire à une heureuse issue. 11 termine par ces mots : « si l'ab- » ces a été formé entre les deux lames du médias- » tin, la matière qui n'a manifesté aucun signe t extérieur de son existence dans les bronches , a » dû se frayer une route à travers la p lèvre , fu- > ser dans le poumon, pénétrer dans les bron- » ches et être ainsi évacué par Texpectpration, » Dans k supposition contraire, il s'est formé sous » la plèvre médiastine, dans le tissu de la partie » antérieure du poumon , ^t s'est vidé et rempU > aliçinativement çomnae d'au^rçs vomic^ucst \
La seconde observation a pouf objet nne gastrite aiguë ^ suivie, deux ans après ^d'hjrdropisie ascite prise pour une grosesse. Le sujet était ftgé de 36 ans, ^une constitution lymphatique , avec beaucoup d^embonpoint L^afFection de Testomac ëtait caractérisée par le vomissement de toutes les subs^ tances ^ même des boissons les plus adoucissantes ^ la faiblesse générale , Toppression , la sexisibiKté, la tension et la chaleur brûlante de Fépigastre , Tanxiété , là soif ardente, la petites^ et la dureté du pouls et une suppression de deux mois faisait soupçonner une grossesse. Après s''ètre occupé de la recherche des causes de ta maladie , qull a cru trouver dans l'impression du froid, lesi'eilles, les affections morales et une affection rhuma* tilimale , M. Yalentin s^occupa deâ moyens de la combattre. Les sangsues itérativement appliquées sur répigastre, les fomentations émollientes, les embrocatîons éthérées, opiacées , enfin la pofion effervescente n^ajant apporté que peu de sonlagement, on eut recours à la glace dont le malade âValait avec délices de petits fragmens qui calmaient sa soif. Une saignée du bras fut pratiquée malgré la faiblesse générale et des lipothymies fréquentes; des sinapismes aux pieds furent employés comme révulsifs , et Tusage de la glace iiit porté jusqu'à la dose de plusieurs livres par jour, ce remède étant le seul que Festomacpon- ' Irait suppôt* teh Ces moyens diminuèrent le vo-
% sévères, et ikns preMfue tous ies pays om a » des monastères, des tempies, i-da» cbapeiles » sous FinToratîon de quekfueoom célèbre ckuis » les ûisles religieux, destmés à soulager, oti;4ki« » moins à consoler les nalhenreux affectés » de maux ré |Hités incurable^ II yen avaiti de » consacrés à la cure des scrofialcs ^ des Maladies » nerveuses, des maladies cutanées, 'de rhjdro* » phobie. Celui dont nous allons parjer, f était » an ' trartemenrt de faiîénatton mentale »« Le mode actuellement suivi remonte k mue époque fort éloignée: utiifbrme pour totls les aliénés et toutes les espèces d^aliéanatioR, il-s exécute sons le nom de nenvame dans une durée de 9 jours. L^églis^ <4u village est le lieu où ces malheureux sont reçus et traités. Ils y sont phKrés dans une loge à claire voie , qui les sépare des assislans. Ils ne sont soumis à aucune violence, mais soigneusement gdrdés et astreints à une diète débilitante. La nenvame a trois périodes pendant lesquelles ils doivent être séparée de leurs famiRes et placés dans une situation nouvelle^ imposante et propre à changer Tordre vicieux de leurs pensées et de leurs affections. Pendant la première période, le malade est conduit processionnellement chaque jour à une fontaine placée hors du village oà il reçoit des projections d'eau froide, est exercé à quelques pratiques de dévotion et séquestré le reste du jour. Pendant la seconde période, qatre
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le régime adopte et l'isolement , on a recours à la saignée^ à moins que son exaltation ne soie assez modérée pour s''en dispenser ^ m^is pendant cette durée qui est de trois jours ^ il est placé dans un berceau de bois solide ) où il est retenu par des liens qui maîtrisent tous ses mouvemens» Ce berceau permet de le soumettre à des oscillations plus ou moins rapides , selon que Ton a à combattre une démence plus ou moins violente. Rendu à la liberté dans sa loge pendant le cours de la troisième période, on réitère les mêmes cérémonies et les mêmes exercices que dans la première, et on recommence la neuvaine si elle a été sans succès.
Après avoir exposé le traitement , Fauteur eu examine les moyens et en discute TefEcacité dV près les principes d'une bonne théorie. Il s'étonne qu'une méthode qui , parmi plusieurs pratiques conformes à une saine doctrine , en offre de vicieuses, tel que Tisolement incomplet , la promenade publique, le spectacle des cérémonies religieuses, puisse cependant obtenir des succès^ qui surpassent ceux des hôpitaux les plus savamment dirigés, dans lesquels on ne guérit pas au-delà de la moitié des malades admis, tandis qu'ici dix douzièmes de ces malheureux ont recouvré la raison. Il remarque, avant de chercher à l'expliquer, que les aliénations le plus ordinairement incurables j telles que l'idio-
dsmis, la démence invëtérée et la manie au fermer degré de fureur^ n j sont pas ordinairement présentées; Il examinç ensuite l'influence descéré** monies religieuses ^ si puissantes dans le traitement^ et les compat*e aux effets des spectacles profanes^ € Quoique les spectacles profanes , dit-il , soient » peu favorables aux aliénés ^ les cérémonies f religieuses doivent avoir une influence bien » différente: les premiers^ propres k réveiller i les passions , ne peuvent que ramener le trouble i dans un esprit incapable de se contenir j les i cérémonies religieuses au contraire qui ne rapi pelletit que des pensées graves, que des sou- » venirs de retour sur soi-même, d'efforts contre i ses volontés , de lutte contre ses passiobs , » doivent efficacement disposer le malade & re~ i couvrer sa raison, qui n^est en eflTet que la i puissance de maîtriser ses pencbans. On te— » connaît généralement Tutilité de leur influence 3 dans la théomanie , férotomatiie et toutes les » mélancolies produites par des {fassions exaltées. » Ce qui confirme cette opinion^ c'e^t que ce » mojen était presque le seul employé dans les » maisons religieuses où Ton traitait autrefois la > démence avec quelque succès »•
L'auteur discute ensuite tous les secours physiques réunis à ce moyen mbral , et fixe particulièrement son attention sur les berceaux de eoaction , qui mieux que la plupart des procéder
< 6? ) de cet ordre , € sont propres à faire sentir ali » maniaque l'influence d'une force supérieure »^ capable d^enchainer ses volontés désordonnées^ » et en lui faisant reconnaître qu'on peut réprimer
> les mouvemens impétueux qui le dominent ^ » àfexciler à farire lui-même d'utiles efforts pour » y parvenir. La terreur, ajoute-t-il , que ces ber- » ceaux impriment aux maniaques , ne laisse
> aucun doute qu'ils ne soient propres à faire » renoncer aux violences révoltantes trop sou- » vent exercées envers ces malheureux , à leur » imprimer cependant cette crainte salutaire donit % Futilité est si généralement avouée , et qù^ib
> ne soient bien supérieurs aux corsets et autres 9 entMves ulsités dans ce cas. Aucun de ces y moyens ne peut eu effet comprimer à la fois !» tous les mouvemens violens, phénomènes dû » trouble intérieur qui les domine. Aucun n^est » donc aussi propre à leur faire sentir eflicace- » mentfempire de la nécessité, si puissante pouV » plier les volontés désordonnées à la règle, c'est- » i-dire pour rendre à la raison son précieuse » empire».
Âpres cette discussion de la méthode suivie 2i IBonnet dès le 1 4-^ siècle, et probablement à une époque bien antérieure , Fauteur cherche à remonter au temps quia pu en fournir les bases évidemtnent fondées sur les vrais principes de l'art, temps Ibù elle était enveloppée des mèmes^ténèbres qui coU*
Traient toutes les autres sciences. Il ne doute pas qu^elIes niaient ëtë empruntées aux médecins de Tantiquitë par les religieux béoédictins, fondateurs de cet établissement ^ et voulant payer aux pères de la science le tribut de reconnaissance que. nous leur devons pour leurs travaux dans une partie que Ton croit assez généralement avoir été négligée par euqi:, si ce n'est totalement ignorée, il a jeté un coup-d'œil rapide^ mais étendu , sur cette branche de Thistoire de la médecine antique ^ et tiré de ses archives les mon u mens qui établissent ses droits à la reconnaissance de la postérité. Ji'analyse du petit traité tfe i/i^am'^ ^ inséré parmi les écrits attribués au père de la médecine, or di^ nairement à la suite du livre de morbo sacro , celle du traité de la manie qui fait partie deséciits de Cœlius-Aurélianus, de celui de/urore^ d'Aretée de Cappadoce , du petit article ^f^ insania^ d'Oribaze, enfin des écrits de Paul d'Egine et d'Avicène, prouvent non-seulement que le traitement des maladies de Fesprit n'a pas été ignoré de lantiquité , mais que dans cette partie de Fart ils ont été nos maîtres, et que plusieurs sont encore d'excellens modèles. Le traité de Cœlius-Aurélianus, dont M. Haldat a donné un extrait substantiel, prouve en effet que cet habile médecin n'a ignoré aucun des préceptes utiles, aucune des pratiques salutaires pour la cure des affections mentales. Ses vues sont si étendues-, ses moyens
déduits d^une théorie si pure, que Ton peut dire que les ou vrages modernes les plus philosophiques' sur raliénation mentale , semblent n'en être que le commentaire. Enfin il est remarquable que , parmi les moyens employés de nos jours pour la cure de ces funestes maladies , il n'en est aucun , même des plus récens, tels que la machinerotatoire^Ie fauteuil' de coaction, qui n'aient été connus de Tantiquité. Les correspondances étendues de M. le docleur Louis ValIsntin ont procuré à la Société des renseignemens sur diverses questions de médecine, d'histoire naturelle et d'antiquité^ dont nous ne pouvons donner qu'une idée très -succincte. Les relations de notre collègue avec M. le comte de Langeron , Gouverneur général delà Nouvelle-Russie à Odessa, nous ont fait connaître avec plus d'exactitude la position de cette ville nouvelle, située sous le 4^^ ^9' 3o" de latitude nord, et le 48* 33' 42" de longitude ,à 10 lieues de l'ancienne Odessus ou Odess • selon la prononciation russe. Cette ville, port franc , est le siège de la résidence du Gouverneur général delà Nouvelle- Russie , composée des gouvememens de Cherson , de Katarineslaw, de Tauride, auxquels sont annexées les contrées des Cosaques delaMer-NoireenÂsie dans le Cuban. Ces relations contiennent des détails sur la topographie médicale et le climat de l'ancienne Tauride , l'une des provinces les plus mé-
(70) tidronale et les plus agréable de la Russie ^ sur se^ productions et ses auliquités , à rillustratioi]\ desquelles le comte Jean Potoski a déjà consacré des recherches qui s^étendent avant et depuis Tère chrétienne , et qui ont été publiées à Pétersbourg^ sur les fouilles actuellement exécutées pour éclairer Thistoire de cette province célèbre dans les fastes de Tancienne Grèce ^ sur sa capitale t Symphéropol, anciennement Théodosia; sur Tétât actuel et croissant de sa population composée de Russes , de Français , d'Allemands et de Grecs ^ et sur les maladies qui régnent dans celte province. M. Yalentin a inséré une notice dans le journal général de médecine ^ tome 63) de laquelle il résulte que les maladies de la peau sont très -répandues chez les Tartares^ que plus de moitié de la population est affectée çle pustules sjphriitiques et de dartres ^ que les fluxions de poitrine sont très-communes parmi les étrangers, à raison de la température extrêmement variable, dont les Tartares se préservent par les fourrures usitées en hiver comme en été, et par l'usage du bourka , espèce de manteaiji de feutre qu'ils portent à cheval et qui les préserve efficacement de l'impression des vents froids ; que les maladies des yeux , les scrofules et la pierre de la vessie y sont très -rares; que dans Fespace de six mois on n^ observé à Syrophéropol i|u'un seul asthmatique ^ que la vaccination n'est
(71) ftdmise que par les étrangers, les Tartares la re« jetant i raison de leur attachement à la doctrine du fatalisme ; enfin que les piqûres de la tarentule donnent la mort en peu de temps^ si on ne les combat par la cautérisation de la blessure, et que Ip traitement de cette maladie par la pDusique est une fable d'autant plus ridicule , que ceux qui sont mordus par cet insecte sont dans uqe impuissance absolue de se mouvoir sans être pris 4e suf* focaiion, bien loin de pouvoir danser comtqe qu le supposait*
Les relations de M^Talentin avec le Nouveau- Monde nous ont procuré la connaissance des obser*^ vations du docteur Olivier Prescot sur la propriété singulière qu^a le seigle ergoté de bâter le travail de Taccoucbement. Cet observateur a reconnu qu'un gros de cette substatJice, bouilli dans quatre onces d'eau divisées en trois doses, et don^é à vingt minutes d'intervalle, accélère le travail et bâtq Tac-^ coucbement,lorsqu*il languit.Les recherches de M. Yalentin lui ont prouvé que ce remède, mal k propos considéré comme nouveau , était déjà connu depuis assez long-temps chez les paysans du département du Rhône, et qu'il était employé par les sages-femmes, sous le nom de cambucle, d'après le rapport du docteur Desgranges qui Ta vu administrer plus de vingt fois en six années* Il soupçonne aqs^i que la poudre obstélriciale vantée
p^r 3^ihlaW) accQucheur bolUndois, pourrait
( 72 ) n'être que la même substance. lEm&u il cite Valmont de Bomare , dont le dictionnaire d'histoire naturelle fait mention de cures obtenues par ce remède administré dans le Vexiu^ dès Tannée 1774^ par les dames Dupile. La poudre de seigle ergoté, remise entre les mains du docteur Bonfils ^ praticien distingué de cette ville, a offert deux observations favorables à cette substance^ mais des renseignemens postérieurs n'étant pas d'ac^ cord avec les premiers, fauteur engage les praticiens à multiplier les essais pour confirmer ou infirmer une propriété qui ne serait pas moins litile a fart, qu^elle serait singulière en elle-même*
La description d'un manlelet de cuir provenant delà nation Assiniboile dans f Amérique septentrionale , ouvrage dont le travail est également curieux pour fexécution du dessin et pour Ie$ objets représentés, a fourni à M* Yalentin le sujet de réflexions générales sur forigine des firts che» les peuples naissans.
Le même membre a présenté à la Société la des^ cription et le dessin gravé de briques rapportées d'Asie à New-Yorck, dans le mois de Janvier 1817^ par le capitaine Ausiin. Ces briques, qui proviennent des ruines de l'ancienne Babylone, por-^ tent des caractères en creux très-réguliers, diPfcrens de tons les alphabets connus , etquiremon-^ tant à la plus haute antiquité, appellent les méditations de tous les antic^uaire$« £,Ues out
f 73) exerce la sagacité de M. Mathieu , qui a essayé d'en pénétrer le sens mystérieux.
Enfin la correspondance de M. Yalentin lui a procuré des détails sur la construction et Tusage d'un fauteuil coactif, imaginé par le professeur Benjamin Rusch , pour contenir les maniaques > et maîtriser à la fois tous les mouvemens impétueux qui les dominent. M. le docteur Haldat a retrouvé Fidée première de cette utile invention les berceaux employés au même usage aa vilQ^ de Bonnet , dès le 1 4*^ siècle , comme il a retrouvé le type de la machine rotatoire , employée aussi pour la cure de la démence , dans les écrits de^ul d'Egine.
içulture et Arts.
M. Gharles-Léopold Mathieu a composé un mémoire très- étendu sur les améliorations dont t agriculture française et celle de notre province en particulier lui semblent susceptibles. Après quelques considérations générales sur ce premier des arts , la plus utile et la plus noble des inventions humaines , où se montre dans tout son jour Tempire de Phomme sur la nature, et où Ton trouve la source la plus féconde de la prospérité des na« tions, il jette un coup-d'œil rapide sur son état actuel chez les différens peuples. Après avoir payé un tribut d'éloge aux agriculteurs fran* çais qui ont fait les plus généreux et les plus
( 74 ) utiles effbrU pour le perfectionner chez nous, il dëplore Fétat d'enfance et de langueur où il se trouve encore dans quelques parties de nos provinces. Il montre des landes incultes, des montagnes stériles, des plaines où la végétation lac^guitsous rinfluence deTaveugle routine \ de vastes contrées riches eu pâturages et pauvres en bes^ tiaux; des provinces entières où pourraient se faire de grandes plantations , maintenant privées de combustibles. Il peint le montagnard des Cévennes, Thabitant pauvre du Limosin, vivant encore de châtaignes et de glands comme àul premiers âges du monde. Urappelle la disette ai&euse k laquelle nous venons d'échapper , qui prouve malheureusement que, malgré sa fertilité naturelle, notre sol ne peut toujours suffire â nos besoins. Il invite enfin tous les agriculteurs , tous les hommes dévoués au bien public, a méditer les méthodeis agricoles de nos voisins, et à enrichir notre partie par dlieureux larcins : conquêtes plus utiles et plus durables que ceUcs qui se font l^s arabes à }a main,
M. Mathieu invoque Texemple des Chinois , peuple industrieux que Texubérance de $a po* pulatio.n a forcé à rechercher les méthodes d^ culture les plus productives, chez lequel aucune terre n'obtient de repos , où le travail le plus opiniâtre féconde même les plus stériles. Il s'efforce de prouver <|ue Tart peut dpuner 4 (.oiitet^rr^ Içf
( 75 > qualités que la nali^re lui a refusées^ au iQOtyen dei ÇDgrais et des labours multipliés^ qu'il indiquç comme le; premiers et les principaux perfecr tionnemens à introduire dans la pratique dç Fagriculture. Le perfectionnement ^e la charrue fixe encore son attention. Il prouye sur-tout la nécessité de proportionner Tétendue des terrains en exploitation aux bras qui doivent y être em* ployés, et établit que la disproportion qui existç trop souvent est une des causes les plus funestes de la stérilité des terres. Il conseille en conséquence les petites fermes qui multiplient les bras^ rapprochent les cultivateurs des terreins cultivés , augmentent Taisance du peuple et mettent les propriétaires à Tabri des combinaisons de la eu* pidité : chances fâcheuses qui résultent de la division du terrein en grandes fermes dont les exploitations sont à la portée d'un trop petit nombre de concurrens. Il indique les moyens de diviser ainsi une grande ferme entre plusieurs cultivateurs , et les a vantsiges qu^il y a de multiplier le nombre de ces hommes utiles & TÉtat. U propose ses vues relativesaux engrais, les moyens d'en augmenter la quantité , et indique les espèces applicables aux diverses natures de terrein.
Les bestiaux , Fart de les multiplier , les moyens de les nourrir selon leur espèce, leur âge et le temps de Fannéç^ forment un long article où
(76) Fauteur prouve Tutilité d'associer les grains, les racines succulentes aux fourrages ordinaires , et la nécessité de multiplier les grains nécessaires à la nourriture d'un bétail plus nombreux. 11 indique les diverses espèces qui peuvent être introduites dans chaque province, et les avantages qu'ils doivent procurer par eux-mêmes en augmentant les engrais. Il déplore la pauvreté de la France qui , plus étendue plus fertile , plus peuplée que l'Angleterre, a cependant des troupeaux bien moins nombreux. 11 parle de l'éducation , de la multiplication des abeilles et des avantages que ces insectes, plus nombreux, rendraient au pays, en répandant un aliment utile , préférable au sucre et propre à nous débarrasser d'un tribut à l'étranger.
Les plantations forment un dernier article qui ti'est ni le moins étendu ni le moins intéressant , et dans lequel M. Mathieu prouve la nécessité de les multiplier pour remédier à la pénurie des bois qui depuis long-temps se fait sentir , et qu'on peut regarder comme une des sources de la misère publique dans plusieurs de nos provinces. 11 indique les diverses espèces d'arbres propres à peupler et à embellir les chemins vicinaux, les bords des ruisseaux et des rivières, k couronner le sommet des montagnes incultes; enfin il appelle l'attention des agriculteurs sur la culture du lin de la Nouvelle* Zélande {phormius tenax de Forster ), déjà
suivie k Marseille, et qui promet de grands avan« tâges au commerce , à Tindustrie et à la marine*. Uauteur prouve enfin que ces améliorations commandées par Fintérêt public , et déjà encou* ragées par d^heureux résultats, pourraient s^exécuter en quelques années et donner à notre patrie toute la splendeur et la prospérité à laquelle elle a droit d'aspirer.
Le même académicien a consacré un second
mémoire à T examen de la culture des céréales. La rapidité de la végétation du blé a d'abord fixé son attention. Profitant des observations fournies par les années précédentes, où les pluies immodérées d^automne ont laissé un grand nombre de terres à la culture vemale , il établit les avantages des semailles faites en cette saison, qui donnent des produits aussi abondans, et dont la récolte n'est en retard sur celle des semailles d'automne que d'une durée égale au temps nécessaire i la ger-mination. Il cherche ensuite k remonter à la cause de la moucheture du blé, accident commun dans nos départemens, et que des observations réitérées lui ont prouvé dépendre d'une grand nombre de circonstances: de finlervalle de temps qui s'écoule entre les labours et la semaillejdu chaulage, selon que le blé chaulé est semé dans un labour nouveau ou ancien^ de la nature des terres, en sorte que le blé non chaulé se moucheté dans un labour nouveau , tandis qu'il se montra
ezenipt de mouclieture dans un labour ancien , quoique la semence n'ait pas été préparée àla chaux. Il établit que les terres argileuses solitcelles'quifavôrisent le plus la moucheture^ et qu'au contraire^ les blés semés dans les terres légères en sont le plus ordinairement exempts. Cherchant ensuite & tetnouler aux Causer efficientes de cette funeste maladie des grains, Pauteur propose quelques hypothèl^es et indique les moyens d'en préserver les grains , dont les plus efficaces paraissent être le chantage et le changement de semence.
La végétation de Forge présente d'autres phénomènes que celle du blé: plus parfaite dans les terres troplégèreset d'un nouveau labour, elle languit et dégénère dans un labour ancien. M. Mathieu termine par quelques considérations sur la multiplication des espces de céréales qu'il regarde comme un lttx:e inutile plutôt que comme une véritable richesse^ toutes ces espèces étant inférieures au froment, au tant pour la qualité nutritive que pour la force de végétation , qui les expose plus que ce précieux végétal aux avaries produites par l'intempérie des saisons.
M. Ma NDEL , chargé d'examiner différèns procédés relatifs à la conservation et à la culture des pommes de terre, a vérifié un procédé de propagation annoncé à l'Académie par M. Lesaing, habile dentiste de cette ville 3 procédé qui cpnsiste
(79) en- une simple bouture ou marcotte des tiges de cette plante. M. Maiidel qui Ta répété avec soin , a en effet obtenu des tubercules^ mais il a observe qu'il en est de la bouture des tiges de cette plante comme des semis de ses graines, dont il a depuis longtemps constaté les avantages pour la multiplication et le renouvellement des plants. L'un et Tautre de ces procédés ne donne la première année que des tubercules très-petits, propres seulement & la propagation de la plante. Il a aussi examiné le procédé de propagation dans lequel on emploie les pelures, dont il a constaté Futilité, et dont TefHcacité dépend de la précaution de tenir le^ pelures assez épaisses pour comprendre les germes régénérateurs de la plante. M. Makdel a développé les avantages de cette méthode dansles circonstances de disette, et il conseille ^ans ces années désastreuses de recueillir les pelures dans une caisse remplie de sable humide, ou placée dans une cave pour les en tirer à Fépoquè de la planlalioil.
Le même auteur a encore exposé et vérifié divers procédés proposés pour conserver et proj^ager cet utile aliment. II en a modifié quelques* tkns et amélioré plusieurs , et a présenté des vues utiles sur ce sujet dans un mémoire accueilli par Fadminis^râtion.
La Société a entendu les justes récfanlations de M. MâItdel cônùCe plusieurs écononiist)es qui
se sont approprié sou utile invention pour la restauration des vins gras, laquelle consiste i les brasser en leur ajoutant la crème de tartre. Ce procédé y qu^il a fait connaître dans un mémoire sur Tart de conserver et de rétablir les vins ^ publiée Nancy, lui a depuis valu un prix au jugement de la Société d^agriculture du département de la Marne* La Société qui sait que Fauteur le pratiquait long-temps avant de le publier , a cru devoir lui rendre la justice qui lui est due par un témoignage favorable à sa propriété. M. M ANDEL a recueilli des observations sur les . inconvéniens qui résultent de t emploi du fumier dans Us plants de vignes ^ il a prouvé par des exemples 'nombreux et frappans que cette pratique, suivie par quelques personnes peu instruites, dans Fintention d'obtenir des produits plus abondans , non-seulement nuit à la qualité du fruit, mais en diminue considérablement la quantité. Le même membre a encore communiqué un procédé propre à faire périr les limaces destructrices des potagers.
La charrue proposée par le sieur Masson , charron à Domèvre , est composée d'un plus grand nombre de pièces que les cbarrues usitées dans le pajs, mais elle se prête plus com^ modément aux diverses opérations du labourage. Les nôtres opposent beaucoup de résistance; elles ne peuvent tourner sans qu'on
^ulètè là iiaîe, ne peuvent labourer contre les murs ni circulairement^ enfin elles marchent, une roue enfoncée dans b silloa et Fautre élevée ^ ce qui donne au train une obli^ quité défavorable. Ce sont toutes ces imperfections* que M. Masson a cherché à éviter. Il a rendu son train plus mobile en élargissant* les jantes des roues ^ chacune a un axe particulier et d^ua diamètre différent, pour marcher parallèlement au train, lors même que Tune d'elles est engagée dans le sillon , pour aller d^une vitesse égale et tourner plus facilement lorsqu'il s^agit' de passer dW sillon à un autre. L^oreille^ qui doit éprouver la résistance dil terrein, est pourvue de rouleaux mobiles sur leur axe, pour diminuer le frottement, élever et renverser convenablement la glèbe. Des décrottoirs de fer nettoient ces rouleaux ainsi que les essieux desroues. La haie fixe de nos charrues Ile permettant pas de tracer un sillon dans le plan d^une roue , le sieur Masson a donné cet avantage à la sieAne^ au moyen d'une pièce transversale placée derrière le train, et sur la- (Juelle repose la haie, par le moyen d'une flèche mobile qui permet de transporter le soc à différentes places et d'en varier l'inclinaison.
La Commission chargée de l'etamen de cet instrument a trouvé qu'il remplit en partie Ici Yues deraoteur et mérite des éloges. M. Vautrin ^
( 82 ) rédacteur du rapport, observe qu^1 est encore susceptible de quelques perfeclionnemens propres à favoriser Faction des cbevaux et i maintenir le soc dans une position constante \ mais il ne dissimule pas que, la première qualité
y . pour la perfection d'une charrue étant la simplicité,
on ne peut guère approprier' à des circons-
■ tances rares Tinstrument destiné 'au labour
commun , sans nuire i cette qualité indispensable.
Les avantages que la lithographie procure aux arts dépendans du dessin , "dont elle fixe les pensées âvec une merveilleuse facilité , fesait . depuis long-temps désirer la découverte d'un minéral propre à affranchir nos artistes du tribut payé k TAIIemagne. On avait proposé deux moyens de suppléer à la pierre de Papenheim : les ans désiraient de la chimie et de la plastique réunies une composition terreuse propre i la remplacer; d'autres ne doutant pas que le sol de la France ne dût renfermer un semblable minéral, s'adressaient aux naturalistes pour le leur fournir. C'est à ce dernier vœu que M. Charles-Léopold BIathieu s'est efforcé de satisfaire. La connaissance
' des roches calcaires de notre province variées
également par leur texture et les proportions de l'alumine et de la chaux, qui eusontlesélémens,lui fesait espérer que ses recherches seraient couroo* pées de succès. U rassembla donc un grand nombrà
dVchantillonsf mais la plupart étaient trbppotenx^ 'trop attaquables par racide) et trop teudres pour supporter Taction de la presse. Il faut^ comme le dit M. Mathieu ) pour satisfaire à toutes les conditions ) un mélange où la proportion des ëlémens tempère Tactioti de Tacide, conserve la surface de la pierre , et qui , avec une porosité capable de retenir le crayon et Tencre appropriée aux procédés, soit cepeadant susceptible de poli ^ il faut enfin qu'il offre une forme tabulaire disposée en couches asse2 minces pour pouvoir remployer commodément.
Après de nombreux essais , toutes ces qualités se sont trouvées réunies dans la pierre tabulaire de Ferrière-sur-Moselle. Son analyse comparée à celle de Papenbeim offre une grande ressemblance. Cependant celle de notre Département contient une plus grande proportion d'alumine. L'ayant soumise à un essai, M. Mathieu s'assura enfin qu'elle réunissait les conditions désirables pour les travaux lithographiques^ et afin de fournir en même temps le moyen de retrouver le gite de la pierre, s'il venait à s'oublier , il l'employa i reproduire l'aspect du lieu où elle se rencontre. La pierre de Perrière forme un banc continu de deux lieues de longueur , depuis ce village jusqu'à Bayon, et s'étend en largeur jusqu'à Neuviller, au-' delà de la Moselle , où elle offre un grain aussi fin que celle dePapenheim. On la trouve dans les champs à un pied du sol , en tables rhom-
boldates dé dimensiom variables , depuis un demi-» pied d'épaisseur jusqu^à près d'uu pied* c Quel-
> qMe découverte que Tod puisse faire de pierres » litographiques, dit Fauteur, celle de Ferrière- ■% sur- Moselle sera toujours la première en France i où Ton aura trouve toutes les ^alités né- )» cessaires pour la lithographie* Son abondance,
> sa proximité delà Moselle, qufi |)feut servir
> à la iranspbrter à peu dé frâi^ diabs nos '^ provinces et même au dehors, lie voisinage '^ du^ès des Vosges , propre k la poUr^ h réiidront
» précieuse abt arCâ. ^
M. MiT^tBt a fait enicore des lexpériénces qui tendent à varier etl simplifier le procède litbo- "^rapfaique. Il a esi^yé sur là pierre de Fterrièris i'encre brdinaire dïÀipritnerie délayée avec Thuilé de lih, le surf etl'âtdnge eoloi^é avec te fiotr de ftiméë et àlongé d'huile, dé ïnbiiiêre & ^pouvoir Rappliquer an pinceau^ etifin il à substitué & la pre^ lithographique éeUe k ciliiidre, Remployée poarrimpressioil des planchés en tàillÀ- ^Ofoce; ce qtii li^effectuiê eu plaçatit la piiôirie K- 'Vhôgf dphi^e à^Jis un tiroir de bois doublé ^ •plomb, pour recoeiltir Pacide, et couverte d^im tfjrftipàn sous lequel se place le papier qui doit ^recevoir llmpression. La pierre ainsi établie ' et fixée par des cales et des étais de bois ^l de carton, est soumise à rdctiôû d'un eilitidi^ entre lequel elle passe àvê<; aufaût de ûtililK
qu'uxi.e pIsiQctie en tailIe-dQuce. Uautear espère que ç^ moy^n perfeçiiooiié généralisera le procédé Utbograpbique , et eu fecilitera Tapplication à Fimp(<s$îoQ de3 .étoffes et de^ papiers 4e décoration. I^emêoieacadéaiicien s'est aussi livré a d'autres ^cherches sur Tart ^e multiplier Timpression. Les diflScultés et l^s embarras de Timprimeria ordinaire dit-il , faisaient désirer de pouvoir im«* primer sa propre écriture^ lorsque la lidio-i graphie <?p .offrit les moyens ^ pais le travail est ^ujet i s'altérer par la moindre maladresse de rimprimeur, il a encore rinconvénijpnt d'exiger ^p^ écriture tracée de droit^ & gauche , ce qui suppose beaucoup d'exerc|ce dans celui qui le praûqiiie* La jltjb^ograpbie laissait donc encore à dc^jrer uu procéda qui donnât à récritare la solidité des* caractères d'imprimerie , et qui i^t à la pc^rtée de tout le monde. C^est cet avantage que procure la lUbostéréotjrpie ^ ou Tari d'ifcrire en creux^ de gauche à droite, sur un corps tendre tel que la craie, le plâtre ou Far-gile, 4^3 pages que l'on moule ensuite avec le i(Qéu4 dont se font les caractères d'imprimerie» » Ce procédé, qui peut s'appliquer à toute espèce 4'écnture, de dessin, de vignette au simple trait , do^qe des pages qui s'impriment à la manier^ ordinaire avec le levier ou le maillet* Elles se préparent en traçant avec une pointe à collet sur fUDte JldbleUe de cjrai^i de plâtre ou d'argile sèckt
des traits d^une demi-ligne de profondeur. Ensuite, on introduit la planche grayée dans ua cadre dont les bords un peu élevés reçoivent un fond entre lequel et la planche se trouve un intervalle pour recevoir la fonte, qui doit donner une planche stéréotype propre à fournir des épreuves, après qu'ion a égalisé les caractères saillans au moyen d'un grès fin , connu sous le nom de pierre à dresser.
L'auteur* indique dans son mémoire toutes les précautions capables d'a$surer le succès de cette espèce de ^réotypie , qu'on peut substituer à la gravure en bois, même à celle en taille-douce au simple trait, et qui promet de graHds avantages pour les impressions polyglottes si dispendieuses, à raison de la diversité des caractères, dont elle réduit le travail à celui de l'écriture ordinaire. Les limites decetextraitne permettent pas d'entrer dans les détails relatifs à l'exécution ^ mais nous annonçons que l'auteur a mis sous les yeux de l'Académie quelques pages obtenues par ce moyen, qui en prouvent l'efficacité, et font désirer qu'il obtienne toiite la perfection dont il est susceptible.
Le sieur Mengin, ferblantier de cette Ville, a présenté i l'Académie une trompette de fer-blanc qu'il propose de substituer au laiton. La comparaison quia étéfaite de cet instrument avec un semblable exécuté en cuivre, a prouvé, comme
(«7) la théorie rindique , qu'il ne ki cède ni pour U force ni pour la beauté des sons. En accordant au sieur Mengin les éloges dûs à son habileté à traiter le fer-blanc , la Société demeure persuadée que le cuivre sera toujours préféré pour la fabrication de ces instrumens, à raison du travail qui en est plus £icile et de la conservation mieux assurée par la qualité moins oxidable du métal.
Les râpes nouvelles, présentées par le sieur Levert, tourneur et mécanicien de cette ville ^ ont obtenu l'approbation de la Société , d'après le rapport d'une Commission qui s'est assurée que leurs dentures rhomboidales, beaucoup plus vives^ exécutent l'opération à laquelleelles softt destinées^ avec beaucoup plus de promptitude , et qu'elles ont l'avantage de moins s'empâter que les râpes ordinaires: ce qui les rend sur-tout convenables pour réduire en pulpe les racines et les fruits succulens et visqueux.