LITTÉRATURE
Biographie ,• Éloges, historiques.
Dans la Séance publique du âo Août i8i8| lA. Justin Lamoceeux a prononcé T Eloge dé M^ le baron Henry ^ Premier Président honoraire de la Cour royale de Nancy , que T Açadéinie se félicitait de compter au ùombre de ses inembres, et dont le beau caractère mérite d^etr^ proposé pour modèle à tous ceux qui se destinent fi la magistrature. Mr Henry débuta dans la carrière du Barreau en 1 754* Ses premiers pas furent marqués par des succès qui ne firent que •^accroître et s^afiermir avec Tâge.* Pouvant aspirer -% aux palmes de l'éloquence , il ne voulut exer- > cer sur les esprits que Tascendant d^une raison » forte et puissante j il croyait que les prestiges ^ de Part oratoire étaient plus propres à dégui- » ser la marcbe tortueuse du dol et de la fraude | » qu'à éclairer la justice sur le bon droit des. » parties. Il était persuadé que le temps augmen- » tait le prix de ce genre de mérite, qui consiste - » à exposer avec clarté et simplicité les faits de » chaquecause^endéduire les conséquences qui ré- » sultent de Tappllcation des principes généraux , » ou du texte des lois et des décisions des tribunaux^ » il s'était attacbé, pour ainsi dire , à mettre eu f pratique et à confirmer par sou exemple ces
(89) « belles paroles de d'Aguesseau: la science a » ses couronnes aussi bien que Céloquence , et » tordre des avocats ne se vante pas moins » des grands hommes qui Vont enrichi par leur » érudition^ que de ceux qui Vont orné par leur' » éloquence. &L Henry avait donc mesure toute
> Fe'teodue de ses devoirs lorsquMl pensait que » la doctrine devait être le guide principal de » Tavocai dans Texercice de son ministère. Cette » manière d^envisager se^ obligations^ dé les ren- » dre plus étroites encore , dit assez quel devait » être le noble désintéressement de celui qui » préférait le triomphe de la vérité aux jouis- » sances que donne la gloire ^et ce sacrifice d^une » plus haute renommée ne témoigne-t-il pas » que eelui de la fortune ne coûtait rien à son
> cœur P »
L'auteur suit M. Henry dans la nouvelle carrière que les événemens de 1789 ouvrirent aux talenset sur-toutau courage de ce digne Magistrat* » Appelé par le choix de ses concitoyens aux » (onctions d'Administrateur, lors de la création t des Directoires 4e département, M. Henry » déploya d«ns cette mission de confiance toute n rétendue Ats lun|îères que sa longue expé->- » rieace et ses n^éditations sur les lois lui avaient » fait acquérJMT^ mais dont Téclat cède encore à : » celui que vif^ikà un de ces caractères antiques , ^-qm fie savwt^échîr ni devant rînjustice puis*
( 90 ) i santé, ni devant les menaces de la mulli^ude ^' i quand il s^agit d'accomplir un devoir. Parmi f les traits de ce genre dont la vie de M. Henry » est semëe, il faut rappeler la conduite noble' i et courageuse qu'il tint pendant les troubles * affreux qui éclatèrent à PÎfancy auf mois d'Août i 1790. Oubliera-t-on jamais le noble silence
> qu'il garda, lorsqu'une députation factieuse vint » demander au Corps administratif qu'il eût à se » prononcer pour la suspension du monarque i » Ou l'arrêté (*) énei'gîqué ^ui fut pris sous sa" % présidence pour appujrer h demande des cî- » loyens les plus recommandables de Nancy , qui, » bravant une proscription imminente , récla-
> maient la conservation de fa statue en bronze » de Louis ^V, menacée par le vandalisme » révolutionnaire?»
€ Il était encore Président du directoire lors-^ ^ qu'une commission , déléguée par fa *Sbi> cicté populaire de Nancy , vint exprimer' » aux administrateurs le désir de connaître les
(*) M. Justin Lamourcux a désire que rAcadémie con— ' iîgnAt dans ses nrémoires les termes de cet acte administratif^ aussi lK)norablc que courageux , aQu que le souvetiir n^ea fût pas perdu pour Thistoire de notre pays.
< Le Couseil du département de la Meurthe ^ considérant
> que la statue de Louis XV , élevée à Nancy par Stanislas ,
> est un monument consacré non k forgueil ni à la ty-^
> rannie , mais à la reconnaissance^ par la piété filiale \ que
> les citoyens de Naùicy , pénétrés de respect et d^attache^
( 9» ) » mesures qu'ils avaient dû prendre pour se-^ » couder le gouvernement révolutionnaire qui » commençait à s'établir, et osait ajouter que » le président du Département n'avait point sa » confiance. Vous pouvei^ répondit M. Henry^ » vous reposer sur la sollicitude du directoire » du département en ce qui concerne t exécution » des lois. Quant à la confiance que vous dites » ne point avoir en son Président^ non-seulement » il ne s* en soucie pas , mais il serait très- fâché » de Vayoir obtenue.
» Cette fermeté sloique déconcerta les députés » de Tanarchie, mais aigrit le peuple qui en- » tourait le lieu où le corps administratif tenait » ses séances. Les menaces les plus effrayanten
> ment pour la mémoire du Prince bienfaisant qui l'a ^t
> ériger , regardent comme une marque d^ingratitude envers
> Stanislas , de déplacer Fimage que son cœur s^est plu à
> présenter à tous les jeux; que ce morceau , chef-<L^œuyrc
> d^un de nos compatriotes ^ fait honneur à Nangr , et attire
> Tadmiration des étrangers ; que, conune pièce intéressant
> las arts , diaprés la loi même, elle doit être conservée \ que
> le poids énorme de cette statue de bronze et son éleva-
> tion font craindre qu^on ne la mutile en la descendant ^
> et qu^un morceau si précieux ne soit perdu pour les arts, etc. > Arrête que la pétition des citoyens de Nancjr sera
» sur le champ envoyée à rassemblée nationale , avec invi*-. » tation de l'accueillir.
Kancy, le 4 Septembre 179a.
Signé HiniT i Président d^e.
parriorent jiisqu!au digne Pfésideot^ Mot ébranler son courage , et malgré les cooseili qui lui furent donnés de ne point affronter lef fureurs démagogiques , il persista à sortir seul au milieu de cette troupe mutinée. Soq air Î9i<r posant et grave , sa taille élevée , et plus que tout cela l'ascendant qu'exerce toujours sur le peuple la force d'âme non moiris adaiirable . dans le magistrat que dans le guerrier, iiupit rèrent une sorte d'admiration qui enchaîne les plus furieux. M. Henry regagne ainsi à paf lents sa demeure, et l'on ne sait, en voyant sa contenance impassible et l'espèce de stupeuf où un peuple naguère impétueux e^t plongé , si M. Henry en ^t l'idole ou s'il a f9illi4en£ire la victime. Une telle magnanimité ne pouvait rester sans récompense j M. Henry partagea ceUe qui fut le prix du dévouement de tant de dignes fonctionnaires, c^est-à-dirjs que les prisons s^ouvrirent pq^rluî, et qu'il n^en sortit que par suite des évènemens qui amenèrent la chute de la tyrannie décemvirale. L'indi* gnation qu'il ressentit contre tes auteurs de ses maux, ne fut mêlée d^aucun ressentiment personnel. O grandeur d'ame admt- . rable ! ces mêmes hommes qui l'ayaient arraché à sa famille et à la société, sont amenés » un jour par la discussion de leurs intérêts aux » pieds du tribunal que préside M. Henry. Se
(93) i récusera-t-îl , de peur de paraître céder à quel-
> que souvenir amer , ou bien , conciliant les idées » du droit et de la vengeance , à 1 aide desquelles W tant d'hommes modifient la justice etTexercent » au gré de leurs passions, ira-t-il sacrifier, je né » dirai pas Téquité, mais quelques principes à ta » triste satisfaction de montrer que son cœur né 'i sait rien oublier T Non! de tels sentimens, faits
> pour les hommes vulgaires, ne peuvent avoiir t d'accès dans Tamè de M. Henry : il distribue à » ses persécuteurs avec autant de calme que d'im- » partialité cette même justice hors de laquelle » ils Tavaiént placé \ et comme leur bon droit était » évident) ils sortent triomphans d'une lutte dans ^ laquelle leur nom même n'a pu élever de pré- » ventlon contre la légitimité de leur demande. ^
Aussitôt qu'une apparence d'ordre vint rendre
^ Ixltat une assiète plus fixe, M. Henry fut désigna
'tin des premiers pour faire partie des nouveaux
^tribunaux civils qui furent institués sous l'empire
de la constitution de Fan 3. II exerça ses fonc-
ttotis Jusqu'à la création de la Coiir d'appel, dontîl
fut nommé d'abord Président, et ensuite Premier
TrésidcntJ « Ce serait à Tun des magistrats qui l'ont
> suivi dans cette honorable carrière, qu'il ap-
'» partiéndrait de célébrer dignement les grandes
» qualités que déploya M. Henry à la têlc de celte
>..compaguie. Déjà l'un de nos collègues (*) que
{*) U. Sahdio , Prétideûit k la Cour rojale.
(94) » les senlimens d'une mutuelle estime unissaient » à M. Henry, et qui a secondé ses nobles travaux, » nous a devancés dans cette tâche pieuse. Un ^ autre orateur, aussi distingué par son talent > que par ses vertus sociale, (^) a exprimé de » la manière la plus heureuse, dans un discours » de rentrée , les regrets du barreau sur la perte » qu il venait de faire i». M. Justin Lamoureux essaye encore de retracer après eux tout ce qu^a fait M. Henry pour fonder Tempire de la justice sur des arrêts entièrement conformes aux dispositions des lois, et dans leur silence, aux règles du droit commun ou de Téquité naturelle.
Les fonctions de M. Henry ne lui permirent pas de prendre aux travaux de TAcadémie une part aussi active qu^ilTeût désiré^ mais il ne laissa échapper aucune occasion d'éclairer nos discussions particulières et de nous donner des gages de son attachement. C'est ainsi qu^il s^empressa d'abjurer le titre de Membre honoraire qu'on avait voulu lui décerner, pour s'en tenir à la qualité de titulaire, plus digne de son mérite personnel et de sa modestie.
€ Comme il dédaignait la flatterie,. jamais ou » ne le vit caresser la puissance pour eu obtenir » de nouvelles faveurs. On n'oubliera pas qu^i > rinstallaUon de la Cour d'appel ,. il prononça
W M. de Luxer, alors Substitut k la Cour Royale, aujoiu> d^Lui Procureur du Roi à Nancy.
an (discours dans lequel il secoua le jodg, c|dé s^imposaient le plus grand nombre des fouc^ tionnaires en défaveur, les panégyristes scrviles du chef du Gouvernement. La tourbe des adulateurs en poussa des cris de rage^M. Henry les entendit et les méprisa.
» C^esl avec un caractère toujours^ aussi décidé que ce Magistrat avait traversé une longue carrière, sans dévier un seul instant de la ligné qu'il s'était tracée, et sans interrompre les tra^ vaut Honorables qui ont si puissamment con^ tribué à la paix et au bonheur d^ ses compatriotes. Les infirmités qui vinrent assaillir s« vieillesse le contraignirent k se retirer plutôt qu'il n'aurait voulu) ses facultés physiques déclinaient lorsque sa tête était encore dans toute sa force. Le Monarque , si juste appré-* dateur de tous les genres de mérite', allégea le fardeau de ses fonctions en lui conférant le titre de Premier Président honoraire.
^ Devenu plus libre ^ M. Henry consacra les.
instans quin étaient point remplis par la douleur à rinstrtjction de ses petits-enfans : c'est ainsi que les Pelletier et les d'Aguesseau occupaient leurs lonirs. La simplicité des moeurs antiques régnait au sein de sa famille ^ une certaine austérité de principes lui donnait quelquefois un air rigide^ mais la bonté de sou cœur tempérait toujours cette doctrine inflexible en apparence^
» C'est en remplissant des devoirs aussi doux w que notre Collrgne s'est éteint et a emportf^ > dans le tombeau le secret d'une vie dont » nous retrouvons trop peu d'exemples. Que » le souvenir de SCS vertus, si on ne peut les » égaler, soutienne au moins notre faiblesse. » Attachons-nous à un'modèle aussi parfait^ et » si nous ne pouvons en approcher qu'à une n^ distance encore assez grande, consolons-nous » par la pensée que nous aurons fait tout ce qui » dépendait de nous pour Timiter. »
M. Mathieu (Charles-Léopold) a consacré à la mémoire de M. François-Dominique de Maryd'Eh'ange un éloge historique^ q\}\ rappelle les talens , les vertus , les travaux et la fin déplorable de cet ancien Membre de la Société royale des Sciences , Lettres et Arts de Nancy, aux travaux de laquelle il a concouru depuis 1780 jusqu'en 1794*
]Vé à Nancy en 1738, d'une famille distinguée parles services qu'elle avait rendus à la province^ allié à plusieurs maisons considérables , doué de beaucoup d*aptitude et d'une application rare, le jeune Mory pouvait obtenir les avantages que procurait à celte époque la réunion de la nais- $ inrc et des talens , s'il eût éf.6 sensible aux attraits de rambition.Ilse livra pendant quelque temps à |a profession d'avocat, dont la noble indépendance^
flattait son ame fière et désintéressée. Son père h lui fit quitter pour les armes ^ mais la mort qui Tenleva , et celle de Stanislas qui survint vers kk thème époque^ lui ayant rendu la liberté de se li^ vrer à ses goûts ^ il se dévoua à la retraite et a la culture des lettres , ohjet de tousses désirs. U composa un grand nombre d^ouvrages moins cou* nus qu'ils ne méritent de Fêtre^ et dont la publication fut suspendue par nos troubles politi^ qûes,qui ont fait échouer tant d'utiles entreprises et de généreux efforts.
M. Mathieu donne une analyse raisonnée des diverses productions de M. de Mory^ toutes consacrées à la gloire et au bien de son pays« « Le » premier auquel il parait s'être appliqué est le » recueil pour servir à Tbistoire métallique des » maisons et duchés de Lorraine et de Bar^ a en trois volumes in-folio , entreprise qui lui » avait valu un prix de TÂcadémie et son admisa sion au nombre de ses Membres. Dom Calmet a n'avait exécuté cette collection qu'imparfal-' a tement^ et n'avait souvent qu'indiqué les a objets. M« de Mory^ considérant les médailles » conservatrices des faits les plus importans de » l'histoire comme les monumens les plus duraa bles, substitués aux inscriptions lapidaires a ,des anciens ) s^est attaché pendant 18 ans à a rechercher tout ce qui avait échappé aux U-
» bdrieux historiens de la Lorraine. Aux :209
> médailles déjà connues il en a ajouté ii5o » qu'il a recueillies depuis 4762 jusqu^à 1780.
» Sa collection comprend tous les princes de là
^ maison de Lorraine dont il a pu découvrir les
» médailles, frappées soik avant, soit depuis la
» cession des duchés, et les jetons que la ville de
» Nancy a eu le privilège de faire frapper dans son
> hôtel des monnaies, soit à ses armes, soit à
> celles de ses officiers de justice , des conseillers à » la cour, à la cliambre des comptes ou au bailliage » des intendans et des baillis qui présidaient à si
» municipalité. Toutes ces pièces rappellent ^
> des faits inléressans et des époques histo-' » riques.
> Quant à leur ordre chronologique, il Ta établi
» d'après les empreintes. Pour les médailles des
» premiers temps, il s'est servi des millésimes ,
» en commençant par celles où le prince est
» représenté à cheval ou à pied, comme les plus
» anciennes \ il a placé ensuite celles où Ton ne
» trouve que leurs armoiries, et a fini par celles qui
» n'ont qu'une croix ou une épée. Les me-
» dailles à millésime datent de i5o8, où cet
> usage fut introduit en Lorraine sous le duc
> Antoine , quoiqu'il fut déjà répandu en Europe » dès 1469, comme le prouve l'empreinte d'une » médaiiie frappée à Norlingue en Souabe.
(99) » L^ôrdre des métaux est aussi observé reW » livement aux époques où leurs variétés et » leurs mélanges furent admis. Il relève à cet » égard les erreurs de sies prédécesseurs dans, ce » genre de recherches y depuis Gérard d'Alsace^ » premier duc héréditaire, en 1048, jusqu^à la » cession de la Lorraine, en 1737. Le tableau » raccourci des événemens principaux et le por- » trait du prince se trouvent à chaque règne. » Enfin Touvrage est terminé par des tables gér » néalogiques de la maison de Lorraine , depuis > Ethico L^', comte d'Alsace, en 666^ jusqu'à » 1780. Une notice sur l'invention et la fabri- » cation des monnaies, les progrès et les révolu- » tîons de cet art , sert d'introduction à ce recueil , » qui commence par un précis de Tétat. de la » Lorraine sous les empereurs. et les rois^d'Aus^- » tra3ie, d'où il passe aux comtes d'Alsace.
» Dicté par le patriotisme le plus pur , il est dédié » par son auteur à nos compatriotes comme un » monument qui manquait à la gloire de nos » ancêtres.
» M. de Môry s'était exercé à la gravure au » burin pour se préparer à la publication de son » recueil. 11 avait déjà commencé d'en graver les » médailles : malheureusement il n'a achevé que » les deux premières planches, qui s'étendent ^ depuis les rois d'Austrasie jusqu'à Ferri IL » S'il eût exécuté toutes^ les 'gravuies y on
( »oo 3
» pourrait espérer de voir publier un buvrftgt » utile <, même pour lliistoire générale de TEu* » rope , avec laquelle celle de Lorraine a de Y nombreuses relations j mais la difficulté de les » compléter nous le fera probablement attendre ^ encore long-temps* Uauteur seiobbit lavoir )k prévu lorsqu'il publia en 178a une notice très-
> répandue, i laquelle il ajouta comme suite % en 1783 les inscriptions projetées par le prince 9 Charles po«r être gravées aux revers des ducs % de Lorraine, ii fimitation des jetons de Tbis- 1» toire de France sous Lonn XIT. Elles sont
> rédigées par le père Hugo , mbbé d'Éti val , et par !» Vthbé WiUemin^ duoioine de la Cathédrale, » commissaire de TEmpereor en Lorraine. DeuK ^ de ces médailles seulement ont été exécutées y par Saint-Urbain* Ce sont celles de Jean II ^ d'Anjou et de Charles V, le changement » d'état de la Lorraine ajanl interrompu ce
'^ travail intéressant.
» M. de Mory a publié en même temps un » essai historique sur lefs progrès de la gravure » en médaille chez les artistes lorrains , et un
• catalogue de tous les ouvrages de Ferdinand
# de Saint-Urbain. Infatigable pour la gloire de » aon pays, il avait composé le nécrologe des 3 Ehies de Lorraine depuis i5o8 jusqu'en 1773. o U a laissé entre les mains de sa fiimilie la
» planche en cuÎTre de It gravure do ca vean dai » Cordeliers, où lès cendres de ces princes soift » déposées avec des indieatious destinées k » éclaîrcir le travail ^ planche d^autant plus prë<- » deuse ^ qu^elle est la seule pièce authentH{ue » qui constate Fétat ancien de cet asile de la » mort , troublé par le fanatisme révolutionnaire. » Il avait eu dessein de joindre ji ce nécroioge » le caveau de Bonsecours , dépositaire des restes » de Stanislas , de son épouse , du cœur de sa » fille 9 épouse de Louis XV, et du duc Osolinski , » parent de Stanislas; mais il n^en a exécuté » que le dessin resté entre les mains de sa fa- "» mille comme un monument de sou attachement
» à la mémoire de cet excellent prince
» Youbnt épuiser ce sujet, il a composé une » notice in-folio des manuscrits ou livres rares qui > ont rapport 4 Thistoire de Lorraine , et qui » sont épars en diverses bibliothèques. Il a » encoi'e fait une histoire généalogique de la » maison de Lenoncourt, originaire de Nancy^ » dont elle a possédé le ohâteau avant les ducs » de Lorraine , et un recueil très-considérable » de titres et manuscrits sur Thistoire de notre » pays. Tous ses ouvrages sont déposés i la » bibliothèque publique de la ville de Nancy. »
Après avoir exposé les premiers travaux dç Mi Mory , M. Màtuisu le montre dans uno
( loa )
carrière nouvelle ^ également honorable pour son esprit et pour son caractère. II a rempli jusqu'à- Ws le rôle d'historien de son pays 5 il veut en devenir le conseil et le défenseur. L'ouverture des états^gënéraux convoqués pour réformer les abus produits par le temps excite son zèle. Il consulte les annales de cette histoire , objet de ses veilles ^ savantes, examine les prérogatives des princes de son pays : l'organisation de leur administration patriarcale, les Codes suivis par leurs cours de justice, lui fournissent les meilleurs modèles du gouvernement à donner à la France entière^ les ordonnances des ducs de Lorraine, inonumens empreints de leur sagesse et de leur amour pour leurs sujets, sont les sources où il puise les' exemples des réformes les plus salutaires, des amt-lioraiions les plus désirables dans la jurisprudence. « Réclame-t-il con- » tre la lenteur des formes judiciaires ? Il cite une » ordonnance de Mathieu I.^^ , qui avait défendu 3 aux juges de tirer aucun émolument des pro- » ces dont la durée excéderait 26 jours. » Enfin ces justices champêtres établies en Lorraine , sous le nom de voueries , sont Theureux modèle qu'ail propose pour rétablissement des justices de paix, dont férection devait un jour recevoir Tasseiitiment universel. « Puissions-nous, disait-il, re- » voir les temps heureux où Louis IX, assis sous f un chêne , dans une simplicité plus majestueusfi
> que Tëclat des trônes, sans formes et sans dëlai^. » rendait la justice à son peuple, dont il recevait » les bcnëdiclions »!
• La révolution qui semblait appeler tous les citoyens aux affaires de TÉtat , et dont la marche déjà incertaine et violente réctamnit le secours des lumières de tous les hommes instruits, dé*termina M. de Mory à entreprendre un ou- Trage que depuis long-temps il méditait. L'histoire moderne des traités qui ont lié ou |qui lient encore les peuples de l'Europe entr'eux, et qu^il regardait comme le moyen le plus propre à éclairer et à diriger la conduite des hommes d^état, était Tobjet constant de ses études et de ses pensées» Sentant la nécessité de rappro* cher les faits , de les présenter sous un jour nonveau et approprié aux circonstances actuelles , il s'occupa d'un travail dicté par le patriotisme le plus pur, et appuyé sur d'immenses recherches. « Il entre en matière par un abrégé » historique des traités, des prétentions et » des guerres qui les ont amenés, des négo- » dations qui les ont préparés, des causes » qui les ont fait remplir , de celles qui ont suscité » leur violation , des guerres qui en ont été les » suites, des paix auxquelles les événemeos » ont conduit, et joint à chaque époque le texte » du traité. Mais comme ce nVst pas pour la sim- » pie curiosité qu'il travaille, il se fixe à Tépoque » qui a vu naître la politique moderne »•
» Il trouve h système aciud de TEurope basé -sur trois traités fondamentaux iTeQouveiés jusqu'à nos jours: celui de Munster ou de Westphalie , conclu en i64S^ entre la France, la Maison d'Autriche et d'aulres Puissance»
du Nord^ a la suite des guerres de religion, pour éublir Téquilibre de TEuropê^ celui d'OIiva en 1660, entre les Puissances du Nord pour rëgler leurs droits respectifs ^ celui de Carlowitz, entre la Porte-^Ottomane, laMai^ son d'Autriche, la Pologne, la Russie et la République de Venise en 1699, pour fixer leurs relations et régler leurs intérêts respectifs» A partir de ce point, il passe en revue les traités des Puissances de TOccident , ceux des Puis* sances du Nord, et termine par ceux des PmV sances de l'Orient, fesant toujours observer les liaisons qui se trouvent entrVux, et prouvant que l'état actuel de l'Europe dérive de ces conventions solennelles. D'après ces divers traités, la France s'est toujours vue for* cee de se contenter de quelques avantages particuliers, de quelques augmentations de territoire, et d'abandonner à sts voisins ceux de grande utilité publique; tandis quel'Angleteire et la Hollande, ne pouvant lui disputer la gloire militaire, ni obscurcir seB triomphes , emploient tous leurs efforts k entraver la prospérité de 30a commerce et de ses colonie >f
( io5 )
» Après aVôîr, dans celte galerie diplomatique^ » exposé cinquaate^ioq cofiveations faites de- » puis 1646 jusqu'à 1785 , époque delà Gonfé- » dération Germanique , il établit qu^elles ont » amené Tétat d'équilibre qui existe maintenant » entre les Puissances de TEurope ». Ce tableau est suivi d'un abrégé de Tbistoire moderne ^ dans lequel Tauteur développe ses principes^ et prouve la nécessité de fonder toute grande fformaiion politique sur Tétude de cqa lois gehéraies des grandes sociétés européennes.
M. Dk MoRY avait parcouru la première partie de la\arrière qu'il s'était tracée ; il entrait dans la seconi^, et la suivait avec un zèle que IV mourdubien puUic pouvait seul alimenter, quand il fut conduit au tHbunal révolutionnaire, c'està-dire à réchafaud; u y monta avec le dernier de ses fils. Ils furent immolés sur le tombeau de Louis par les révolutionnaires désespérés de ne pouvoir d'un seul coup épuiser tout le sang des Français attadiés à son auguste race.
M. D£ HâLDAT a lu r Eloge qu'il a consacré à la mémoire d jintoine^Henri de Bourbon-Condé ^ DucdCEnghien^ avec cette épigraphe de Suétone: Corporis animi que virtutes quarUas nemini cuiquam contigisse satis constat. Daps ce portrait de l'une des plus illustres victimes de la .
(io6)
tyrannie ^ Fauteur s'est attaché à éviter le défaut souvent et par fois justement reproché aux éloges , de se ressembler si fort pour les hommes de la même profession^ qu'en changeant les noms des personnes et des lieux et en dissimulant les dateS) on pourroit les substituer les uns aux autres. Riche de renseignemens sur le caractère et les exploits du jeune héros , recueillis par les compagnons de ses travaux et les témoins de sa valeur, il s'est efforcé de remplir à ia fois le rôle d'historien et celui de panégyriste du dernier descendant des Coudés. Cet ouvrage doit donc être considéré comme une biographie dont on n'a retranché que les détails tout & fait étrangers à reloge.
Après en avoir indiqué le sujet dont il fait res^ sortir l'importance , et réveillé l'indignation con* tre le crime qui a enlevé à la France un jeune héros autour duquel se réunissaient tant de brillantes espérances, l'auteur entre ainsi en matière : c La » maison de Bourbon-Condé , si féconde en » héros, avait vu diminuer le nombre de ses » rejetons ; Louis-Henri- Joseph, Duc de Bourbon » et le Prince de Condé , son auguste père, étaient » les derniers de cette illustre race. Les citoyens » zélés pour Thooneur de la patrie redoutaient » l'épuisement d'un sang qui avait coulé dans » les veines du grand Con4é , quand la réunion
> des deux ttges latérales des lis donna le jour » au prince dont nous célébrons la mémoire.
» Il reç.'U le nom de Henri- Antoine âvec le
> le titre de Duc d'Enghien , qu'avait porté le » vainqueur de Rocroi. Sa naissance réveillait » les plus glorieux souvenirs et comblait les vœux » de sa famille^ elle fut célébrée moins parTéclat » d'un vain luxé que par des actes de bienfaisance » qui associent le peuple au bonbeur des prin^* '» ces 9 et parut d'autant plus heureuse , qu'elle » avait failli de devenir funeste à son auguste » mère (*) >.
L'auteur rapporte un événement qui manqua d'enlever le noble rejeton dès les premiers jours , et caractérise ainsi l'époque de sa naissance. «L'année on naquit le Duc d'Engbien ap- » partient au règne de Louis XY^ ce prince » allait terminer une carrière commencée squs » les plus beureux auspices ; il allait remettre au » fils du grand Dauphin cette couronne si glo- » rieuse^ si respectée sous Louis XIY^ mais » dont l'éclat semblait s'affaiblir et s'environner » de périls. Les novateurs n'avaient pas encore » manifesté leurs sinistres projets ; ils n'osaient » concevoir l'espérance de renverser une auto- » rite dont l'origine se perdait dans la nuit des » temps ^ et qui reposait sur l'amour des Fran*
' («) Louisf-Thércse--Mathildcd'Orléapf.
» çais ; cependant ils en minaient sourdement' les
» bases. Des ëcrits injurieux à la religion et
» à la morale, attentatoires à Tautorilé légi-
» time, pullulaient de toute part et bravaient
» la puissance des lois. A la manie da bel-esprit
» avait succède la manie de Fesprit-fort: on nV-
» tait pas du bon ton, si Ton respectait ces objets
> sacrés pour nos pères , si Ton s^abstenait de
> verser le ridicule sur le gouvernement et sur i> la personne du prince. Cette révolution si Ion- » gue , si terrible , si fnneste à la patrie , si pré- !» judiciable à Tbumanité , n^élait pas encore im- » minente; mais Porage se formait, et la tranquil- Si lité n'était alors que le calme précurseur des » tempêtes. Cependant les vertus de Louis , son » amour pour son peuple, les sacrifiées qu'il » fesait pour son bonheur , désarmaient les fac-* » tieux et les réduisaient à Timpuissance de nuire. » L'orage sembla donc se dissiper dans les pre- 9 miers temps de ce règne ; mais ce n'était que j> pour éclater avec un fracas plus épouvantable, » quelques années plus tard, et le jeune duc devait » atteindre un âge qui l'appellerait à jouer un » rôle dans ce terrible drame.
L'auteur esquisse rapidement l'histoire des premières années de la vie du jeune Prince, et la termine ainsi : c C'était l'image du grand Condé
> dans son enfance. La nature n'avait pas été
> moins libérale envers lui des qualités du corps
( «09 ) que des dohs de Tesprit. Sa figure était noble et touchante ^ un regard doux ^ mais plein de feu, annonçait la bonté de Son cœur, et fesaic valoir une taille avantageuse où brillaient de concert la vigueur et Tagilité. Il avait le goût le plus décidé pour tous les exercices du corps, et personne ne pouvait se flatter de Fy surpayer* Semblable à ce Germanicus enlevé si jeune à Famour des Romains , il s^enonçait avec facilité, et sa voix était expressive^ affable, indulgent, il savait^ sans oublier son rang, se rapprocher de ceux que la naissance plaçait audessous de lui; nul etifin ne possédait mieux Fart de maîtriser les volontés, d^enchainer les cœurs. L auteur, ayant rappelé la chute du trône, expose les causes qui reléguèrent hors de la France le (eune Duc et ses illustres parens : c Coudé a
> juré de défendre son roi ; il voudrait aux dépens » de sa vie lui rendre le trône de ses aieux^mais
> il ne peut supporter le rôle de spectateur oisif
> du triomphe des ennemis de sa famille; II déplore
> le sort delà France dévorée par Fanarchie, et 9 abandonne un pays où les amis du monarqne P sont désignés aux fureurs de la multitude égarée.
> Il traverse le Rhin et s'arrête avec ses ûls sur •> les bords de ce fleuve retentissant encore de la
> gloire d« vainqueur de Mercy (*). Worms re-
(♦) t>mf Juakt t79i •
> CQeilIit les augustes fugitifs /et long-temps fut '
> tëmoin de leur tendre sollicitude sur le retour
> de Tordre et le rétablissement de rautoritë
> royale. Mais les mêmes causes qui avaient éloigne
> nos princes , obligeaient une multitude de gé-
> néreux français de cbercher comme eux â •
> rétranger un repos qu'ils ne pouvaient trou*
> ver au sein de leur patrie ; et leur nombre s^aug-^
> mentant chaque jour ) ils formèrent bien tôt une • » colonie toute française , toute fidèle , dont nos
> princes devinrent naturellement les chefs. Quels
> autres pouvaient prétendre à cet honneur;
> lorsqu'ilssemontraient si sensibles aux malheurs
> dés proscrits , qu'ils les accueillaient avec bonté;
> versant sur leurs plaies le baume de Tespérance
> et les encourageant dans leur fidélité par ^exea^-
> pie qu'ils leur donnaient eux-mêmes î Ce fut '
> dans ces jours de repos que se li\Tant à une
> noble familiarité envers ses compagnons d'in* -
> fortune, le jeune Duc forma les nœuds de cet •
attachement respectueux et tendre dont il reçut
depuis tant de témoignages éclatans. Dès qu'il
> paraissait, il était environné d'une foule tou<^
> jours empressée de le voir et de recueillir de sa ■
> bouche les expressions de sa bienveillauce.>
A ces tableaux succède l'exposrtîon de la pre^ mière coalition formée pour rétablir le trône des Bourbons, de ses efforts impuissans, des premiers malheurs desFrançaU rassemblés hors de
(m) leur patrie pour la défense de la cause royale , et n^obtenant qu^avec peine des princes légitimes la permission de verser leur sang pour la cause de la légitimité. Réunis aux troupes de TEmpire, mais animés de vues bien différentes ^ ces Français se signalent à la prise des lignes de Wissembourg) où le jeune Duc fit ses premières armes. L'auteur peint ainsi les suites de cette victoire qui ouvre la France aux défenseurs du trône et montre ce qu^on peut attendre du nouveau Gondé. c L'armée victorieuse s'avance et prend position
> vers le Bas-Rhin ^ tous les périls sont oubliés ,
> tous les malheurs sont réparés j nos Princes
> ont touché le sol français : ils pensent avoir
> fait le premier pas vers le but de leur géné-
> reuse entreprise. Mais qu'elle est différente
> d'elle-même cette France jadis si glorieuse! » Courbée sous le joug le plus avilissant qui ait
> jamais pesé sur l'espèce humaine, humiliée au
> dehors par des défaites , déshonorée au dedans
> par un attentat que les générations futures n'ap-
> prendront pas sans horreur, que lui reste-t-il de
> son ancienne splendeur , et quel droit peut-elle
> encore a voir à l'amour des illustres proscritsf Us
> n'ignorent pas que les assassins de Louis ont voué
> leurnomà la hainepublique, qu'ils ont condamné
> au supplice deux compagnons fidèles, que le y peuple trompé voit en eux des ennemis et non » des défenseurs. Yengeront-ils tant de crimes î
> puniront- ils tant d'audace f eirerceroQt-ifsr
> contre les soldats que le sort desarniesaremisen^ » tre leurs mains de justes, mais de cruelles repre-
> sailIeiT Non, les pères de la Patrie ne savent
> que plaindre et pardonner; ils versent des
> pleurs sur le sort des Français dont le sang a
> coulé pour la défense des ignobles tjrans qui
> les abusent* D'Enghien porte des secours aux
> prisonniers et rend aux blessés les soins les plus
> touchans. A ces actes d'humamité on reconnaît
> les Princes français; Fillusion cesse, et des
> vœux sincères pour le succès de leurs armes
> sont la récompense de leurs vertus. »
L'auteur rappelle Tépoque de la nomination de
Pichegru, dont les taieus réparateurs sauvent Tarmée républicaine et évacuent TAlsace : ce qui amène la description du combat de Bersteim , où le corps de Condé , arrêtant les efforts de l'armée républicaine dirigée par Pichegru, déploie le plus grand courage, et où ses chefs montrent les plus grands talens. Ce morceau est suivi d'une anecdote propre à caractériser le jeune Condé. « A la suite du combat de Bersteira , d'Enghien » a la tête des plus intrépides s'était emparé d'une » pièce de canon ^ un soldat républicain s'enfesait » un abri et demandait quartier. Toujours prêt à » tendre la main au vaincu, le prince lui avait > accordé la liberté et la vie 5 et plein de con- » fiance en sa générosité, il se retirait quand on
» s^aperçut que le misérable cherchait^ le frapper » par derrière. Cependant sa clémence était si » grande qu^il eût pardonné un tel acte de dé- 9 loyauté pour sauver un français. Qu'ai-je dit ? » ce soldat n^était pas français ^ c^était sans doute » quelqu'un de ces vils transfuges, rebut de » toutes les nations, fuyant sans cesse leurs pro^ » près armées pour éviter le châtiment qui les » poursuit^ ou plutôt n^était-ce pas un de ces » . esclaves du crime dont l'anarchie avait rompu » les fers, et qu'elle n'avait pas eu honte d'appeler » à la noble profession des armes et à la défense > de la patrie ? Les républicains renouvelèrent »' inutilement leurs attaques^ elles furent ,infruc- » tueuses jusqu'à ce que l'armée impériale^ 2» pressée sur tous les points, entraîna avec elle :» le corps de Gondé, trop peu nombreux pour » résister à tant de forces.
Suivent les campagnes de 1794 et 1795,011 le corps de Gondé est condamné à l'inactivité la plus désespérante pour le jeune Duc, l'arrivée de Moreau à l'armée du Rhin , l'invasion de la Souabe par ce grand général, la retraite audacieuse et périlleuse du Duc d'Enghien près d'Ofienbourg ^ et la sanglante affaire d'Oberkamlack , dontrauleur rappelle ainsi le douloureux souvenir :
« Cependant l'avant-garde de Moreau s'est ap- » prochée ^ le corps de Gondé est en présence » d'une division de Tariaée republicgine. N'at-*
tendions pas (Jo^one retraite (îrvorisee par Te» ombres <le la tiufii sépare ces fiers adversaires: la lumière do jour doit éclairer les braves^ Oberkamiadt ^ lieux trop fameuiC) raconteznous le choc épouraiitabte qui eut lieu eutre les enfans de laïnéme lamille \ redites-nous les predîges de valeur dont tous fûtes témoins* Maïs Bon, couvrons d'un toile funèbre ces. tableaux déchirans^ Oublions que le sang français était versé pardes mains françaises , et qtxe la Patriecn-deuil devait pleurer également sur les vainqueurs et -sur les vaincus. Une foule de guerriers ont succombé à cette lutte sanglante j d'autres sont restés entre tes mains de leura antagonistes. Gbez les peuples civilisés, de généreux éc4ianges rendent à chaque armée les braves trahis par la fortune; mais un sénat barbare, couvert du satig de son roi , a abrogé les lois des natiaiis; il voudrait conduire à Téchafaod tous les guerriers fidèles 4 leur prince* Me craignons pas ses décrets sanguinaires; une loi plus puissante, gravée au cœur de tous les français, ne permet pas qu'ils s'exécutent. Que le sauvage féroce et stupide immole et dévore ses prisonniers ; les soldats de Moreau ne connaissent d'ennemis que les armes à la main: les lois de la guerre sont observées , les prisonniers sont rendus, et l'honneur français est conservé. » L'auteur rappelle ensuite un évéuement qui eut lieu au pont de Munich.
(nS)
t G^Ëtigtiîcn s*c$t illustré en prol^g<îatit MiU 1» tement la retraité de ses allies. Une autre gloire % Tattend sur les bords de User. Chargé de dé- 9 fendre le pont qui traverse cette rivière , près > de Municli^ seul avec sa petite tronpe^ non- 1^ seulement il suspendit les succès d'une armée » victorieuse et supérieure en nombre ^ mais it t obtint encore un succès plus cher à son cœur« » Il soulagea Thumànité et rapprocha pour quel-^ » ques instans les français armés pour des intérêts % opposés. Des barricades avaient été établies sur % le pont pour interrompre la communication' » entre les deuiL rives et arrêter les progrès » de Tarmée républicaine. Tous ceux qui en » hasardent Tapproche, tombant et s'accutnu-^ » lent efitre les poutres qui composent ce » formidable rempart ^ exposés au feu des deu^ » arméeS) frappés à chaque instant de nouveaux » coups, les malheureux blessés invoquent par » des cris lamentables la pitié ou la mort. Mais » qui pourra les tirer de cette horrible situation , 1 lorsque la foudre écrase tout ce qui ose en » approcher T Cependant leurs cris ont retenti au » cœur du Prince; il ne peut résister au désir » de les secourir. Un généreux ecclésiasti- 9 que se dévoue , et, pénétré d'un saint zèle^ » s'avance sur ce théâtre de douleur et de mort : » son maintien annonce la paix , ses gestes la de-^ » mandent* O pouvoir de la vertu! le carnage*
» a cesse ^ ane trêve de quelques heures permet » à chaque armée de soulager ses frères^ oii » plutôt les deux armées ne sont pliis composées » que de frères. Après avoir donne ses premiers » soins aux blessés, plein de confiance dans la » foi de ses adversaires, d'Enghien s'avance » entouré de ces mêmes soldais qu'il venait de » combattre ] il loue leur courage , il les nomme f ses amis. Ceux-ci vantent son humanité et sa » vaillance ^ le jeune et brave Abatucci , lieutenant t de Moreau, opposé à Tarmée de Gondé, pré- » sente ses hommages au jeune prince ^ et en re- » çoit Taccueil le plus touchant. La journée est » consacrée au repos, et les français réunis » forment des vœux pour la commune Patrie.
» D'Enghien obligé enfin de 2;e retirer disait en 1 soupirant : je suis heureux de les avoir re- » troui^ésf ils sont humains^ ils sont généreux^ 9 ils sont toujours français.
La savante retraite de Moreau et les exploits da jeune Duc à la tête de Tavant-garde du corps de Gondé ^ sont ensuite exposés , et rappellent des faits honorables aux guerriers de Tun et de l'autre parti. Ces narrations sont suivies du voyage de l'armée royale en Pologne, où ces braves ont obtenu, pour prix du sang dont ils ont arrosé l'Allemagne , un asile qui les éloigne de leur Patrie , et leur ôte presqu à jamais l'espérance de concourir au rétablissement du trône. Le retour du corps de
( i»7) Gondé, êSL conduite courageuse^ la constance, rintrëpiditë de jeune Duc qui sauve ses com^ pagnons; enûa sa retraite vers Saitzbourg, menacée une seconde fois par Farmée aux ordres de Moreau, terminent les travaux guerriers de ce corps , et amènent le re'cit d'un événement particulier, mais bien propre à caractériser le jeune héros.
« Avant le passage de Flser par Tarmée de » Moreau, il occupait encore Rosenhcim, lorsque » parmi les prisonniers on amena un bussard » criblé de blessures et dans une telle faiblesse, » qu'il eut été dangereux de le transporter. Les
> guerriers de Condé s^em pressent de lui donner » les secours que demande son état. Le blessé » se montrait pénétré de reconnaissance; mais 9 Tétonnement qu'il manifestait sur un traitement
> aussi généreux , témoignait assez qu'une pré-* » ventiou cruelle régnait dans son ame. Et » comment s'en serait>il défendu après tant de
> calomnies si artifîcieusement tissues , si soigneu- » sèment répandues contre ses compatriotes » armés pour la cause royale f Que je suis mal- » heureux, disait-il, de tomber au pouvoir des » étrangers , et de ne voir devant moi qu'une » mort affreuse, après un pénible voyage dans » les contrées lointaines de la Hongrie! Persuadé » que l'armée française devait bientôt s'avan- ;» cer victorieuse vers Rosenheim, il disait en
» soupirant: hëlasl s'il m'était permis de da^ p meurer ici, mes compagnons d'armes pan^ » seraient mes blessures ^ me rendraient à ma » famille ou me donneraient la sépulture, l^ous ^ les assistans étaient touchés de son sort y mais p il n'était pas en leur pouToir de céder à sa dep mande. D'Enghien l'apprend , ^ accourt^ se » mêle à la foule , fait entendre an malheureux
> les accens de la pitié. Qu'ils sont généreux les :^ guerriers qui m'entourent! disait le blessé' N'en » soyez pas surpris, repartit le prince, nous » sommes tous français; éloignés notre patrie? » nous n'avons jamais cessé de la chérir. Le Duc » d'Enghien commaude ici, reprit le soldat; ou f dit qu il est magnanime ; si je pouvais lui de^ » mander la grâce d'être son prisonnier, il mc^ » l'accorderait, j'espère. Oui, nionami, tous » l'avez bien jugé , repartit le prince ému jus- » qu'aux larmes; né du sang de n.os Jlois, il p aime touslesfrançais;vousresterezàRosenheim,
> et je vous ferai remettre à votre armée , si ell^ » pénètre jusqu'ici. Transporté de cette faveur, t le blessé rassemblant le peu de forces qui lui f restaient^ se soulève, et regardant le jeun^ » héros dont l'air martial le surprend : ah ! mon- » seigneur^ s'écria-t-il , que vous seriez bien à la t tête de noire avant-garde! D'Enghien aimait t à se rappeler cet événement, et ne répétait jstr .f mab sans émotion le voeu du hussard français. »
La dissolution de Tar mée de Coudé y smie dt
la paix avec rAutricbe , amène le prince sur les
bords do Rhin^ où le retiennent son amour de
la patrie , son attadbenienl à une dame illustf e et
une fatalité déplorable ^i priva ta France d'im
jeune beros ^ et dévoila à TEnrope indignée le
iDaraCtère de Thomme dont ia tyrannie accablait
noire malbeureux pays. Abandonnant à Thisloire
les détails de Tborrible catastrophe qui termina
la vie du dernier descendant de Tune des plus
illustres maisons do France ^ laulcurlermineen
iCes mots : « Aiûsi périt dans la trente deuxième
» année de son âge un prince illustre par sa nais-
» sance, plus illustre par ses vertus. Presqu'aii
> sortir de Tenfânce, il avait montré , sous it
» conduite de son auguste aïeul , les talens mili«
» taires et la valeur de s^ ancêtres» Il arait ^
» concilier ce qu'il devait à rbospitalité avec le*
» intérêts de son prince^ Ijlespecté, chéri ^ adoré
» des siens , il avait conquis resiime ei commandé
» Tadmiralion de $e% adversaires^ Quotqti'3 n^ak
» parcouru qu^une partie de sa carrière, il a
» honorablement occupé la voix de la renommée
* et porté avec jgloire le nom de Condén désor-*
» mais accablant par le soiiVcnir qu'il rappelle.
> De tant de grandeqr, ne doit il nous rester 9 qu^une froide cendre et de doqtoureux souvenirs? » Français , la gloire du héros a survécu à la tyranr f pie et à ses fureurs^ ne permettons pas au temp^
( *^ ) » d^en obscurcir réclatt Que la toile s^aniiiie;qae » le marbre respire ; qu'ils reproduisentà Tenvi » ces traits pleins de bonté et de noblesse ; que » Teloquence et la poésie célèbrent sa vaillance* « Mais c'est à Thistoire^ sœur et compagne de » la vérité, qu'il appartient de montrer ce que fut » ce prince, et de nous dire ce qu'il aurait été,' si » réuni à ses augustes parens autour du trône » des lis , il avait pu comme eux en devenir » Tornement et Fappui. Qu'elle dise ses exploits ^
> mais qu'elle raconte sur-tout les actes d'hu«^ » manité, les traits de générosité qui ont bonoré » sa vie. Compagnons de sa jeunesse, émules de » sa gloire , faites les apprêts d^un lugubre triom-
> phe^ parcourez la ville et déposez l'urne du » béros au temple del'bonneur ^.que Féclat de vos » regrets égale la perte que nous éprouvons^ et » que, réveillant une juste indignation contre » Fauteur de tant de crimes, il fortifie notre
> attachement à des princes dont la puissance fut
> si long-temps la source du bonheur de tiQS( p pères. >
Législation^ Antiquités^ Economie
publique»
M. Leseure ^ dans un mémoire intitulé : Re-^ cherches historiques sur la législation criminelle en Angleterre ^ regarde la législation d'Alfred comme la source du droit commun de cette nation j il en expose rapidement les principes, et trouve dans l'assemblée des douze Francs-Tenanciers choisis pour rendre la justice, la véri-* table origine des jurés, Tune des bases fondamen-* taies de la liberté anglaise.
Llnfluence du système féodal restreignit en Angleterre et chez tous les peuples de l'Europe les prérogatives de Tautorité royale , protectrice de la liberté civile.
L^invasion àes Normands fit tomber en désuétude les institutions d'Alfred^ les lois furent méconnues, et le peuple 3ans intérêt pour le bien public perdit ses mœurs. Long-temps après, FAngleterre appuya les fondemens de sa liberté sur la grande charte. L'historien David Hume assure qu^avant cette époque la justice, les grâces, la protection se vendaient. M. Leseure analysant ce grand écrivain, dit qu'Edouard L^', le Ji)sûnien de TAngleterre, fixa la juridiction def
difTërens tribunaux, qu'il établit les juges de paix préposas à Texercice de la police, et qu'il constitua le parlement pour le maintien des droits politiques de la nation. Ce rôi , l'ornement et la gloire de sa patrie , prouva que la sagesse et la force du gouvernement font seules le bonheur des peuples* La liberté est un mot vide de sens, quand elle n'est pas fondée sur de bonnes lois , ou qu'on ne les exécute pas«
Les successeurs d'Edouard, moins habiles dans l'art de gouverner, ne s'opposèrent point aux différentes atteintes portées à la Charte. Les plus grands désordres troublèrent la paix de cette monarchie; il fallut confier la juridiction criminelle à des commissaires particuliers.
Les historiens de TAngletefre né considèrent pas comme partie intégi^ante de la législation de^ leur pays les lois absurdes et tyrarlkliques publiées sous le règne de Henri YIII. La nation les a vouées au mépris; elles ont été la cause de ces dissensions politiques qui ont tant divisé les opinions , et précipité la législation dans le chaos.
Des trois pouvoirs constitutifs de la monarchie anglaise, le premier était trop faiHe pour contenir les deux autres ; Taristocratie voulait prédominer; la force démocratique voulait tout anéantir. Dans celte confusion, la liberté pu- I^li^uefut tellement compromise, ^ue des apiM
àe Vigueur fuvem nécessaires polir coHierirer \i prérogative royale cint>re les màiui de la reîn^ Marie, Des disoussiotos luinineiHea Sur retendue et les lÎBitiiteâ de eetie prérogative ^eetîfièreiH
les idées et les o^pûaioas dés deux dtasBixeiè Tout chan^ ipour un tetnps,
Elisabeth^ souveraine absolue^ Sttbpgua là nation ^ cfUe gouvernait par Èes ëdit» et setf pro* çlàmations ^ le parleni^iit volait Tkapot.
Après une longue hitle entre tous les .|>oiivoirs ^ on vît succéder une espèce de république au gouvernement de la mQnar4:bie« La nouvelle république ressembla au règtie de Tibère. Gromwel chassa ces prétendus restaurateurs de la liberté pour les remplacer par d'autres fanatiques qui dé^ cbrèrent les universités des insiitutioto païennes pi inutiles. De tels fous fureni no^prisés, et Cromtirel usurpa toute l'autorité dés rôi^ sôus le fitre de protecteur^ mais sa grandeur élevée k force d'attentats disparait avec lui.
Les anglais guéris de leurs préjugés contre la ihonarcbie rappelèrent les anciens membres de îèur parlement 5 dit àysLii appris par de longs malbeiîi^ (Ju'bn gouvernement légitime est Tunique garantie dé la liberté et dri bonheur des hommes. Le bill à*nàbcas corpus réÇat b sanction légale: loi sage et digHe d'adniifation , biehtdt méconnue
par là chambre des communes qui Tavait proposée.
Les angidis fatigués du délire des factions laissèredtà Charles II une autorité paisible et presque sans bornes. La doctrine de la soumission entière et même de Tobéissance passive devint le système dominant* Ce quiétisme politique dura peu ; une division funeste aigrit de nouveau tous les esprits. La constitution , telle qu^elle existe aujourd'hui, semble avoir fondé fautorité royale sur Taristocra* tie et la démocratie^ et tant que la puissance tiendra chaque chose à sa place , l'Angleterre sera florissa&te.
Les bornes d'une analyse ne permettantpoini d'entrer dans le . détail des changemens que les déchiremens politiques de l'Angleterre ont introduits dans le système de la législation criminelle, il suffit de dire que l'auteur de ce mémoire a suivi avec exactitude l'historien Hume , et que c'est d'après lui qu'il recherche et expose l'influence des révolutions sur le système de la législation criminelle de ce pays,
]VL Denis a publié sur Nasium^ ville des Leucois , aujourd'hui NaLr^ entre Gondrecourt, Commercy et Ligny, dans le département de la Meuse, un Essai archéologique (*) destiné à satisfaire la curiosité publique , relativement aux fouilles exécutées sous sa direction dans le sol qui fut occupé par cette ancienne ville,
(*) A &)mmcrcy, 1818, chez Tauteur.
Ttine des plus riches de la Gaule belgique, etPun des points de la France qui depuis long- temps fixe l'attention des antiquaires , mais sur lequel ils n'avaient jusqu^alors donné que des renseignemens fort imparfaits. Cet essai sur l'histoire d'une ville jadis florissante , maintenant enfouie sous des ruines que la terre végétale a recouvertes en grande partie, contient aisez de faits neufs et intéressans pour prévenir le public en faveur de Técrit beau* coup plus étendu 9 dont celui-ci n'est que Tavantcoureur.
L'ouvrage que M. Denis a consacré k l'illustra-^ lion des antiquités de Nasium , auquel il travaille depuis long-temps, et qui doit incessamment paraître accompagné de planches, comprendra tout ce qu'il a été possible de rassembler sur ce sujet: 1.^ l'histoire de Nasium et du pays des Leucois; 2.^ la topographie de ce pays; 3/ l'archéologie, qui contiendra l'exposé des découvertes faites avant et depuis la dernière fouille ; 4*^ enfin un tableau synoptique des villes ou forts de la cité leucoise»
Ij essai archéologique que nous annonçons , n'est relatif qu'aux fouilles exécutées en mars e^ avril i8i8. Comme il est très-succinct, très-substantiel et peu susceptible d'extrait, nous nous contenterons de fixer l'attention des antiquaires sur les résultats obtenus par ces travaux, et dont
il peut être conétàiré comme le procès ver-' bal.
L^une des preioLèrjes et des plus ixDpoitanief /découvertes est celle des /baîat ^ ^ette TÎIjb^ retrouvés dans les fouilles exécutées^ur un terreia pommé encore a,vjour.d'bui G^.os - Tberaoies: ,des murs et de^ pavés^ de ^çeit ancien ^^^^fice put ofTeri aux curieu;^ les débiri^ de constructions élégantes .et solides y .qoi auraient long-temps bravé les ravages du temps ^ xi les efiôris de la barbarie et la puissance, du |ea fxe s^étaient réun.isp9,v^les r^i^e.r C047:^letemenL
Les méme^ fouilles ont mis à découvert des ^ues , des places puj?liqi\es et plusiie^rs édifices particuliers dpnt la qojastruçtion ^ la ^distribution et la décoration annonçaient J^opuleuce de leurs propriétaires et le règne des arts« Le sanctuaire d'un temple avec des débris de statues de marbre, des chapelles ^ une tour, un aqueduc, un taiu*or bole ont encore été le fruit de ces découver-^ tes qui^ réunies aux monumeqs de petit volume, aui: débris d'ujstensiles , de matériaux de
toute espèce, confirixient ce que les antiquaî-res et là tradition annonçaient de Nasium. Ces découvertes serviront à éclairer lliistoire d'uue yille ancienne et malheureuse , et ajouteront des faits curieux à ceux qu'on a déjà recueillie sujr les antiquités de France.
Parmi les morceaux tirés des ruines de Nasium^ dont le nombre est trop grand pour pouvoir en faire rénumération^ nous citerons les débri^ d'une statue colossale eu marbre, une statue de Minerve en bronze , de la hauteur d'un palme, une statue emblématique en pierre, un bas^relief avec de$ lis, des fûts de colonnes de marbre, des cbapitaux bien sculptés, un grand nombre die médailles d'argent, d'or , de grand et petit bronze ] des fragmeus de meubles et ustensiles de toute espèce ea cuivre, en plomb et en fer j des amulettes, des tessères , des vases de terre de diverses espèces , des poteries, des lampes sépulcrales, des pierres gravées , camées et autres ^ une multitude de fragmens de marbre de diverses espèces, parmi lesquels se trouvent des morceaux de granit^enfin des verres de toutes couleurs. Mais parmi les objets les plus remarquables, on doit distinguer trois mosaïques bien conservées , dont l'une représente des combats d'animaux.
Les malheurs causés par la disette des grains en 1817, qui ont excité la sollicitude de tous les vrais philantropes , ont dicté à M. Mathieu de PoMBASLE un écrit sous le titre de Halle au blé de Némcjr y 4dns lequel il examine en citoyea iéclairé Jes .questions les plus importantes, relativement aux subsistances dans notre dépiurtepient.
( >28 ) et en particulier dans notre ville. Quoique cet ouvrage (*), spécialement consacré à des questions d administration publique , d'économie politique et de commerce^ semble peu analogue aux travaux de FAcadémie j cependant Tordre qui règne dans la distribution des matières, la clarté des raisonnemens et la pureté du stjrle, Futilité des conséquences qui en découlent, autant que les vues patriotiques qui Font dicté, nous font un devoir de le mentionner' honorablement, et de le recommander à Fattention de toutes les personnes zélées pour le bien public.
c Lorsque Féquipage d^un navire, dit M. de
> DoMBASLE , vient d'échapper à un grand danger,
> lorsque les esprits rassurés sur les événemens
> futurs n'ont pas encore perdu Fimpression du » péril que leur â fait courir pendant la tem-
> pête ou le mauvais état des agrès ou quelque
> faute commise dans la manœuvre, c'est là cer-
> tainement Finstaut le plus favorable pour re-
> connaître ces fautes ou ces vices de construction ,
> pour y apporter remède et prendre de sages 1 précautions pour l'avenir. Dans un moment » semblable, le sentiment du salut commun ôle
> aux reproches leur amertume. »
* (*) Imprimé à Toul en 1818, chez Joseph Carezj $e trouve chez tous les libraires du département.
Après ce début, il entre ainsi en matière»
« Existe-t-il des moyens de diminuer les maux
> produits par les disettes* que nous voyons si
> souvent se renouveler ? Telle est la, question
> que je me suis proposé d'examiner* G^estle
> ciel qui nous envoie les saisons propices oa
> contraires^ mais Thommesème, recueille, em-
> magasine, transporte ses denrées^ Tadminis'^
> tration établit des marchés , en règle la police,
> permet ou défend l'importation ou Texporta-
> tion; il serait donc absurde de croire que leis
> usages, les habitudes locales, les actes de
> Tautorité ne puissent avoir aucune influence
> sur Tabondance ou la disette. »
L'extinction approximative du produit des récoltes en grains dans le département de h Meur<^ the, comparée à la consommation, sert d'àborda Tauteur à prouver que les disettes dont ce paysestassezsouvent aflligé , dépendent d'un mode vicieux dans le commerce des grains. Il trouve le premier vice dans la disposition du local et les réglemens de la halle au blé de notre ville aussi disproportionnée aux besoins de la population, que ses réglemens sont opposés aux intérêts des consommateurs ^ il propose des mesures qui , propres à rendre au commerce du blé dans notre ville toute la liberté dont il est susceptible, doi-
Tent assurer TapproTisionneoient et développer unebraocLe de commerce également utile au public et aux particuliers^ Dea principes lumineux, des exemples &appans appuient les vties 4e M. DE t)o!iiBASLE, quc nous ne suivrons pas dans les discussions auxquelles il 3e livre suf le mode d approvisionnement de U ville 9 sur la police des boulangeries) sur les approvisionner mens de réserve , sur le copicnerc^ des grains fâfit par les boulangers, sur racoapareme.Qt, et enfip 9ur Téquilibre commercial en général, et qelui des dlarcbés au blé en particutiert II termine par quelques vues sur te comn^eroe des blés de France , avec les états voisins*
(*) M.SÉ(;^iiiEiia traduit la vie deRicbardBeptley, icrlié ep i^Hemandpar WqI^, dans Hutention de répâfef les omissions, pour ne pas dire les irrévéreticés côn&mises envers ce grand Pbilologue dans Tune des collections biographiques qui se pulilient maintenant. Nous citerons d^abord parmi les additions qu^il a faites à cette biographie , les réflexiotis générales sUr la manière légère avee la- <|iielle sont traités quelques articles consacrés à des horaoïes qui ont rendu des services éminens aux lettres, tandis qu'on s'efforce de tirer de Toubli tant de noms inconnus. « Le mérite des savans
(*) Ge aac^eMi appaitieut à Fariiole Biogr^i^iit.
( »3» ) 1^ dit Taûteur ) ei leur premier titre à Tint^rét et i Testioie des Komines consistant dans leurs écrits ; il semble que leur biographie n^offro d^autres attraits au lecteur que le jugement de leurs ouvrages et l'analyse exacte de ce qu'ils renferment. Il faut donc, pour fixer Tattention sur de tels sujets ^ avoir lu ces ouvrages avecles dispositions nécessaires, et savoir leur répartir avec équité la louange ou le blAme. Dans la plupart des compilaticms biographiques aii contraire ^ on a souvent à regretter Tabsence de ces qualités essentielles, pour bien écrire la vie des savans , et Ton n'a pas de peine à en de« viner la cause. Parmi les rédacteurs de ces en« treprises moitié littéraires, moitié comaiercialeS| bien peu ont lu les écrits dei auteurs dont ils parlent , un moindre nombre peut les apprécier) Auifsi n'est-ce pas sur ce plan qu'ils travaillent* Ils fouillent dans les anciennes compilations pour en tirer mie nécessairement remplie des mêmes erreurs, etsou vent augmentée de celles qui leur sont propres ^ par cette condition inhé^ rente i tous les ouvrages des hommes , que ce qui ne se perfectionne pas, se détériore. Au resté ce n'est pas k éviter ces débuts que tendent la plupart des rédacteurs, car il en est que Ton doit distinguer ^ mais c'est à ne pas omettre un noqicité quelque partj c'est à fouiller dans les
câébritës obscures, pour en tirer des êtres <|aé Toubli aurait dû eusevelir à jamais , afin d^avoir la gloire d'ajouter aux collections précëdenies un certain nombre d^auteurs, qui, pour leur honneur , auraient dû ne jamais écrire »• € On Toit que la nécessite d'introduire de nouveaux venus doit resserrer la place des anciens ainsi sacrifiés par le peu de connaissances de ceux qui en parlent à leur gré, sacrifiés par les limites étroites, entre lesquelles on comprime ces hommes éminens dans les différentes parties des connaissances humaines \ cependant ces sa vans j en si petit nombre sont tellement mutilés^ défigurés^ qu ils sont absolument mécoanaissableS| et ce qu il y a de plus déplorable dans leur sort, ce n^est pas d^'étre associés k des êtres indignes d'eux, mais de leur être tellement assimilés qu'une tristeuniformitésembie avoir modelé el arrangé toutes ces figures sur un même plan:
toutes ont une contenance pareille, offrent un intérêt semblable, et après la lecture de ces livres, on est étonné de trouver une si parfaite égalité entre des choses qui en admettent le moins parmi les hommes )►• Après avoir formé des vœux pour qu'un Biographe digne de Joseph Scaliger rende à ce savant ce qu*e n^ont obtenu ni Budée^ ni Bentley ^ l'auteur entre en matière avec Wolff^ qui a élevé à la gloire de ce ;savant ,
< «33 ) un monument où les traits qui le caractérisent sont traces avec vérité , et sur-tout où ses litres littéraires sont discutés par un écrivain sicapa-* ble de bien les apprécier^
Après avoir fait connaître la patrie ^ la naissance, Téducation ^ les études et les succès de ce savant personnage , ses travaux dans les langues grecque , hébraïque et latine , il parie du premier ouvrage qui fixa sur lui les regards du monde savant^ écrit peu important pour le sujet ; c'était sa Let-* Cre à John Mill, ajoutée k l'édition du cfaronologiste Masela, mais où l'on découvrit une érudi-^ tion propre k faire honneur à un homme de soixante ans , quoiqu'alors Bentley n^en eût que trente. Il le représente ensuite comme théologien et comme orateur. < Robert Boyle ^ dit-il , avait t fait une fondation pour isombattre le délire des » athées modernes^ elle réclamait pour orateur » an homme qui sentit l'importance d'une pareille » entreprise et qui sût manier le$ armes que la » philosophie nouvelle (celle de Ne^vytoïi) offrait » contre les ennemis de la religion itatiirelle et t révélée. Dans la correspondance qu'il établit » avec NeMTton 4 ce dessein, il apprit k se servir » si adroiten^ent de la méthode des mathémati» » ciens pour prouver l'existence de Dieu , qn^ » l'on crut cette vérité fondamentale du cbris*^ ? lianisme^ rendue pour longtemps i^attaqu^iblo
( '34 > » par les discours savans qu^tl prononça en cette
> occasion. L^approbationqu^ils obtinrent fut si
> génërale , qu'elle donna k l'exëcuteur du lega
> de Boyle le désir de les faire imprimer ^ il en
> publia en effet buit qui ont servi de modèle à » tous ceux qui ont succède à Bentlejr dans cettt » carrière. »
Le biographe rappelle les travaux que Bentlcj^ chargé de la surveillance de la bibliothèque -de St.*Jame8) entreprit vers 1694 sur plusieurs cla3siques et particulièrement Pbilostrate , Maniliui Hesychius, et sur les fragmens épars des Poètes grecs qu'il avait résolu de rassembler et d'éclatiw cir. Us devaient être joints à ^éditio^ de Calljmaque que Grœvius pubbait sous le nom de son fils, où il a rassemblé un très-grand nom* bre d'observations importantes pour Tintelligeiice de ce poëte. Il rappelle aussi la discussion qu'il soutint avec tant de gloire au sujet de rauthenti*cité des Fables d'Ésope et des Lettres attribuées à Phalaris , qu'il prouva n'être que des exercices de rhéteurs au temps de k décadence des Lettres grecques. Â la relation de cette querelle célèbre dans l'histoire de la critique littéraire , succède l'exposition de ses travaux sur Horace , entrepris par ce savant comme un objet de délassement aux fonctions qu'il remplissait alors en. qualité de maître du collège de la Trinité à Cambridge
C »35 ) loterrompti à différentas ëpoqnes pur dei ârhi-* qiies moins importantes aaxqueiid» il élàil appelé • par %%§ admirateurs, ce travail ne fUl térniiiié qu'en 1711, époque que l^on peut regarder Gomma celle de tepogée da aa gloire et (S^liè de la critique grammaticale de le bngtté latine en Angleterre*
< Oo peut élément éùût0¥à\t ^ dk Padtetir , quel mélange d'^tonnetnent , d'envie , d'admiration secrète, de murmurée ichtÈûÈ dot produire la publication avec sept à huit Cents ooprections d'im poëte dans lequel tant de getis ne croyaient pins trot^ver de difH'*. cultes 9 il sqpporta, sans y £iire attention, ait n^oins sans y répondre, quelquesi critiques aii mîlieti de Taccueil général dei hommes les plus* éclairés, t • • et malgré quelques fautes commît $68 contre lée lois de la. cri tique, de rinterpré-» tatiott M poiiCre le goût , la réputation de ce livre savant, s^accrut de plus en plus comme héo-' dèle dedélteatesse , d'érudition , de pénélratioil et de sagacité. « • .. C'est ainsi qu'apros W siècle* h réputation de THorace de Bentley s'est con-» servée, et quiconque y trouverait, & c6té dé^ tant de corrections brillantes , trop d'audsicé et plus d'esprit que de sens ^ devrait entrer <}ans l^rène comme un nouvel athlète, pour lê nuivrey de remarque en rexniirque, dan^ttn*
>. commentaire rempli d'une aussi vaste ërudi-*^ >' tion que la sienne ^ et quand même une telle
> entreprise serait couronnée de succès , Bentley ». serait encore un homme extraordinaire parmi »^ ses contemporains. Que Ton compare en effet' >. son Horace et THomère de Barnes, et Ton
> croira à peine que ces deux savans soient vécu > , dans le même temps et si près Flin de Fautre* »
Les chagrins qu'il éprouva , les tracasseries * qu'il essuya dans l'administration du eollége de la Trinité , depuis, dans sa place de professeur de théologie, et enfin dans plusieurs de s^s entreprises littéraires, ont fourni au biographe de longs articles, sans doute intéressons pour l'histoire littéraire de ce siècle d'érudition, mais dont nous t\e pouvons tirer pour ce précis que d^s preuves nouvelles et trop communes des chances fâcheuses auxquelles expose la célébrité des fureurs de r.envie , qui , dans tous les temps , poursuit le mérite , et du peu de politesse de plusieurs de ces hommes si versés dans la connaissance des hommes les plus polis de Tautiquité.
. Son entreprise pour rappeler à sa pureté priniitivQ le texte du qouveau testao^ent , ainsi que la traduclion de St. -Jérôme ^ ses recherches sur ^ les mesures des poètes comiques , ses travaux pour l'amélioration du texte d'Homère, deMani- Uus, de Lucaia et autres ouvrages dévolus $eu-
C '37 ) lément aux ërudits du premier ordre ,' sont rap-' portés avec tous les détails que requièrent ces entreprises importantes, et paraissent avoir occupé la dernière période de la vie de cet homme célèbre, dont les restes furent déposés au collège de la Trinité;
Le biographe termine en rappelant ses traits t en traçant son caractère. « Son portrait, placé à la tête de l'édition de Manilius , a été fait dans sa 48.^ année , et a la réputation d^une ressemblance parfaite .... Si son premier aspect imposait par la dignité de ses traits et donnait à ceux qui ne faisaient que Tentrevoir Tidée d'un caractère hautain et impérieux, ceux qui parvenaient à le connaître plus intimement trouvaient en lui un homme doux, sensible, aimable et même enjoué. Il Tétait également en société, où il tempérait l'austérité de ses jugemens par des traits d'affabilité qu'il savain répandre à propos. ... Il n'aimait pas à éten^ dre ses liaisons , sur-tout dans les conditions élevées, et vécut en intimité et dans une constante union avec Samdel Klark , Isaac Newton , Richard Mead , le docteur Willis et Spanheiùa ; enfin avec les plus recommandables de ses contemporains. Lorsque ses liaisons se changeaient en amitié, il était fidèle, sincère, et par conséquent souffrait avec d'autant plus d'à^
> mertume ^e la confiance fui déçut n. A prêt avoir expliqua U$ causes qui lui oni suacité tan( 4'ennemi;^ et qui pot trouUé ta vie par tant d^o^ ageS) il ajoute: 4 On peut dire que aon Caracièr0 opposé à la dissimulation y ne s'est jamais abaissa à la souplesse dans le commerce de la via, qu# la modestie des ipodem^f qui ne semble oublier leur mérite que pour le faire ealébrf r par lea* autres avec plus d'ëçlat , était loin de ses pen-*^ %éesj qu'eofia la sincérité de ses dtacours était intolérable pour la plupart des esprits faibles qui rentendaîent : en outre, il excita le mécon^ tentement de beaucoup de gens qui aspiraient^ k le remplacer dans la prééminence littéraire qu'il s'était acquise, ••• Quant aux services^ qu'il a rendus pour la connaissance de l'enti^ quité et l'influence qu'il a exercée tant sur son: siècle que sur le siècle suivant , on peut en juger par la comparaison des* temps anténeurr avec les temps postérieurs. Il n^a eu daips sa patrie qu'un petit nombre de précurseurs , ea ne pouvait trouver nulle part alors moine d'en«< couragement aux recherches philologiques cpie dans son sein. »
M. Mi^FFioti a fait un rapport sur l'ouvrage de^ B{. Bail ) intitulé : (U F état des Juifs au 1 8.^ siècles Le but de l'auteur est d'engager les grandes pnis-^ saaces de l'Europe à améliorer le sort.de ce^»
( «Sp-) natioo , eo leur dénouç^nt les mesures que vieo^ Qeot de premlre cop trç die les villes de Hambourgi de Lubedk et de FraK\c(bru Aprèii avoir rendu justice II11X imeaûons phiUotropii^ues e( aux sa* vantes recherche^ de M* Bail , U rapporteur eher^ che à résoudre le problème relatif à rëtatsiuguKer des Juifs, en les coosidérant dans doux situations ^ doat Fune a déqdé de leur exioence politique , et l'autre de leur existence individuelle* L^examea de la conduite des Juiis pendant le siège de Jérusalen^ par Titus et de leur conduite depuis la destruction de leur Capitale , le porte à conclura que celte patiop doit imputer ses jonalbeurs à eUa seule , puisqu'elle pouvait les ^flévoir et las di-* ininuer.
Tous ceux qui ont écrit sur le siège de Jéru*^ salem conviennenttju'après quatre moisbiâmiim ^voit mis les assiégés dans fimpossibilité de se défendre plua long-temps* L'historien Josepba nous apprend que la cau«e d'une, £imine si sobita ne vint paa d'un excès de population , mais du brûlemonld'une quantité incroyabi^ deblé exécuté par trois (actions y quise fesaieni une |;uerre ioies^ tinc , pendant qu'un ennemi formidable était devantleurs remparts* Il ajoute que lesRouaains peu* vent se glorifier non d'avoir ruiné cette ville puis-^ sanle, mais d^avoir exlermiué des factieux , don^ t'impiété jointe à H>us les autres crimes avaitrompii;
Funion des habitans plus forte que ses murailles. Quoique Josephe soit devenu courtisan de Yes* pasien^ son lëmoignage est irrécusable ^ puisqu'il rabaisse la gloire des vainqueurs ^ loin de Texaiier , et que s'il eût calomnié sa nation , cette Uiche imposture eût été confondue. Ainsi la nation juive ne doit imputer qu'à la (breur aveugle des factions qui la déchiraient la perte de son existence politique^
La seconde fstute que les Jul& ont commise et qui est la source de tous leurs malheurs, c'est leur dispersion dans les diverses parties du monde, sans que la violence paraisse les y avoir contraints. L'histoire oiTre plus d'un exemple de nations qui ont perdu leur indépendance politique , mais aucune n'a été jusqu'à déserter ses habitations, ses terres, ses tombeaux^ Les Juifs, après la destruction de leur capitale , fuient la terre qui les a nourris, renoncent à toute propriété, à toute liberté , et se livrent à la merci des autres peuples. Cependant il. n'était pas difficile de prévoir qu'qne telle conduite allait achever leur ruine. Lorsque des hommes quittent leur sol natal pour s^établir ailleurs , ils sont d'abord suspects à tous ceux chez lesquels ils se présentent. Mais 'ils sont bientôt vus de meilleur œil, quand ils ne se montrent pas trop contraires aux mœurs de la société qui les accueille et qu'ils lui rendent dçs services» Si
au contraire les nouveaux venus s^opiniâtrcnt k conserver leurs anciennes habitudes, i s'isoler par la langue, par les alliances, par les intérêts, ils deviendront de jour en jour plus odieux , quand même ils conformeraient leurs actions aux règles d'une excellente morale. Les malheurs passes, ou prësens des Juifs , conclut M. MaffioIi , ne viennmit donc pas de ce qu ils professent une reli-gion^fferente de celle des tiations parmi lesquelles ils se trouvent, mais de ce que leur genre de vie est en opposition avec celui de ces derniers. Ils seraient également le partage de tout autre peuple qui marcherait sur les mêmes traces.
it :