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VP Observation.
Un menuisier, âgé de vingt -un ans, passe le i5 septembre iSaS , devant l'hôpital de la Charité, allant déjeuner avec son frère , et tombe tout-à-coup sans mouvement: on le porte aussitôt dans un des lits de la salle Saint-Jean ; à peine y était-il que le chirurgien de garde (M. Beaumetz) vient pour le saigner, et déjà il n'était plus.
Ce jeune homme avait une conduite très-régulière et ne s'était plaint d'aucune espèce d'incommodité à son frère , avec lequel il logeait et vivait dans une parfaite intelligence.
Ouverture du cadavre vingt- deux heures après la
mort.
Etat extérieur. Cadavre de cinq pieds cinq pouces, parfaitement bien conformé. La peau qui recouvrait la face antérieure du corps offrait un grand nombre de petites taches bleuâtres, arrondies, qui pénétraient toute l'épaisseur du derme. Les chairs étaient fermes, les membres charnus et plutôt secs que gras , la roideur cadavérique médiocre , le refroidissement complet, de manière qu'il n'y eut aucune trace de vapeur au moment où nous ouvrîmes les cavités splanchniques.
Tête. La figure, qui était bleuâtre au uioment de la mort , était uniformément pâle. Il y avait quelque* granulations miliaires, brillantes et opaques, nées de l'arachnoïde, près de la scissure médiane, et des traces d'infiltration sous-arachnoidienne ; la pie-mère était médiocrement injectée > la substance cérébrale un peu moins consistante, dans toute la masse, que chez un sujet mort de pleurésie chronique , ouvert en même temps, et chez lequel cette consistance ne nous parut pas supérieure à ce qu'elle est dans l'état naturel. Outre cela, le lobe antérieur gauche et le corps strié carrespondant étaient plus mous évidemment que ceux du côté opposé ; la cloison transparente et une partie des piliers de la voûte étaient eœore plus ramollies , sans néanmoins être pulpeuses. La substance médullaire n'était pas injectée, les ventricules latéraux contenaient, chacun, une petite cuillerée de sérosité. Le cervelet , la protubérance annulaire, la moelle allongée et la moelle épinière offraient aussi moins de consistance que dans l'état ordinaire. Il y avait environ deux cuillerées de sérosité dans l'arachnoïde spinale.
Cou. L'épiglotfee et le larynx étaient un peu injectés , la trachée-aiière d'un rouge vif* dans toute son étendue.
Poitrine. Pas la plus légère trace d'épancheraent dans la cavité des plèvres ; le poumon gauche était parfaitement libre, le droit offrait quelques adhérences cell^leuses ; tous deux étaient bien mous, leur tissu ii'ési«tait à la traction comme dans l'état ■natiM'el, ils avaient une couleur rouge foncé en arrière. Les sections fuites dans cette partie étaient sèches , ne
cédaient, par expression, qu'une très-petite quantité de fluide rougeâtre et légèrement spumeux. Les bronches étaient un peu moins rouges que la trachéeartère et contenaient une petite quantité de mucus. Le cœur était volumineux, plus gros d'un tiers que dans l'état ordinaire, le ventricule droit aplati, comme pratiqué dansle gauche, dont la capacité était presque doublée. Le ventricule droit était vide , ses parois fermes et épaisses de deux lignes, l'oreillette et l'orifice auriculo-ventriculaire correspondans sains. Le ventricule gauche contenait fort peu de sang ; ses parois avaient huit lignes d'épaisseur à sa base , trois à quatre seulement à son sommet, et une bonne consistance. Sur la partie de sa face interne qui correspond à la cloison, se trouvait une plaque blanche, ovalaire , de neuf lignes de haut sur une largeur un peu moindre, d'un demi-millimètre d'épaisseur, facile à enlever sans intéresser la membrane commune à laquelle elle n'était que superposée. Les orifices auriculo-ventriculaire et ventricule -aortique étaient rétrécis ; ce dernier n'avait que vingt-cinq lignes de développement ; les valvules sygmoïdes aortiques étaient moins hautes que dans l'état ordinaire , et ■deux d'entre elles offraient des ossifications. L'une de ces ossifications avait la forme d'une stalactite , sept lignes de haut , sur une environ d'épaisseur, était <lirigée inférieurement. La valvule mitrale offrait aussi une ossification ou pétrification d'un demi-pouce de surface et d'une ligne d'épaisseur à son bord libre, sa partie la plus épaisse. L'aorte ne présentait rien de remarquable.
Abdomen. L'œsophage était sain , recouvert dans
4g4 MORTS SUBITES
toute son étendue par un épiderme opaque , qui s'enlevait comme une pulpe. L'estomac avait un médiocre volume , et à l'intérieur une couleur rouge obscur, si ce n'est dans la largeur de deux pouces , avant le pylore immédiatement, et le long d'un grand nombre de bandes d'un à deux pouces de longueur , sur une à deux lignes de large , dirigées dans le sens de la grande courbure. Quelques-unes d'entre elles étaient blanchâtres, la plupart d'une teinte brunâtre. La membrane muqueuse était un peu amincie à leur niveau, légèrement ramollie dans quelques points; ailleurs elle avait une épaisseur et une consistance convenables , en sorte que dans le grand cul-de-sac on pouvait en enlever par traction des lambeaux de près d'un demi-pouce de longueur, et au niveau des grande et petite courbures, d'un pouce à un pouce et demi. Le duodénum avait une couleur un peu roussâtre ; les cryptes muqueuses de sa portion pylori-valvulaire étaient peu développées, et ne formaient à sa surface que de trèspetites saillies. L'intestin grêle avait un volume médiocre, une couleur rose un peu livide à l'extérieur , contenait beaucoup de mucus , un bon verre environ. Sa membrane muqueuse était rose , comme la sous-muqueuse , dans toute son étendue , trèsmince et d'une bonne consistance , de telle sorte qu'on pouvait en avoir par traction des lambeaux d'un pouce de longueur, excepté près du cœcum, dans l'espace d'un pied, où sa rougeur était plus considérable , et les lambeaux dont il s'agit de trois à quatre lignes seulement. On trouvait au-dessous de cette membrane, dans son dernier cinquième, un
"wrand nombre de cryptes dont le volume augmentait dans le voisinage du cœcum , près duquel ils avaient -trois quarts de ligne de largeur. Le gros intestin contenait une assez grande quantité de matières fécales Jaunâtres et brunâtres , d'une médiocre consistance : sa muqueuse était pâle et légèrement grisâtre, un peu plus épaisse que celle de l'intestin grêle dans sa première moitié , d'une consistance telle , qu'on en obtenait par traction des lambeaux de douze à quinze lignes : au-dessous d'elle on trouvait un grand nombre de petits corps blancs , d'une demi-ligne de diamètre , très-aplatis, offrant un point brun à leur centre, et fixés au tissu sous-muqueux dans presque tous les points où la membrane muqueuse en avait été séparée. Les glandes mésentériques avaient une couleur fauve pâle , et d'une à quatre lignes de diamètre. — Le volume du foie était assez considérable , sa consistance médiocre , sa couleur d'un rouge obscur ; son grand lobe contenait beaucoup de sang. La bile de la vésicule était abondante , médiocrement épaisse et colorée. — La rate avait cinq pouces de haut sur trois de large , une couleur rouge brun-foncé , la consistance qui lui est naturelle. — Les reins étaient beaucoup plus fermes que de coutume , et les autres viscères parfaitement sains.
Ici la mort a été , pour ainsi dire , instantanée , comme si elle eût été le résultat d'une syncope , bien qu'aucune circonstance extérieure n'ait dû la provoquer, et que la couleur violacée du visage, dans les dernières minutes de l'existence, paraisse indiquer
une autre cause. C'est au moment de déjeuner , et avec toutes les apparences d'une santé parfaite, que le sujet meurt d'une manière subite ; et cependant on trouve à l'ouverture de son corps plusieurs lésions, dont quelques-unes existaient incontestablement depuis un laps de temps plus ou moins considérable. Ainsi le ventricule gauche du cœur était à-la-fois dilaté et hypertrophié , ses orifices de communication avec l'aorte et l'oreillette correspondante rétrécis : ces lésions auraient dû produire quelques symptômes remarquables , et néanmoins il paraît certain , d'après les renseign'emens qui ont été pris, qu'à aucune époque le malade n'avait accusé de dyspnée ou de palpitations; ce qui montre , avec quelques autres faits du même genre , que le début des maladies chroniques des organes les plus essentiels doit être bien souvent impossible à déterminer, et qu'au moment où un viscère atteint d'une affection lente de sa nature paraît lésé , sa structure peut être altérée depuis beaucoup de temps.
L'état du cerveau n'est pas moins remarquable que celui du cœur , et il est naturel de se demander si le ramollissement de son lobe antérieur gauche , celui du corps strié correspondant, de la cloison demitransparente et du pilier de la voûte , sont survenus tout-à-coup , ou s'ils existaient déjà depuis un certain temps à la mort du sujet , et si cette lésion est compatible avec l'état de santé. Mais ces questions ne peuvent être résolues , dans l'état actuel de la science, et appellent de nouveaux faits (i).
(i) Nous n'ignorons pas que le ramollissement . même pulpeux , du
Toutefois , nous observerons que dans le cas où elles seraient résolues affirmativement , on expliquerait sans peine les hémorrhagies cérébrales qui ont lieu sans symptômes précurseurs , et qu'il est bien différent, pour ne pas dire impossible, de concevoir sans une altération préalable de consistance de la partie du cerveau qui en est le siège. Mais dans le cas contraire, et quand on viendrait à supposer que le ramollissement a été subit, ce qu'il est bien difficile d'admettre , nous ne croyons pas qu'on pût lui attribuer la mort du sujet, vu que les lésions cérébrales spontanées les plus graves ne l'amènent pas , suivant la remarque de M. Rostan, d'une manière si rapide; en sorte que , comme nous l'avons annoncé, la mort n'est pas plus aisée à concevoir dans ce cas que dans les précédens.
Un autre fait sur lequel il importe encore de fixer notre attention , c'est la couleur rouge-foncé de la membrane muqueuse de l'estomac. Cette couleur nous semble devoir être considérée , aussi bien que les taches violacées de la peau , comme un phénomène cadavérique : car au moment de la mort , ou quelques minutes avant la mort , les fonctions digestives semblaient dans un état d'intégrité parfaite , et la rougeur dont il s'agit n'était accompagnée ni de ramollissement, ni d'épaississement, ce qui n'au-r rait certainement pas eu lieu si cette rougeur eût été
cerveau, peut être latent , et nous en avons donné un exemple remarquable dans le cours de cet ouvrage (pag. 5i3) ; mais dans ces cas, qui ne sont pas tiès-rares , il j^ a ordinairement complication , la santé est plus ou moins altérée depuis un certain temps , et ce n'est plus le faif; dont il s'agit.
le produit d'une inflauiination ( page 266 ) ; d'où il suît , comme nous avons déjà eu occasion de le remarquer^ que la couleur est un indice bien peu sûr de rétat des organes, et qu'il est indispensable, pour en apprécier la valeur , de tenir compte de l'épaisseur et de la consistance des tissus. Observons encore que les amincissemens partiels de la muqueuse gastrique sous forme de bandes, étaient probablement le résultat d'une affection ancienne qui avait laissé des traces , et dont nous avons donné un exemple , p. gS de cet ouvrage.
Ces considérations et celles qui précèdent suffiraient , en quelque sorte , pour montrer que l'anatomie pathologique étudiée avec soin est véritablement le flambeau delamédecine, soit qu'elledécouvre, soit qu'elle ne découvre pas les lésions auxquelles on doit rapporter les symptômes observés : car elle seule peut faire connaître dans quel cas ces symptômes ont pour cause une altération appréciable des viscères , dans quel cas ils en paraissent indépendans. Si elle ne résout pas tous les doutes, et cette observation en est une nouvelle preuve , elle en limite le nombre , elle indique sur quoi ils doivent porter principalement , elle montre en quoi consiste le problème à résoudre. Qu'on suppose en effet que les observations rapportées dans ce mémoire ne sont pas suivies de l'autopsie cadavérique , qu'apprendrontelles? Rien, sinon qu'il y a eu mort subite, ou du moins très-prompte , dans un certain nombre dé cas et dans des circonstances où il était impossible de la prévoir : mais on ignorei^a s'il y avait un rapport exact entre l'état des organes et les symptômes ob-
serves avant ceux qui ont accompagné la mort ; si celle-ci est due à une rupture du cœur, de l'aorte ou de quelque autre vaisseau d'un volume considérable, etc. , etc. ; on pourra tout soupçonner : tandis que si après l'examen attentif des viscères, le problème n'est pas encore résolu, au moins nous en approchons le plus possible , et ce qui est un grand point , nous évitons les fausses suppositions.
En résumé , on ne saurait expliquer le genre de mort qui nous occupe par l'état apparent des organes, dans aucun des cas qui viennent d'être rapportés , même dans les deux premiers , oii la lésion des , polluions et des plèvres était néanmoins très-récente et assez grave.
2°. Il n'est pas plus facile de se rendre compte des symptômes antérieurs à ceux qui ont accompagné la mort , presque subite , des deux premiers sujets , à moins d'en chercher la cause dans le ramollissement de la rate ; et ces symptômes étaient ceux d'une fièvre continue légère.
3°. Les organes qui, d'après les principalesthéoriesde la colique des peintres, auraient dû être, chez le sujet de la cinquième observation , le siège de quelque désordre plus ou moins grave , étaient dans l'état normal.
4°. Bien que le sixième malade eût toutes les apparences de la santé quelques minutes avant la mort , nous trouvâmes néanmoins, à l'ouverture de son corps, des lésions assez graves du côté du cœur , et dans le cerveau plusieurs points dans lesquels il était ramolli d'une manière très-marquée.
.5oO MOBTS SUBITES
5". La roideur cadavérique existait à an degré remarquable chez tous les sujets au moment où l'on en fit l'ouverture , c'est-à-dire de dix-sept à trentehuit heures après la mort, et probablement bien avant , comme on peut le conjecturer de l'histoire des deux premiers sujets qui furent examinés quatre et cinq heures après avoir succombé. Ces faits sont en opposition avec la manière de voir de Béclard, qui attribue la roideur cadavérique au refroidissement du corps , puisqu'elle existait chez les deux sujets dont il vient d'être question quand la tempé" rature extérieure du cadavre était à peine inférieure à celle qu'on observe pendant la vie. Ils ne sont pas moins contraires à cette autre assertion du même auteur, que quand les forces sont peu altérées au moment de la mort, la roideur ne se développe que vingt-quatre ou trente-six heures après. La saillie des muscles était, chez les sujets qui oJQfraient la roideur cadavérique au plus haut degré , parfaitement semblable à celle qui a lieu pendant la vie par le fait de la contraction volontaire , ou si l'on veut , à celle qu'on observe à une certaine époque du ramollissement de la moelle épinière , dans la partie placée audessous du ramollissement, et sur laquelle la volonté n'a plus d'influence : de manière que tout semble indiquer dans la roideur cadavérique , comme l'a dit Nysten , un phénomène analogue à la contraction musculaire.
- 6°. Presque tous les sujets offraient sur les parties antérieures et latérales du tionc , des vergetures ou taches rouges plus ou moins nombreuses et étendues; ce qui distingue le cadavre des individus morts subite-
ET IMPRÉVUES. 5oi
ment, de celui des personnes qui ont succombé moins, rapidement à une maladie aiguë.
7*. Cinq des six sujets dont nous avons donné l'histoire étaient du sexe masculin.
S". Les hommes étaient très -jeunes, avaient de vingt à trente ans , la femme quarante-huit, (i)
(i) Bien que nous n'ayons recueilli d'exemple de mort subite de l'espèce qui nous.occupe, que chez des sujets jeunes, ou du moins peu avancés en âge , on peut croire qu'on l'observe plus ou moins fréquemment à toutes les époques de la vie ; nous allons en donner un exemple pour Tenfance. Les symptômes de l'affection qui a précédé la mort , ont été recueillis avec beaucoup de soin par M. Maréchal (aîné) , étudiant en médecine , avec lequel nous avons fait l'autopsie , en présence de M. Chomel qui avait été appelé en consultation auprès de la petite malade.
Cette petite fiUe était âgée de quatre ans, vive , colère , intelligente , bien développée, d'une constitution forte ; avait eu, au mois d'octobre 1825, des nausées, de la douleur à l'épi gastre , avec peu d'appétit, soif j amélioration du pouls , chaleur , eu un mot tous les signes d'une gastrite légère. Sous l'influence des émoUiens , ces symptômes , auxquels se joignirent quelques vomissemens le premier jour , furent dissipés trois semaines après leur début , et jusqu'au 4 janvier suivant , là' petite malade jouit d'une santé parfaite ; ce jour même elle éprouva une violente contrariété , et dans la nuit du 4 au 5 elle fut prise de convulsions, vomit et eut trois selles liquides. ( Infusion de tilleul , diète. )
Elle fut bien le reste du jour et encore le lendeinain ; mais daas la nuit du 8 au 9 , elle eut un frisson violent , suivi de chaleur , de toux , tle douleur dans le côté gauche de la poitrine , et accompagné d'un peu de délire.
Le 7, à midi , toux sèche, respiration médiocrement fréquente ( trente-quatre par minute ) , douleur sous le sein gauche dans la largeur d'un écu de .six francs , bruit respiratoire nul dans le même point , crépitation fine , percussion sonore dans le tiers inférieur du même côté , en arrière ; pouls' fréquent ( cent quarante-cinq pulsations par minute ) , chaleur élevée -, langue nette et rouge , ventre indolent , deux selles d'une bonne consistance, La petite malade se plaignais
9°. Enfin, et ce fait est d'une grande impoftaiice , les six cas de mort subite ou imprévue que nous avons rapportés font partie d'une masse de quatre
beaucoup , avait mal à la lête et des douleurs dans les jambes, (Douze sangsues sur le point douloureux, viol, édulc. , pot. gom. )
La douleur , qui avait presque entièrement disparu le soir , devint très-vive pendant la nuit , fut accompagnée d'un peu de délire et de beaucoup de fièvre. Le 8, au matin, les résultats de l'auscultation et de la percussion n'avaient pas changé d'une manière sensible , le pouls était plein, la douleur et la toux persistaient. ( Six sangsues au côté gauche. )
Le soir la toux n'avait pas diminué , la douleur était peu considérable , la respiration un peu moins fréquente , le pouls comme le premier jour.
Le 9, l'espace dans lequel on entendait la crépitation était un peu moindre que la veille, le bniit respiratoire sensible dans le point pleurétique ^ la percussion de la poitrine universellement sonore , la fréquence de la respiration et du pouls comme la veille : il y avait un peu d'abattement.
Le lo, tous un peu moins incommode , moiteur pendant la nuit , nul autre changement.
Le 1 1 , le pouls et la respiiation étaient un peu moins accélérés , la toux plus rare , il y avait une amélioration très-sensible. A midi , la fièvre augmente, ou observe un peu d'affaissement. Le soir, la petite malade est gaie , s'amuse comme si elle eût été bien portante , est assise sur son lit, et continue de jouer jusqu'à dix heures du soir. Elle s'endort ensuite et est réveillée à minuit par une quinte de toux ; à une heure elle semble être dans le même état qu'à dix heures , et se rendort peu après jusqu'à trois heures, qu'elle est encore réveillée par une nouvelle quinte de toux : celle-ci cesse bientôt , l'enfant cause avec sa mère qui était accouiue vers elle , lui reproche de l'avoir abandonnée pendant la nuit , et meurt en prononçant ce dernier mol.
Ouverture da cadavre trente heures après la mort.
Etat extérieur^ Embonpoint modéré , rien autre chose de remarquable.
Tête, Point de granulations à la surface de l'arachnoïde , ni d'infiltration entre cette membrane et la pie-mère ; cerveau mou comme il
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cent craquante sujets niorts dans l'espace de quatre; années, dans les salles Saint-Jean et Saint-Joseph de l'hôpital de la Charité; c'est-à-dire que pendant cet
l'est ordiuairemeut à l'âge du sujet ; sa substance corticale d'un rose assez vif, ses ventricules latéraux dépourvus de sérosité , la protubérance annulaire et la moelle allongée proportionnellement plus fermes que le cerveau ; tout l'hémisphère gauche du cervelet beaucoup plus ferme que le droit , qui semblait plus mou que dans l'état naturel.
Poitrine. Cœur parfaitement sain et vide de sang. Poumons libres ; nul épancliement dans la cavité des plèvres; le lobe supérieur du poumon gauche dans l'état naturel; l'inférieur un peu violacé, dur en ariière dans ses trois-quarts inférieurs, grenu, hépatisé dans un peu moins de la moitié de son étendue , et recouvert , dans une petite surface, par une fausse membrane molle et jaunâtre ; ailleurs il était plus ferme que dans l'état ordinaire , mais sans hépatisation ni engouement. Ce même lobe offrait encore un tubercule ramolli , dt; trois lignes de diamètre , et un abcès de la même dimension. Le poumon droit était sain , à part un certain nombre de granulations et de tubercules crus à sa base et près de sa circonférence.
Abdomen. Le péritoine était peu humide. L'estomac avait un petit volunie ; sa naembraiie muqueuse était d'un blanc nuancé de rose, d'une consistance moindre de moitié que chez l'adulte, en général, et très-molle près du pylore , de manière à ne pouvoir être enlevée par traction dans ce point. La membrane muqueuse de l'intestin grêle était pâle , mince et ferme , c'est-à-dire qu'on pouvait en enlever, par traction , des lambeaux d'un quart de- pouce : celle du gros intestin avait la même ténuité , la même blancheur , la même consistance. Les autres viscères de l'abdomen parfaitement sains.
Ici l'état du poumon gauche rend parfaitement raison des symptômes observés dans le cours de la maladie du sujet; mais la cause de la mort subite nous semble tout aussi impossible à déterminer que dans les autres cas. Toutefois le ramollissement d'un des hémisphères du cervelet est bien digne de remarque , et rapproche celte observation de la sixième, qui nous a offert plusieurs ramollissemens partiels du cerveau ; de manière que les réflexions faites à son sujet s'appliquent parfaitement au fait dont il s'agit.
5oi4 MORTS iSUBlTES ET IMPRÉVUES.
intervalle de temps un individu sur soixante-quinze est mort subitement , ou presque subitement , au milieu des apparences de la santé la plus parfaite , ou dans la convalescence d'une maladie légère, qui guérit ordinairement après une durée de quelques jours. Et si l'on se rappelle que dans le même temps, et parmi les mêmes individus, nous avons observé quatre cas de perforation de l'intestin grêle ( accident si promptement mortel ) , chez des sujets qui ne semblaient avoir qu'un peu de diarrhée ou une très-légère indisposition , on aura sur quarante-cinq décès une mort subite , ou presque subite , et toujours inattendue, (i)
(i) M. Martinet a inséré dans la Revue Médicale (octobre 1824), un Mémoire fort intéressant, qui a pour titre : Considérations sur les différens degrés de résistance vitale dans les maladies , déduites des rapports des lésions organiques avec leurs effets. Plusieurs des observations contenues dans ce mémoire ont beaucoup d'analogie avec quelques-unes des nôtres, et nous engageons le lecteur à les consulter. '