MORTS LENTES
bONT ON ISE SAURAIT SE RENDRE COMPTE PAR L'ÉTAT DES ORGANES.
Nous avons vu dans le précédent Mémoire la mort arriver d'une manière subite , ou presque subite , et tout-à-fait imprévue; dans celui-ci, au contraire , nous rapporterons des cas dans lesquels elle est arrivée lentement et après avoir été prévue , mais aussi sans que l'examen le plus attentif des organes ait pu indiquer avec certitude quelle en a été la cause , et celui d'entre eux auquel il faut rapporter les symptômes observés. Ces faits, loin de diminuer l'importance de l'anatomie pathologique , achèveront de montrer combien il est nécessaire de s'y appliquer sans relâche, de comparer avec soin les symptômes avec ses lésions observées , puisqu'il n'y a que ce moyen de savoir s'il existe réellement des symptômes qu'on ne puisse expliquer par l'état apparent des organes, et s'il y a des causes générales qui en seraient plus ou moins indépendantes, comme, par exemple, l'altération des fluides.
Si nous ne rapportons dans ce Mémoire qu'un petit nombre d'observations , c'est qu'ici , plus qu'ailleurs
5o6 MORTS LENTES ET PRÉVCES
encore , une extrême exactitude est nécessaire , ef que plusieurs des faits que nous avions placés d'abord parmi ceux-ci , ne nous semblent plus offrir toutes les conditions sans lesquelles on ne peut se convaincreni convaincre les autres.
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1" Observa.tion.
Un boulanger, d'une taille moyenne, d'une constitution sèche , âgé de soixante-quatre ans , n'ayant jamais éprouvé de maladie grave, non sujet au rhume, éprouva , dans les premiers jours de l'été de i825 , et sans cause connue , un affaiblissement considérable qui l'obligea d'interrompre ses occupations. Dans le même temps se montrèrent, sur différentes parties de son corps, des boutons qui disparurent spontanément après trois semaines de durée , après quoi la faiblesse diminua beaucoup , sans que néanmoins le malade osât reprendre ses occupations. 11 resta dans le même état pendant quatre mois , ayant toujours un bon appétit , les digestions faciles et des selles régulières. Enfin, le 18 septembre de la même année, cinq mois après le début de la faiblesse, il essaya de se remettre à ses travaux , et dès le second jour , se trouvant au milieu d'un courant d'air, il eut un frisson qui dura une demi-heure et fut suivi de chaleur et de sueur. La chaleur persista, et il s'y joignit, au troisième jour, une douleur sous la mamelle gauche, qui, augmentait par le décubitus sur ce côté , par le mouvement et par la toux ; celle-ci avait débuté quarante-
qu'on nk peut expliquer. 5o7
huit heures avant les frissons, et était devenue un peu pkis considérable depuis. Avec la fièvre, soif, anorexie, constipation.
Le sujet fut admis à l'hôpital de la Charité , le 22 septembre, et le 23, cinquième jour de sa maladie , nous le trouvâmes dans l'état suivant : teinte jaunâtre des sclérotiques et de toute la surface du corps , air €Îe fatigue , sentiment de faiblesse considérable, mouvemens un peu lents, facultés intellectuelles médiocrement développées ; douleur au côté gauche, augmentant par la toux, le décubitus sur ce côté et les mouvemens du corps; percussion sonore, respiration naturelle et sans râle dans toute l'étendue de la poitrine , toux fréquente et ordinairement sèche, quelques crachats adhérens au pourtour du vase, couleur abricot, visqueux et demi-transparens: pouls peu accéléré ( soixante-douze ) , chaleur naturelle; langue bien humide , un peu pâle sur les bords, jaunâtre ^et villeuse au centre, soif médiocre , anorexie, quelquefois nausées par la toux, ventre indolent, constipation. ( Saignée de huit onces, tis. de viol. oxym. , bis ; pot. gom. , lav. de lin , deux demi-bouill.)
Le sang se couvrit assez promptement d'une couleur jaunâtre d'une bonne consistance, et la sérosité qui environnait le caillot était très-jaune.
Le lendemain 24 , la couleur jaune des crachats était plus foncée que la veille, le pouls à soixante-trois seulement ; les autres symptômes persistaient. Le lavement avait provoqué une abondante évacuation de matières alvines.
Le 25 , le malade n'avait expectoré que quelques
5o8 Morts lénïës et prévues
cracliats rouilles , le pouls était tombé à ciuquante-' huit, le bruit respiratoire plus fort antérieurement du: côté gauche que du côté droit.
Le 27, crachats rares et demi-vitrés, couleur de la peau presque naturelle , langue nette , anorexie toujours complète.
Depuis ce moment, jusqu'au 28 janvier 1826, jour> de la mort , c'est-à-dire dans l'espace de trois mois et quelques jours , voici ce que nous observâmes.
La toux fut peu considérable, et jusqu'au 18 décembre les crachats furent rares et purement mnqueux. Ce même jour il y eut, sans augmentation préalable de toux et sans cause connue , une hémoptysie évaluée à deux onces. Le lendemain , douleur dans le flanc gauche , hémoptysie nouvelle et un peu plus copieuse que la première ; on ordonna une saignée de quatre onces , après laquelle l'hémorrhagie diminua beaucoup et cessa bientôt, en sorte que, le S'y, les crachats avaient le môme aspect que la veille de l'hémoptysie. Ils furent verdâtres ^ opaques et dépourvus d'air dans les derniers cinq jours. 11 n'y eut de douleurs thoraciques dans aucun temps , et l'auscultation et la percussion pratiquées le 21 et le 26 décembre noffraient rien de remarquable.
Le pouls fut plus calme et plus ou moins lent jusqu'au 18 décembre : il était à soixante-quatorze le 19, et il conserva le même degré de fréquence jusque dans la dernière semaine. ^
La langue fut nette, humide , ordinairement pâle, quelquefois un peu rouge et presque sèche pendant les quatre derniers jours. La soif se dissipa promptement, l'anorexie persista jusqu'au 23 octobre, époque
QU'OW NE PEUT EXPLIQUER. boQ
à laquelle le malade commença à manger avec un peu d'appétit; bientôt il fut mis au quart, puis à la demiportion avec deux tasses de vin, et il les prenait encore quand l'hémoptysie força de le mettre à la diète. Il fa 'y eut ni nausées , ni vomissemens , ni douleurs à l'épigastre , ni diarrhée ; loin de-là les selles furent ordinairement rares : une rétention d'urine eut lieu du 3o septembre au 4 octobre , et nécessita l'usage de la sonde , qui fut ^introduite sans aucune difficulté , et chaque fois qu'on y eut recours on évacua une assez grande quantité d'urine rouge.
En même temps que l'appétit se relevait un peu dans le cours de novembre , la faiblesse diminuait et la physionomie devenait meilleure ; mais au lieu de s'efl^cer, la maigreur semblait toujours faire des progrès , et aussitôt l'hémoptysie , l'affaiblissement devint considérable , puis il fut chaque jour plus marqué. Le 5 janvier, le découragement était extrême , la voix faible, et parfois il y avait aphonie ; la déglutition était difficile. Néanmoins , malgré sa grande faiblesse , le malade alla seul à la selle jusqu'au jour qui précéda sa mort ; son agonie fut tranquille et dura vingt-quatre heures.
Ouverture du cadavre vingt-trois heures après la mort.
Etat extérieur. Dernier degré de marasme ; rien autre chose de remarquable.
Tête. Opacité de l'arachnoïde cérébrale dans plusieurs points du voisinage de la faux; infiltration sousarachnoidienne considérable ; substance corticale un peu pâle , substance médullaire ferme et sans injeç-
5lO ' MORTS LENTES ET PREVUES
tion ; deux cuillerées et demie de sérosité claire dan» chacun des ventricules latéraux. La cloison demitransparente et le reste de l'encéphale parfaitement sains.
Cou. L epiglotte, le larynx et la trachée-artère dans l'état naturel.
Poitrine. Poumons libres ; environ six onces de sérosité bien claire dans chacune des plèvres. Fausse membrane molle, jaunâtre, de cinq à six pouces de surface sur le lobe inférieur du poumon droit. Ce lobe était lourd , facile à déchirer , plus ou moins rouge , engoué, offrait quelques points rouges , grenus, fermes et hépatisés : le supérieur était mou et léger, avait, à son sommet, plusieurs excavations de deux à quatre lignes de diamètre, remplies d'un liquide puriforme, blanc-verdâtre, tapissées par une fausse membrane peu épaisse et sans consistance, louche, reposant sur le tissu pulmonaire sain ou engoué. Les bronches avaient six lignes de développement dans le voisinage de ces excavations , étaient d'ailleurs saines, et entre elles se trouvaient des granulations tuberculeuses , blanchâtres, striées de noir. Des granulations semblables existaient au sommet du poumon gauche , dont le tissu était grisâtre j hépatisé dans une surface de six à sept pouces carrés, sur un pouce d'épaisseur environ, près de son bord tranchant. Son lobe inférieur n'offrait que des traces d'engouement. Le péricarde contenait trois cuillerées de sérosité claire, le cœur fort peu de sang à droite, et quelques gouttes seulement du côté gauche. Ses parois n'offraient rien de remarquable. La valvule mitrale était opaque , jaunâtre et épaissie dans quelques points ; il
QU ON NE PEUT EXPLIQUER, 5li
en était de même des valvules sygmoides aorliques. L'aorte était large et saine , si ce n'est un peu audessus de sa division en iliaques , où elle présentait une ulcération superficielle et longitudinale , de troisquarts de pouce dans son plus grand diamètre.
Abdomen. Point de sérosité dans la cavité de l'ab^ domen. Œsophage sain et couvert de son épiderme, dans la plus grande partie de son étendue. L'estomac, réduit à la moitié de ses dimensions ordinaires, contenait peu de liquide , offrait un grand nombre de replis valvuleux. Sa membrane muqueuse était grisâtre le long de la grande courbure , pâle et légèrement, jaunâtre ailleurs, généralement un peu mince et d'une bonne consistance dans toute son étendue. Près de la petite courbure , à égale distance du cardia et du pylore , sur la face postérieure de l'estomac, se trouvait une saillie en forme de fuseau , d'un pouce de long sur trois lignes de large à sa partie moyenne, d'une ligne et den ie d'épaisseur, uniquement formée par quelques fibres musculaires hypertrophiées , mais d'ailleurs parfaitement saines, à part un léger excès de dureté. Les membranes muqueuses et sous-muqueuses n'offraient rien de remarquable dans le point correspondant. L'intestin grêle était un peu rétréci , sa muqueuse légèrement injectée, d'une épaisseur et d'une consistance convenables , si ce n'est dans les deux derniers pieds, où elle était un peu ramollie. Des matières fécales moulées existaient dans toute la longueur du gros intestin , et remplissaient le rectum, qui en était élargi. La membrane muqueuse du cœcum était pâle et molle comme du mucus ; celle qui tapissait les autres parties de l'iMestin avait la
5l2 MORTS LENTES ET PREVUES
moitié de Ja consistance qui lui est ordinaire. Les veines du mésentère et de l'épiploon, celles qui rampent au-dessous de la muqueuse gastro-intestinale étaient très-dilatées et remplies de sang. Les glandes mésentériques n'offraient rien de remarquable. — Le foie était parfaitement sain ; sa vésicule contenait une grande quantité de bile médiocrement épaisse. — La vessie avait une forme irrégulièrement arrondie , et trois pouces de large dans son plus grand diamètre : sa membrane muqueuse était plus ou moins rouge , mince et aussi résistante que dans l'état naturel ; sa tunique musculaire épaisse de quatre lignes , trèsferme , et à cela près , parfaitement saine. Les autres viscères dans l'état naturel.
L'affection qui nous occupe offre deux époques bien distinctes ^ l'une antérieure, l'autre postérieure aux faibles symptômes de péripneumonie qui ont amené le malade à l'hôpital. Dans la première il n'éprouvait rien autre chose de remarquable qu'un sentiment de faiblesse qui l'empêchait de se livrer à ses occupations ; l'appétit était excellent , la digestion facile, les selles régulières, la santé en apparence parfaite. La faiblesse , qui avait un peu diminué dans le cours de cette première époque, devint considérable au commencement de la seconde , au début des symptômes péripneumoniques ^ suivit encore une marche rétrograde quelque temps après, sans néanmoins jamais cesser d'être très-grande. La péripneumonie était si peu étendue lors de l'entrée du malade à l'hôpital , que l'auscultation et la percussion prati-
qu'on ne peut expliquer. , 5i5
quées avec soin , n'offrirent aucune donnée positive ; ]és crachats reprirent bientôt l'aspect qu'ils offrent dans le simple catarrhe et le conservèrent pendant deux mois^ jusqu'à l'époque à laquelle il y eut une légère hémoptysie et une augmentation de là dyspnée, qui avait été bien peu considérable auparavant; et à l'ouverture du cadavre on trouva pour toute lésion quelques tubercules et quelques excavations tuberculeuses dans les poumons, le lobe inférieur de celui du côté droit engoué , un peu d'hépatisation grise dans le lobe supérieur gauche, et un ramollissement très-marqué de la muqueuse du cœcum.
Ces lésions étaient peu considérables , assez ré- , tentes d'ailleurs, et ne peuvent rendre compte de l'état du malade aux deux époques principales de son affection. L'affaiblissement qui existait dans la pre» înière est d'autant plus remarquable , qu'à part ce symptôme, toutes les fonctions s'exerçaient avec régularité :il n'y avait pas de toux, et dès-lors il est extrê^ memerlt probable que les tubercules, qui étaient sans doute la plus ancienne des faibles lésions que nous avons décrites , n'existaient pas à cette époque. Et quand on voudrait faire une supposition contraire , ces tubercules, sans fièvre , sans aucun des symptômes généraux qui les accompagnent quelquefois quand ils sont latens , étaient en trop petit nombre pour expliquer la faiblesse dont il s'agit» On peut en dire autant de celle de la seconde période , qui n'était nullement proportionnée au peu d'étendue de l'inflammation pulmonaire. Et quant à l'engouement du lobe antérieur du poumon droit et au ramollissement de la membrane muqueuse du cœcum , dans lesquels on
pourrait peut-être croire que se trouve l'explicatiori de la mort du sujet , nous remarquerons que ces lésions se développent très -fréquemment à la fin des maladies chroniques les plus variées, quand déjà la faiblesse est considérable et a duré un certain espace de temps ( i ); qu'elles accélèrent le terme fatal sans être la véritable cause, la cause première de la mort ; qu'elles ne sont qu'une dépendance de l'affection principale ; que s'étant développées ici dans les mêmes circonstances générales, elles doivent être considérées sous le même aspect; que dès-lors il n'est pas plus facile de s'expliquer , par la considération des organes , la mort du sujet , que la faiblesse des deux époques principales qui l'ont devancée. Ajoutons que cette faiblesse si remarquable arrivée tout-à-coup ou presque tout-à-coup, ne pouvait être attribuée à l'âge, encore trop peu avancé, de l'individu ; qu'elle peut exister de la même manière chez des hommes encore jeunes et dans la force de l'âge , ainsi que nous le verrons par l'observation suivante, et nous serons convaincus de la nécessité d'admettre, dans ce cas, l'existence d'une cause générale, quelle qu'elle soit, indépendante de l'état apparent des organes, à laquelle nous rapporteronsl'affaiblissementdontil s'agit. Ces causes ou dispositions générales, qu'il importe de rieconnaître de bonne heure dans l'intérêt du traitement, forment, comme nous l'avons déjà dit , une nouvelle preuve de l'importance de, l'anatomie pathologique et de la nécessité de comparer sans cesse et avec une exactitude scrupuleuse
(i) Voyez nos Recherches sur la Phthisie , pag, 216 et 9.
qu'on ne peut expliquer. SlS
les symptômes avec les lésions des organes auxquels on peut les rapporter, puisqu'on ne saurait conclure l'état général que de la disproportion des symptômes avec les lésions. Le cas dont il s'agit n'était pas le premier dans lequel la mort paraissant inévitable , nous n'ayons pu l'expliquer par l'état des viscères; nous avions interrogé avec soin toutes les fonctions sans pouvoir découvrir dans les organes qui en sont chargés une altération de quelque importance , et nous nous attendions à ne trouver à l'ouverture du cadavre que de faibles désordres ; mais nous n'aurions pas affirmé qu'il dût en être ainsi, vu l'incertitude où l'on est encore sur le diagnostic de plusieurs aOections graves dans un assez grand nombre de cas.
Bien que la membrane muqueuse de l'estomac fût dans l'état naturel ( car on ne connaît pas d'une manière positive la valeur des simples altérations de couleur , de la teinte grise en particulier ) , que l'histoire des symptômes n'indique pas qu'elle ait été le siège de quelque affection aiguë dissipée plus ou moins long-temps avant la mort , et que le malade fût sans fièvre peu après l'époque de son admission à l'hôpital, l'anorexie fut complète pendant beaucoup de temps, et l'appétit ne se rétablit jamais en entier, comme si la muqueuse gastrique eût participé à l'état général du sujet , et qu'elle n'eût manqué que de l'énergie nécessaire à l'exercice de ses fonctions.
L'hypertrophie partielle de la membrane musculaire del'eslomac mérite aussi d'être remarquée comme un fait rare, qui semble échapper à toutes les explications et en montrer la vanité dans beaucoup de cas.
Le canal de l'urètre était libre, la membrane mus-
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culaire de la vessie évidemment hypertrophiée , et deux mois avant la mort il y avait eu momentanément rétention d'urine. Doit-on attribuer ce symptôme à la cause générale dont nous avons parlé, et si l'on n'admet pas cette cause, comment s'en rendre compte P
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II" Observation,
tin joueur d'orgue, âgé de trente-six ans, large ^ velu, bien développé , était malade depuis cinq se-; maines qiiand il fut admis à l'hôpital de la Charité le i5 octobre iSa/i- Ayant habité Paris pendant vingt ans, il l'avait quitté au mois d'août 182.5 pour voyager dans le midi de la France , espérant par-là augmenter ses bénéfices : trompé dans ses calculs, il était revenu j après un an d'absence , assez rapidement par Bordeaux, faisant quelquefois douze ou quinze lieues dans iiii même jour, ayant toujours son orgue sur les épaules, en sorte qu'il était excédé de fatigue en arrivant. Six jours après, étant altéré, ayant perdn presque enlièrement l'appétit depuis quinze jours , lassitudes, douleurs dans les membres, nausées, quelquefois vomissemens, obligation de se mettre au lit. La soif, et l'anorexie persistèrent , il y eut enccrre par intervalles des nausées et des vomissemens ; les selles devinrent liquides et assez nombreuses dans les quinze jours qui précédèrent l'entrée du sujet à l'hôpital , et il s'y joignit un peu de touxi Il y eut aussi de temps à autre des frissons et de la chaleur pendant la nuit. La faiblesse augmenta suc-s
qu'on ne peut expliquer. 617
cessivement, et le malade fut conduit en voiture à l'hôpital.
Le l6 octobre , sentiment profond de malaise , faiblesse, sans douleurs, dans les membres; teint pâle et un peu jaunâtre, céphalalgie peu considérable, intelligence dans l'état naturel ; langue humide , naturelle au pourtour, jaunâtre et villeuse au centre ; soif médiocre, anorexie presque complète , tout le ventre souple et indolent , quelques selles liquides sans cor iiques ; pouls un peu plein et dur ( quatre-vingt-dix) , chaleur modérée ; toux rare, crachats peu abondans, muqueux, louches, quelques-uns verdâtres. (Tis. de riz avec le sirop tart. , pot. gom. , deux demi cr. de riz , deux bouill. )
Dès-lors jusqu'au n novembre , jour de la mort, dans l'espace de vingt jours , nous fîmes les remarques suivantes.
La faiblesse, d'abord stationnaire, diminua un peu du 24 aiii 3i octobre , puis devint plus considérable et fut excessive à compter du 3 novembre. Les extrémités inférieures étaient œdématiées le 3o octobre : l'infiltratian existait le 2 novembre aux avant-bras ; le 4? elle était considérable à celui; du côté gauche.
La toux fut plus ou moins- forte , les crachats peu abondans, plus ou moins. (Verdâ très ou bleuâtres , et les résultats de l'auscultation très-variables. Le 17 octobre, la respiration était naturelle dans toute l'étendue de sa poitrine; le 18, on entendait un peu de râle humide à gauche antérieurement; le 19 , le bruit respiratoire était un peu plus faible de ce côté qu'à droite , et mêlé d'un peu de crépitation. Un vésicatoire de &ix pouces ^e diamètre y fut appliqué, et le
5l8 MORTS LENTES ET ËRÉVUES
lendemain la crépitation en avait entièrement disparu^ la respiration était plus naturelle. Le 27 , il y avait en arrière , dans les trois-quarts inférieurs du côté droit , et dans le tiers moyen du côté gauche , un peu de crépitation ; les parois de la poitrine étaient un peu infdtrées et rendaient , pour la première fois, un son obscur en arrière. Le 4 ? aucun changement remarquable. Les deux jours suivans , on entendait un peu de crépitation à la partie antérieure du thorax, du côté gauche, et le 9 elle n'existait plus. La dyspnée fut considérable dans les quatre derniers jours seulement , et le décubitus varié , à-peu-près comme dans l'état naturel.
Le pouls , dont les pulsations n'avaient pas dépassé quatre-vingt-quinze par minute, jusqu'au 5i , battait ce même jour cent dix fois, et devint encore beaucoup plus fréquent après le 5 novembre.
La soif fut très-vive pendant les t^ois jours qui suivirent l'entrée du malade à l'hôpital, puis très-modérée; l'appétit, qui s'était un peu relevé et soutenu jusqu'au 29 octobre , fut tout-à-fait nul ensuite, et le 2 novembre il y eut des nausées. La langue, un peu sèche et roussâtre les 18 et 19 octobre, fut, à part ces deux jours, dansr l'état naturel. A aucune époque il n'y eut de douleur à l'épigaslre ou dans le reste du ventre ; les selles ne dépassèrent pas le nombre de deux dans la journée , et conservèrent une consistance pultacée.
Le malade succomba le 7 novembre, à dix heures du matin, après une agonie de quelques heures.
Le premier vésicatoire s'étant desséché dans les derniers jours d'octobre , o:i en appliqua un second
qu'on ne peut expliquer. 5 19
le 2 novembre , dans le même point. A compter du 5o octobre, on mit dans les boissons, qui consistaient en eau de riz et en infusion de violettes, une certaine quantité de nitre, dont la dose fut augmentée successivement de demi-gros à un gros dans chaque pinte de tisane : l'oxymel scyllitique fut aussi ajouté à la potion.
Ouverture du cadavre vingt-deux heures après la mort.
Etat extérieur. Infiltration des membres abdominaux, des parois du ventre et de la poitrine, à un degré assez considérable; muscles plus mous, plus humides et plus pâles qu'à l'ordinaire, un peu infiltrés ; veines crurales dans l'état natureL
Tête. Infiltration sous-arachnoïdienne peu considérable;; pie-mère légèrement injectée; cerveau pâle et médiocrement consistant ; un peu moins d'une demi-cuillerée de sérosité dans chacun des ventricules latéraux ; une cuillerée et demie du même liquide dans les fosses occipitales inférieures. Le cervelet ^ la protubérance annulaire, la moelle allongée et la moelle épinière parfaitement sains.
Cou. Le larynx , l'épiglotte et la trachée-artère dans l'état naturel.
Poitrine. Il y avait une pinte et demie de sérosité claire dans chacun des côtés de la poitrine. Les poumons remplissaient exactement le reste de la cavité des plèvres, étaient moins- mous que dans l'état naturel, élastiques, d'une bonne couleur , contenaient une petite quantité de liquide grisâtre qu'on obtenait par expression ; leur tissu était au moins aussi
résistant que dans l'état normal : ils n'étaient ni engoués, ni liépatisés, semblaient comme hypertrophiés. — Le cœur avait un volume un peu plus considérable que la stature du sujet ne semblait le comporter ; ses chairs étaient pâles, d'une bonne consistance, les parois de ses ventricules un peu épaisses. L'aorte n'offrait rien de remarquable.
Abdomen. Environ deux pintes de sérosité dans la cavité de l'abdomen ; œsophage sain , estomac d'un volume convenable, contenant une petite quantité de fluide jaunâtre et brunâtre. Sa membrane muqueuse était blanche et légèrement fauve, un peu plus épaisse que d'ordinaire dans le grand cul-desac , un peu moins ferme dans cette partie et le long de la grande courbure que dans l'état naturel , n'offrait rien autre chose de remarquable. L'intestin grêle avait, à l'extérieur, une teinte rosée qui dépendait presque uniquement de l'injection du tissu sousmuqueux ; il contenait une petite quantité de mucus, et sa membrane muqueuse était pâle et d'une bonne consistance dans toute sa longueur. Celle du gros intestin était d'un rouge violet dans quelques points , pâle ailleurs, un peu ramollie dans le cœcum et dans le colon droit, d'une consistance et d'une épaisseur convenables dans le reste de son étendue, en contact avec une petite quantité de mucus j, sans matières fécales. — Le foie avait un bon volume , une teinte un peu grisâtre et la fermeté qui lui est ordinaire. Sa vésicule était saine , et la bile qu'elle contenait d'une couleur et d'une densité naturelles. — La rate était doublée de volume, rougeâtre et grisâtre, extrêîJlement ramollie, de manière à être facilement ré-
QU ON NE PEUT EXPLIQUER. 52 l
duite en putrilage. Les autres viscères de l'abdomen sains.
A ne considérer les organes que dans l'état où ils se trouvaient à l'ouverture du cadavre ^ on pourrait s'étonner que nous ayons mis l'observation qui nous occupe parmi les maladies dont l'anatomie ne peut encore expliquer ni les symptômes, ni la terminaison funeste ; car si l'encéphale et la muqueuse gastro-intestinale ne présentent que des lésions très-faibles et sans importance , sous le point de vue qui nous occupe, le double épanchement de sérosité dans les plèvres et l'état pathologique , bien que peu prononcé et difficile à apprécier, des poumons, formaient nécessairement un obstacle très-grave à la respiration, et sembleraient, jusqu'à un certain point , pouvoir expliquer la mort du sujet. Mais l'étonnement cesse dès qu'on examine la succession des symptômes, et l'on se persuade aisément alors que l'observation a été mise à sa véritable place. Et en effet , au moment où le malade fut admis à Thôpital, le bruit respiratoire n'était mêlé à aucune espèce de râle , la poitrine était sonore dans toute son étendue , la toux encore récente, peu considérable , comme elle le fut constamment ensuite : c'est seulement huit jours avant la mort, quand l'infiltration des membres commençait, que la poitrine rendit un son obscur; c'est-à-dire que c'est à cette époque qu'il faut rapporter le début de l'épancheraent de la sérosité que nous avons trouvée dans la plèvre , lésion si çirdinaire à la fin des maladies de long cours, quand
la faiblesse est portée à un certain degré, qu'on ne saurait considérer alors que comme une suite éloignée de l'afFection, et non comme l'affection ellemême. Dans la recherche des causes ou des lésions auxquelles il faut rapporter les symptômes observés, il convient donc de faire abstraction de Fétat des poumons et des plèvres, et alors on ne trouve dans aucun organe, ni dans aucune sécrétion excessive, rien qui puisse expliquer la faiblesse extrême du malade, avant ou après son admission à l'hôpital de la Charité ; et, comme dans le cas précédent, il faut supposer l'existence d'une cause indépendante de l'état apparent des organes, pour expliquer les symptômes et la terminaison funeste de l'affection. Mais ici l'existence de cette cause ne nous semble pas seulement évidente , les circonstances qui ont concouru à la produire ne le sont pas moins , et l'on doit considérer comme telles les fatigues excessives et prolongées du sujet , son alimentation incomplète , et sans doute aussi les peines morales plus ou moins vives qu'il a éprouvées.
Toutefois , et pour ne rien omettre d'important dans l'analyse de cette observation , il convient de remarquer que la rate était doublée de volume, rougeâtre et grisâtre, extrêmement ramollie; que cette lésion a dû nécessairement donner lieu à quelques symptômes, ainsi que nous l'avons déjà dit dans le précédent mémoire au sujet des deux premières observations ; que si elle ne peut pas tout expliquer , il» importe néanmoins d'en tenir compte pour ne pas donner aux causes générales ( altération des liquides ou autres) une influence qui ne leur appartiendrait
qu'on ne peut expliquer. 523
pas. Le fait suivant viendra à l'appui de ces dernières remarques.
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IIP Observation.
Un colporteur âgé de dix-huit ans, d'une taille moyenne, d'un tempérament lymphatique et sanguin, d'une constitution médiocrement forte, travaillait depuis quelque temps à un four à chaux quand il éprouva, sans en connaître la cause, de la faiblesse et du malaise. Au troisième jour de cet état, et dans la soirée, frisson suivi de chaleur et de sueur : le même accès se répéta les jours suivans, et dans les intervalles l'appétit était bon , le malade se trouvait assez bien , à part la faiblesse. Il entra au neuvième jour de son affection à l'Hôtel-Dieu, où il fut saigné sans le moindre soulagement; mais le surlendemain de cette émission sanguine on ordonna un purgatif mêlé à une certaine dose de sulfate de kinine, et le frisson fut supprimé. Dès-lors, le malade se trouva un peu mieux, et il quitta THôtel-Dieu après y être resté neuf jours pleins. Depuis ce moment jusqu'à celui où il fut admis à l'hôpital de la Charité , c'est-à-dire pendant onze jours, il eut tous les soirs une chaleur incommode sans frisson préalable , sans sueur consécutive; l'anorexie fut complète, la soif vive, il y eut quelquefois un peu de diarrhée , et la toux, qui avait débuté avec les premiers symptômes, persista.
Le 4 octobre, un mois après le premier frisson, les sclérotiques et toute l'habitude du corps étaient
d'une eoiileur jaune peu foncée , qui , au rapport du malade, existait déjà depuis plusieurs jours; il y avait un peu de céphalalgie, la faiblesse était considérable , l'attitude naturelle , la langue nette, un peu pâle à son pourtour, villeuse au centre, la soif presque nulle, l'appétit très -déprimé , l'épigastre mou, souple et indolent, comme tout le reste du ventre, à moins qu'on n'y exerçât une pression un peu forte : il y avait eu la veille une selle liquide. Le pouls était régulier, calme ( soixante- cinq ) , la toux rare, la respiration naturelle, sans aucune espèce de râle dans toute l'étendue de la poitrine. Le malade se croyait sans fièvre, dans le même état que les jours précédens, et assurait n'éprouver lors du paroxysme du soir qu'une simple augmentation de chaleur. (Limonade , lave-^ ment de lin, cinq bouillons. )
Depuis ce moment jusqu'au 24 novembre, jour de sa mort, ou dans l'espace de près de deux mois , voici ce qui eut lieu.
La faible teinte jaune universelle persista au môme degré , l'intelligence fut intacte , si ce n'est dans les trois derniers jours, l'humeur constamment gaie ; plusieurs fois, et entre autres dans le commencement de novembre , le malade nous demanda par quel motif (n'éprouvant aucun mal) on lui ordotmait des médicamens, et néanmoins il dépérissait à vue d'oeil et sa maigreur faisait tous les jours des progrès sensibles. On observa un peu d'œdème le 22 octobre, aux paupières et aux membres inférieurs : cet œdème diminua beaucoup les jours suivans, et i! n'en restait plus que quelques traces Je 2 novembre.
L^ langue fut quelquefois parfaitement nette, et
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conserva généralement l'aspect qui a été indiqué le premier jour. L'appétit se prononça au milieu d'octobre , et fit encore quelques progrès dans la suite. Toutefois, on ne donnait au malade que du bouillon , des laits de poule et quelques crèmes de riz : mais il trouva moyen , dans les derniers jours de novembre, de se procurer des alimens , et les selles, qui jusqu'alors avaient été rares ou quotidiennes et d'une médio* cre consistance, devinrent tout-à-coup très-fréquentes, et continuèrent sur le même pied dans les six derniers joursde la vie. Il n'y eut point de coliques, et la Soif fut modérée, si ce n'est dans la dernière semaine» Jusqu'au 28 octobre, le pouls fut calme ou môme lent, après quoi il devint un peu accéléré, et il fut extrêmement fréquent à partir du 20 novembre. La chaleur, constamment peu considérable dans ïa matinée, était assez ordinairement, mais non toujours , plus ou moins élevée le soir. Il y eut encore quelques frissons les 5, i4 et 16 octobre. Le 17, on ordonna six grains de sulfate de kinine en trois doses ; on répéta la môme prescription le lendemain, puis on supprima le fébrifuge, le pouls ayant pris momentanément un peu d'accélération dans la journée ; mais les frissons ne se montrèrent plus.
La toux fut rare , et dans aucun temps nous n'entendîmes de râle mêlé au bruit de la respiration.
Du 19 octobre au 8 novembre, on prescrivit une tisane de chiendent édulcorée , dans laquelle on mit successivement de demi -gros à un gros et demi de nitre par pinte ; puis on y substitua iine décoction de bhiendent ferrée miellée , et enfin la décoction blanfche dans les derniers jours. On ordonna aussi quatre
bains de vapeur du 20 au 24 octobre, dans l'intention de dissiper l'œdème.
Ouverture du cadavre trente-quatre heures après la mort.
État extérieur. Rien de remarquable que la maigreur, qui était extrême.
Tête. Infiltration sous-arachnoîdienne peu considérable; substance corticale du cerveau plus ferme qu'à l'ordinaire ; substance médullaire légèrement jaunâtre; deux petites cuillerées de sérosité dans chacun des ventricules latéraux. Le reste parfaitement sain.
Poitrine. Poumons libres et assez volumineux; le lobe inférieur de celui du côté droit était violacé , donnait par expression une médiocre quantité de fluide écumeux, séro- sanguinolent ; le lobe correspondant du poumon gauche n'offrait que les rudimens du même état. Les plèvres ne contenaient que très-peu de sérosité. Le cœur et l'aorte parfaitement sains.
Abdomen. Quelques cuillerées de sérosité dans la cavité de l'abdomen. L'estomac avait un volume médiocre ; sa membrane muqueuse était légèrement grisâtre , généralement un peu mince et d'une bonne consistance ; celle de l'intestin grêle était blanche, avait l'épaisseur et la fermeté qui lui sont naturelles, offrait, dans ses trois derniers pieds, des cryptes assez nombreuses et plus développées qu'elles ne le sont ordinairement. La membrane muqueuse du gros intestin était pâle, mince et facile à enlever par larges lambeaux jusqu'à l'S romaine, après quoi elle était plus ou moins rouge, épaissie et molle comme du mucus. Les glandes mésentériques saines et pâles. — Le foie
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avait, dans toute son épaisseur, une nuance violacée et la fermeté qui lui appartient. La bile de la vésicule était médiocrement visqueuse, cowleur orange ; les conduits biliaires parfaitement sains. La rate était triplée de volume , extrêmement ramollie , d'une couleur bleu foncé. La substance corticale des reins avait une couleur analogue. Les autres viscères dans l'état naturel.
Cette observation nous semble très-remarquable , soit par rapport à la bénignité des symptômes, soit relativement à l'état des organes. Si l'on n'a pu déterminer pendant la vie quels étaient les viscères malades, on ignore encore après la mort ceux auxquels on doit rapporter les symptômes observés, et l'on est porté à croire qu'ici-, comme dans les cas précédens, une cause inconnue , indépendante de l'état apparent des organes , a donné lieu à la plupart des symptômes et amené consécutivement la mort.
P-€*Mlant le cours de l'affection, en effet, et dans les cinquante jours que le malade passa à l'hôpital de la Charité , la respiration fut naturelle , à peine accélérée, la toux rare, l'état du pouls peu alarmant, les symptômes gastriques sans importance , les selles régulières ji^sque dans les six derniers jours de l'existence, de manière que jusque-là, bien que le malade dépérît à vue d'oeil , aucun de ses organes ne paraissait profondément altéré : et à l'ouverture du cadavre , on trouva , pour toute lésion , un ramollissement très-marqué de la membrane" muqueuse de rS du colon et du rectum , avec rougeur et ramollis-
sèment analogue de la rate, dont le volume ^tait considérablement augmenté.
11 ne viendra sans doute à l'esprit de personne d'attribuer les symptômes qui ont devancé la diarrhée à une inflammation latente de la membrane muqueuse du rectum et de l'S du colon, et nous ne nous arrêterons pas à cette supposition: mais il nous semble inGniment probable, comme nous l'avons fait remarquer dans la première observation , qu'il est arriyé ici ce qui arrive si souvent dans les dernières périodes des maladies chroniques dont la fin est précipitée par le concours de quelqu'inflammation aiguë, et ordinairement de la membrane muqueuse de l'intestin. Et comme alors cette dernière affection ne saurait être regardée que comme un épiphénomène de la maladie principale , nous pensons qu'il doit en être de même relativement à l'observation qui nous occupe , et que l'individu qui en est l'objet aurait fini par succomber, indépendamment de la colite des derniers jours. Resterait donc pour l'explication des symptômes antérieurs à la diarrhée, la lésion de la rate. Mais en admettant, ce qu'on ne saurait nier, que cette lésion ait donné lieu à un certain ordre de symptômes , comme jusqu'ici on ignore quels ils sont , on ne sait pas non plus à quelle époque de la maladie cette lésion a pris naissance , si elle a débuté avec elle ou seulement dans une période plus ou moins avancée de son cours, et dès-lors on ne saurait rejeter l'existence d'une cause générale quelconque, appréciable seulement par ses effets.
Quoi qu'il en soit de ces réflexions , il est remarquable que dans cette observa:tion , comme dans la
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seconde et dans les deux premières du précédent mémoire , on n'a pu , soit pendant la vie , soit après la mort, assigner avec certitude l'organe à l'affection duquel il fallait rapporter les symptômes observés; que ces symptômes étaient généraux ; que le viscère le plus profondément altéré était la rate , et qu'il conviendrait, dans des circonstances analogues, de soupçonner qu'elle est le siège de quelque lésion. INous insistons sur ce point, parce que tout, ou presque tout, est dooteux dans l'histoire de la rate, et que si l'on parvient un jour à jeter quelque lumière sur ce sujet , ce ne sera que par des observations exactes qui se présenteront peut-être rarement, et par une analyse rigoureuse des symptômes qu'elles offriront.
ET