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poliment la place qu'il devait occcuper à la table de l'électeur.
Le bruit de cette altercation s’était déjà répandu dans la ville. Le comte de Goërtz, ministre de Prusse , m’en avait parlé; il attribuait en, partie le retard de mon audience à rtiumeiir que l’impératrice en avait ressentie.
Je vis combien il était nécessaire de faire cesser promptement ces plaintes mal fondées, et qui auraient pu laisser à Catherine des impressions fâcheuses contre moi.
M. de La Colinière revit à ce sujet madame de Bruce, et lui dit,de ma part, qu’en déclamant ainsi et en exagérant les faits, ce serait à son neveu seul qu’elle ferait tort. Comme il n’y avait point eu de querelles ni d’explications entre lui et moi, eu supposer une, était une tracasserie gratuite; et, dans le cas où il aurait existé quelque altercation , il était facile de sentir qu’on donnerait tout le tort à M. de Komanzoff, puisque, croyant, même sans sujet, avoir éprouvé de moi mie impolitesse, H ne m’en avait point parlé.
La comtesse comprit, avec son tact ordinaire, la justesse de ces réflexions, et chercha promptement à faire tomber tous ces bruits un peu légèrement répandus.
OU SOTIVEÎÎIIÏS,
Ce qui me servit encore mieux dans cette occasion, c’est que le prince Potemkin, en en parlant à l’impératrice, se montra mécontent de la dépêche du coin te de Roraanzoff, qui, disait-il, s’était formalisé sans sujet, et aurait dû plutôt, pour une si petite affaire, s’expliquer avec moi que de se plaindre à sa cour.
J’obtins enfin mon audience, et peu sen fallut que mon début ne devînt malencontreux : j’avais, conformément à l’usage, donné au vicechancelier la copie du discours que je devais prononcer; arrivé au palais impérial, le comte de Cobentzel, ambassadeur d’Autriche, vint me trouver dans le cabinet où j’attendais le moment d’être p ré sen té.
Sa conversation vive, animée, et l’importance de quelques affaires dont il me parla, moccupèrent assez pour me distraire complètement, de sorte qua l’instant où Ion m’avertit que l’impératrice allait me recevoir, je m’aperçus que j avais totalement oublié le discours que je devais lui adresser.
Je cherchais vainement à me le rappeler en traversant les appartemens, quand tout à coup on ouvrit la porte de celui où se tenait l’impératrice. Elle était richement parée et debout, la