‹ Mémoires, ou Souvenirs et anecdotes (vol.2)Chapitre 17 sur 20 · OU &0 U Y EK 1RS · texte numérisé non relu

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celte colonie; il achetait, au nom diï roi, toutes les marchandises venant d Europe, en fixait le prix à son gré, et faisait confisquer toute celles qu'on ne voulait pas vendre par son entremise; il fixait de même, par un rigoureux tarif, les droits d’exportation des denrées coloniales, faisait payer dix pour cent pour l’entrée dans le port, indépendamment de cinq pour cent d’impôt sur la récolte; en outre, tout bâtiment chargé de cacao, allant en Espagne, était tenu de poitei une certaine quatité fa fané gués, pour le compte du roi, ou, pour mieux dire, de 1 intendant, qui faisait ainsi cet énorme gain sans aucun déboursé.

De tels moyens pour grossir rapidement sa fortune étaient odieux, et pourtant concevables; mais ce qui ne l’est pas, c.’est l’absurde fantaisie de cct intendant, qui défendait la culture du coton dans un pays où il vient presque naturellement. Par le même caprice, tandis que dans cette contrée les bœufs étaient si communs qu’un propriétaire, sans être très riche, les comptait par milliers dans ses possessions , Joseph d Avalos en défendait l’exportation sous les peines les plus sévères. Aussi cet intendant était parvenu à réunir toutes les opinions en une seule ; U n y avait qu’une voix sur son compte, tout le monde le détestait.

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