‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 105 sur 230 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Déclaration de Hood et d'O'Hava. — L'Angleterre ne veut pas que le comte de Provence entre à Toulon. — Politique anglaise, — L'armée républicaine devant Toulon. — Reconnaissance des côtes.

— Le lieutenant Bonaparte. — Je le fais capitaine. — Le camp du général Lapoype. — Discipline rigoureuse. — Carteaux à OlUoules.

— Désordre. — Renvoi de Carteaux. — Doppet. — Mme Carteaux.

— Les ordres du jour. — Plaintes de Bonaparte. — Histoire d'une hrocliure. — Marat et Robespierre. — Comme il les considère. — Le Souper de Beaucaire. — Qui pale la brochure? — L'exemplaire écliappé. — Réimpression. — Lucien Bonaparte. — Marathon. — Quelques traits de son histoire. — Intérêt que je prends aujejine Corse. — Je l'admets à ma table. — Ressemblance frappante. — Marat. — Sa profession de foi. — Son caractère. — Mlle Théroigne . — // la sauve. — Coup de pied. — Charlotte Corday. — Marat et Bonaparte. — Dugommier. — Son beau caractère. — Le « petit protégé » veut prendre un ton supérieur. — // est remis à sa place.

L'amiral Hood et le général O'Hara, commissaires du roi d'Angleterre, déclarèrent, le 20 septembre, que leur gouvernement approuvait les engagements contractés en son nom avec Toulon ; qu'une fois la monarchie rétablie en France, ses conquêtes seraient restituées après une juste indemnité de frais; et au bout de trois jours ils annoncèrent que, l'établissement de la régence intéressant l'Europe, ils ne pouvaient souscrire au désir du comité, encore moins consentir à ce que M. le comte de Provence fût appelé à Toulon pour

Novembre

y exercer les fonctions de régent : on reconnaît toujours les x\nglais à leurs actes ambigus.

De son côté, Garteaux à Ollioules était renforcé par une partie des bataillons que j'avais fait stationner aux environs ^aiTÎ^^ de Toulon. Les autres avaient rejoint le quartier général de Lapoype à la Valette. Les troupes détachées des armées d'Italie et des Pyrénées complétaient les forces chargées de réduire Toulon.

Dans la préoccupation où j'étais de tout ce qu'allait exiger une opération aussi considérable que celle de la reprise de Toulon, maintenant au pouvoir de forces étrangères, je crus qu'il fallait d'abord faire une sérieuse attention à la partie de nos côtes de la Provence, par laquelle les ennemis pouvaient faire de nouveaux débarquements. J'avais besoin d'un officier capable de faire des reconnaissances et de placer des batteries. Un lieutenant intelligent suffisait pour cette opération. J'en chargeai l'un des plus jeunes, qui se présenta à moi : il remplit sa mission avec promptitude et ponctualité. Satisfait du rapport qu'il me remettait à son retour, je lui dis : « Je vous remercie, capitaine » ; il me répondit fort respectueusement : « Je vous demande pardon, je ne suis que lieutenant. — Vous êtes capitaine, lui répliquai-je, parce que vous le méritez, et que j'ai le droit de vous nommer. » C'est ici la première entrevue de Bonaparte avec moi.

Je m'étais transporté au camp du général Lapoype. La discipline la plus rigoureuse y était observée; mais en arrivant à Ollioules, je fus frappé du désordre qui régnait dans la division de Carteaux : ses dispositions militaires étaient mal combinées; ses batteries ne causaient aucun dommage aux vaisseaux anglais. Cette fameuse coulevrine qui fut, dans la suite, d'un si grand secours, placée sans art, faisait alors un feu inutile. Nos munitions de guerre et de bouche étaient gaspillées : j'en conférai avec mon collègue Saliceti. II

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