‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 115 sur 230 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

de n'êlr.e pas présentable à notre couvert. Quoique nous fussions alors très peu occupés de toilette, il était difficile cependant de ne pas convenir que le capitaine aurait pu avoir un habit plus propre. « Va te changer, lui dis-je, au magasin militaire; j'en donne l'ordre au commissaire des guerres », ce qui fut exécuté. Bonaparte reparut l'instant d'après avec un habit complet, équipé à neuf des pieds à la tête, se tenant à la distance la plus respectueuse des représentants du peuple, et toujours le chapeau à la main, il le portait aussi bas que son bras pouvait descendre. Le diner se passa comme alors : beaucoup de patriotisme, une conversation très ardente, dans laquelle Bonaparte se mêlait par intervalles avec la plus grande vivacité; mais, commençant déjà le double rôle qui était dans son caractère, il trouvait le temps d'alterner entre le repas des représentants du peuple, dont il était si heureux et si fier, et celui des sans-culottes, rangés dans l'autre salle, auxquels il allait comme offrir des regrets de n'être point avec eux, et faire les coquetteries italiennes dont on peut entrevoir ici le prélude, et dont la suite fera probablement connaître bien d'autres détails.

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