‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 116 sur 230 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Je retourne à Fox. — Acclamations sur ma route. — Mort de mon père. — Vexations contre ma mère et ma fenime. — Fin malheureuse de Bayle et de Beauvais. — Mort de Luckner, Cusline, Houchard, des Girondins, etc., de la Reine. — Parole mémorable de Marie-Antoinette sur le Collier. — Fabrication de libelles. — Imprudence des ministres. — Lamotte devant l Assemblée constituante; devant l'Assemblée législative; devant le directeur du jury.

— Conduite du comité de Salut public à l'égard de Lamotte. — Système de l'affaire du Collier. — Imitateurs. — Le cardinal vérifie la d'Oliva dans sa retraite; constate son identité; reconnaît la méprise avec la Reine. — Fin de Cagliostro. — Lamotte survit. — Octogénaire encore agissant. — Le Comité de Salut public. — Ma réception. — Contraste à la Convention nationale. — Je suis dénoncé. — Régime de la Terreur. — Puissance du désintéressement. — Robespierre . — Le menuisier de la rue Saint-Honoré. — Caractère de Robespierre. — Son pouvoir immense. — Causes de la Terreur. — Robespierre en est-il le principe? — Influence de son opinion. — Daubigny. — « On n'a point volé quand on a fait le 10 Août. » — Je vais voir Robespierre. — Cornélie Copeau. — Tableau d'intérieur. — Danican et Brune épluchant des herbes. — Robespierre à sa toilette. — Son impudence glacée. — Le tutoiement lui déplaît. — Sa ressemblance avec qui? — // ne nous dit rien. — Je fais un éclat à la Convention. — Mes dénonciateurs confondus. — Granet et Thibaudeau. — Toilette de ces messieurs à la Convention et sous l'Empire. — On approuve ma conduite. — Les jacobins y applaudissent. — Tourmente révolutionnaire. — Dumouriez. — Dampierre . — Custine. — Houchard. — Danton.

— Son caractère. — Entretien de Danton, Laignelot et Robespierre.

— Crise de la Convention nationale. — Camille Desmoulins. —

Pluviôse an II.

Le Vieux Gordelier. — Plielippeaux. — Discussion dans la cour du Carrousel. — Mâle énergie de Danton. — // sauve Paris et la France. — // est traduit au Tribunal révolutionnaire . — Ses amis l'abandonnent. — Brune le trahit. — Sa mort.

Après que Toulon nous fut rendu, on m'y adressa de toutes les communes du département du Var de nombreuses félicitations qui exprimaient l'enthousiasme de la reconnaissance; et quand je quittai cette ville pour retourner à Fox, partout sur mon passage dans ces mômes contrées où naguère j'étais poursuivi comme un transfuge dont la tête était mise à prix, je fus accueilli par ces exclamations qu'on réserve aux vainqueurs.

En rentrant dans ma famille, qui pleurait encore la perte de mon père, mais qui s'était accrue, comme je Fai annoncé, d'une épouse que je devais à la sollicitude de mon excellente mère, je trouvai tout bouleversé. Ma mère et ma femme avaient éprouvé toutes sortes de vexations. Des sectionnaires armés d'une commune voisine étaient venus pour m'arrêter et me conduire à Toulon. Après s'être assurés de mon absence, ces misérables s'étaient emparés de mes armes, et, en se retirant, avaient vomi des imprécations et des menaces contre les miens. Une procédure fut instruite; deux individus arrêtés et jugés furent incarcérés : j'obtins des autorités et des tribunaux qu'aucune autre poursuite ne fût exercée contre les autres prévenus, dont plusieurs appartenaient à la commune de Taverne.

Les représentants Bayle et Beauvais, qui m'avaient laissé à l'armée d'Italie, et s'étaient réfugiés à Toulon, s'y étant trouvés au moment de la rébellion, furent jetés dans des cachots infects, au fort la Malgue, par les sectionnaires. Beauvais, qui eut la douleur d'y voir périr son collègue, et dont la santé était gravement altérée, rendu à la liberté, vint me demander de l'argent pour se rendre à Montpellier, oii il croyait la rétablir : il y termina bientôt sa carrière.

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