‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 138 sur 230 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Tallien^ Fauché^ chez Robespierre. — Son silence farouche. — Causes de la Terreur. — Position de Fouché. — // a dépassé la pensée de Robespierre. — Sa lâcheté. — Sa figure. — Ce qu'elle exprime. — Chassé des Jacobins, il n'ose se montrer. — Ses intrigues. — Je l'emploie. — Mot d'un député sur Robespierre. — Fouché met tout enjeu contre lui. — Robespierre reproche à Fouché son athéisme.

— Son improbité. — Fouché à Lyon. — La citoyenne Fouché sortant de Lyon. — Sa situation critique. — Eloquence de Collot-d' Herbois pour la tirer d'un mauvais pas. — Fouché rachète sa conduite en foudroyant les aristocrates . — Fouché se compromet de plus en plus à l'égard de Robespierre. — Une de ses lettres interceptée. — Ses manœuvres. — Moment de crise. — 8 Thermidor . — Discours de Robespierre à la Convention et aux Jacobins. — Contrastes. — Tumulte aux Jacobins. — Collot et Rillaud hués. — Couthon défend Robespierre. — 9 Thermidor . — Vadier et Cambon. — Encore Couthon. — Interruption de Tallien. — Fureur de Robespierre. — Thuriot. — Robespierre accusé. — Sa situation extraordinaire . — La Convention investie. — Saint-Just à la tribune. — Dévouement de Robespierre jeune. — Les deux Robespierre, Le Bas, Saint-Just et Couthon décrétés d'accusation. — Difficulté d'exécuter le décret.

— Les accusés traînés en prison. — Les geôliers à l'égard de Robespierre. — Son obéissance embarrassante. — // se révolte. — Henriot. — Za Convention assiégée. — Les comités m'offrent le commandement. — Noble attitude de la Convention nationale. — Général en chef de l'armée de l'intérieur. — Pourquoi j'avais hésité. — Lequel valait mieux de Rillaud ou de Robespierre? — Je prends mon parti. — Henriot mis hors la loi. — Ma harangue à ses soldats. — Les rebelles en déroute. — Défection de leur armée. — Résolution décisive. — Robespierre à la Commune. — Fureur des comités. — Je résiste à leurs projets sanguinaires. —

Epouvante des conspirateurs. . — Je monte à l'Hôtel de Ville. — Les chefs des insurgés aux dernières extrémités. — Suicides. — Horrible spectacle. — Les dents de Robespierre. — On lui refuse une plume. — La table ensanglantée. — Ce que je fais des conjurés. — Robespierre et ses complices condamnés . — Leur exécution. — Accusations impudentes de Barère contre Robespierre. — Ce que devait faire la Convention. — Je vais visiter les Enfants de France. — État du fils de Louis XVI. — Madame Royale. — Je prescris de meilleurs traitements. — M. Dussault. — Le Tribunal révolutionnaire . — Je lui arrache des condamnés . — Encore Fouquier-Tinville . — Notre colloque. — // tremble. — Fouquier-Tinville et moi en présence du comité. — Humanité illégale. — Les comités privés de leur force principale. — Conduite de la Convention. — Exécutions pêle-mêle. — Mon rapport à V assemblée . — Pouvoirs des comités modifiés. — Tribunal révolutionnaire réorganisé. — Rapport de la loi des quarante sous. — Papiers de Robespierre. — Courtois. — L'armoire de fer. — Mlle Robespierre. — Ma conduite au 9 Thermidor. — Léonard Bourdon. — Le gendarme Méda. — Sou récit. — Sur quoi est fondée la fable de Méda. — Parallèle.

La démarche que j'ai révélée avoir faite auprès de Robespierre, j'ai su qu'elle avait été tentée vers la même époque, et avec aussi peu de succès, par Tallien et Fouché, chacun de leur côté. J'ai su que toute leur éloquence avait également rencontré un sourd-muet déterminé et qu'à toutes leurs paroles douces, fortes, sensibles, amicales, respectueuses, Robespierre n'avait répondu que par un silence obstiné, sans aucune expression de visage, pas un geste et pas un mot. Il y a dans un pareil silence, de la part d'un homme qui tient dans sa main le sceptre de la mort, quelque chose de plus effrayant pour l'imagination que des menaces exprimées. Aussi, comme je l'ai déjà indiqué, l'allure mystérieusement farouche de Robespierre, ajoutée à sa terrible prérogative de disposer de l'échafaud, peut entrer pour beaucoup dans les causes de la terreur dont se trouvèrent alors frappés les cerveaux de ceux qu'il attaquait.

Le nouveau Salmonée, tout en voulant, lui seul, s'emparer de la foudre, avait besoin d'auxiliaires. J'ai montré qu'il

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