CHAPITRE XXI
L'ordre renaît. — Suppression des clubs. — Les sans-culottides changent de nom. — Nouvelle Constitution. — Démagogie, démocratie.
— Directoire exécutif. — Deux conseils. — Lacune dans l'organisation des pouvoirs. — Reconnaissance due à la Convention. — Les deux Chambres sont dans /'Esprit des lois. — L'abbé Galiani. — Les singes et les Français. — Méfiance contre le pouvoir exécutif.
— Acceptation des assemblées primaires. — Décret des deux Tiers.
— Je suis élu membre du Comité de Sûreté générale. — Visite de Bonaparte. — Un nouvel orage va éclater, — M. Pierrugues. — Ardisson. — Bonaparte chez Mile Montansier. — Au café Corazza.
— Servilité, perfidie. — Bonaparte joué par Dumerbion. — Noble fermeté d'un enfant de douze ans. — L'apologiste de Robespierre jeune. — Clarke. — Bonaparte veut du service à tout prix. — Aubry. — Sa réception au Comité. — Doulcet prend sa défense.
— Bonaparte mécontent. — Noble conduite de Dugommier. — Beau caractère de Daunou. — Décret proposé par Daunou. — Bonaparte se plaint du décret. — Ses propos sanguinaires . — Vendémiaire .
— Dangers pressants. — La section Le Pelletier. — Menou fait parlementer. — Je suis, pour la troisième fois, général en chef de l'armée de l'intérieur. — Républicains conduits par des aristocrates..
— Mise en liberté des détenus de Prairial. — Berruyer. — Le Bataillon sacré. — L'adjudant général Valentin. — Projets sinistres. — Menou. — Je fais chercher en vain Bonaparte. — Ce qu'il faisait pendant les préparatifs . — Je le fais mon aide de camp. — Disposition du combat. — Menou destitué. — Murât aux Sablons. — Patriotisme de la section des Quinze-Vingts. — Verdière, Carteaux et Berruyer. — Poste de Brune. — Retranchement qui plaît à Bonaparte. — Dix contre un. — Les muscadins de Pompée. — Mon plan. — Saint-Roch forteresse des aristocrates..
— Séductions employées. — Leur effet. — On veut m^assassiner.
238 MÉMOIREIS DE BARRAS.
— Victor Grand et Porcelet. — Manœuvre décisive. — Les élégants en faite. — Baraque de Saint-Roch. — Nouvelles difficultés . — Le faubourg Saint -Germain. — Faute du général Carteaux. — Danican et Lafond. — Les sectionnaires vont envahir nos batteries. — Nous sommes vainqueurs. — Sections désarmées. — Collets verts et noirs.
— Coiffure à la victime. — Pa'oles d'honneu. — Qui avait dirigé les sections. — Tableau de l'armée sectionnaire. — La Barrière des Sergents. — Les sections se soumettent. — Conseils de guerre.
— Une seule exécution. — Erreur des historiens sur le 13 Vendémiaire. — Projet de la coalition. — Qui a fait le 13 Vendémiaire.
— Les historiens de Sainte-Hélène, — Les historiens par testament. — Que fît Bonaparte au 13 Vendémiaire. — Le cheval de fiacre. — Conte sur Eugène Beauharnais. — Mme Beauharnais.
— La vérité sur le conte. — L'épéc du général Beauharnais. — Le désarmement. — Preuves fournies par Bonaparte lui-même de l'équivoque conduite. — Fragment historique de Real. — Réponse à des objections, — Autre fragment, du baron Fain.
Les plus grands ennemis de la Révolution ne peuvent nier que la Convention ne voulût sincèrement, depuis le 9 Thermidor, s'affranchir des désordres qui avaient précédé cette malheureuse époque et qui avaient été peut-être indispensables alors qu'il avait fallu appeler le peuple tout entier au développement de la force publique contre l'ennemi extérieur. Tous les jours depuis le 9 Thermidor, nous faisions quelques conquêtes dans le sens des idées répressives de l'anarchie. Ainsi, après avoir fermé la Société des Jacobins, nous avions également voulu éteindre tous les autres foyers qui étaient restés allumés sur toutes les parties de la France. La Convention avait décrété la dissolution de toutes les assemblées connues sous le nom de clubs ou sociétés populaires; suivant notre système de rétablissement de l'ordre jusque dans les mots mêmes, qui sont l'expression des idées, nous avions voulu effacer toutes les traces qui rappelaient par des souvenirs trop accentués l'exubérante démocratie. En conséquence, le nom de jours sans-culottides qui avait été donné par les érecteurs du nouveau calendrier comme une espèce d'hommage aux classes inférieures de la société, fut rem-
an III.